Récit de la course : Trail Uewersauer 2005, par oufti
Kikoureur : oufti
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Course : Trail Uewersauer
Date : 20/11/2005
Lieu : Heiderscheid (Luxembourg)
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Ce récit a été lu par
523 visiteur(s) ! Distance : 48.2 kms Objectifs : Terminer |
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Encore un peu courbaturé, ca y est, je me décide enfin à écrire mon premier CR.
Mon premier CR, je le consacre à ma première course ultra. Un 48,2 km avec +1200m dans le parc naturel de la Haute-Sûre au Luxembourg : le Trail Uewersauer.
Le parcours, c’est grosso modo une succession de 7 côtes, la plus longue (vers Kaundorf) avec +200m. On est loin des dénivelés que l’on peut trouver dans les Alpes mais c’est ce qui se fait de mieux ici !
Pour mon premier ultra, mon objectif est de terminer. La cerise sur le gateau serait de terminer en-dessous des 5h de course. Je sais on dit souvent il faut pas se fixer d’objectifs pour une première mais moi ca me permet de mieux gérer ma course avec des temps de passage, etc…
Il est donc 6h30 lorsque je me réveille (pas besoin de réveil avec mon fiston de 2 ans…) avec déjà une certaine excitation. C’est en effet aujourd’hui l’objectif majeur de l’année pour moi, à savoir mon premier ultra. Malgré cela, c’est pas trop le stress pour 2 bonnes raisons : la première est que le parcours se déroule à 20mn de chez moi, donc je connais le coin et pas besoin de partir trop tôt, ensuite, j’ai déjà fait la reconnaissance du parcours avec Fabdulux, Didier, Marcel et Marco (je peux déjà vous dire que tous vont terminer la course !). Ca rassure pas mal de connaître les difficultés du parcours.
6h45 : Le plus dur de la journée pour moi : avaler ce satané gatosport. Rien à faire, je n’arrive pas à avaler ce truc trop consistant tôt le matin. A chaque fois, c’est pareil, je peste pour avaler ce truc. Je me dis que c’est la dernière fois. La prochaine fois, j’essaierai un p’tit déj normal. A voir.
7h15 : Fin du gatosport : 30mn pour avaler 1/3 de gateau !!! Record à battre…
7h45 : Je quitte la maison direction Heiderscheid. Sur la route, le thermomètre descend à –6°. C’est aussi à ce moment que je me dis que je terminerai la course quoiqu’il arrive. Je me gonfle à bloc. Pas question d’abandonner.
8h15 : J’arrive au point de départ. Il fait froid –4° mais sec et la vue sur la vallée est splendide. Je vais chercher mon dossart et dis bonjour à Didier et Fabdulux. Il me dit qu’il a pas trop la pêche. J’apercois aussi les vainqueurs de l’édition précédente, José Azevedo et Simone Kayser. Ce seront également les lauréats cette année. Arrivés sur la ligne de départ, je retrouve Marcel et Marco. Le groupe qui avait fait la reconnaissance des 21 derniers kms du parcours, il y a deux semaines, est au complet.
9h00 : C’est parti pour 48km !!! On est en fin de peloton. Ce qui me rassure pour ne pas commencer trop vite. J’ai toujours tendance à partir trop vite. De toute manière, il n’y aura pas de problème pour doubler si nécessaire puisque les chemins sont larges au début du parcours.
Ma stratégie alimentaire de course est simple : 200ml d’eau toutes les 20mn et un gel + sporténine toutes les 40mn. Ca devrait suffire. Comme je n’ai pas assez d’eau dans mon camelback pour toute la course, il est prévu de le remplir au milieu de la course. Donc rien aux ravitos.
10h01 : Panneau des 10km. Tout le groupe est au complet. Seul Marcel est parti à son rythme. Je suis content de mes sensations et de notre allure régulière.
11h05 : Panneau des 20km. Quelle belle régularité. Tout va pour le mieux. Nous allons aborder la côte la plus dure de la course. A ce moment, je pars avec Marco et laisse Didier et Fabdulux derrière. Je regrette de casser le groupe mais vaut mieux courir comme on le sent.
11h34 : Panneau des 25km. Nous sommes au sommet du parcours et je suis en avance de 2mn. Que de bonnes sensations. La descente sur le lac va commencer avec des vues superbes. Dans la descente, je prends un peu d’avance sur Marco. Je sens que les entrainements que j’ai fait en descente portent leurs fruits.
A hauteur du lac, une femme me propose du gateau que je refuse. Trop poli. Marco me dira plus tard qu’il était excellent.
Au km 27, je vois ma femme et mon fiston de 2 ans. Pas trop le temps de discuter. Je vois passer Marco et lui dit que je vais le rattraper un peu plus loin (en fait, ce sera beaucoup plus loin). On remplit le camelback et je repars. Je leur donne RV au prochain ravito.
12h02 : Panneau des 30km. Plus de 4mn d’avance. Tout est trop beau. Après une section bitume, on rentre à nouveau dans le bois. Et là, premier petit hic, je m’apercois que mon collant est mouillé. Mon camelback fuit ! Je dois m’arrêter et resserer le bouchon. Mais c’est trop tard et je suis déjà mouillé. Ensuite, j’ai un coup de moins bien. Je suis déconcentré, hors de la course. Le rythme n’y est plus et les kms sont longs avant le ravito. Et je ne vois pas Marco devant moi.
Au ravito, j’explique à ma femme mon problème de bouchon, je le resserre à nouveau, et mange un morceau de banane. Pas mal de temps perdu.
12h36 : Panneau des 35km. Encore 2mn d’avance. Je suis surpris de n’avoir perdu que 2mn. Cela me donne de la pêche et décide de relancer la machine. Cela tombe bien puisque une nouvelle côte se profile à l’horizon. Et là, catastrophe, je sens mon mollet gauche qui vient de lancer le signe d’une crampe. Et puis, juste après, le mollet droit. Je m’arrête avant qu’il ne soit trop tard et je m’étire en remontant mes orteils vers le haut. Je bois et reprends un sporténine. Je marche un peu puis je recours. Ouf il semble que ca tienne le coup mais je râle. C’est la troisième fois que cela m’arrive cette année.
Au sommet de la côte, je rejoins Marco qui a baissé le rythme. Je lui explique mon problème de crampe. On fait une belle descente ensemble. Je ne sens plus les crampes dans la descente. Ouf.
Panneau des 40km. Dernier ravito. Surprise, on rejoint Marcel qui a l’air un peu sonné. On boit du bouillon. Ca fait du bien du salé. Je me dis que c’est peut-être ca la cause de mes crampes : un manque de sel. On s’amuse bien mais il faut repartir. Il nous reste deux côtes assez raides. Marcel est déjà parti. On marche sur la montée. Pas moyen de courir avec les crampes qui sont revenues dès le début de la montée. Et on fait ensuite une belle descente. On rejoint Marcel dans la descente. C’est pas sa tasse de thé. Puis il s’arrête un moment et nous dit de continuer.
13h29 : Il reste 5km et je suis toujours avec Marco. Et surprise, malgré mes problèmes, on est encore sous la barre des 5h.
Mais je sais que les derniers kms sont durs. La dernière montée est terrible. Tout le monde marche. Je lache Marco dans la montée en marchant. Mon expérience en rando m’aide bien. Quand je veux courir au sommet, il ne reste plus que 3kms et plus de 18mn pour terminer. Je sens la joie monter en moi et me dis que je vais terminer sous les 5h. Et là, ces foutues crampes reviennent plus fort que jamais et me forcent à m’étirer de plus en plus souvent.
A 2km de l’arrivée, il me reste 11mn. Je me dis que c’est toujours jouable. Maintenant que j’écris ces lignes, je me dis que le plus important n’est pas là. Mais pendant la course, il y a toujours ce petit côté compétiteur qui revient un peu… Mais bon, se fixer des objectifs c’est bien aussi. Après tout, c’est ce qui m’a permis de fixer mon allure de course.
L’avant-dernier km est le plus terrible. Je dois m’arrêter tout le temps pour m’étirer et je laisse filer les 5h. Au panneau, dernier km, je décide de hausser le rythme et je cours à fond et chose bizarre, les crampes ne réapparaissent plus jusqu’à la ligne d’arrivée. Il faut croire que le changement de rythme a été bénéfique. Je regarde mon chrono et vois 5h00 et 29 sec. Après coup, sur mon cardio, je m’apercois que j’ai fait mon dernier km en 4:46. Pas mal pour terminer. Je me dis alors que sans les crampes, je pouvais certainement faire mieux.
Mais c’est la joie qui domine avant tout. Content de terminer et d’avoir tenu le rythme tout le long de la course. Maintenant, j’attends mes compagnons de route. Et 2mn après, je vois Marcel et Marco.
Après la douche, on assistera à la remise des prix devant une bonne bière avec Didier et Fabdulux qui nous rejoindrons plus tard. Fabdulux nous raconte comment il en a bavé pour terminer la course. Félicitations d’avoir terminer dans ces conditions ! On reconnaît bien le moral du gagnant. Et bravo aussi à Didier qui termine son premier ultra en n’ayant comme expérience que quelques semis !
Dans la voiture en rentrant, je me demande quelle sera ma prochaine course…
Mon équipement :
- camelback 1,5l que je viderai deux fois complètement soit 3l d’eau sur la course. Pas de boisson énergétique.
- 7 gels squeezy
- 1 tube de sporténine
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