Récit de la course : Trail de Noël 2010, par Aleitheia

L'auteur : Aleitheia

La course : Trail de Noël

Date : 12/12/2010

Lieu : Ollioules (Var)

Affichage : 1240 vues

Distance : 26km

Objectif : Pas d'objectif

10 commentaires

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Le récit

TRAIL DE NOËL OLLIOULES, 12 décembre 2010

 

 

 

Salut à tous!


     On s'attaque à une autre course aujourd'hui : le trail de noël à Ollioules, sympathique petite ville du Var, épreuve qui a la particularité de se courir en équipes de deux. Il y a en plus une centaine de coureurs individuels et un parcours de 15km, la trace des lutins. Le trail fait 26km et 1500m de dénivelé, la barrière horaire est de 6h. Je ne peux pas m'empêcher de me dire que 6h pour 26km, ou ils sont larges pour faire rentrer le maximum de coureurs ou alors il y a un piège...

 

     Bon pour tout dire mon inscription à ce trail a été un peu fortuite, elle date d'y à quinze jours alors que je participais au OFF Imoucha sur la Sainte Victoire. Maggy, rencontrée sur place, a profité que je sois en train de me traîner sur la Sainte-Victoire pour me demander innocemment si je participais au trail de Noël à Ollioules, en ajoutant que « moi j'aimerais bien mais je n'ai pas de coéquipier, tu veux le faire? ». Et elle a pris le grognement que j'ai émis sous l'effort pour un oui...

 


     Donc nous voilà deux semaines plus tard, alors que je devrais tranquillement être en train de faire un cycle VMA pour essayer d'améliorer ma vitesse qui pour l'heure est celle d'un escargot centenaire, en train d'en c..... en grimpant le Mont Caume.
Je pars sur Ollioules le matin avec Vincent et Lise, en me demandant ce qui m'attends, et avec Muse comme accompagnement dans la voiture. Le parking est à quelques hectomètres du retrait des dossards qu'on récupère avec les T-shirts du jour. Un petit tour au vestiaire, dépôt du sac à la consigne, et on se dirige vers le départ. Petite pause pipi au bar du coin avec Lise, on n'est pas les seules à avoir eu cette idée et il s'en faut de 3 minutes qu'on rate le départ... Je retrouve ma coéquipière Maggy affolée et persuadée que je me suis débinée... Ben non!!
     Départ dans les rues d'Ollioules, le temps est au beau et le vent s'est calmé. Un petite impression de survitesse... certifiée, on est à 11km/h. Certes c'est pas beaucoup mais quand même, quand on sait ce qui nous attend c'est un peu rapide pour moi. On attaque la première montée goudronnée qui nous amène au-dessus de la ville. Dès le 2e km il fait trop chaud, je vire les gants et la deuxième couche et me retrouve avec un T-shirt manches longues. Maggy fait de même et on reprend la montée en ayant perdu un peu de temps pour tout ça, mais au moins c'est confortable! J'ai rempli mon bidon avec du caloreen pour remplacer l'isostar franchement écœurant à la longue. Pour l'instant ça passe plutôt bien...
     On arrive au pied d'une monotrace, un bouchon s'est formé et quelques coureurs râlent en trépignant... de toute façon rien à faire, on ne peut pas doubler, alors autant le prendre avec bonne humeur! Le sentier est sympa, on monte tranquillement, finalement ces bouchons c'est très bien pour moi qui suit une piètre grimpeuse! Le seul problème c'est que la descente est du même acabit alors ce n'est toujours pas possible de doubler, un panneau indiquant « descente glissante » inquiète pas mal de coureurs... Et encore il n 'a pas plu, le chemin est parfaitement sec, je n'ose pas penser au temps que ça prendrait sans ça!
La bifurcation arrive, et je commence à sentir mon estomac qui commence à faire des siennes... Maggy est un peu devant et je sens bien qu'elle aimerait accélérer mais j'aime autant ne pas prendre de risques, le réflexe à présent c'est « frein à la moindre alerte digestive! ». Le caloreen c'est bien mais je me demande si je l'ai bien dilué, j'ai une perte de jus dans les jambes et mes sensations sont ... bizarres.
     Presque tous les coureurs près de nous ont bifurqué sur le 15km, à moins que tous les coureurs du 26 soient tous devant, ce qui est très possible... Je commence à ramer, le ravito arrive, je prends 2 minutes pour boire deux verres de coca histoire de couper court à l'hypo si c'est bien cela qui me gêne.
     On attaque le Mont Caume, que de la montée jusqu'au sommet. Je commence à avoir sérieusement des difficultés, coton dans les jambes, cardio qui monte en flèche... Le découragement me gagne, moi qui croyait que j'avais enfin réglé ces problèmes, la déception est grande... Je dois ressembler à un boulet pour la pauvre Maggy. On croise des secouristes auprès d'un coureur, il y a déjà eu quelques dégâts!

 

 

     On arrive tant bien que mal en haut, j'ai perdu tellement de temps dans cette montée que le serre-file est là, il voit bien que je ne suis pas au mieux et tente quelques conseils pour la suite. On apprend du même coup qu'il y a une barrière horaire au km16, à 12h15. Il est 11h45...
"4km que de la descente, vous avez largement le temps!"
4 km effectivement mais quelle descente : bien technique, impossible de relancer convenablement, racines et cailloux sans arrêt, les quadris retiennent mais ça risque de laisser des traces... On a passé deux équipes en haut du mont, pas sûr qu'ils arrivent à passer la limite...
     De peur de se faire arrêter, on donne un petit coup d'accélérateur dès que le terrain redevient favorable (c'est-à-dire qu'on ne doit pas dépasser le 10km/h sur route!). En fait la barrière était à 12h30... Tant pis!
     Autant dans la descente ça allait mieux autant la montée suivante me bloque : sueurs froides, palpitations, etc etc... Impossible d'avancer correctement. J'en suis malade pour ma coéquipière qui ne s'attendait certainement pas à se traîner un tel handicap! La montée est raide mais ne dure pas si longtemps que ça (sur le moment je n'en voyais pas la fin!) et on bascule sur une large piste en faux plat descendant pour rejoindre le ravito. J'en profite pour faire quelques pas avec le deuxième serre-file de la matinée. Bon c'est officiel on se retrouve les quatre dernières équipes au ravito, on est sûr qu'il n'y a plus personne derrière! Mais finalement ça met une ambiance sympa, ce qui n'est pas plus mal pour la montée qui se déroule derrière le ravito. Pas très longue non plus mais très éprouvante pour les jambes déjà échauffées...

 

Une équipe préfère abandonner ici et redescend. C'est tentant mais j'ai promis à Maggy qu'on passerait cette ligne d'arrivée alors on y va... Heureusement que les paysages sont vraiment magnifiques!

 

 

 

    Passage sous la falaise, quelques rencontres avec un club d'escalade en train de grimper la paroi, et on poursuit. Sur le plat et en descente j'arrive à gérer mes problèmes digestifs mais alors en montée c'est vraiment pénible!

 

 

     On finit par arriver à un super passage, la « cheminée », une portion d'escalade où joyeusement on se fait tous tomber des pierres les uns sur les autres. La dernière difficulté du parcours selon nos accompagnateurs de l'organisation. Effectivement, passé cette montée, il reste quelques kilomètres de descente, d'abord facile puis dans la rentrée sur les gorges d'Ollioules nettement plus techniques. 

 

 

     Les jambes commencent à se faire franchement douloureuses, les quadris ne retiennent plus grand chose et les crampes se font sentir, le ventre va mieux. L'arrivée n'est pas loin et pourtant... On crois aussi une équipe de mères noëls qu'on avait déjà vue avant, en train de se changer pour s'habiller de circonstance : chaussettes rayées, bonnets de noël et capes. Sympa!
Pour les deux derniers km, les organisateurs nous ont concocté quelque chose de rigolo : d'abord une montée raide sur 100m qui achève de nous exploser les jambes puis un passage dans des terrains privés et dans de l'eau... Ah c'était donc ça la recommandation du site « prévoyez une deuxième paire de chaussures car le parcours réserve quelques surprises. ». Bof, vu l'état de mes chaussures lorsque j'avais fait le Marseille-Cassis je ne vais rien dire pour un peu d'eau! Et puis je commence à nettement sentir mes ampoules, ça soulage.
On arrive dans Ollioules pour le dernier kilomètres, je suis HS et l'une des mères noëls n'a pas l'air mieux... Nos coéquipières nous tirent vers l'avant pour qu'on se mette à courir. On doit être au moins à 9km/h, whaouh!
On franchit la ligne d'arrivée à quatre, main dans la main, après 5h40 de course. Ce qu'il y a de bien quand on arrive derniers c'est qu'on est bien applaudi!!

 

     Un gros bisou à Maggy avec des gros remords pour l'avoir obligée à finir son premier trail en équipe classée dernière, alors qu'elle était visiblement capable de faire beaucoup mieux... (Dans l'état où j'étais moi pas!) et je vais rejoindre Lise et Vincent qui commençaient à s'inquiéter... Je ne profite même pas du repas, j'ai l'appétit coupé jusqu'à ce soir. Pour me remonter le moral on rentre sur Marseille sous le soleil en décapotable par les petites routes!

     Alors un bilan à chaud avec des points très négatifs :

  • J'ai souvenir de plusieurs passages sur le parcours où plusieurs pensées agréables se sont bousculées dans ma tête : « Mais qu'est-ce que tu fous là », « T'es vraiment nulle », « je vais arrêter la course à pied, j'arrive à rien! ».
  • Cette course a été très exigeante pour moi, dû à un manque de dénivelé à l'entraînement c'est sûr mais aussi et toujours à ces troubles digestifs qui me gâchent quasiment toutes mes courses... Un de ces jours je trouverai bien la recette magique! 
  • Les trails en équipe c'est super mais ça peut aussi être très gênant quand on se rend compte qu'on ralentit son coéquipier...
  • Si je mets la main sur le petit malin qui m'a dit qu'une course comme Marseille-Cassis était beaucoup plus difficile que ça...

 

Heureusement toute médaille a son revers et :

 

  • Je suis néanmoins contente d'avoir fini ce parcours, même en étant dernière, sachant que c'était la première fois que je faisais autant de dénivelé/
  • Le parcours est vraiment magnifique et les conditions météo d'aujourd'hui étaient idéales (d'ailleurs j'ai pris un magnifique coup de soleil)!
  • J'ai couru avec une super acolyte qui ne m'a jamais fait de réflexion sur ma lenteur et qui a toujours eu la pêche pour me motiver! Merci Maggy! 
J'ai peut-être dit que je voulais arrêter la course à pied mais en fait... Ben je crois que je vais plutôt travailler tout ça, histoire de progresser un peu ... Je suis sûre que c'est possible!
Si on réfléchit on a couru beaucoup plus longtemps que les premiers, alors finalement c'était plus dur pour nous! Ah bon ça ne marche pas comme ça?

 

Bon allez restons positif, j'ai pris un coup au moral aujourd'hui mais demain j'aurais certainement envie de recommencer! Promis un de ces jours j'arriverai à vous faire le compte-rendu d'une course réussie et gérée de bout en bout! Bonne CAP à tous!

10 commentaires

Commentaire de foxdiver posté le 12-12-2010 à 22:23:00

C'est pas courant à lire un C.R. d'une course par équipe. Après tout ne dit-on pas la solitude du coureur de fonds, mais franchement moi je dis chapeau après les problèmes (de bedon ;) ) que tu as rencontré. Et puis dit toi qu'il y a pire que toi en descente technique (je sais pas à qui je pense)
A revoir très vite, peut être à la Galinette(dans un mois et 1/2)
Bruno

Commentaire de chanthy posté le 12-12-2010 à 22:50:00

merci pour le récit.
essayes de manger du naturel :)
à bientôt sur la galinette

Commentaire de laurent05 posté le 13-12-2010 à 09:22:00

bravo Marion d'avoir tenue jusqu'au bout c'est sur quand équipe ça motive plus.
merci pour ton récit et ces belles photos
bonne récup et bonne fin d'année
à bientôt
laurent

Commentaire de kkris posté le 13-12-2010 à 17:17:00

merci pour ce récit, bravo pour ton courage, tu as terminé malgré tes ennuis.
bonne récup!

Commentaire de Rudyan posté le 13-12-2010 à 17:28:00

Bravo marion! Car contrairement à ce que tu dis, ce genre de course est certainement plus difficile pour les derniers que les premiers. Il faut faire preuve de beaucoup de courage pour ne pas jeter l'éponge!
La galinette devrait être un trail plus aisé qui va te permettre de trouver tes marques.
je rejoins Chanty sur l'alimentation. Si tu es un peu fragile d'un point de vue gastrique, privilégie le "naturel". Personellement, avant et pendant la course je ne bois que de l'eau et ça me va très bien!
Maintenant repose toi bien! Et si tu veux faire un peu de D+, n'hésite pas à me contacter par mp, on risque de faire qqs sorties avec Riri ;)

A bientot!

Commentaire de MAGG 13 posté le 13-12-2010 à 19:21:00

Juste quelques mots car Marion a très bien résumé notre trail...
Et oui , nous nous sommes rencontrées il y a tout juste 15 jours dans la neige montant à la croix de Provence et c'est hier que nous nous sommes retrouvées soudées pour profiter de ce merveilleux trail ...
Nous avons été entourées de gens formidables : l organisation, aux ravitos, les coureurs
Tout fut impeccable , rendez vous l'année prochaine et merci à toi Marion d'avoir terminé!
Il est vrai que ce n est pas toujours facile un trail en équipe mais le tout est d' être ensemble jusqu'au bout ;-)
Pour s'aider dans toutes les difficultés .

Merci à tous et on attend de voir encore d'autres photos de cette journée exceptionnelle

MAGGY L.

Commentaire de akunamatata posté le 13-12-2010 à 19:50:00

Bravo pour avoir boucle ce trail exigeant, je l'ai fait et refait de nombreuses fois.

Commentaire de RogerRunner13 posté le 14-12-2010 à 11:27:00

Pour avoir déjà participé à ce trail, il n'est pas si facile que ça. Pour tes problèmes gastriques n'utilise des produits que tu auras tésté à l'entraînement et puis à part de l'eau pas besoin de grand chose. Et surtout ne te décourage pas, à bientôt........

Commentaire de CROCS-MAN posté le 14-12-2010 à 14:07:00

Tu as un super mental, le reste viendra. BRAVO

Commentaire de DJ Gombert posté le 18-12-2010 à 23:41:00

AMHA La caloreen, normalement cela aide bien et c'est mieux assimilée que le Coca. Après faire 25 km de trail, ... et bien cela a rien à voir avec 20,138 km sur route hi ! hi ! hi !

Never give up Marion !

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