L'auteur : philnath
La course : Le Tour des Glaciers de la Vanoise
Date : 4/7/2010
Lieu : Pralognan La Vanoise (Savoie)
Affichage : 684 vues
Distance : 72km
Objectif : Pas d'objectif
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Tour des Glaciers de la Vanoise Le 04-07-2010
L’an passé, j ‘ai participé à mon premier gros trail en montagne : le Tour de la Grande Casse. Tombé sous le charme de Pralognan, je décide de me lancer sur le TGV.
Vendredi 2 juillet jour J - 2, 16 h 30, c’est la sortie des classes. Je Kidnappe Nath à son école et nous filons à l’aéroport de Brest. Direction Lyon. Arrivés à Lyon, nous sommes surpris par la chaleur caniculaire, même s’il est 20 h. Nous allons récupérer les clés de notre voiture de location et c’est parti pour Pralognan la Vanoise. Y’a comme un air de vacances sur cette autoroute.Sur la route de montagne, on rencontre des biches, renards et même un Blaireau, un vrai. Arrivée à l’Hotel Épicéa Lodge en catimini…c’est la nuit.
Samedi 3 juillet jour J - 1:
A notre réveil, une vue splendide s’offre à nous depuis la fenêtre de l’hôtel. Il fait un temps magnifique, les montagnes sont vertes ( même s’il reste encore pas mal de neige sur les sommets)et on entend le torrent qui coule depuis la cascade de La Fraîche. On respire le bien-être et on a déjà déconnecté de notre quotidien.Au programme : montée au Mont Bochor (2000m) via le téléphérique et déjeuner dans un restau d’altitude. Très agréable ballade dans les alpages au son des cloches de vaches. L’orage menace au loin.Nous redescendons au village pour aller faire un tour aux Prioux, histoire de repérer la fin du parcours du TGV.
A 18 h , tous les coureurs se regroupent sur la place de Pralo pour le briefing. Ambiance conviviale ; Sylvère fait son show. Quand vient le tour de Philippe Delachennal, tout le monde l’écoute religieusement donner les détails du parcours. L’encadrement semble carré, et se veut rassurant, mais ne cache pas les difficultés que nous allons rencontrer ( neige, risque d‘orage, …).
L’orage est là. Nous rentrons à l’Hôtel pour dîner assez tôt; comme tous les clients sportifs d’ailleurs.Après un repas léger mais conçu pour les coureurs, nous filons dans la chambre pour vérifier et re-vérifier et s’assurer que le matériel vérifié a été vérifié avant de nous coucher tôt. ( madame se fout de moi !)
Dimanche 4 juillet, jour J !!!!

- Lever 3 h 15, pour un départ à 5 h 00.
Petit dèj sympa en compagnie de deux coureurs du sud de la France.
Après l’émargement, tout le monde se regroupe sous l’arche de départ. Et c’est parti pour une petite grimpette jusqu’au col de la Vanoise à la fraîche avec vue sur la vallée de Pralognan d’un côté, et le Lac des vaches, surplombé par le Glacier de la Grande Casse, de l’autre. 
Col de la Vanoise; (Km 7; alt: 2500 m), 1° ravito. 
Le souffle est court. Dur pour un breton de courir à plus de 2000 m d’altitude ! Un coca, pris à la volée. Direction refuge de l’Arpont.
Nous courons sur un sentier plutôt roulant et traversons quelques névés.
Refuge de l’Arpont ( Km 21 alt : 2300 m), 2° ravito.
Tout va bien. Les sensations sont plutôt bonnes, malgré une douleur sous le pied droit qui commence à me gêner dans les descentes. J’essaie de m’alimenter un petit peu, et je fais le plein en eau.
Prochain objectif : le refuge de plan sec.
Les descentes deviennent difficiles. Il y a des passages rocheux et il faut parfois s’assurer avec les mains. On traverse de nombreux torrents encore gonflés d’eau, où il n’est pas toujours donné de passer au sec.
Les parties roulantes et les côtes passent plutôt bien, même si nous avons dû gentiment déloger un troupeau de moutons qui barrait le sentier . Je double pas mal de monde avant de me faire enrhumer dans toutes les descentes par ces mêmes personnes ( c’est là qu’on reconnaît les montagnards qui dévalent comme des cabris !) .
Tout se passait bien jusqu’à 500 m avant le refuge de Plan Sec. Scotché. J’ai des douleurs abdominales atroces. Même marcher devient un supplice. J’ai cru reconnaître Laulau, avec qui j’avais fait quelques km, qui s’inquiète de mon état en me passant.
Je rejoins le refuge de Plan Sec tant bien que mal.
Refuge de Plan Sec : 3° ravito (km 36; alt : 2300 m)
J’essaie de me ravitailler. Rien ne passe.
Après une pause d’un quart d’heure, je repars en direction du col du Barbier. Après un km, j’ai des sueurs froides, plus de jambes. Trop dur (on est à la moitié du parcours), je décide donc de faire demi-tour pour abandonner au refuge de Plan Sec. Je m’assois 5 mn pour récupérer et essayer de manger quelque chose. Mon état de faiblesse s’estompe et la décision d’abandonner me quitte. Je décide donc de repartir en direction du col du Barbier. A partir de ce moment, je vais connaître une alternance de moments d’euphorie et de passages à vide jusqu’à l’Orgère. Dans cette ascension, un patou nous a accompagnés un bon moment.
Les derniers 500 m avant d’atteindre le refuge de l’Orgère vont me sembler interminables sous le soleil. J’y arrive sous les encouragements des randonneurs.
Refuge de l’Orgère : le 4° ravito ( Km 52 ; alt : 1950 m). 15 mn d’arrêt. Je m’oblige à manger et à boire. Plusieurs coureurs abandonnent devant moi. On est tous cramés. Je repars pour le col de Chavière : le gros morceau !
La première partie de l’ascension se fera sous une chaleur étouffante. Un bouquetin galope à nos côtés. Magnifique !
Puis le ciel va se couvrir, et avec l’altitude et le vent qui se lève, maintenant il fait plutôt frais. A l’approche du sommet, la neige se fait de plus en plus présente. On y arrive tout de même : altitude 2800 m. Puis, on bascule sur l’autre versant pour 12 km de descente. La neige est toujours aussi présente, on s’y enfonce parfois jusqu’aux genoux. Ceci dit, si on voit le bon côté des choses, la neige molle me soulage la plante du pied qui me fait souffrir depuis l‘Arpont. Quand la pente est assez raide et enneigée, j’assure la descente sur les fesses. C’est peut-être un peu froid, mais à ce stade je deviens partisan du moindre effort !
Refuge Peclet Polset (Km 65; alt : 2500 m) 
Je fais juste un petit ravitaillement en eau et grignote un morceau. Puis, je plonge vers Pralo. Malgré les jambes lourdes après 65 km, les sensations sont revenues. Je déroule plutôt bien dans la descente. C’est magique; l’odeur de l’écurie semble me donner des ailes…ou des jambes. Je slalome entre des vaches, peu décidées à me laisser le passage. Je double quelques coureurs à l’agonie… D’autres me rattrapent et nous échangeons nos impressions. Il nous reste un dernier coup de cul, bien casse pattes avant d’arriver. On longe le camping, avant d’arriver dans Pralognan sous les applaudissements. Je suis à bloc jusqu’à l’arrivée.
Après 12 h 42 de cavalcades, où j’ai connu doutes, douleurs, rencontres, ivresse des grands espaces, et bien d’autres bonheurs ; quelle satisfaction d’être allé jusqu’au bout !
Tout ça grâce à une organisation sans faille, des bénévoles aux p’tits soins, et l’accueil chaleureux et véritable des gens de Pralognan.

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3 commentaires
Commentaire de fulgurex posté le 17-07-2010 à 09:31:00
Tu as bien fait de continuer. Je pense que ton état de "faiblesse" vient du manque d'oxygène (globules rouges). Les autochtones ont un gros avantage sur nous autres coureurs de plaine...
Mais c'est passé! Bravo!
Commentaire de laulau posté le 19-07-2010 à 12:13:00
Bravo d'avoir été au bout malgré des moments très difficiles. Je me souviens de toi, dans la montée vers le col de la Vanoise, on était souvent pas loin l'un de l'autre.
Commentaire de manu3842 posté le 21-07-2010 à 21:48:00
Bravo, belle gestion de ta course, c'est dans la douleur qu'on apprend aussi à se connaître. C'est vrai que l'altitude peut poser des problèmes et une petite acclimatation peut y remédier mais ce n'est pas toujours possible ... Bonne continuation
Manu
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