Récit de la course : Ultra Trail du Mont Blanc 2011, par marat 3h00 ?

L'auteur : marat 3h00 ?

La course : Ultra Trail du Mont Blanc

Date : 26/8/2011

Lieu : Chamonix Mont Blanc (Haute-Savoie)

Affichage : 1764 vues

Distance : 166km

Objectif : Terminer

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UTMB 2011 - la course : éloge de la paresse

 

           C'est à 22h que nous "débarquons" sur la ligne de départ de cet UTMB 2011, 1h30 avant le nouvel horaire de départ. Mais le rivage est loin car nous avons les pieds dans l'eau ... 

              "Nous", c'est Maria SEMERJIAN (qui finira 8e Femme et 2è Française - respect !-), une copine de Maria : Sandrine (qui se blessera dans la descente de St-Gervais et devra se saborder) et moi, beau moussaillon de 81Kg pour 1,80 .

 

               Il pleut depuis quelques heures et on peut parfois entendre le tonnerre au loin. Ah elle est loin la carte postale multicolore avec plein de trailers se dorant au soleil 

 

             Comme à mon habitude, je souhaite être placé à la proue du navire quand viendra le moment de larguer les amarres. Monter à bord 1h30 avant le départ, ça doit être ok par ce temps. En fait, il n'y a personne sur la rade et nous décidons de trouver un refuge sec et pas trop froid. L'accueil d'une agence bancaire sera notre phare et nous passerons 45mn à observer l'eau. 

              Des contrôleurs profitent sournoisement de notre havre pour vérifier le contenu de nos sacs.  Je serai contrôlé une autre fois durant l'épreuve mais jamais sur l'ensemble du matériel.

 

              Nous finissons par rejoindre la proue. Il fait froid et les embruns nous fouettent le visage . Pour patienter, j'ai gardé sur moi, en plus du tee-shirt et de la veste imperméable, un "gilet de sauvetage" plastique fournit au départ du marathon de Paris sur lequel j'ai rajouté un ciré. Et pour rajouter les bretelles à la ceinture, je m'abrite avec un vieux parapluie.

 

               Le temps passe lentement en regardant arriver des tops coureurs de la CCC. Derrière nous l'équipage montent à bord lentement. Devant nous également mais nous ne voyons déjà plus les dossards préférentiels : de "gentils" pirates  ont enjambé le bastingage et nous ont repoussé sans ménagement vers l'arrière . Ah, c'est ça l'esprit trail dont on entend parfois parler ... 

 

               Les autorités portuaires décident de faire dans l'humour et nous passent une chanson parlant de pluie. Bof bof …

 

              Finalement, les consignes de la capitainerie ne seront pas longs et nous allons pouvoir voguer.
Ma femme et mon fils nous ont retrouvé et cela nous permet de nous délester de nos premières carapaces. 

Nous partageons un peu d'émotion mais largement moins que ce que je m'étais imaginé … sous le soleil et avec la musique à fond ! Le mal de mer est quand même là, au creux du ventre.

 

Allez, larguez les amarres !

 

             L'étrave fend une foule bruyante et sympathique. Cela dure 2 miles où mon cœur s'emballe lors des passages devant ma famille . Pour eux aussi, la croisière va être longue.

 

            Nous discutons un peu avec Maria mais j'ai prévenu : dès la 1ère vaguelette, je quitte ce poste trop exposé pour moi. J'ai travaillé l'endurance, pas la vitesse. 
 

            Me voilà "seul" maintenant, mais bien entouré tout de même. Je m'en vais rejoindre ma place en fond de cale. Je rame à mon rythme et me mets dans ma bulle : passage en revue des règles que je me suis fixées afin de les suivre au plus près. Je ne sais pas si elles seront bonnes, justes et suffisantes mais elles me permettent de m'accrocher à quelque chose .

             Je suis dans la course mais détaché du monde qui m'entoure et de ce qui s'y passe. Concentré sur mon absence… : "talon gauche sur cette pierre, talon droit sur ce caillou, doucement".

 

              Je contrôle assez souvent ma fréquence cardiaque pour rester dans ma cible, bois et mange régulièrement.

 

              J'ai l'impression que l'équipage entier veut voir l'avant du bateau. Ça me fait ni chaud ni froid puisque l'objectif est de rester à bord. Je m'assure juste d'en faire le minimum (éviter de passer à l'extérieur lors des virements de bords).

 

              La 1ère grosse vague est affrontée tête basse mais pas tête baissée. Au sommet, je dois juste m'assurer être dans le bon timing voir un peu + rapide. Les ordres sont formels : Les plus lents seront jetés à la mer et il convient de n'en point faire partie.

 

             Initialement, le voyage devait s'effectuer sans carte ni plan mais le rétrécissement des barrières horaires lors de l'embarquement m'a fait changer d'avis. Inutile de risquer de passer par-dessus bord.

 

Passage du cap delevret : 2h03 - 952è. 

               C'est bon, 30mn d'avance environ. Je ferai juste une vérification à la pointe St-Gervais et après, je laisse tomber le chrono.

 

               Je crains d'éventuelles bousculades dans cette 1ère inclinaison mais relativise en me disant que mes jambes en profiteront pour se reposer.

 

                Le pont devient glissant et m'oblige à sortir de ma léthargie. Je dois parfois souquer un peu plus fermement pour anticiper des groupes ou choisir une trajectoire différente de la leur afin d'éviter de m'échouer. Je ne comprends pas pourquoi beaucoup restent sur les hauts fonds glissants alors qu'en passant à 30cm, là ou les algues sont visibles, cela ne glisse presque pas. Ou alors j'ai le pied marin ? Je me félicite en tout cas d'avoir embarqué avec des bottes quasi neuves et qui accrochent.

 

              La descente est longue, comme prévu. C'est un jeu de patience …

 

               Arrivé à tribord de la pointe St-Gervais, je téléphone à mes parents. Malgré l'heure tardive, ils ont décidé de surfer jusqu' aux contamines pour me faire l'assistance. Je pense qu'il est temps qu'ils lèvent l'encre du port. En fait, ils sont déjà partis et ont accostés à St-Gervais. C'est avec joie que nous nous croisons dans cette rade animée. Les embruns sont un peu moins forts mais je garde mon calot Kikou.

 

Passage à St-Gervais : 3h01 - 843è. 

           C'est bon pour les barrières horaires,  je peux passer sur le pont supérieur où il n'est plus question de délestage.

 

          Il me semble avoir été un poil rapide, il va falloir ralentir la cadence encore un peu. Avant d'embarquer,  je pensais devoir céder ma place aux matelots plus aguerris à chaques montées jusqu'au phare de la seigne tandis qu'en portions plates ou descentes, ma présence pourrait être tolérée. Surtout si je ne discute pas trop avec les cuistots.

 

          A tribord de la pointe St-Gervais, je retrouve à nouveau cet état de concentration qui permet de gérer son corps et son effort avec le minimum de dépenses intellectuelles. J'évite de m'énerver pour cette queue de poisson ou ce coup d'épée ( dans l'eau). Allez-y, foncez !... Si tout va bien, je pense pouvoir rejeter au large la moitié de ceux qui cherche à se faire bien voir du capitaine.

 

           L'étendue qui nous mène jusqu'au détroit des Contamines n'est pas piégée. De solides vaguelettes me permettent de récupérer après des zones courues et de garder le cap, sagement. Nous n'avons encore rien fait.

J'arrive au détroit où le bateau fait escale sous un ciel étoilé. J'en profite pour redescendre à terre et changer de tenue. L'eau est derrière nous et le voyage va maintenant nous emmener en des zones froides. Il convient de s'équiper en conséquence : bottes sèches, gants, cagoules, etc... Ah ! Merci l'assistance !

 

détroit des Contamines : 4h36 - 773è. 

          Un nouveau voyage commence.

 

          De ce côté-ci du globe, les terres sont hostiles et il n'est plus prévu de revoir les êtres chers avant Courmayeur. Je me charge donc d'un Mp3 supplémentaire afin de me tenir compagnie. Parfois peut-être aurai-je accès à un relias téléphonique ?

 

         J'appréhende un peu le long voyage intérieur à venir. Je me suis cependant efforcé de créer l'envie lors des dernières semaines en me sevrant de musique. Les premières notes arrivent à mes oreilles et ferment ma bulle. Je suis bien.

 

          Les flammes jalonnant la piste annoncent le début de la montée vers la balme et je prend le train des coureurs.

 

          La nuit est calme, sereine, belle. 

           Je vois mes jambes trottiner dès que le chemin s'aplatit. Je m'étonne de ne plus me faire doubler par des wagons entiers mais uniquement par quelques passagers pressés. 

           Sur le replat avant la gare de la balme, je laisse mes jambes cheminer pour aller lire mes messages et apprendre mon classement lorsque j'étais entouré d'eau. Je suis surpris ne n'avoir pas été + doublé. Vite, oublier ça ! Et de me promettre de ne plus regarder mon téléphone avant Courmayeur. Pour me changer les idées, je regarde les temps de Maria que ma famille me transmet régulièrement. << Oh la vache ! >> je ne peux m'empêcher de m'exclamer à haute voix, << 230è ! >>. Puis je me mets à espérer qu'elle ne soit pas partie trop vite. 

           Je vois se profiler la lumineuse gare de La balme au loin. Comme avant chaque ravitaillement, je révise mentalement mon protocole à suivre :
1) mettre le dossard visible (accroché sur élastique) pour le pointage,
2) ranger les bâtons (sur l'avant du sac),
3) desserrer les sangles ventrales du sac à dos,
5) sortir les déchets,
6) déclipser les sangles du sac en entrant dans l'aire du ravito,
7) jeter les déchets,
8) quitter le sac, remplir la poche à eau et remettre le sac
9) manger une soupe de vermicelle (attention à ce qu'elle ne soit pas trop chaude),
10) manger une barre de ? suivant l'envie

11) verrouiller le sac et retendre les sangles en partant

 

         J'entre en gare dans le wagon de queue d'un petit train multicolore en me promettant de perdre le moins de temps possible pour attraper la correspondance.

 

Gare de La balme : 6h08 - 629è. 

            Les cheminots sont forts sympathiques mais je ne veux pas prendre froid et les quitte rapidement.

 

            La voie s'éloigne dans la montagne et je la suis, seul. Les longs convois ont fait place à des rames plus petites et parfois esseulées.

 

            Le froid pénètre et je ferme les ouvertures pour retourner dans ma bulle. 

           Pendant que mon corps s'efforce de rester calme mon esprit s'évade et profite des instants présents. Tous les signaux sont verts.

 

           Le jour se lève, nous dévoilant ici le col du bonhomme enneigé, là la roche orangée. La nature est belle. Ce moment est euphorisant . La musique est au diapason de ce moment de plénitude et je plane un moment. Je pense à mes proches qui me soutiennent. Je vous aime tellement …    Enorme  !
 

           Tiens, on arrive au col du bonhomme ! Bon, ben je vais pouvoir passer de la micheline qui m'a tractée jusqu'ici à une loco un poil plus rapide.

 

           Je double quelques touristes arrêtés sur le quai et recommence à trottiner lorsque la voie est libre. Rapidement nous arrivons en gare du refuge du bonhomme. Le chef de quai est seul à s'agiter avec son lecteur laser.

 

Gare de La balme : 7h35 - 586è. 

          Les guichets sont déserts mais le paysage se suffit à lui-même, superbe.

 

          Comme il est appréciable de descendre de jour vers la gare des Chapieux. Je vois le conducteur qui est parfois debout sur les freins face à la pente. Il est souvent obligé d'alterner différentes vitesse pour ménager la machine qui est mise à rude épreuve.

 

          L'arrivée se fait au milieu de passagers qui ont profité des courbes rigides et officielles de la voie pour traverser celle-ci , au mépris du danger pour eux-mêmes. 

Gare des Chapieux : 8h14 - 546è

 

          Fidèle à mes habitudes de voyageur solitaire, je presse le pas et repars sitôt mon sac rempli vers le moyen de transport suivant.

 

            La sortie de gare se fait par un long couloir bitumé où le froid se fait sentir. C'est long mais la notion même de minutes ou heures commence à disparaître. Au bout, enfin, le sol se fait plus souple et de petites charrettes de coureurs se forment, serpentant dans la montagne, sous la neige. 

             Le poids et la vitesse de mon attelage peuvent faire penser que je suis passé du cheval vapeur au cheval de trait. Cependant, et même si quelques-uns doublent de-ci delà, je ne vois point de pur-sang.

 

            Ce cheminement lent m'endors quelque peu et je baille plus souvent que je ne le voudrais . C'est qu'il n'y a pas de chaumière accueillante par ici mon bon seigneur, vous devez continuer !

 

            Au relais du col de la seigne, j'échange mon cheval somnolant contre une luge qui devraient mieux convenir aux descentes à venir.

 

Col de la Seigne : 10h35 - 529è

 

            Avec ce froid, la neige tombante et le vent qui pousse fort dans le dos, je glisse assez rapidement vers le lac combal. Je rejoins quelques trailers restés en charrette, ce qui ne rend pas les dépassements aisés.

 

             Au ravito avant le lac, je vois au travers de ma bulle que certains esprits s'échauffent, signe que la lassitude est là pour beaucoup. Mieux vaut ne pas trainer.

 

Ravito avant le Lac combal : 11h05 - 483è

 

             Lors de la reco en juin, j'avais noté que le mental serait important pour courir sur la portion plate précédant l'ascension du mont Favre. J'attends donc cette partie comme une sorte de révélateur de mon niveau de motivation à ce moment là du voyage.

 

             Je dois sortir de ma bulle pour courir mais ça passe encore. Les jambes commencent à se faire un peu présentent. J'espérais arriver sans problème à Courmayeur : raté.

 

              Retrouver la marche à pied pour effectuer la montée calme mon cœur et détend mes muscles. Il fait soleil mais le vent nous rabat de la neige depuis le col de la seigne. Démarrée en tee-shirt, la montée s'achèvera avec 3 épaisseurs, gants et cagoule. Je reste serein car le matériel choisit permet de multiples possibilités sans s'arrêter. Toujours marcher ne sert pas à grand-chose mais cela correspond à ma préparation : toujours avancer. Je préfère prendre un peu plus de temps avec mes suiveurs que lorsque je suis seul, histoire de mieux partager l'aventure.

 

             D'ailleurs cela fait un moment que je n'ai plus de nouvelles d'eux mais je pense qu'avec le suivi SMS, ils seront à l'heure au rendez-vous, malgré l'avance que j'ai acquise.

 

Mont Favre : 12h05 - 442è

 

            Le sentier étroit qui redescend au col Chécrouit doit se faire tranquillement car il convient de ménager les cuisses et les pieds avant d'attaquer la grosse descente sur Courmayeur.

 

           Tient, on retrouve du réseau téléphonique à l'approche des pistes de ski Italiennes. C'est le moment choisit par mon épouse pour m'avertir qu'il y a 1h30 de bouchon à l'entrée du tunnel de cham' ! et qu'ils ne sont pas sûr d'arriver à temps . Ah ben je vous le confirme ! Vous pouvez faire demi-tour et rendez-vous à la fouly !  << tu vas trop vite ! >> me dit-elle. Ok, Ok mais je ne fais pas demi-tour pour autant, tant pis. Nous sommes tous déçus par ce contretemps. En fait, le suivi SMS n'a pas fonctionné pendant un certain laps de temps et sans nouvelle de ma part (pas de réseau), ils se sont loupés sur l'horaire de départ.

 

col Chécrouit : 12h38 - 428è

 

              Me voilà à nouveau "seul" au monde. Je referme ma bulle et imagine comme il serait bon d'avoir un VTT pour la descente qui s'annonce.

 

             Je prend la roue de concurrents devant moi mais ils n'ont pas les bons braquets pour ce qui arrive. Je quitte donc ce gruppetto et lâche les freins. Je profite de l'aspiration de nombre de coureurs et arrive en bas rapidement. la descente s'est faite à la pédale mais les jambes ont bien chauffées. Je me suis fait plaisir .

 

             Je rejoins le gymnase en roue libre en réfléchissant à la tactique à adopter une fois à l'intérieur.

 

Courmayeur : 13h12 - 387è

 

           1) podologue pour avoir un peu de crème sur les pieds (ça chauffe !); 2) repas; 3 ) remplissage poche à eau (sera-ce suffisant ?)

 

           La montée qui arrive va être longue et il faut trouver un rythme lent et sûr sous cette chaleur nouvelle. Comme Il est annoncé le désert dans la traversée de Courmayeur, c'est sur le mode chameau que je pars en direction de Bertone.

 

            De désert point : y'a du monde et ce n'est pas un mirage ! Du coup, mon mode de déplacement n'est pas ce qui se fait de mieux . Je le constate en voyant le nombre de concurrents qui me doublent en ce début de montée.

Un proverbe berbère dit : "qui veut traverser le désert ménage son chameau" (c'est dit de mémoire, j'chuis pas sûr de l'exactitude des mots…). Je m'applique donc à suivre ce précepte. Cela me permet de revoir certains barbares qui rigolaient en bas de la dune.

 

           L'eau dans ma bosse s'est déjà bien évaporée lorsque je reçois un message des rebelles : "La caravane doit faire un détour suite à une tempête de sable : +4Km" (ou quelque chose comme ça). Pffff ! Inch Allah !

L'oasis de Bertone surgit et je vais au puits faire le plein d'eau et de sel.

 

Oasis de Bertone : 14h58 - 322è

 

            Le profil de la traversé de la palmeraie qui suit, est truffé de dos d'âne. Je m'adapte donc à ses mouvements. Je courbe l'échine et pars au trot. J'avance bien sur ses chemins ombragés, sans pour autant faire le bourrin. 

              Après une dernière cavalcade, l'écurie est là, juste en haut. 

Bonatti : 16h06 - 277è

 

              Pour rejoindre la Mecque des ravitos ritals, il faut encore mettre quelques bons coups de cravache. Pas facile car je n'apprécie pas ce parcours et je crains la descente. J'enfile mes œillères et en avant !

 

              C'est par ici que doit se situer la mi-course si l'on parle en durée d'effort. Je n'ai cependant pas vu la marque (ben oui, à cause des œillères, faut suivre !). Bon, en même temps, c'est pas des choses à penser sinon c'est … !

 

               J'arrive enfin à la Mecque mais la bête commence à souffrir. Une prière ou deux et faudra repartir sans tarder pour franchir l'obstacle suivant.

 

Mecque d'Arnuva : 16h58 - 259è

 

            En pleine méditation fromageo-céréalière, je croise un bon coureur habitué des podiums du coté de la loire. Tiens, qu'est-ce qu'il fait là ? Je suis habitué à le voir douché lorsque je fini mes courses et là, nous sommes ensemble. Ça doit pas être son jour. C'est vrai que depuis la nuit dernière je ne sais pas à quel niveau du classement je me trouve. il me semble avoir progressé depuis les Contamines et ma 780è place mais je ne suis sûr de rien, enfermé dans ma bulle comme j'étais.

 

             Les 200m plats qui suivent le ravito font mal aux jambes, vivement la montée que je puisse fainéantiser. 

Surtout ne pas penser que nous n'en sommes qu'à la moitié !

 

                En début de montée, les dieux satellitaires se penchent à nouveau vers nous et bénissent un passage de réseau. J'en profite pour échanger un peu avec Arclusaz, l'un des guides spirituel du groupe kikourou lyonnais. En même temps que son sermon, il m'envoit mon classement. Je suis - de 300 ! ça me cloue sur place ! Je lui explique que je suis pas très bien et que ça risque d'être un vrai chemin de croix jusqu'au col Ferret. Il m'absout et sa bénédiction me fait du bien. merci Monseigneur  !

 

              Je m'appuie sur mes bâtons de pèlerin. En grimpant, je dispense la bonne parole à ceux qui croisent mon chemin. En effet, malgré mon physique, il m'arrive de doubler quelques âmes perdues .

 

               Le sommet est masqué par les nuages et c'est une divine apparition que de voir les bénévoles qui nous pointent.

 

Grand col Ferret : 18h24 - 229è

 

                Il faut maintenant aller rendre visite à nos amis suisses, tout en bas dans la vallée. Les gardiens du temple de la vache mauve sont de formidables prêcheurs. Ils vous feraient croire que la fouly passée, c'est presque l'arrivée. Attention à ne pas boire ces paroles sinon, c'est comme avec le vin de messe, la digestion sera difficile.

 

               Le chemin menant à la sacro-sainte Fouly est simple au début mais 2 nouveautés cette année nous mènent de charybde en Sylla. Les jambes sont bien dures lorsqu'enfin je vois mes disciples. L'arrêt sera un peu long, il faut que chacun parle, raconte, demande. Et je dois soigner une 1ère ampoule.  Dur de remettre en route après ces génuflexions ! 

La Fouly : 19h58 - 214è

 

              La portion qui nous permet de rejoindre Champex est sympa, quand on est en forme. Ben là, elle est peu avenante pour moi et je m'efforce de serrer les dents en espérant de meilleures sensations plus tard.

 

             Au pied de la montée sur Champex, je suis seul pour suivre l'étoile du Berger . A l'approche du lieux sacré, je rattrape d'autres adeptes et nous entrons dans cette grotte illuminée ensemble. Je m'assois à table. La même cène qu'à la Fouly se reproduit. Je suis bien entouré. Je partage une assiette de pâtes et du jus de raisin. 

Champex : 22h35 - 173è

 

             Au moment de repartir, point de miracle. Je marche jusqu'au lac puis mes enfants me remotivent pour relancer la machine : << tu est entraîné pour ça alors tu va au bout, et tu nous l'as assez dit, on se moque du classement >>. Bon, ben pas le choix alors !  

              La zone où ils peuvent venir avec moi est de courte durée mais ils m'ont bien motivé pour finir. Merci mes amours, vous m'avez relancé ! Je reprends mon tempo en trottinant. Le chemin se fait légèrement descendant et je double encore un peu.

 

               Soudain nous découvrons le tracé de délestage qui plonge à droite. La trottinette est maniable mais la descente ne se fait quand même pas à un rythme d'enfer. Le mauvais revêtement est pour le moins "épineux" pour mes pieds. Je peste contre les marchands du temple qui ont choisit ce détours. Je descend de la trottinette plus souvent que je ne le voudrai pour marcher à grandes enjambées.

 

                Le long de la descente, j'apprends mon classement : 173è ! Incroyable ! J'ai du mal à réaliser. En tout cas, ça booste bien. Je vais essayer de ne rien lâcher et si tout roule, pourquoi pas viser une place dans les 150 premiers ?

 

               Enfin les rues sinistres de Martigny. Je reprend la trottinette qui mine de rien me fait progresser vers l'arrivée. Nous passons sous une grande artère et commençons une remontée sur la route qui serpente entre des vignes. J'ai à présent l'impression d'être sur des skis de fond avec ce mouvement de bâtons et ces poussées régulières. Le haut du chemin en balcon me voit coincé dans les traces des montagnards me précédant. Ici, seul le style classique est apparemment autorisé. Je patiente jusqu'à la descente où je laisse glisser et double encore. ça farte !

 

              Passage éclair à Martigny. Circulez, y'a rien à voir ! 1 verre d'eau et c'est repartit.

 

Martigny : 25h26 - 117è

 

           Il est annoncé 1000m de D+ pour la prochaine bosse. Je n'y crois pas et pourtant …

 

           C'est bien simple, cette montée est une ligne presque droite dont la pente moyenne doit être de 20%. Je ne peux m'empêcher de penser que cela ressemble fort à 1 kilomètre vertical qui tomberai à point nommé pour un jeune qui voudrai se faire la belle en fin de course dans un exercice qu'il maîtrise bien. Un peu comme un cadeau de bienvenue ...  J'vous jure, quand on fatigue, on cherche toutes les excuses possible.

 

           Je ne sais plus du tout à quelle distance nous sommes de l'arrivée (trop loin pour mes pieds) et c'est perturbant. Je suis sûr que le détour annoncé de +4 Km fait en réalité un peu plus que ça...

 

             Mon nouveau classement arrive sur mon téléphone. Vertigineux !!! C'est pas moi, c'est trop… trop …tout.

            Comment ne pas en être là sans rêver à un top 100 maintenant . Il ne faudrait pas car c'est le meilleur moyen que ça rate. Le mieux serait de rester sur ce rythme qui assure plutôt que de se griller. Mais bon, je ne suis plus lucide et je vais faire une montée à fond. En marchant mais à fond. Mes parents et ma femme me diront à l'arrivée avoir été impressionné par mon passage au col de forclaz. Mon regard traduisait ma volonté  . C'est incroyable ce que la tête peux faire faire au corps dans ces moments là. Je réalise ma meilleure ascension alors que nous sommes partis depuis plus d'une journée et qu'il me manque 2 nuits de sommeil. Sommeil ? Non, rien du tout, pas un seul instant. Je suis complètement tourné vers cet objectif inimaginable il y a 30 heures.

 

             La descente vers Trient est faite en courant malgré les douleurs aux pieds. Au vu du nombre de compagnons que j'ai doublés dans la montée, je dois pas être loin du compte.

 

             La tente de Trient est déserte. J'en profite pour percer les ampoules qui sont au sang , changer chaussettes et chaussures, remettre de la crème. Mon fils m'annonce mon nouveau classement au moment où je repart. J'en reste sans voie ...

 

Trient : 27h21 - 93è

 

             J'y suis dans ce top 100 ! J'ai l'impression d'avoir fracturé le cadenas de la cours des grands et d'être rentrer là frauduleusement . Il va falloir assurer car les gars de devant sont très loin. Pas une frontales visibles dans la montée suivante si ce n'est 2 coureurs repartis juste avant moi.

 

             Je ne pense plus à ce long voyage. Je suis sur un trail de 30 bornes, avec les ampoules en plus. J'attaque le début de la montée encore plus fort que la fin de la précédente. Je ne veux pas que les 2 concurrents s'accrochent ! Ah !  Faut bien manquer de lucidité pour penser comme ça ...

 

              Les 3/4 de la montée sont fait quand je me retrouve carbonisé . Oula ! Va falloir s'accorder une pause et bien baisser de rythme sinon je ne vais pas aller au bout.

 

             Je reprend conscience petit à petit. Je suis seul, l'herbe est givrée, mes pieds sont explosés et il reste un bon paquet de kilomètres. Quel con ! J'avais réussi à me gérer assez bien jusqu'à ce que le classement s'insinue dans mon esprit. Et maintenant, me voilà bien entamé et loin d'être arrivé.

 

            Sur les replats que nous passons avant de rejoindre Catogne, je m'efforce de relancer mais c'est maintenant tout mon corps qui est réveillé et qui rouspète .

 

Catogne : 28h56 - 86è

 

             Je ne suis visiblement pas le plus mal en point car je double encore 3 personnes dans la descente, alors que je marche le plus souvent.

 

               Que cette partie est difficile quand les pieds ne savent plus comment se placer pour prendre contact avec le sol. Et que Vallorcine est longue à arriver. 

              Je ne me vois pas finir autrement qu'en marchant les 16 derniers kilomètres. Advienne que pourra  mais j'ai peur que mes accélérations récentes ne me fassent désormais reculer dans le classement. Je m'accroche à ce que je peux et me dit que la marche atténuera les douleurs musculaires demain.

 

Vallorcine : 29h55 - 83è

 

               Je fais le plein d'amour et d'eau fraîche car je pense que la fin va être bien longue et repart en marchant.

 

               Je ne suis plus assez lucide pour me rappeler les 2 règles d'un départ de Vallorcine : 1) Ce n'est finit qu'à chamonix et avant ça, ça va être dur. Argentière est un leurre et un piège. 2) Tu aura mal autant si tu marche que si tu cours, alors cours !. Dommage d'avoir oublié ces phrases car je vais maintenant subir la course.

 

                Maria me téléphone et me propose de m'attendre  mais je refuse car elle est encore bien devant moi (20') et je n'ai plus assez de volonté.  J'aurai dû me transcender pour aller la rejoindre en courant mais les douleurs ont gagnées et je baisse la garde.

 

                Je rejoint le col des montet où mon assistance s'extirpe du froid et de la voiture pour continuer à m'encourager. Quel bienveillance, un énorme MERCI  !

 

                Je pense Argentière tout près mais je confond hameau et village et c'est très long dans ces situations. Quelques coureurs reviennent de l'arrière sans que je songe à m'accrocher. Finalement,  j'arrive sous une tente impersonnelle où l'on me pointe.

 

Argentière : 31h11 - 85è

 

               Au sortir de la tente, le préposé au pointage m'annonce qu'il reste 7Km, tout en trottoirs légèrement descendants. Celui-là, vaut mieux pas que je l'attrape …

 

               Il reste en réalité 10Km dont plus de la moitié sans appui plat. Terrible lorsqu'on à les pieds qui demandent grâce et que l'esprit ne pense à plus rien d'autre. 

               Chaque mètres carrossables sera fait en toutes petites foulées mais que c'est long. Quelques coureurs passent. Qu'est ce que j'aurai préféré monter à la tête aux vents et éviter de monter dans les vignes à Martigny ! A quoi cette boucle servait-elle ?

 

              J'accumule les pensées négatives et vocifères contre les organisateurs  . Ben oui, désolés mais la fin du voyage n'est pas aussi belle qu'imaginée, et je ne parle pas du paysage. Chaque pas est un combat à livrer avec l'envie de tout envoyer balader. Résiste !

 

               Enfin le bitume Chamoniard. Je me trouve accompagné par mes fidèles supporters. La ligne se rapproche dans chamonix désert à 8h du mat'.

 

               Voilà, c'est finit. 

Chamonix : 32h51 - 89è

 

                Mon temps et mon classement reste incroyable et je ne les réalises pas à ce moment là. L'émotion est palpable pour mon assistance, moins pour moi qui suis encore dans mes dernières batailles et souffre à chaque pas.
                 Plusieurs fois pendant la course je me suis posé la question << qu'est-ce que t'es en train de faire ? >> mais je n'avais pas la réponse. Il y a maintenant des éléments chiffrés mais tellement loin de ceux imaginés que je reste incrédule, comme sonné .
 
                 Il va falloir que quelques jours s'écoulent pour arriver à assimiler. Les discussions et messages qui m'arrivent m'aident en cela mais j'ai peur de ne pas attérrir tout de suite. Beaucoup de positif à emmagasiner. J'ai même gagné un challenge - sur la performance intrinsèque de chacun - organisé par maître Rodio sur "kikourou.net", c'est dire !
 

                 Bien sûr, il faut également remercier tous ceux qui ont rendus possible ce tour pendant les jours de course, mon assistance de charme et de choc, mes amis, les organisateurs et les admirables bénévoles.

 

                C'est classique mais il faut le redire, sans la présence de beaucoups, derrière soit, l'aventure n'aurai pas pu se réaliser. La préparation d'une telle épreuve est une accumulation de choses, des dons - petits ou grands - de chacun, même sans le savoir. J'ai tout pris et c'est un trésor précieux . Merci .

 

                Pour rendre un peu de tous ces cadeaux , je pense complèter ce CR par un second, pour expliquer ma préparation sous ses différents aspects : physique , matérielle et mentale .

 

Merci encore à tous ceux qui m'entourent

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Et voici la seconde moitié

Bonjour,
             Ceci correspond au second volet de mon récit UTMB 2011. Il est réservé à l'avant course. Il ne s'agit d'ailleurs pas à proprement parlé d'un récit mais plutôt de ce que j'ai mis dans ma valise pour effectuer le grand voyage de fin août. …Ah au fait, c'est nul, y'a même pas d'humour là dedans ! Bref,  je ne sais pas si cela intéressera quelqu'un (?), mais au cas où un primo-participant se poserai des questions ... 
Retour en arrière …
             Début décembre, je me demande ce que va être ma saison 2011. J'ai fait 2 ultras en 2010 dont le 1/2 UTMB en lieu et place de la TDS qui se sont assez bien déroulés. Je décide donc de réfléchir au sujet "UTMB". 
             Il apparait immédiatement que participer à l'UTMB comporte 3 phases à franchir l'une après l'autre : préinscrit ? inscrit ? Partant ?. Pas mal de questions sont associées à ces phases et il faut (se) les poser.
Phase 1 : l'avant postula
             Avant de postuler à une éventuelle inscription, il m'a semblé important d'évaluer si j'avais réellement la volonté, les moyens et les capacités de faire cette gigantesque épreuve. A cet instant, j'ai les 5 points demandés par les organisateurs mais une expérience limitée à un 100Km (4200m D+) et à un demi-tour du Mont-Blanc (reprise UTMB 2010 - 88Km - 5000m D+). 
             1-a) La volonté et l'envie : Je sais que je marche à l'objectif et que je suis capable de planifier une montée en puissance. J'ai terminé le 1/2 tour de 2010 sans réellement trouver mes limites au niveau force physique. J'ai donc envie d'aller voir ce qui ce passe au delà. Aventure et inconnu, mélange d'excitation et d'appréhension. Concernant la volonté et l'envie, la réponse est donc OUI .
             1-b) Les moyens : Il n'est pas question ici que de moyens financiers mais ils ne doivent pas être éludés pour autant. Le budget est conséquent : matériel, dossard, voyage, gîte pour la famille, mais aussi déplacements spécifiques liés au D+ de la course, etc ... Ramené sur cette seule épreuve, c'est beaucoup, voir trop (et on ne vient pas de l'étranger), surtout si je ne dois pas aller au bout. Cependant,  sans UTMB, je vais quand même courir, partir en vacances avec les enfants, etc. Et en connaissance de cause, la dépense peut être étalée sur 8 mois. Financièrement, je pars du principe que la réponse est OUI .
             Mais les moyens c'est aussi avoir la possibilité d'intégrer toute la préparation dans sa vie personnelle, familiale et professionnelle. Cela veut dire beaucoup de temps pour l'entraînement comme pour la préparation de l'aventure. Cela veut dire également des conversations et des loisirs souvent tournés vers le même sujet. Cependant, bien organisée, la prépa peut parfaitement permettre à son entourage de participer à l'aventure. Un équilibre est à trouver entre plaisir égoïste et partage. A moi de me faire le plus discret possible et d'inventer des séances ludiques pour tous. Je pars avec l'énorme avantage que ma femme me soutiendra si j'arrive à parler aussi d'autre chose , que je ne me blesse pas et bien sûr, que je reste disponible lorsque le besoin est là. C'est énorme et ça me permet de penser qu'en ce qui concerne les moyens humains et organisationnel, la réponse est OUI. 

             1-c) Les capacités : alors là, en décembre, franchement je ne le sais pas. Mentalement : Pfffffffff ! c'est quand même super long. En même temps, il n'y a qu'à l'épreuve du feu que j'aurai la réponse. Physiquement : Je sens que c'est dans mes cordes, même lentement. Mais quel néophyte peut se targuer d'être sûr de sa capacité ? S'il y a une chose que je pense pouvoir faire relativement bien c'est absorber un maximum d'infos et les retranscrire en un plan d'entraînement adapté à mon physique. 8 mois, c'est court mais pas impossible. Attention cependant : Mon objectif ne doit jamais être le classement mais juste terminer. Être FINISHER et ne rien viser d'autre. A cette condition, j'espère avoir les capacités, OUI.

 

             Ah ben finalement, c'est facile la 1ère phase, y'a qu'à dire oui à tout. C'est donc fort de cette belle inconscience  que j'ai décidé de postuler à l'épreuve tout en préparant la solution de replis : la TDS si je suis refusé à l'UTMB. Au moins j'aurai 1 an de plus pour être au point.
             J'ai donc remplis mon dossier UTMB et clic ! C'est validé ! 
             Plus qu'à attendre ? Ben non en fait car ce serait un mois de perdu et durant la phase II, il y a moyen de faire 2 ou 3 trucs qui seront utiles, que ce soit sur la TDS ou l'UTMB.
Phase II : Avant d'imaginer la maison, on pose les fondations
(de mi-décembre jusqu'au tirage au sort mi-janvier)
            Dans l'attente du tirage au sort, j'ai préparé le plan d'entrainement de janvier (mois assez light : 1 semaine entrainement suivie d'1 semaine récup, l'ensemble répété 2 fois). Que je sois pris ou non, le mois de janvier sera le même. 
             Je trace les grandes lignes architecturales de ma prépa. J'imagine 5 étages à mon éventuelle préparation :
 Le physique  -  le mental  -  le matériel  -  l'organisation de l'ensemble  -  les trucs bon à savoir sur place et en course
             Pour les 4 premiers niveaux, je décide de faire un état des lieux et une projection. Ecrit autrement : où en suis-je en décembre ? Où est-ce que je souhaite arriver -dans l'idéal- fin Août ? A chaque fois, déterminer les points de passage obligatoires pour parvenir à relier les 2 extrémités. Le détail -s'il y a lieu- se fera uniquement en phase III (ça évite de se prendre la tête pour rien).
             En ce qui concerne le grenier, je compte stocker un maximum d'infos au hasard de mes rencontres et lectures. Kikourou aura un rôle important à jouer !
2-a) Le physique  
             Le constat est rapide : le corps : le pied droit abimé (fracture de fatigue depuis fin octobre, en cours de consolidation) mais le reste est OK. Le poids : bon, ok, je n'ai pas la ligne du marathonien, plutôt celle du . Je suis ce qu'on peut appeler de forte carrure ... : 1m80 et 93 -petits...- kilos. La musculature : Hein, quoi ? Ah oui, ce qui est drapé sous le voile d'hivernage ... Ben ça va, c'est pas folichon depuis que je ne cours plus mais il doit bien rester quelque chose. Le cœur est encore vaillant : FCMax = 168 et FCmini = 50. Oui, je sais, c'est bas pour 43 ans mais j'ai toujours été un diesel. Et puis un diesel pour ce type d'épreuve, c'est pas si mal ! 
             Là où je dois arriver : Pour mon corps, objectif premier pour qui veut participer : ne pas être blessé au moment de la course. J'imagine bien que mon corps devra quelquefois souffrir à l'entraînement et que des douleurs en résulteront parfois mais il convient d'être sain fin Août. En ce qui concerne mon poids, je ne fixe pas réellement d'objectif même si j'aimerai me séparer d'une dizaine de kilo. La musculature elle, devra être la plus résistante possible (surtout en descente) et habituée à l'effort modéré et long. Y'a du boulot ! Enfin pour ce qui est du cœur, c'est LE point que je peux fixer d'ors et déjà : FC de course = 115 env. avec de courtes pointes à 130 maxi. C'est la qualité de mon entrainement qui me fera aller + vite et + loin sur ces bases. Je ne dois pas viser d'aller plus haut en fréquence mais d'être au top à 115 puls/mn. Il faudra s'entraîner en fonction de cet objectif unique.
             Une fois tout cela écrit, j'imagine les grandes lignes de ce dont j'aurai besoin d'ici fin Août. L'entrainement pourra se découper en 2 parties : : 
             1ère partie (jusqu'à mai) : Une montée en endurance liée à un dénivelé raisonnable (pas question de se fusiller les tendons alors que je suis encore trop lourd) et un peu de rythme. Validation du rythme lors d'une à trois épreuves d'une durée comprise entre 1 et 3h. Validation de l'endurance lors d'une épreuve comprise entre 10 et 15h.  La montée en endurance se fera au moyen de sorties de + en + longues (jusqu'à 5h de rando-course - 1 sortie par semaine hors semaine de repos). La montée en rythme sera à détailler si j'arrive à la phase III. Des sorties vélo complèteront le programme et protègeront le squelette.
             2ème partie (juin à Août) : une montée en puissance avec de plus en plus de dénivelé en s'approchant de la course. Cette montée en puissance pourrait commencer par un stage reco du parcours en 4 jours (juin) puis 3 à 5 grosses sorties régulièrement espacées en montagne (juillet et Août). Les grosses sorties termineront de valider l'acquisition de l'endurance. 1 ou 2 courses en montagne (sans être à fond) serviront de rappel de la gestion du mixte rythme/endurance. Continuation des sorties Vélo, avec un peu de bosses si possible.
             La perte de poids se fera de façon relativement linéaire avec objectif de gagner le poids du sac entre fin juillet et Août (ça c'est de l'objectif qu'est utile …).
             Une règle d'or que ce soit pour le poids ou la charge d'entrainement : mieux vaux en faire un peu moins qu'un peu trop, le sous régime est préférable à la panne.
            Je verrai les détails du renforcement musculaire lors de la phase III, si cette phase est atteinte...
2-b) Le mental
             Il me semble trop tôt pour commencer cette prépa. Quelle déception si je n'étais pas pris ! Du coup, je reste zen .
2-c) Le matériel 
            Je dresse la liste comparative de ce que j'ai déjà par rapport à la liste du matos obligatoire, histoire de profiter des soldes qui seront là après le tirage au sort. Il ne me manque pas grand-chose. Peut-être un sac à dos spécifiquement dédié à porter le plus facilement possible tout ce barda, ou 1 MP3, mon baladeur étant vraiment fatigué et un poil lourd (quoi ! c'est fini les cassettes ? ). Pour le reste, les soldes reviennent avant la course alors pas de soucis. C'est quand même bon d'avoir ça en tête.
2-d) L'organisation de l'ensemble 
             Comme pour le mental, il vaut mieux ne pas se réjouir trop tôt et donc ne pas tirer de plans sur la comète. Cependant il y a 1 chose à préparer à ce moment là, au cas où : Il s'agit de la réservation du logement. Tout est cher à Cham', les premiers prix partent vite et quand on ne connaît personne sur place ... il devient plus économique d'avoir encore le choix. Donc, je liste mes souhaits et pars à la recherche de perles rares. Je dois pouvoir "dégainer" au plus vite si j'ai le bonheur d'être sur la bonne liste.
2-e) Les trucs bon à savoir sur place et en course
             Je me dis simplement que je lirai tous les CR existant sur Kikourou ainsi que les discussions, si je suis pris. On ne peut pas passer à côté d'une mine d'or pareille sans en profiter. A coup sûr, il y aura des bons conseils.
             Voilà, les fondations théoriques sont posées. Il n'y a plus qu'à attendre, commencer à regarder et imaginer le calendrier des courses régionales qui pourraient correspondre aux points de validation des acquis physiques.
Phase III :  y'a plus qu'à …Oh punaise !
             Le 19/01 à 10h45, nous attendons l'info des organisateurs sur le tirage au sort : je suis fébrile.
             A 11h, le statut  de ma fiche coureur indique  "à payer". YESSSSSSSSS ! : je suis euphorique !
             A 11h10, l'inscription est confirmée auprès de l'orga : je suis joyeux. 
             A 11h15, Ma femme est au courant de notre programme fin Août : je suis content. 
             A 11h30, la location est réservée à cham' (vive la prépa) : je suis satisfait. 
             A 11h40 ... je suis stressé … mais qu'est-ce que j'ai fait ?   … Aïe Aïe Aïe !!!
             A 13h30, fin d'une bonne séance de gym entouré d'une quarantaine de nanas : je suis tendu … vers l'objectif !     La préparation mentale a commencé sans même que j'en ai conscience !
             Je vais maintenant pouvoir m'éclater dans l'élaboration théorique de ma prépa. J'aime bien analyser ce qui m'entoure, capitaliser et inventer ce qui me conviendra, à moi uniquement. Je ne cherche pas à plaire ni à faire comme on me dit. Je serai seul sur les chemins fin Août. Je dois donc apprendre à m'en sortir par moi-même. J'écoute les idées établies mais ne les appliques que si j'en suis convaincu. Ma prépa sera donc de cette veine là.  Uniquement du sur-mesure.
             Le reste du mois de janvier est passé à façonner les plans des différents étages. J'utilise les outils que j'ai sous la main : un clavier et 2 bons fichiers Excel. Un premier fichier pour la prépa physique qui contient les onglets suivant : plan d'entrainement détaillé, suivi du réalisé en graphique, suivi de l'usure des chaussures avant la course, liaison avec le calendrier familiale. Et un second fichier pour les autres sujets : profil de la course, temps passages théoriques, actions à réaliser par moi ou mes accompagnants aux ravito, calcul des besoins énergétiques et ce qui sera consommé en conséquence, évolution du matériel dans le sac à dos ou dans les sacs assistance, trucs et astuces, erreurs à ne pas commettre (pour s'en imprégner et relire avant le départ).
             Ouais, ça paraît lourd  mais je préfère me compliquer la vie maintenant afin qu'elle soit plus simple sur place et pendant la course. Je suis partis du principe que je devrai / pourrai réfléchir un minimum pendant la course. C'est pareil pour mes proches, je ne veux pas les embêter avant ni les stresser pendant la course. Donc, tout doit être réduit au plus simple, sans soulever de question. Bon, on est vraiment dans la théorie là hein !...
               Je m'en vais donc ici vous en "survoler précisément" les différentes facettes, pour ceux qu'auraient vraiment rien à faire …
3-a) Le physique  

             La préparation physique est le gros morceau. Sans elle, les niveaux supérieurs ne peuvent tenir. Je me creuse donc la tête pour créer quelque chose qui me corresponde et m'amène au départ sur un pic de forme. Enfin, dans la théorie parce qu'il n'y a qu'en course que j'aurai la réponse. Bien sûr, comme à tous les étages, la porte restera ouverte à des aménagements de détails. Je mesure pendant cette période d'élaboration tout le travail qu'il reste à accomplir sur le terrain. Normalement, les périodes de forme alterneront avec d'autres plus difficiles où le doute viendra s'immiscer. Un maître mot : se faire confiance. Du début jusqu'à la fin. Accepter ces sauts de forme. Accepter aussi de ne pas savoir à l'avance si la grande forme sera là le jour J car je ne compte pas arrêter complètement l'entrainement fin août, juste l'alléger les 2 dernières semaines. Bref, planifier de ne pas être en forme trop tôt mais bien au tout dernier moment. Instaurer un dialogue avec mon corp et anticiper ses réponses, histoire de ne pas le fâcher.

 

             Je commence donc par définir la charge, mois par mois puis semaine par semaine et enfin jour par jour. Pour compléter l'onglet détaillé jour par jour, je schématise ces charges avec des graphiques. Le but est de ne pas dériver de façon trop importante et l'aide visuelle me semble plus adaptée que le simple fait de suivre des chiffres.
             Dans cet onglet "graphiques", il y a : 1 courbe pour le vélo, 1 pour la course à pied et 1 pour le cumul des deux, sans oublier la courbe de mon poids. L'unité est décomposée ainsi : 10 km à pied = 40 km en vélo = 1. La planification est donc établie jusqu'à fin août, alternance de semaine + ou - chargées et de semaines de repos.  Apparait également la moyenne de chaque mois afin de ne pas trop en faire et de bien respecter une progression maitrisée. Chaque mois à au moins 1 semaine de repos relatif (0 à 4h). Pour les accros au chiffres, voici le détail : Janvier : 4 semaines dont 2 cool, moyenne = 6,8  -  février : 4 semaines dont 1 cool, moyenne = 8,4  -  mars : 5 semaines dont 1 cool, moyenne = 9,9  -  avril : 4 semaines dont 2 cool, moyenne = 9,6  -  mai : 4 semaines dont 2 cool, moyenne = 7,8 (dont 1 ultra)  -  juin : 5 semaines dont 1 cool, moyenne = 11,4 (dont 1 stage reco sur 4 jours : la semaine à 19)  -  juillet : 4 semaines dont 1 cool, moyenne = 13,6 (dont 1 semaine à 21) -  Août : 4 semaines dont 2 cool, moyenne = 13,1 (dont l'UTMB - 8,9 hors utmb-). 
             Au total, à une semaine de la course, j'aurai totalisé 2.600 Km à pied ( 86.000 m de D+). A cela, il faut rajouter 2,800 Km de vélo. Au niveau des courses (toutes ont été courues au rytme cardiaque théoriquement le + haut en fonction des distances pour valider ces différents seuils) : 20Km bitume fin mars, marathon bitume mi-avril, trail 25 km fin avril, 102 Km et 4200m D+ en trail mi-mai. Repos puis 45Km mixte mi-juin, 30Km trail en montagne mi-juillet et enfin marathon de montagne fin juillet (pas à fond celui là). Pour valider le rythme "UTMB", je réalise quelques sorties longues (5 à 6h) à FC = 75% de ma FCM. Objectif, arriver sans fatigue ... Enfin presque. A cela, je rajoute un stage UCPA avec Dawa sur le parcours de la course fin juin. Je conseil vivement . C'est fou la puissance que l'on gagne en 4 jours. Il deviens clair que pouvoir s'entrainer régulièrement en montagne est un avantage important.
            Autre élément essentiel de la préparation physique pour cette épreuve, c'est le repos. Je passe sur les semaines de "repos" qui devront comporter au moins 4 jours sans rien. Les autres sorties seront légères (pas de vitesse) et courtes. Ces semaines permettent réellement d'entériner l'acquis et d'être prêt pour la marche suivante. Le repos, c'est aussi le sommeil : de mai à juin, je ne ferai aucune nuit à moins de 6h. Juillet et août : rien en dessous de 7h et une moyenne vers 8h. Pour ce faire, j'ai utilisé pas mal de tisane "nuits calmes" le soir. 
             Mais j'imagine également la préparation comme autre chose que compiler des heures à des heures. Je sélectionne quelques principes qui pourront peut-être permettre de ne pas développer des pathologies de fatigue pendant la course. Le principe est de les appliquer le plus souvent possible pendant les sorties longues afin qu'ils deviennent des réflexes pour le jour J. En voici quelques uns :
             Pour les jambes : varier les foulées, que ce soit en courant ou en marchant. Franchir les obstacles indifféremment des 2 pieds et en les attaquant en alternance. Poser les talons sur les cailloux en montée afin de limiter l'angle de pose du pied. Chercher au moins 2 types de foulées "marchées" en descentes, dont une rapide et ample qui permette de ne quasiment rien perdre sur ma vitesse en courant. Le but étant de limiter les chocs. Qu'importe si je ne ressemble à rien dans ces moments-là. Et dans la vie de tous les jours, monter les escaliers 2 par 2, lentement.
             Pour le haut du corps, un peu de gym type abdos et gainage (env. 30mn par semaine) et un peu le dos aussi. Les séances de rando-course à partir du mois de juin se feront avec les bâtons. Et c'est tout. Je pourrai en faire plus mais je pense que les séances de vélo en danseuse comme celles de tondeuse complèterons l'ensemble. Difficile en janvier d'être exhaustif sur l'ensemble des choses à faire mais je compte aussi sur ma volonté pour m'emmener sur la ligne d'arrivée. Ah oui, le cerveau, qu'est-ce que j'en fais alors ?
3-b) Le mental
             Une fois le tirage au sort favorable, il faut aussi préparer la tête à affronter l'épreuve. 
             Nous sommes tous différents et il va falloir que j'analyse mon rapport à l'effort et à cette course pour trouver ce qui me fera avancer, relancer, repartir quand la course s'étirera en longueur. 
             Déjà, j'aime courir avec la radio. Je vais donc me préparer une nouvelle compilation musicale  : je mettrai finalement 6 mois pour obtenir environ 12h sans répétition. C'est à priori le temps que je passerai sans voir mes suiveurs entre Contamines et Courmayeur. Il y a de tout dans cet enchainement de notes, de black eyed peas à lou bega, de scorpions à Jean Ferra. Chaque morceau éveille un sentiment différent chez moi. L'ordre de passage est alphabétique, évitant ainsi les longs moments avec le même interprête. Je remarque en effet qu'avec certains morceaux rapides, j'ai tendance à accélérer ce qui, à long terme, serai préjudiciable à l'objectif.
             Mais la musique, je sent bien que ça ne va pas être suffisant. Certains disent qu'il faut se voir franchissant la ligne d'arrivée tous les jours pendant la prépa. Je ne l'ai pas fait et j'ai pourtant terminé, preuve qu'il n'y a rien d'obligatoire. Chacun son cheminement intérieur. Il me semble qu'il y a d'un côté ce qui se programme et d'un autre côté l'inconscient qui travail seul. C'est ces 2 versants qui constitueront mes meilleurs alliés.
             Dans la préparation mentale que je me programme, il y a bien sûr la lecture des récits Kikourou. Attention au piège cependant : le pourcentage de finishers est très élevé parmi ceux qui racontent, ce qui à tendance à nous faire croire que c'est facile de terminer. Il conviens donc de prendre du recul avec ces lectures. Je conseil malgré tout car certains sont de magnifiques narrations (françois bauges 2006 !).
             Autre élément programmé à chaque fin des sorties longues : passer le dernier quart d'heure à analyser l'état dans lequel je me trouve et imaginer que le jour de l'épreuve ce sera "ça x 6, 7 ou 8 fois". Ça calme ! Ça fait peur aussi. Ça permet surtout de se conditionner (tiens, avec cette grosse sortie j'en serai à ... ben juste aux Contamines en fait. Ah ouais ! bon sang que ça va être long !). Je pense aussi que ça évite un départ trop rapide. Je résonne en heures de course et non en kilomètres.
             Lors de certains week-ends avec des gros entrainements, je m'imagine en course : le vendredi à 18h30 je "prend le départ" en accompagnant mes enfants dans leur différentes activités. Pendant les repas, les entrainements et toutes les autres activités, je suis en course, sans rien en dire à ceux qui m'entourent, histoire de ne pas être trop pesant. Tiens, là, j'en serai peut-être à Courmayeur, tiens, là c'est le Ferret. Et ce, jusqu'au dimanche midi. Inutile de dire que lorsque j'ai mal aux jambes à la fin de mes "petits" entrainements, j'arrête de me plaindre et transpose cet état à fin Août. << Et en plus, je n'aurai pas dormi ! >> ...
             Afin d'éviter la lassitude, je varie au maximum les entrainements, tant sur la façon de les réaliser qu'avec les trajets empruntés. Les longues distances seront sources de découvertes et de jouvences.
             Comme pour le physique, j'imagine des pauses dans cette préoccupation mentale. Le but étant de ne pas arriver cuit psychologiquement. Je pars du principe que tous les aspects seront près à temps sans se précipiter, si je m'y prends tôt. Je profite donc de chaque occasions pour oublier - au moins en façade - la course. Je me dit qu'il faudra se plonger dedans le plus tard possible. Et même sur place, passer un minimum de temps à la remise des dossards, trouver des activités les jours d'avant qui m'éloigne de l'épreuve mentalement, en espérant que le beau temps soit de la partie...
             Parmi les éléments non programmables, il y a bien sûr les conditions climatiques. Le jour de la course, elles ne doivent pas pouvoir me faire renoncer de mon propre chef. Ce qui signifie que quelque soit la météo lors de me séances d'entrainement, j'irai. Ne pas renoncer à l'entrainement pour ne pas renoncer en course.   Ce seront de bons tests pour l'homme et son matériel. Et comme on peut rencontrer la neige fin août, autant se tester dès cette fin d'hivers également. 
             Les séances en conditions peu sympathiques seront finalement assez nombreuses cette année. Elles me permettrons de me rendre compte qu'en étant bien couvert, on progresse sans gros problème dans bien des endroits. Le matériel prend alors toute sont importance.
3-c) Le matériel 
             Afin de tester le matériel qui sera utiliser pendant l'épreuve, il conviens au préalable d'en faire la liste. Je me suis donc attelé à la tâche, en prenant en compte le facteur météo et les points de retrouvailles avec mes suiveurs. L'idée est d'utiliser leur présence pour le confort tout en pouvant en permanence gérer leur absence éventuelle.  Je changerai donc de souliers 4 fois, histoire de retrouver de l'amorti et préserver les cuisses. Le reste du matériel en double ou triple sera constitué de bonnet, gants, et maillots.
         Pour tout le matériel que je n'ai pas encore, j'attendrai les soldes de juillet pour investir. Il restera du temps pour le préparer et m'évitera des achats inutiles et coûteux si jamais je ne pouvais prendre le départ.
             Après de nombreux tests, voici la liste de mon équipement de départ :
_ Chaussures : asics trabucco (1,5 pointure au dessus pour protéger les doigts de pieds)
_ Chaussettes : noires et fines de LIDL (2€ la paire)
_ Collant long D4 de jour comme de nuit : en choisissant une taille un peu juste, cela fait office de manchons haut et bas pour les muscles mais aussi de maintien des articulations, et c'est bien moins cher. Utilisé pour tous mes entrainements, il n'y a jamais eu de problème aux genoux. Certes, ça fait halluciner mon entourage lors des sorties par fortes chaleurs. Seulement une fois humidifié, le collant garde les muscles au frais. Certes, ça fait pas marcher le commerce mais tant que ça me fait marcher...
_ Caleçon D4
_ Maillots courts LIDL légèrement renforcés aux épaules. Je leur ajouterai un col ( protection contre les frottement des bretelles du sac) et une petite fermeture éclair (en cas grosses chaleurs).
_ Maillots longs MIZUNO breath thermo pour les nuits.
_ Vestes imperméable goretex en taille XXL, permettant de l'enfiler ou de la quitter sans enlever le sac à dos en cas de météo alternative. Mise sous le sac à dos en cas de pluie continue.
_ Coupe-vent sans manche en plastique récupéré au départ du marathon de paris, en cas de grand froid (3ème couche).
_ Buff  et casquette Kikourou (ou casquette de type saharienne si grand soleil)
_ Gants fins D4 + gants de station service pour l'imperméabilité. Pour protéger réellement mes mains, j'ai découpé 40 cm de manches d'une combinaison de peintre en TYVEK. Le côté élastique est passé par-dessus la veste imperméable et le reste pendouille en bout de bras. Cela me permet d'avoir mes bâtons en main (ou pas) et de les quitter facilement, d'avoir des gants (ou pas) qui restent secs et de remonter le tout sans avoir à les ranger. Bon, là j'ai l'air d'un fou qui court avec une camisole. Je me demande si ça ne correspond pas réellement à la situation ...
_ Sac à dos D4 10L très customisé (ah faut aimer la couture !). Objectif : avoir le poid du sac le mieux répartit possible entre l'avant et l'arrière, le tout le plus près possible du corps. Je rajoute donc 2 poches à l'avant pour avoir tout le matériel utile sans avoir à enlever le sac à dos. J'ai 4 poches (avec les 2 d'origines sur les côtés). 1 poche "médical", 1 poche "lampes frontales", 1 poches "gants et bonnets" et 1 poche "ravito-téléphone". Je rajoute également des élastiques sur l'avant des sangles pour accrocher mes bâtons sans avoir à m'arrêter (le fait qu'ils soient accrochés au sac évite de les oublier lors des ravito. Dans le dos ne subsiste que la veste imper, 1 maillot et la poche à eau (à fermeture zippée). Je rajoute quelques bandes photo luminescentes à l'avant et à l'arrière pour assurer lors des entrainements.
_ 2 lampes frontales Led Lenser : 1 puissante (H7) à réglage d'intensité et une très légère (joggled) au cas où.
_ bâtons : Black diamond ultra distance. Très légers, pratiques et solides. Le top !
_ 1 cardio  D4 de base (heure + puls à 19€)
_ Ravitaillement solide : très varié (maxi 2 fois le même produit sur l'ensemble du circuit) uniquement du sucré + des boules de "pain sportif maison". Le salé sera consommé sous forme de soupes de pâtes aux ravito.
_ Ravitaillement liquide : alternance à chaque ravito entre eau pure  et un mélange : eau + Caloreen (80 gr/L) + sel (1gr/L) + sucre (30gr/L)
             Cette liste à bien sur évoluée entre janvier et fin Août. Elle s'est affinée au fur et à mesure de mes rencontres et de la stratégie d'assistance entre autre. 
             Clairement, il a parfois été complexe de rendre les choses simples, mais c'est ça aussi les ultras.
           
3-d) L'organisation de l'ensemble 
           La difficulté de cette partie réside dans le fait de concilier les 3 facettes de notre vie : famille, passion et travail. J'ai la chance d'avoir une famille qui me suit (enfin je crois, p'tet qui sont bien obligés ? …), ça facilite largement les choses. Il y a les phases "scolaires", puis "vacances" et enfin "sur place"; A chaque fois, il faut équilibrer le tout, tout en permettant la réalisation du programme d'entrainement, la préparation du matériel en gênant le moins possible... et j'ai la chance de pouvoir m'entraîner dans les collines entourants mon travail.
           Je m'aperçois qu'il n'y a pas vraiment de règles immuables en matière d'organisation. Ou alors c'est parce que c'est dans mes habitudes les plus profondes d'anticiper et de faire en sorte que tout roule. Cela dit, s'il n'y a pas de règle (?), tout ce que j'ai décrit ci-dessus doit un peu participer à ce que j'arrive au départ dans de bonnes conditions. Et puis il reste toujours la possibilité d'adapter l'ensemble en cours de route, en fonction de ce que je rencontre en chemin.
              Proportionnellement, la durée de l'UTMB en rapport avec la durée de la préparation, ça n'est pas grand-chose. Il ne faut donc pas attendre la course comme l'unique moment de bonheur de cette période de notre vie. Il m'apparaît plus sympa de considérer la fin comme la cerise sur le gâteau, et de se régaler tout au long de la dégustation. Prendre le plaisir pendant la préparation, sans attendre. Un peu comme dans la vie quoi !...
3-e) Les trucs bon à savoir sur place et en course

             Dans ce volet, je vais pèle-mêle vous livrer quelques réflexions que je me suis faites sur place, avant, pendant ou après la course. A chacun de chiner ce qui l'intéresse.

 

Avant la course
             Il est difficile de se garer gratuitement à Chamonix, du moins dans le centre. Si on réside, même pas longtemps, on a une carte de résidants qui permet de prendre le bus interne à cham' ou la ligne SNCF qui relie les Houches à Argentière (je crois, ou St-Gervais / Vallorcine ?) de façon gratuite. Il n'y a pas beaucoup de train, environ 1/h en journée. 
             En ce qui concerne la location, à chacun de voir. Pour la tranquillité, il n'y a pas beaucoup de train le jour, et rien la nuit => on peut louer à proximité de la voie ferrée sans gros problème de sommeil. Par contre la rivière gronde sans discontinuer. Attention aux colocations, Chamonix accueil encore de très nombreux alpinistes aux habitudes insomniaques.
             Au niveau commerce, il y a tout sur place. Souvent en plus cher mais pas toujours.
             De nombreux téléphériques fonctionnent l'été et permettent des ballades superbes pour peu que les finances suivent … enfin elles restent surtout à la caisse en bas.
             Le retrait des dossards est généralement rapide (20' TTC), mais est parfois + long en début de retrait. Pour l'UTMB, le dernier jour semble être le plus propice à un retrait rapide de notre sésame. Le salon de l'ultra est assez complet et permet de voir tout ce que vous trouvez habituellement chez votre spécialiste running + des infos sur certains autres ultras. II y a peu de places assises pour assister aux conférences .  Bref, attention au piétinement.

             Avec un départ tard et sous la pluie, arriver 1h à l'avance suffit à être bien placé au départ. En conditions ensoleillées, je ne sais pas.

 

Pendant la course
            Les ravitos sont très bien fournis et l'on peut s'appuyer dessus pour les prévisions de repas. On trouve presque à chaque fois de la soupe de vermicelles, des barres, des produits salés, des fruits, du pain, de l'eau, des boissons chaudes, etc. En Suisse, il y a souvent des riverains qui sortent une petite table et propose de l'eau. C'est sympa et s'arrêter là fait plaisir aux enfants qui tiennent ces stands.
             Pour le suivi SMS, c'est pas mal mais le fonctionnement n'est pas sûr à 100% (cette année, rien entre col du bonhomme et Courmayeur pour moi). Attention, il y a de nombreuses zones sans réception. 

             Pour les suiveurs, la circulation est parfois difficile (gros bouchon à l'entrée du tunnel dans les 2 sens) et les parkings restent olé-olé, surtout en début de course. Rien d'impossible toutefois. Attention à ce que chacun puisse se couvrir.

 

Après la course
              Il est plus que conseillé de se changer très rapidement sitôt la ligne d'arrivée franchie. Fatigué comme on est, on prend froid super vite et c'est pas le gilet "finisher" qui va changer quoi que se soit.
             Suivant notre état, le sommeil peut nous tomber dessus sans avertir (je me suis endormi en déjeunant, bol à la main). Conduire est dangereux.
             Ne pas donner rendez-vous à un copain le lendemain en lui disant qu'il vous reconnaîtra à ce fameux gilet "finisher". Y'en a partout !

             Voilà, c'est presque fini. Ne reste plus qu'à vous narrer brièvement ces quelques mois.

 

Survol du déroulement de la préparation

             Fin Janvier, je participe à mon 1er OFF avec des Kikous lyonnais. Je fais la connaissance de maîtres kikoureurs : Jean-phi69, Arclusaz et Elcap entre autres et qui préparent le TOE. Je suis dans mes petites baskets face à ces légendes. Je vois leur étonnement lorsque je leur dit que tous mes entrainements sont programmés jusqu'à fin Août. Me serai-je fourvoyé ? Premier moment de doute, déjà. Qu'importe, j'écoute, j'emmagasine. Merci les gars !

 

            Février, mars et avril se passent assez bien, entre gestion des petits bobos dus à la progression et courses de validation. Je suis dans les temps, sauf pour la perte de poids. Adieu les -15Kgs rêvés. 

           Mai va être un mois particuliers avec un ultra au milieu. Utile pour valider la gestion de course et différents détails, il donne la sensation de bloquer la progression à cause du temps de récup à respecter. Avec le recul, il apparaît comme une pause bien placée. C'est aussi l'époque des dernières sorties en groupe kikou. La spécificité de la préparation m'isole. C'est marrant comme il y a moins de clients quand on parle d'aller courir 5 ou 6 h !

 

        Juin et juillet sont les charnières qui permettent la performance fin Août. Délicats à gérer, ils sont aussi le moyen de se situer sur son état de forme. Je traverse des entrainements où je sent une réelle progression dans pleins de domaines. ça donne confiance sur le travail accomplit. Attention à l'excès car cela ne constitue pas une assurance d'arriver au bout.

 

             Fin juillet, je test ma VMA : 15,9 Km/h. Je n'ai pas progressé mais je ne crois pas que ce soit une course de vitesse à mon niveau. 

             Le mois d'août est programmé sur le mode plaisirs et sensations (sauf côté alimentaire où c'est ceinture. Dur !). Si je me sent bien, j'accélère dans les montées et regarde à quelle vitesse je récupère en haut. Tant que la récup. est rapide, c'est tout bon, il n'y a pas de surentraînement. Je constate que je récupère vraiment rapidement. 

             Je m'occupe en vérifiant les derniers détails et extrapole sur différents scénarios de course. La règle de trois du RODIOmètre est utile pour cela. En janvier, j'avais prévu un tour autour de 41h30 si tout allait normalement. Avec les sensations de ce dernier mois, je regarde ce qui changerai pour mes suiveurs si j'arrivai à monter ma cote : Si tout va super bien, je dois pouvoir viser 1 ou 2h sous les 40h. Merci RODIO pour ces estimations !

 

             Je teste aussi mi-août ma vitesse ascensionnelle lors d'un week-end avec des amis : plus la pente est forte et plus le GPS indique des chiffres élevés. Disons qu'avec 20% de pente, je dois pouvoir monter à + de 1000m/h sur une montée unique (on s'en fout sur l'UTMB) et 500 à 700m/h en endurance. Je trouve que j'ai bien progressé depuis janvier. De la à penser que ce sera suffisant ... ?
              Voilà, vendredi matin : on y est, tout les sacs sont prêts. La météo n'est pas optimiste mais qu'importe. J'ai déjà vécu une très belle aventure avec cette préparation. Je suis prêt et impatient. 
            En résumé, au départ, 2 jambes et une tête séparées tout au + par 1,80m pour 81Kg. Presque 16Km/h de VMA et 128 plus/mn de plage de variation cardiaque.
            Tiens! Un message de l'orga : " départ repoussé entre 23h et minuit ".  Ah ! Bon, ben j'ai plus qu'à tout recalculer. .. Non je rigole, juste modifier les horaires de passages théoriques. Pas de soucis, j'avais prévu une feuille de secours sans les horaires pré-imprimés. Plus qu'à la remplir !
             Et puis ça me laissera encore + de temps pour réviser mes conseils de dernières minutes avant le départ.
             Aller, si vous êtes arrivés jusque là, je peux bien vous livrer en bonus ces fameux conseils de dernières minutes, notés pêle-mêle (ça oblige à bien les retenir) :
l'arrêt refroidi : à éviter. limiter au maximum les arrêts
ce n'est fini qu'à Chamonix
c'est un jeu de patience
humilité !!!
couverture de survie : doré à l'extérieur pour isoler du froid (sinon, argent pour isolé du chaud)
ne pas se mettre dans le rouge en montée
arriver en bas des descentes sans être cassé
ne pas penser plus loin que la difficulté actuelle, voir le ravito suivant et profiter de chaque pas
prévenir de la mauvaise humeur possible avec la fatigue
protéger ses pieds !
ne jamais dépasser 135 puls/mn dans les 1ères heures. Objectif = 115/120
faire des étirements très régulièrement, en montant comme en descendant. 5s de "perdues" pour 1 minutes de gagnée plus tard
si je double quelqu'un avant les Houches, c'est foutu 
Il faut partir au rythme auquel on veut arriver
je suis mon principal adversaire : devenons coéquipiers !
la course commence après bovine
je suis prêt pour le combat 
c'est en évitant de forcer qu'on prend de l'avance.
ne jamais être essoufflé
je dois avoir peur, c’est la clé de la réussite. 
plus le corps est faible, plus il commande, plus il est fort, plus il obéit 
Je n'oublie pas de m'alimenter régulièrement tout en courant.
Tu vas au bout ! C'est l’espoir de ma petite famille
c'est une fête
c'est une loooooongue ballade sportive
             Merci de votre lecture et désolé pour les fautes d'orthographes.
         

23 commentaires

Commentaire de Arclusaz posté le 05-09-2011 à 15:22:48

Bluffant !!!!
tellement que je n'ose rien écrire....
c'est sur, tu nous a transporté avec cet exploit et ce CR.

Commentaire de marat 3h00 ? posté le 06-09-2011 à 10:42:55

merci pour ce commentaire sympa, ce sera bientôt ton tour ...

Commentaire de Girith posté le 05-09-2011 à 15:28:03

incroyable de te lire, j'ai commencé le sourire aux lèvres en lisant tes "moyens de transport" pour ensuite avoir la sensation de "toucher" ce que doit être cette course, bravo pour ce récit passionnant et bien sur aussi pour ta course.

Commentaire de rodio posté le 05-09-2011 à 15:41:48

Sacrée balade en bâteau, train, vélo, chameau, pédalo (nan pas pédalo). Grosse perf en valeur relative qui méritait bien un trophée. Pas facile à faire, mais facile (et agréable) à lire. Bravo.

Commentaire de ch'ti Gone posté le 05-09-2011 à 17:02:06

Ou s'arretera sa folle remontée? Voilà la question que j'avais à l'esprit en lisant ton CR.
Quelle perf! Quelle gestion de course!
TOP 100 à l'UTMB! ca le fait...
FELICITATIONS

Commentaire de LTDB posté le 05-09-2011 à 17:20:45

Chapeau bas, pour la perf certes car elle est de haute volée, mais aussi pour ce fantastique CR qui vous scotche tant qu'on ne l'a pas lu en entier.

Merci pour ce fabuleux moment de lecture !!!

Amicalement.

LTDB_espantationnifié

Commentaire de Stéphanos posté le 05-09-2011 à 17:23:50

Waouh! quel course! quel cr!!!
Vraiment trés grand BRAVO, j'ai vraiment l'impressions que tu as sortis la grosse course! la course presque parfaite, si elle ne l'est pas!!!
Je te souhaite de revivre ça sur tes prochaines aventures, trop bon!!!
tu es parti 8 min aprés moi de Courmeyeur, tu arrives 10 min avant moi à Bertone!!!
Trés belle perf ! CHAPEAU

Commentaire de LtBlueb posté le 05-09-2011 à 17:53:57

Epoustouflant ! Je suis plutot porté sur les "remontées de l'arrière" tant je trouve que c'est la forme qui se prête le plus à prendre son "pied". Mais là ce que tu fais est tout à fait exceptionnel !!!!
Et vu que le CR n'est pas forcément des plus désagréables à lire, et bien j'ai passé une joli moment ! Chapeau !!!

Commentaire de ouster posté le 05-09-2011 à 18:21:35

C'est comme ca que j'aurais du gérer ma course ! Bravo et bonne récup :)
ouster

Commentaire de blue69 posté le 05-09-2011 à 21:05:02

Finalement, Il t'a manqué quelques km de plus pour finir dans le top 50!!;)
Super ton récit et Bravo pour la perf. de la part de Pat et JL

Commentaire de tidgi posté le 05-09-2011 à 22:45:10

Chapeau bas pour cette gestion de course.
Et un récit à la hauteur de ta perf...
On attend la suite...

Encore bravo à toi !

Commentaire de Jean-Phi posté le 06-09-2011 à 09:50:51

Tu es le roi de l'intermodalité ! Mais je pense que tu as oublié le principal mode de transport dont tu as fait preuve : le vol ! Car pour nous tu n'as pas couru, randonné, tu as volé tant tu étais impressionnant sur cette immense boucle. Tu as volé et nous a transporté. Tout y est passé dans ton CR : Le voyage des rois mages, l'odyssée d'Ulysse mais aussi le voyage d'un petit garon nommé Niels Olgersson. Toutes les formes du voyage sont réunies dans ton CR. J'ai rêvé et ça fait un bien fou !
Tu as montré à chacun d'entre nous que cela était possible, bien préparé, à fond dedans et avec une envie à tout casser. A la fin, ce n'est pas la fatigue qui a fait éclater ta bulle, c'est l'arrivée, simplement. Mais il faut bien atterri un jour, non ?
A bientôt !

Commentaire de fildar posté le 06-09-2011 à 14:21:58

Waouh!je suis très impressionné par ta course et ton CR
j'ai hâte de lire le prochain sur ta prépa.
tu es proche de la perfection sur cet UTMB
bravo à toi

Commentaire de Pierrot69 posté le 06-09-2011 à 20:50:23

Tu es sûr de ne pas avoir planqué un bolide en fond de cale? :-)
Superbe course et ton récit l'est tout autant! Vraiment bravo...

Commentaire de L'Dingo posté le 07-09-2011 à 10:53:20

Philéas Fogg a fait le Tour du Monde en 80j avec divers moyens de locomotions.
Toi, ce fût le Tour du Mont(-Blanc) en 33h. ;-)

Merci pour ce voyage.

Désormais on pourra chanter:
" c'est un fameaux 3(h00)_Ma(ra)t, .... Hissez Haut! " :-))

Commentaire de Arclusaz posté le 28-09-2011 à 19:09:15

ben voilà, j'ai lu l'appendice ....

Pour rester dans les transports, ça s'appelle vraiment un retour d'ascenseur : tu dis avoir beaucoup appris grâce à Kikourou mais là tu viens de contribuer à la connaissance commune de manière spectaculaire.

Pour finir sur une note perso, je suis fier (si, si !) d'avoir partagé deux sorties longues avec toi en février et mars (plus, ce n'aurait pas été raisonnable, j'aurais fait foiré ton plan !).

T'as quand même fait un sacré truc (mince, j'avais dit que je ne le dirais plus...)

Commentaire de Japhy posté le 29-09-2011 à 09:06:25

Jamais lu un CR aussi complet, instructif et motivant en plus! On peut appliquer beaucoup de tes méthodes à des courses un peu plus courtes d'ailleurs. Et très belle philosophie aussi, le bonheur ce n'est pas seulement fin août mais toute l'année...

Commentaire de Tercan posté le 30-09-2011 à 09:21:31

Superbe course, superbe CR, superbe classement... et surtout super générosité dans ton retour d'expérience : merci !!!
Je t'ai piquer quelques idées pour ma saison 2012 d'ailleurs :)
Au plaisir de te relire !

Commentaire de ogo posté le 16-10-2011 à 12:10:26

Voici donc la recette miraculeuse ;) Merci d'avoir partagé avec autant de détails tes secrets d'entraînement. Ils devraient à mon avis inspirer bon nombre de prétendants à l'UTMB. Encore un énorme coup de chapeau pour cette course sans faute et pour ton récit riche en émotions qui m'a transporté. A la prochaine ;)

Commentaire de jano posté le 27-10-2011 à 13:15:17

j'avais déjà lu le récit et je l'avais trouvé bien agréable.
mais la 2ème partie, c'est super sympa d'avoir pris le temps de la faire...le top pour un débutant comme moi qui ne sait pas comment approcher ce genre de choses.

au plaisir, peut-être sur un off lyonnais

Commentaire de Bert' posté le 16-01-2012 à 14:25:02

Il n'est pas trop tard ni trop tôt pour découvrir ton récit !... qui ne peut être que source d'inspiration...
Mais ce que j'apprécie tout autant c'est la 2e partie qui est extrêmement instructive, et à mon avis tout aussi voir plus important que la gestion de course du Jour J.
Je me retrouve aussi dans beaucoup de tes approches et vais prendre le temps de relire ça plusieurs fois... à défaut de finir mon récit de la TDS !!
En tout cas, encore un immense bravo pour cet ensemble aussi réussi :-)

Commentaire de stphane posté le 19-01-2014 à 00:41:46

Bonsoir, depuis le 15 janvier je suis officiellement inscrit à l'utmb 2014. C'est un début mais évidement pas grand chose non plus car même pas encore sur la ligne de départ..., Je me retrouve dans ton CR, je suis avide de conseil, j'ai déjà terminé deux ultras, un 100 km dans le nord, un 160km dans les Vosges. Je réside la région parisienne qui franchement n'a pas le dénivelé du Mont Blanc donc je vais devoir trouver des endroits spécifique avec cotes .... je m'interroge sur ce qui m'attend, pour le moment je pense n'avoir que deux fenêtres pour faire un peu de montagne, un séjour au ski en février ou je compte discrètement échanger mes skis alpin contre des sorties running (discrètement car comme toi j'ai une famille et je me dois de ne pas trop les écœurer avec mon utmb surtout que mon épouse qui n'aime pas trop la montagne a d'initiative loué un chalet pour nous deux et mes deux enfants, mon oncle doit venir jouer les sherpas!! d'avance merci à eux...) et je suis inscrit à la maxi race du lac d'Annecy... voilà en aout je suis sur Ajaccio et Toulon ou je connais un joli parcours.... Bon je vais essayé de suivre tes préceptes car franchement ton classement laisse rêveur (bravo!!), tout en sachant que mon souhait c'est de le finir.
Au plaisir de te lire, Stéphane

Commentaire de Jean-Phi posté le 29-08-2016 à 11:16:21

Je viens de relire l'intégralité (tome 1 et 2) de ta prépa UTMB et course. Quelle mine d'or !
Encore merci. Tu viens de me donner quelques clefs pour repartir.
A bientôt !

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