Abandon programmé : déontologique ?

Discussions sur des sujets "sérieux" en rapport avec la course à pied.
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Abandon programmé : déontologique ?

Messagepar Pieromarseille » 25 Juil 2017, 17:46

Bonjour,
Je ne sais pas s'il y a vraiment une déontologie à avoir en trail, mais voilà : inscrit sur l'UTCAM (le 68km) fin août, j'ai morflé comme un pendu ce dimanche sur la Sainte Victoire (sur un 35km, 2500D+, fini à l'épuisement) et ai fais le constat que mon entraînement n'était malheureusement pas à la hauteur de la distance (jamais faite jusque-là).

Comme je suis déjà inscrit, que la montagne est belle, et que la dernière partie (apres la Colmiane, restera 19 km) est réputée interminable, que par ailleurs je la connais, j'envisage de prendre le départ mais de programmer ma fin de course à La Colmiane (apres 49km, donc). Bref, une course en mode loisir, sans pression ni envie de trop souffrir.

Qu'en pensez-vous ? Que feriez-vous ?
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Re: Abandon programmé : déontologique ?

Messagepar Lagertha » 25 Juil 2017, 17:55

Et pourquoi pas ?
Mieux vaut assurer le coup sur une partie du parcours et te faire plaisir, plutôt que de renoncer complètement, ou pire, risquer une blessure, non ?
Ça n'a rien de scandaleux, il me semble... c'est pas comme si tu t'étais inscrit en sachant sciemment que tu n'irais pas, privant par-là quelqu'un d'autre d'un dossard.
Je n'ai jamais eu de chagrin qu'une heure de jogging n'ait dissipé.

You don't have to be fast. But you'd better be fearless.
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Re: Abandon programmé : déontologique ?

Messagepar JuCB » 25 Juil 2017, 17:59

Si tu es autonome pour rentrer, je ne vois pas le soucis.

Si c'est un coin paumé et que tu comptes sur l'orga pour te ramener, c'est plus gênant (amha)

N'oublies pas de prévenir si tu bâches, on a déjà vu des hélicos décoller pour des gars qui sirotaient une bière.

Bon bachage
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Re: Abandon programmé : déontologique ?

Messagepar Vik » 25 Juil 2017, 18:18

vu ton niveau sur route, pourquoi ne pas faire la course jusqu'à Colmiane et finir en rando si ça passe plus ?
ça fait long, certes, mais profites d'être dans la nature au soleil ! ;-)
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Re: Abandon programmé : déontologique ?

Messagepar Garlik » 25 Juil 2017, 18:31

Fait ta course en mode tranquilou jusqu'au bout, et modifie tes entraînements, révise tes objectifs en fonction de ta forme.
--------------------
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Re: Abandon programmé : déontologique ?

Messagepar Biloutte » 25 Juil 2017, 18:46

J'ai jeté un coup d'œil vite fait aux barrières horaires et il me semble qu'elles sont assez larges.

Et puis d'ici fin août il reste pas mal de temps, dimanche t'as peut-être eu juste un coup de moins bien.
D'ici là, tu as le temps de soigner ta forme et ton alimentation.

À ta place, je prendrais le départ avec l'intention de rejoindre l'arrivée tout en me disant que si j'en bave trop j'abandonne.
Mais pour les "poireaux" comme moi c'est toujours un peu comme ça hein. Mon leitmotiv au début de chaque course c'est: "Je vais essayer de finir... pas dernier".

Bon courage.
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Re: Abandon programmé : déontologique ?

Messagepar dinococus » 25 Juil 2017, 18:56

:mrgreen:

ca sent le récit type j'y croyais pas vu mon état et puis bla bla bla bla bla bla bla bla

vas y sait-on jamais
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Re: Abandon programmé : déontologique ?

Messagepar Pieromarseille » 25 Juil 2017, 19:12

Merci pour vos retours !
Et d'abord, oui, bien sûr, si je programme un arrêt à La Colmiane, je rentre par mes propres moyens après avoir rendu mon dossard. On est en fait presque arrivé à Saint Martin Vésubie mais le parcours repars faire un grand tour dans la montagne, histoire de rajouter quelques kilomètres... Probable même qu'on vienne m'y chercher en voiture, sauf si pour le panache, je décide de rentrer à pied. Mais c'est l'histoire de quelques kilomètres en descente, rien de méchant.

Mais sur le fond, j'avoue que je ne suis vraiment pas à l'aise avec cet abandon programmé. Je suis assez compétiteur, donc ça reste un truc pas normal pour moi, de m'inscrire à une course sans idée de la finir. Un petit goût de défaite...
Et en même temps, je suis presque convaincu que c'est trop gros pour mon niveau actuel, en tout cas, que finir en mode rando tranquille comme le suggère Vik, ben après 49km et 4000 D+ en mode 'course' (même en rando course cool), ça risque de ne pas être tranquille du tout et les 20 dernières bornes seront de toute façon une bavante sans plaisir.

Pour répondre à Garlik, je me suis inscrit sans autre objectif que de finir (dans la première moitié du classement quand même :mrgreen: ), mais c'est de terminer sans finir à l'agonie qui me semble aujourd'hui inatteignable ; même en y allant intégralement en marchant. Et à tout peser, entre 50 km en mode course, et 68 km en marchant (ça doit être totalement interminable :x ...), je m'amuserai beaucoup plus sur la version courte... qui me semble déjà très longue.

Concernant l'entrainement, c'est là aussi que le bas blesse. Entre un boulot très très prenant, trois gamins et un habitat participatif en cours de construction, je ne m'arrête jamais et je suis crevé en permanence (en plus, avec la chaleur, je dors mal). J'essaye quand même de tenir mes 3 à 4 séances/semaine, soit entre 50 et 75km (je fais de grosses séances, semaine dernière 15 + 25 route et 35 en trail), mais y a pas. Au delà de 5-6 h de course, je suis cuis de chez cuis. Epuisement physique et épuisement mental. Plus d'envie, plus de plaisir, et je ne me projette pas dans cet état pendant plus de 12h.

J'admire beaucoup des gars comme vous qui avez une caisse phénoménale et arrivez à vous envoyer des distances de dingues en continuant à prendre du plaisir, mais j'ai le sentiment de ne pas être fait de ce métal là.

Bref. Je me suis inscrit, en pensant pourtant avoir été suffisamment progressif (dernier trail de 44km plutôt bien passé). Je me rend compte que j'ai sans doute été trop gourmand. Je me retrouve bien embêté. Et j'essaye de me préparer psychologiquement à bâcher.
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Re: Abandon programmé : déontologique ?

Messagepar Galaté57 » 25 Juil 2017, 20:25

Bah, tu prends le départ et à chaque ravito tu avises...
Perso, je fonctionne toujours comme ça, je visualise la ligne d'arrivée tout en sachant que je m'arrêterais avant..
Douter de pouvoir terminer une course est normal, c'est contraire qui peut devenir dangereux en n'acceptant pas d'écouter son corps.
Ce n'est pas parce que les choses sont difficiles que nous n'osons pas mais parce que nous n'osons pas qu'elles sont difficiles (SENEQUE)
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Re: Abandon programmé : déontologique ?

Messagepar Cedric09 » 25 Juil 2017, 20:26

Le conseil de Jean-Claude
phpBB [video]
http://cg09.free.fr/
Toutes les montagnes sont belles, mais aucune ne peut égaler la beauté des Pyrénées...
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Re: Abandon programmé : déontologique ?

Messagepar fred_1_1 » 25 Juil 2017, 20:31

Peut-être que le sujet de la discussion devrait être : " Pourquoi je ne prends pas de plaisir sur le long ? " :wink:
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Re: Abandon programmé : déontologique ?

Messagepar Pieromarseille » 25 Juil 2017, 20:38

Oui, Jean-Claude :wink:

De toute façon, j'y vais, ça fait pas l'ombre d'un doute. La seule question, c'est jusqu'où ?... et est-ce que ça m'amuse vraiment tant que ça de me mettre minable, juste pour me dire que j'ai fini, ce dont globalement tout le monde se fout :? .

Désolé Dino de ne pas vous faire partager que mes certitudes...

Bon, c'est sûr que je suis fatigué en ce moment, mais heureusement les vacances arrivent :D . Je referai un point après 15 jours de repos. Et tout dépendra aussi de la chaleur. Dimanche, il y avait un cagnard de dingue et j'ai pris un bon coup de chaud en plus du coup au moral.
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Re: Abandon programmé : déontologique ?

Messagepar Pieromarseille » 25 Juil 2017, 20:39

fred_1_1 a écrit:Peut-être que le sujet de la discussion devrait être : " Pourquoi je ne prends pas de plaisir sur le long ? " :wink:


Je crois que c'est tout à fait ça :D !
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Re: Abandon programmé : déontologique ?

Messagepar centori » 25 Juil 2017, 21:23

tu te places sur le terrain de la déontologie donc j'ai envie de répondre ceci

1: la course est pleine
donc là, tu prends peut-être la place d'un coureur qui voudrait vraiment faire la course en entier, alors que toi tu y vas en mode balade pour abandonner en cours de route
là oui c'est pas déontologique et ça me parait contestable

2: la course n'est pas pleine
et là fais comme tu le sens, ça ne regarde que toi et tes envies de t-shirt finisher :)
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Re: Abandon programmé : déontologique ?

Messagepar catcityrunner » 25 Juil 2017, 21:24

Piero, je pense que tu peux finir et prendre du plaisir sur cette course.
En tant que routier converti au trail, je comprends tout à fait ton interrogation.
Mais le rythme sur un 35 km / 2500D+ n'a rien à voir avec celui de l'UTCAM / 68 km.
Il me semble que la suggestion de Vik est intéressante: de toutes façons, beaucoup finissent en mode rando et la satisfaction de terminer est quand même présente.
Au delà de 5/7h, on passe un cap et il faut arriver à gérer la lenteur et à être patient. J'ai eu moi-même du mal sur ce seuil, habitué aux rythmes bien plus élevés de la route.
Tu as le moteur pour aller vite, il faut trouver l'allure que tu pourras tenir 12h ou 15h. Par contre si tu pars pour bâcher, tu risques d'aller plus vite, de souffrir aussi et de regretter ton choix ensuite..
Je pense que tu peux adapter ton objectif à ton entraînement, partir prudemment et aviser en fonction de tes sensations.
Sur des longues durées, on a des moments difficiles, puis ensuite ça va mieux, voire même on retrouve de très bonnes sensations. J'avoue ne jamais avoir connu ça sur marathon :wink:
C'est sûr que sur 12h ou plus, le mental joue beaucoup et il faut se préparer à gérer les coups de mou et repousser ses limites. Quand on franchit ce mur du doute, un nouveau monde se dévoile :D
Ce qui sauve, c'est de faire un pas. Encore un pas. C'est toujours le même pas que l'on recommence... Saint Exupéry
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Re: Abandon programmé : déontologique ?

Messagepar Japhy » 26 Juil 2017, 03:37

Déontologie ? Cette course n'était pas pleine les 2 premières années, elle ne l'est toujours pas cette année à cette date , donc s'il y a encore des inscriptions sur ce format un mois avant, ca ne sera pas des gens pour qui c'était l'objectif de l'année.
S'inscrire sans réelle intention de finir , je l'ai fait sur cette course là et jamais je ne me suis dit que j'allais demander leur avis aux autres avant ! Non mais Piero, faut se détendre , tu es libre de tes choix , comme l'air. Vous vous mettez de ces pressions quand même. Le mari d'une copine a osé me demander comment c'était possible de s'inscrire en se disant qu'on irait jusqu'où on peut , et j'ai été assez directe avec lui dans ma réponse , il ne me fera plus jamais ce genre de réflexion. :lol:
Et puis arriver à la Colmiane Cest pas non plus une promenade de santé! C'est déjà un super objectif , si tu peux continuer ce sera la cerise sur la tarte aux myrtilles.
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Re: Abandon programmé : déontologique ?

Messagepar dinococus » 26 Juil 2017, 08:08

+1 bien sur

mais en partant d'un tel postula et par exemple :

écologiquement ce n'est pas bien. donc pas de course et la nature se portera bien.

ou tu peux avoir un virus et le passé à plein et pleinnes de concurrentes et rents

ou tu peux avoir un malaise et bousculer, blesser, estropier, estourbir une ou un concurrente voir le futur ex ou/et la future ex gagnante

ou déclencher un tremblement de terre et causé la mort de la moitiés des lapins du coin

ou...
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Re: Abandon programmé : déontologique ?

Messagepar Fredo2l_Esterel » 26 Juil 2017, 09:00

pour connaitre les 2 parcours, le 70 est bien longuet ; le 45 beaucoup plus intéressant , demandes à changer de distance ca devrait être encore jouable par contre tu peux toujours rêver pour être remboursé de la difference :| :lol:

ps rien que la descente sur lacolmiane est bien longuette :d lol
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Re: Abandon programmé : déontologique ?

Messagepar Pieromarseille » 26 Juil 2017, 12:38

Encore merci pour tous vos retours, qui me donnent bien à réfléchir.
Et d'abord, j'exclue l'hypothèse de Fredo2l de me rabattre sur le 45km, car le 45 est dimanche (le 70 samedi), or je dois être rentré le dimanche en fin d'après-midi. Sinon, cela aurait été la bonne solution.

Ensuite, je retire ma question sur la déontologie. A y réfléchir, ce n'est pas le fond du problème. C'est plutôt de me lancer dans une course dont je pressens que la souffrance risque d'être supérieure au plaisir à y prendre qui m'interroge sur mes motivations.

Pour commencer par vos conseils d'y aller en marchant : je crois que je vis mal le fait de me mettre à marcher sur du plat ou en descente en trail. Marcher en montée, même quand ça monte doucement, même lentement, pour s'économiser, OK. Mais marcher sur du plat ou de la descente parce qu'on est trop naze pour courir, je vois déjà ça comme une forme d'abandon. Au pire, comme sur le Trail de la Sainte Victoire en 2014, je ferai du Cyrano (parce que je n'arrivais plus à courir tout du long).
Et programmer de marcher dès le début pour s'économiser, alors là c'est plus du trail, c'est de la rando. J'aime beaucoup la rando, mais ce n'est pas dans cet état d'esprit que je part quand je suis en mode trail, même pour un ultra (je trouverais cela interminable), même en balade (je préfère courir 5h tranquille et être content de rentrer pour pouvoir ensuite faire autre chose l'après-midi que de m'enfiler des randos de 12h et plus, dont je risque de rentrer bien plus fatigué).

Mais vous, comment appréhendez-vous le fait de marcher en ultra ?

Par ailleurs (et c'est une autre interrogation, qui me donne de l'espoir), j'aime beaucoup le message de Catcityrunner : on pourrait mourir, puis renaitre sur de l'ultra ?... encore jamais vécu ça pour ma part, et j'imagine mal comment on peut se remettre de l'épuisement que j'ai vécu ce dimanche. Mais ce que tu écris m'interpelle :
catcityrunner a écrit:Sur des longues durées, on a des moments difficiles, puis ensuite ça va mieux, voire même on retrouve de très bonnes sensations (...) Quand on franchit ce mur du doute, un nouveau monde se dévoile :D

D'où une nouvelle question aux coureurs d'ultra que vous êtes : arrivez-vous à retrouver du plaisir par delà la limite atteinte, quand vous êtes complètement claqué ? Et à quoi ressemble ce type de plaisir ? Est-ce que vous vous remettez à courir après avoir pensé être à bout ?...

Merci de vos retours pour m'éclairer sur ces deux points, dont le 2ème me parait encore assez mystérieux...
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Re: Abandon programmé : déontologique ?

Messagepar eha » 26 Juil 2017, 12:53

Avoir son ticket d'"entrée dans une course n'est en aucun cas synonyme de devoir moral d'arriver au bout...

Si les organisateurs pensent que pour des raisons de sécurité, de plaisir aussi, il faut mettre en place une sélection qui vise à être sur que les coureurs inscrits savent ou ils mettent les pieds libres à eux...

Mais les discussions fumeuses sur "tu piques la place d'un mec qui aurait terminé", en général ça se termine en critères d'inscription à la UTMB...qui pour moi frisent le grotesque mais sont révélateurs d'un certain état d'esprit, autant chez les coureurs que certains organisateurs.

Tu es inscrit, tu n'as de compte à rendre à personne..
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Re: Abandon programmé : déontologique ?

Messagepar philippe.u » 26 Juil 2017, 13:03

Pieromarseille a écrit:D'où une nouvelle question aux coureurs d'ultra que vous êtes : arrivez-vous à retrouver du plaisir par delà la limite atteinte, quand vous êtes complètement claqué ? Et à quoi ressemble ce type de plaisir ? Est-ce que vous vous remettez à courir après avoir pensé être à bout ?...

Merci de vos retours pour m'éclairer sur ces deux points, dont le 2ème me parait encore assez mystérieux...


C'est assez fréquent chez moi, avec plus ou moins d'intensité. Sur les trails dans les 60-80km, j'ai souvent un gros coup de moins bien vers 8-10h de course. Par exemple sur le GR73, les km 48 à 58 furent interminables, j'arrive au dernier ravitaillement complètement à bout et avec une flemme de la mort. Je me suis posé 30minutes, et en repartant j'avais des jambes de feu j'ai couru tout le long des 15 derniers km en prenant plaisir. Sur l'Echappée Belle, je n'avançais plus la seconde journée, et à partir du milieu d'après-midi, la forme est revenue sans raison dans une montée, avec quelques heures d'euphorie très agréable. Quoi qu'il arrive quand je commence à souffrir, je m'arrête aussi souvent que possible, je ralentis forcément le rythme, m'alimente régulièrement et ... j'attends que ça passe en espérant que la forme revienne.
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Re: Abandon programmé : déontologique ?

Messagepar Galaté57 » 26 Juil 2017, 14:32

Pieromarseille a écrit:Mais vous, comment appréhendez-vous le fait de marcher en ultra ?

D'où une nouvelle question aux coureurs d'ultra que vous êtes : arrivez-vous à retrouver du plaisir par delà la limite atteinte, quand vous êtes complètement claqué ? Et à quoi ressemble ce type de plaisir ? Est-ce que vous vous remettez à courir après avoir pensé être à bout ?...

Merci de vos retours pour m'éclairer sur ces deux points, dont le 2ème me parait encore assez mystérieux...


Effectivement, s'engager sur un trail c'est dans le but de courir le plus possible, mais comme déjà écrit aussi, passé 8H00 d'effort, la logique n'est plus la même.
Sans douleur apparente, même sur du plat, parfois marcher que 1 km vous rebooste, perso, c'est comme ça que je le vis.
Surtout après 50km sur des distances entre 70 et plus, la moitié est faite, il faut accepter de se ménager pour terminer, abandonner au 60ème km sur simple ras le bol est pire.

Sur le trail des fantômes (80km D+ 2700m) en 2015 j'ai souvenir d'avoir "sommeillé" 20mn, appuyé contre un mur, au 60ème km pour repartir allégrement après et terminer en rattrapant nombre de participants. J'ai juste écouté mon corps.
Ce n'est pas parce que les choses sont difficiles que nous n'osons pas mais parce que nous n'osons pas qu'elles sont difficiles (SENEQUE)
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Re: Abandon programmé : déontologique ?

Messagepar dinococus » 26 Juil 2017, 16:16

Le dernier vainqueur de l'UTMB 2016 L Pommeret est passé par une phase d'abandon probable.

Straight ahead and see.
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Re: Abandon programmé : déontologique ?

Messagepar coco38 » 26 Juil 2017, 20:56

Pieromarseille a écrit:Mais vous, comment appréhendez-vous le fait de marcher en ultra ?

Marcher en Ultra dès le départ c'est tout simplement de la stratégie. Il me semble qu'il ne faut pas attendre d'être cuit pour ralentir. Donc avoir en tête qu'on part pour 15h ou plus... et donc gérer pour que la baisse de régime soit progressive et non d'un coup si on part trop vite par rapport à la distance. :D
Mais effectivement c'est dans la tête qu'on accepte d'être (très) lent dès les premiers kilomètres.
Je vais faire (tenter) mon premier Ultra (UT du Vercors - 87km 4500D+) et ce sera ma stratégie... pour finir (en tout cas essayer) :wink:
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Re: Abandon programmé : déontologique ?

Messagepar Pieromarseille » 26 Juil 2017, 21:10

coco38 a écrit:
Pieromarseille a écrit:Mais vous, comment appréhendez-vous le fait de marcher en ultra ?

Marcher en Ultra dès le départ c'est tout simplement de la stratégie. Il me semble qu'il ne faut pas attendre d'être cuit pour ralentir. Donc avoir en tête qu'on part pour 15h ou plus... et donc gérer pour que la baisse de régime soit progressive et non d'un coup si on part trop vite par rapport à la distance. :D
Mais effectivement c'est dans la tête qu'on accepte d'être (très) lent dès les premiers kilomètres.
Je vais faire (tenter) mon premier Ultra (UT du Vercors - 87km 4500D+) et ce sera ma stratégie... pour finir (en tout cas essayer) :wink:

Tu vas marcher en montée mais tu ne vas pas marcher tout le temps quand même ? C'est plus de la stratégie, c'est de la rando, ça ? D'ailleurs, 87 km en 15h, ça fait du 6km/h, très honorable pour cette distance et ce dénivelé. Donc avec les montées où on va moins vite, tu cours nécessairement sur le plat et en descente, non ?
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Re: Abandon programmé : déontologique ?

Messagepar Free Wheelin' Nat » 26 Juil 2017, 21:16

Pieromarseille a écrit:Tu vas marcher en montée mais tu ne vas pas marcher tout le temps quand même ? C'est plus de la stratégie, c'est de la rando, ça ?

Va dire ça à Bert... Ou à ceux qui font le TOR... Font pas de la rando, je crois...
Nat (ex On-Off)

Rien n'est plus semblable à l'identique que ce qui est pareil à la même chose (Pierre Dac)
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Re: Abandon programmé : déontologique ?

Messagepar randoaski » 26 Juil 2017, 21:35

Vivre ou re-vivre m'est arrivé sur la plupart de mes ultras:
- CCC 2011: mort à la Fouly, renaissance dans la montée sur Champex et la meilleure fin de course de ma vie de Trailer
- mon premier 100 miles GRP 2012: quasiment pas pu m'alimenter pendant 20h à cause de la chaleur et ai vomi à la première base vie. Puis après 2 micros siestes, le pied intégral pendant 12h avant d'avoir les quadris explosés...
- Lavaredo 2013: gros coup de mou au 50eme km: envie de dormir et impossibilité de manger. Je me suis posé au 65eme km et fais une vraie belle fin de course une fois récupéré
- UTMB 2013: tip top jusqu'à La Fouly j'ai sombré dans la montée sur Champex. Je me suis refait la cerise à Champex en dormant et fini en trombe
- EB 2014: très bien jusqu'au 65emekm, une nuit calamiteuse où je dormais debout avant mon plongeon dans le Lac du Moretan, j'ai revécu à partir des Férices et dormai de nouveau debout les 20 derniers km
- Ronda 2015: de 4 à 11h de course super difficiles à cause de la chaleur puis des heures de bonheur avant que la peau de mon talon ne lache par contre aucun autre soucis physique sur le reste de la course
- Infernal 160 2015: du km 30 à 60 au fond du trou pour ne pas avoir su gérer l'alimentation avant de me régaler du km 70 jusqu'au km 130
- Dolomiti 2016: je dormais debout de 7 à 11h de course et des grosses difficultés digestives de 15 à 18h. Mais le grand pied les 10 dernieres heures de course
Mes constantes sont des difficultés quand il fait chaud, des passages difficiles au niveau alimentaires à 7 et 11h de course, des besoins en sommeil toutes les 20h...
A chaque fois j'ai rebondi en prenant le temps de me poser pour dormir ou m'alimenter. Le seule fois où je n'ai pas su rebondir est l'UT4M 2016 par manque de fraicheur intellectuelle.
J'ai quand même vécu bien vécu de bout en bout un Euskal 2014 que j'avais fait sans pression suite à une entorse et une météo bien pourrie comme j'aime :D
Et surtout j'ai repris toute mes gammes fin 2016 et du coup le résultat en est une Ronda 2017 que j'ai bien vécu de bout en bout et espère que cela se confirmera lors de la prochaine :D
Je te souhaite juste des moments aussi forts que les bons moments que j'ai vécu sur toutes ces courses :wink:
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Re: Abandon programmé : déontologique ?

Messagepar Pieromarseille » 26 Juil 2017, 21:37

Free Wheelin' Nat a écrit:
Pieromarseille a écrit:Tu vas marcher en montée mais tu ne vas pas marcher tout le temps quand même ? C'est plus de la stratégie, c'est de la rando, ça ?

Va dire ça à Bert... Ou à ceux qui font le TOR... Font pas de la rando, je crois...

Ah mais je veux manquer de respect à personne, hein, ni à Bert, ni à Coco, d'ailleurs :wink: ! Faire le TOR même intégralement en marchant c'est juste énorme et j'en serai parfaitement incapable. Et il n'y a rien de déshonorant à marcher, c'est juste que je n'appréhendais pas le trail comme ça, mais sans doute parce que je n'ai fait que du court.. Donc je me renseigne sur la façon de gérer les ultras quand on n'est pas un champion, et je suis surpris que sur moins de 100km, on puisse planifier de la faire complètement en marchant. Même pour le Tor, je pensais que l'on alternait, mais que l'on courrait une bonne partie du temps. Je devrais plus lire les CR d'ultras.
Bon, quoi qu'il en soit, pour ma part, si je peux courir (à part quand ça monte vraiment), je préfère courir. Quitte à m'arrêter à la Colmiane. Je crois que je prendrai plus mon pied comme ça.
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Re: Abandon programmé : déontologique ?

Messagepar Pieromarseille » 26 Juil 2017, 21:42

randoaski a écrit:Vivre ou re-vivre m'est arrivé sur la plupart de mes ultras:
- CCC 2011: mort à la Fouly, renaissance dans la montée sur Champex et la meilleure fin de course de ma vie de Trailer
- mon premier 100 miles GRP 2012: quasiment pas pu m'alimenter pendant 20h à cause de la chaleur et ai vomi à la première base vie. Puis après 2 micros siestes, le pied intégral pendant 12h avant d'avoir les quadris explosés...
- Lavaredo 2013: gros coup de mou au 50eme km: envie de dormir et impossibilité de manger. Je me suis posé au 65eme km et fais une vraie belle fin de course une fois récupéré
- UTMB 2013: tip top jusqu'à La Fouly j'ai sombré dans la montée sur Champex. Je me suis refait la cerise à Champex en dormant et fini en trombe
- EB 2014: très bien jusqu'au 65emekm, une nuit calamiteuse où je dormais debout avant mon plongeon dans le Lac du Moretan, j'ai revécu à partir des Férices et dormai de nouveau debout les 20 derniers km
- Ronda 2015: de 4 à 11h de course super difficiles à cause de la chaleur puis des heures de bonheur avant que la peau de mon talon ne lache par contre aucun autre soucis physique sur le reste de la course
- Infernal 160 2015: du km 30 à 60 au fond du trou pour ne pas avoir su gérer l'alimentation avant de me régaler du km 70 jusqu'au km 130
- Dolomiti 2016: je dormais debout de 7 à 11h de course et des grosses difficultés digestives de 15 à 18h. Mais le grand pied les 10 dernieres heures de course
Mes constantes sont des difficultés quand il fait chaud, des passages difficiles au niveau alimentaires à 7 et 11h de course, des besoins en sommeil toutes les 20h...
A chaque fois j'ai rebondi en prenant le temps de me poser pour dormir ou m'alimenter. Le seule fois où je n'ai pas su rebondir est l'UT4M 2016 par manque de fraicheur intellectuelle.
J'ai quand même vécu bien vécu de bout en bout un Euskal 2014 que j'avais fait sans pression suite à une entorse et une météo bien pourrie comme j'aime :D
Et surtout j'ai repris toute mes gammes fin 2016 et du coup le résultat en est une Ronda 2017 que j'ai bien vécu de bout en bout et espère que cela se confirmera lors de la prochaine :D
Je te souhaite juste des moments aussi forts que les bons moments que j'ai vécu sur toutes ces courses :wink:

Merci Randoaski ! En tout cas, ça donne envie d'essayer pour voir. Traverser le doute et toucher cette sensation de renaissance. Ca doit être vraiment grisant. Et je préfère envisager de me faire une petite sieste, si besoin, que de taper les derniers 30 km sans jamais essayer de courir. Mais on verra. Je ne dirai peut-être plus ça quand je serai dedans :wink: .
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Re: Abandon programmé : déontologique ?

Messagepar randoaski » 26 Juil 2017, 21:55

Pieromarseille a écrit:Merci Randoaski ! En tout cas, ça donne envie d'essayer pour voir. Traverser le doute et toucher cette sensation de renaissance. Ca doit être vraiment grisant. Et je préfère envisager de me faire une petite sieste, si besoin, que de taper les derniers 30 km en marchant seulement. Mais on verra. Je ne dirai peut-être plus ça après avoir essayé :wink: .

La plus grosse difficulté n'est pas de marcher ou de courir: c'est souvent le terrain et encore plus ton état physique qui décide.
Le plus dur est d'avoir les ressources intellectuelles. Avoir la sagesse pour savoir se poser pour dormir ou ralentir. Savoir se poser pour reposer un estomac fusillé par la course. Prendre le temps dans une base vie ou un ravito. Se souvenir que tu as LE truc dans ton sac qui va te faire revivre.
J'ai eu des révélations: la bière de la Dolomiti qui m'a sauvé ma course. La pause sur le caillou du lavaredo, la microsieste du GRP, le vieux kit-kat fondu au fond du sac à l'Euskal, letc...
Ne te pose pas trop de questions sur ta capacité à courir ou à finir. Prépare ta course le meiux possible, fais le plein d'images positive, fais une liste des trucs qui te feront vraiment plaisir. Essaie d'arriver frais au départ et oublie le chrono et les objectifs de temps. Essaie d'avoir un ou deux numéros de téléphone de pote ou d'amis qui sauront te mettre le coup de pied au cul qu'il faut ou qui sauront te rappeler de dormir 20 minutes et de manger le truc que tu avais caché dans ton sac de base vie.
Prépare toi à vivre un truc magique: le reste viendra tout seul :D
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Re: Abandon programmé : déontologique ?

Messagepar Marathonnerre » 26 Juil 2017, 21:58

Free Wheelin' Nat a écrit:
Pieromarseille a écrit:Tu vas marcher en montée mais tu ne vas pas marcher tout le temps quand même ? C'est plus de la stratégie, c'est de la rando, ça ?

Va dire ça à Bert... Ou à ceux qui font le TOR... Font pas de la rando, je crois...


Ce serait infamant de randonner ?
La gestion de très longs efforts met en jeu des aspects physiques mais aussi physiologiques : capacité à s'hydrater et s'alimenter notamment. Cela s'apprend, même si certains sont plus favorisés que d'autres sur le second aspect.
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Re: Abandon programmé : déontologique ?

Messagepar Pieromarseille » 26 Juil 2017, 22:09

randoaski a écrit:
Pieromarseille a écrit:Merci Randoaski ! En tout cas, ça donne envie d'essayer pour voir. Traverser le doute et toucher cette sensation de renaissance. Ca doit être vraiment grisant. Et je préfère envisager de me faire une petite sieste, si besoin, que de taper les derniers 30 km en marchant seulement. Mais on verra. Je ne dirai peut-être plus ça après avoir essayé :wink: .

La plus grosse difficulté n'est pas de marcher ou de courir: c'est souvent le terrain et encore plus ton état physique qui décide.
Le plus dur est d'avoir les ressources intellectuelles. Avoir la sagesse pour savoir se poser pour dormir ou ralentir. Savoir se poser pour reposer un estomac fusillé par la course. Prendre le temps dans une base vie ou un ravito. Se souvenir que tu as LE truc dans ton sac qui va te faire revivre.
J'ai eu des révélations: la bière de la Dolomiti qui m'a sauvé ma course. La pause sur le caillou du lavaredo, la microsieste du GRP, le vieux kit-kat fondu au fond du sac à l'Euskal, letc...
Ne te pose pas trop de questions sur ta capacité à courir ou à finir. Prépare ta course le meiux possible, fais le plein d'images positive, fais une liste des trucs qui te feront vraiment plaisir. Essaie d'arriver frais au départ et oublie le chrono et les objectifs de temps. Essaie d'avoir un ou deux numéros de téléphone de pote ou d'amis qui sauront te mettre le coup de pied au cul qu'il faut ou qui sauront te rappeler de dormir 20 minutes et de manger le truc que tu avais caché dans ton sac de base vie.
Prépare toi à vivre un truc magique: le reste viendra tout seul :D

Encore merci pour ces sages conseils, Randoaski, ça transpire l'expérience et ça me parle vraiment ce que tu dis :D .

@Marathonerre : non, aucune infamie à randonner. J'ai été maladroit dans mon expression seulement. Comme dit plus haut, venant du court, je ne l'envisageais pas comme ça, c'est tout. Ca m'arrive bien sûr de marcher (dimanche, les deux dernières heures...), mais comme je ne m'y résous que quand je n'ai plus les moyens de faire autrement, je n'y prend pas de plaisir. Donc anticiper une stratégie sur cette absence de plaisir, j'ai du mal à y trouver du sens. Mais peut-être qu'au fond, comme le soulignait fred_1_1, je n'aime pas le long, tout simplement.
Je vais quand même essayer parce que cette histoire de revival m'intrigue et que je veux pas mourir idiot :wink: .
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Re: Abandon programmé : déontologique ?

Messagepar Free Wheelin' Nat » 26 Juil 2017, 22:12

randoaski a écrit:
Pieromarseille a écrit:Merci Randoaski ! En tout cas, ça donne envie d'essayer pour voir. Traverser le doute et toucher cette sensation de renaissance. Ca doit être vraiment grisant. Et je préfère envisager de me faire une petite sieste, si besoin, que de taper les derniers 30 km en marchant seulement. Mais on verra. Je ne dirai peut-être plus ça après avoir essayé :wink: .

La plus grosse difficulté n'est pas de marcher ou de courir: c'est souvent le terrain et encore plus ton état physique qui décide.
Le plus dur est d'avoir les ressources intellectuelles. Avoir la sagesse pour savoir se poser pour dormir ou ralentir. Savoir se poser pour reposer un estomac fusillé par la course. Prendre le temps dans une base vie ou un ravito. Se souvenir que tu as LE truc dans ton sac qui va te faire revivre.
J'ai eu des révélations: la bière de la Dolomiti qui m'a sauvé ma course. La pause sur le caillou du lavaredo, la microsieste du GRP, le vieux kit-kat fondu au fond du sac à l'Euskal, letc...
Ne te pose pas trop de questions sur ta capacité à courir ou à finir. Prépare ta course le meiux possible, fais le plein d'images positive, fais une liste des trucs qui te feront vraiment plaisir. Essaie d'arriver frais au départ et oublie le chrono et les objectifs de temps. Essaie d'avoir un ou deux numéros de téléphone de pote ou d'amis qui sauront te mettre le coup de pied au cul qu'il faut ou qui sauront te rappeler de dormir 20 minutes et de manger le truc que tu avais caché dans ton sac de base vie.
Prépare toi à vivre un truc magique: le reste viendra tout seul :D


+1
Je rajouterais que, plutôt de planifier ton abandon, de juste raisonner en " je verrai jusqu'où je peux aller"
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Re: Abandon programmé : déontologique ?

Messagepar Pieromarseille » 26 Juil 2017, 22:26

Free Wheelin' Nat a écrit:+1
Je rajouterais que, plutôt de planifier ton abandon, de juste raisonner en " je verrai jusqu'où je peux aller"

Pourquoi, ce serait infamant d'abandonner ? :mrgreen:

Je taquine :wink: . Oui, je vais prendre la chose comme ça, partir pour finir et on verra bien. En comptant sur les vacances du mois d'août pour récupérer la niaque et la fraicheur mentale que je n'ai pas en ce moment...
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Re: Abandon programmé : déontologique ?

Messagepar Free Wheelin' Nat » 26 Juil 2017, 23:00

L'abandon fait partie de toute carrière d'ultra traileur :wink:
Douter de terminer, c'est tout à fait possible, mais c'est plus motivant de se poser un objectif qu'une limite :wink:
Randoaski a raison, tu vas vivre un évènement extra-ordinaire!
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Re: Abandon programmé : déontologique ?

Messagepar philtraverses » 27 Juil 2017, 07:37

Perso je ne vois pas ce que la déontologie vient faire ici
Dès lors que les règles sont respectées chacun est libre de faire ce qu il veut
Je pense ici que l idée de l abandon est une limite rassurante qui est posée
respectons les règles du sport les autres et la nature et
C'est déjà bien.
Il n'y a rien d'infâme à se faire rapatrier par l'orga
Dont c'est l'une des prestations attendues qu'elles que soient les circonstances et motivation
De l'abandon
Bon courage
le dur désir de durer
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Re: Abandon programmé : déontologique ?

Messagepar Sylvain IT » 27 Juil 2017, 09:43

Biloutte a écrit:Et puis d'ici fin août il reste pas mal de temps, dimanche t'as peut-être eu juste un coup de moins bien.
D'ici là, tu as le temps de soigner ta forme et ton alimentation.


:idea: quand on habite en région où il y a de fortes chaleurs, l'été est un moment difficile en soi : manger et dormir ne sont plus aussi naturels que durant le reste de l'année...

Ceci dit, la version de Vik me parait la meilleure... j'ai fait une (petite) course ainsi une fois, j'ai explosé en vol, ça m’embêtait un peu d'abandonner (retour en voiture de l'organisation) sans être blessé, j'ai marché sur le parcours, puis je me suis fait rattraper par une dame qui avait besoin des points pour aller faire un truc à Chamonix et donc respecter la barrière horaire, on a couru ensemble jusqu'à l'arrivée.

Toi tu peux te faire un plan comme ça, version course jusque là où tu voudrais arrêter, groooos ravito, rando ensuite pendant le temps qu'il faut pour digérer pépère et passer les montées et après tu vois comment finir, si courir ou pas.
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Re: Abandon programmé : déontologique ?

Messagepar Pieromarseille » 27 Juil 2017, 10:54

Aller, merci à tous pour la remotivation :D !
Déjà, je suis en vacances... ce soir !!! Rien que ça, y aura du mieux.
En espérant aussi qu'il fasse moins chaud fin août à 2000m que fin juillet sur la Sainte Victoire... ben j’essaierai de la finir cette course. Même en marchant. OK :wink: .

Mais pour sortir de mon seul cas personnel et revenir finalement au sujet plus général de départ, je lis dans vos réponses que partir en se disant qu'on terminera sa course avant la ligne d'arrivée, ça ne vous va pas trop comme idée. Je sais pas si c'est tellement un problème déontologique, d'ailleurs, c'est tout simplement pas dans l'esprit.
Ceci dit, le fait d'allonger sans arrêt les distances, me racontez plus que c'est juste pour prolonger le plaisir parce que c'est de la publicité mensongère ça :evil: , il y a aussi cette focalisation sur l'objectif et le fait de parvenir à dépasser ses limites (pour renaître, peut-être...) qui reste fondamentalement au cœur du sujet. A moi de voir si ça me convient maintenant. Mais déjà, on va réellement essayer pour cette fois.

Encore merci de tous vos retours en tout cas :D .
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Re: Abandon programmé : déontologique ?

Messagepar Galaté57 » 27 Juil 2017, 17:26

Pieromarseille a écrit:
Ceci dit, le fait d'allonger sans arrêt les distances, me racontez plus que c'est juste pour prolonger le plaisir parce que c'est de la publicité mensongère ça :evil: , il y a aussi cette focalisation sur l'objectif et le fait de parvenir à dépasser ses limites (pour renaître, peut-être...) qui reste fondamentalement au cœur du sujet. A moi de voir si ça me convient maintenant. Mais déjà, on va réellement essayer pour cette fois.

Encore merci de tous vos retours en tout cas :D .


Allonger les distances, c'est effectivement cherche à repousser ses limites, c'est un peu l'objectif comme si bien ici : "Espace, frontière de l'infini, : explorer de nouveaux mondes étranges, découvrir de nouvelles vies, d'autres civilisations, et au mépris du danger avancer vers l'inconnu... " :mrgreen:

Pour autant se fixer une nouvelle distance, n'implique pas de vouloir absolument l'atteindre le jour venu, cela reste un objectif, un horizon qui peut être repousser au lendemain si besoin.
Il ne faut pas devenir esclave de ses objectifs au risque de perdre la raison.
Ce n'est pas parce que les choses sont difficiles que nous n'osons pas mais parce que nous n'osons pas qu'elles sont difficiles (SENEQUE)
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Re: Abandon programmé : déontologique ?

Messagepar Free Wheelin' Nat » 27 Juil 2017, 19:05

Galaté57 a écrit:Allonger les distances, c'est effectivement cherche à repousser ses limites, c'est un peu l'objectif comme si bien ici : "Espace, frontière de l'infini, : explorer de nouveaux mondes étranges, découvrir de nouvelles vies, d'autres civilisations, et au mépris du danger avancer vers l'inconnu... " :mrgreen:

Star Trek? :lol:

Galaté57 a écrit:Pour autant se fixer une nouvelle distance, n'implique pas de vouloir absolument l'atteindre le jour venu, cela reste un objectif, un horizon qui peut être repousser au lendemain si besoin.
Il ne faut pas devenir esclave de ses objectifs au risque de perdre la raison.

Tafdac!!
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