Récit de la course : Xtrail Asics Mont Orford 2011, par Aleitheia

L'auteur : Aleitheia

La course : Xtrail Asics Mont Orford

Date : 15/10/2011

Lieu : Orford (Canada)

Affichage : 188 vues

Distance : 21km

Objectif : Terminer

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Pas d'autre récit pour cette course.

Une victoire en demi-teinte mais une victoire quand même

 

 
 
La décision a été prise au mois de juin... Quelle décision? Celle de ne pas me relancer sur une course trop rapidement et de m'y replonger avec une distance que je maîtrise. Pour mieux comprendre mon raisonnement, il faut revenir en arrière de quelques mois, en fait carrément au début de l'année : 

 

 

2 janvier : ma première course de l'année en compagnie de presque tous les kikoureurs du 13, la Fuvelaine, 13,2km soit une distance fort raisonnable... La course se terminera pour moi après seulement 500m, marquée par une syncope brutale qui me vaudra tout un tas d'analyse par un cardiologue qui soupçonne une anomalie dans la machine... 
16 janvier : la boucle gardannaise, course avec de nouveaux conseils diététiques dûs à mon suivi par un nutritionniste du sport, à cause de mes sempiternels troubles gastriques en course, une autre épreuve de 13,2km histoire d'oublier ma déception deux semaines plus tôt, course qui se déroulera relativement bien à part une petite hypoglycémie, le temps de régler ma nouvelle stratégie alimentaire
6 février : trail de la Galinette, 18km/900m d+, un peu laborieuse à cause d'une périostite naissante mais néanmoins correcte à mes yeux
20 février : trail Vallis Clausa, 26km/800 d+, sans réel problème
13 mars : trail de la Sainte Baume, 21km/1100d+, j'en ai bavé à cause de ces périostites récalcitrantes et de mes soucis digestifs qui ne semblent pas aller en s'améliorant...
27 mars : trail de Mirmande, 26km qui se termineront en 6, un abandon pour cause encore et toujours de vidange gastrique impossible à arrêter... un première très grosse déception
10 avril : les chemins de Ste Rosalie, 16,5km/650d+, une course qui se déroulera sans problème et où je me remets à espérer...
30 avril : l'Ardéchois, 34km/1500d+, la pire course que j'ai jamais courue, entre déshydratation sévère et fatigue extrême avec abandon au 22e km... ma 2e grosse déception de l'année alors même que c'était la dernière course que je faisais en France pour un long moment...
 

 

En-dehors de l'enchaînement peut-être pas très judicieux de toutes ces épreuves, ma conviction est faite : si je veux retrouver et surtout garder intact le plaisir de courir, il me faut faire une pause dans les courses... Soigner ces périostites qui ne passent pas malgré les soins et les semelles, et faire quelque chose pour ces troubles digestifs. Stress, défaut d'alimentation, je ne sais pas réellement, mais je sais qu'il faut que je prenne le temps de le travailler.

Je m'accorde 4 semaines de pauses en CAP, histoire de m'habituer à ma nouvelle région, le Québec, et de me ressourcer un peu. Et je reprends tranquillement au début du mois de juin, par des footings tranquilles, histoire de me remettre dans le bain et surtout d'apprendre à faire baisser cette fréquence cardiaque qui a tendance à monter beaucoup trop rapidement. Reprise pas toujours facile mais petit à petit les choses reviennent.

 

A la fin du mois de juin, je reviens sérieusement sur le calendrier des courses au Québec auquel j'avais déjà brièvement jeté un oeil... Le trail est beaucoup moins développé qu'en France mais je finis par tomber sur une épreuve qui m'interpelle : le xtrail Asics du Mont Orford, un trail annoncé comme un 22km, sans que je connaisse le dénivelé. Je me décide à m'y inscrire, l'épreuve est prévue le 15 octobre, de quoi avoir le temps de me préparer correctement, et puis 21km c'est une distance que j'ai déjà faite.

 

 

Mon ami Jay, qui m'avait déjà énormément soutenue lors de l'Ardéchois - et accepté de laisser tomber sa course par la même occasion - a connu plus ou moins le même genre de soucis gastriques, je lui demande donc un coup de main pour ma préparation. Celle-ci se fera sur 12 semaines, à raison de 3 ou 4 séances de CAP par semaine et 1 ou 2 séances de piscine. 
La préparation ne sera pas parfaite, entre vagues de chaleur et imprévus professionnels, mais je note tout de même une amélioration de certains points et notamment une meilleure gestion de la fréquence cardiaque. Plus les encouragements sans faille de mes copains kikoureurs, le mental est intact et l'envie d'en découdre aussi. (Je précise au passage que s'entraîner au dénivelé à Montréal, c'est quand même très difficile, la seule côte existante est au Mont-Royal, le truc que les Québecois appellent une montagne et que moi j'appelle une bosse... 230m D+ pour une montagne c'est quand même bizarre non?)
 C'est ainsi que le 14 octobre, je récupère ma voiture de location pour me rendre à 140km de Montréal, au parc national du mont Orford. Je passe sur la conduite d'une voiture automatique, finalement relativement simple une fois qu'on a compris qu'il faut appuyer sur le frein pour pouvoir la démarrer. Dommage, depuis hier il fait un temps vraiment pourri, de la pluie sans s'arrêter, apparemment ils prévoient beaucoup de boue... En bonne sudiste, moi la boue je connais surtout dans les livres, enfin on verra!
Je récupère mon dossard, ma puce et donne ma décharge... Car ici pas de certificat médical exigé, juste une décharge pour exempter l'organisateur de toute blessure éventuelle. 
 
 
Dodo pour une fois pas trop mal pour une veille de course, lever le matin à 6h30 pour un départ de course à 9h15. Il y a un 10km qui part à 9h puis un 5km à 11h. Préparation des mes traditionnels bidons eau/caloreen, je sais que c'est l'une des boissons qui passe le mieux. Pas question pour moi d'absorber des gels, des barres ou quoi que ce soit de solide ou de sucré!
 
Short, T-shirt et buff kikourou sont de rigueur, heureusement j'ai pensé aux manchettes et au coupe-vent parce qu'en fait il fait vraiment froid le matin (en fait il doit faire 10°C mais le vent est joyeusement de la partie... un temps qui me rappelle un peu celui qu'on a eu à la Ste-Baume, sympa). Par réflexe, je cherche des casquettes/T-shirts/buffs rouges... Dommage je n'ai pas trouvé de kikous. J'ai par contre rencontré quelqu'un qui a reconnu mon buff : « Oh Kikourou, je vais souvent sur ce forum! ». Je papote un peu avec quelques coureurs, ça destresse et fait passer le temps, et puis c'est toujours sympa.
 
 

 

Petit briefing d'avant-course sur la sécurité et le respect du sentier et le départ est donné, un peu en retard, 9h25. 225 concurrents prévus sur le 21km, la troupe s'ébranle joyeusement...

 

Bien sûr je suis en plein milieu et bien sûr je me fais déborder de tous les côtés façon « troupeau de rhinocéros enragés ». Bon ma grande, c'est pas le moment de te laisser déborder, tu as travaillé ton allure spécifique, c'est pas pour faire n'importe quoi dès le début. En plus le départ est en montée, une montée brève mais une montée quand même!! Heureusement ça ne dure pas, la suite est une succession de faux plats montants et descendant sur les pistes de ski de fond du parc national du Mont-Orford.

 

Ce genre de départ a certes le mérite d'étirer comme il se doit le peloton et de permettre un échauffement progressif, mais moi qui n'ait aucune vitesse il me pénalise en fait pas mal ; aucune importance, je passe les 5 premiers km pile dans mon allure avec des sensations vraiment bonnes, même pas de raideur dans les jambes dues à l'absence d'échauffement. Le temps maximum donné est de 4h30, le premier est estimé à 2h, le temps moyen à 3h15-3h30. Hum ça sent le piège à plein nez cette histoire, franchement un temps moyen de plus de 3h pour un 21km/900d+... Enfin on verra.

 

 

Je profite, il pleut toujours mais finalement j'ai bien fait de mettre le short, j'enlève le coupe-vent et les manchettes, je discute un peu avec les quelques coureurs autour de moi, je suis vers le fond du peloton, je m'en fiche. La seule chose que je regrette un peu, c'est l'interdiction du lecteur mp3... J'aime bien avoir ça en course, ça me permet de moins me poser de questions sur ma vitesse/mon temps/ce qu'il reste à faire/la difficulé de la chose/mon estomac (oui tout ça). 
 

Ca double, ça redouble, dommage quelques uns connaissent apparemment bien les sentiers et coupent allègrement au lieu de suivre les lacets de la piste... Quelqu'un me lancera même : « eh ben alors, tu connais pas les raccourcis toi? » (à imaginer avec l'accent). Non je ne les connais pas et même si c'était le cas je ne les prendrai pas... En plus malgré la pluie le parc vaut vraiment le coup d'oeil, c'est magnifique.
 
 
8e km, juste après un ravitaillement ou je me plante et attrape un verre d'Eload au lieu d'un verre d'eau (beurk) les montées s'accentuent, elles restent raisonnables mais mon allure s'en ressent, je perds au moins 1km/h. Tant pis, je profite, et puis malgré les bonnes sensations je sens bien que la FC est un peu trop haute... A mettre sur le compte du stress probablement. J'ai travaillé un peu la sophrologie pendant ma prépa, je tente de mettre la respiration en application. Toute à mon souffle, je perds ma puce et fais 500m avant de m'en apercevoir, heureusement je la retrouve facilement. On nous l'a dit : « no ship no time »!! 
 
Ce que je vais apprendre un peu plus loin me plaît beaucoup : « attention, cut off au départ du sentier des crêtes, il faut avoir atteint le point F à 10h50! ». Euh... C'est quoi le point F? 
« A peu près à 2km d'ici ».
« Hein? Mais il est 10h42!! »
2km en 8 minutes?? Ils sont fous! Qu'est-ce qu'elle fait là cette barrière, j'étais pas au courant?? Je vais hésiter une seconde : je me sais incapable de tenir un 4' au kilo, je fais quoi? Avant même que j'ai pris ma décision mes jambes ont pris la leur : elles accélèrent. En plus c'est de la côte ça... 
J'atteins le fameux point F à 10h52... Trop peur de me faire arrêter, je passe en courant avec un « bonjour » et un sourire, comme ça ils n'oseront rien me dire... 
 
Ouf je passe, je n'ose même pas imaginer comment j'aurais expliqué ça à ceux qui suivent ma course! En plus elle est située à point cette barrière, juste après on attaque le fameux sentier des crêtes, la vraie difficulté de ce trail... un sentier monotrace certes magnifique, mais uniquement fait de grosses pierres, de torrents et de boue... Pas moyen de courir sur un sentier tranquille en terre battue, non il faut sans cesse avoir le nez par terre pour éviter tous les obstacles. Ben moi qui pensais que courir sur un tapis de feuilles mortes était reposant... Et puis alors pour grimper, ça grimpe! 
D'ailleurs je marche, et apparemment je ne suis pas la seule, j'aperçois des coureurs quelques dizaines de mètres devant moi, le sentier n'arrête pas de tourner ce qui fait que je suis souvent seule. Je ne sais pas ce qu'il s'est passé pour les personnes qui étaient derrière moi...
 
 
J'ai droit à une brutale baisse de régime, FC qui augmente, jambes douloureuses, prémices de crampes, oedèmes aux mains... Ca je connais, c'est un problème d'hydratation. La sempiternelle question se pose : trop bu ou pas assez? A moins que ce soit un problème de dosage du caloreen... Le plus probable étant un déficit, je décide de boire plus souvent. (pour être tout à fait honnête, une autre sempiternelle question s'est ajoutée à ce moment là : "mais qu'est-ce que je fais là moi?" mais enfin vous direz rien hein!)
 
 
Arrivée sur les crêtes, effectivement le panorama vaut le détour... Le froid aussi d'ailleurs puisqu'il doit faire autour de 3-4°C... (pour les mauvaises langues, non il n'y a pas de neige dans le Sud du Québec en cette saison, il faut attendre encore au moins 15 jours paraît-il...). Assorti du vent qu'on sent très très bien sur les hauteurs et de la pluie, oui décidément ce trail me rappelle vraiment la Sainte-Baume. D'ailleurs je ferai la même bêtise : le vent a emporté quelques drapeaux qui servent de balisage, j'ai donc droit à quelques minutes de jardinage jusqu'à repérer des coureurs qui étaient derrière moi (tiens, il en restait finalement...). 
Quelques instants de répits avec une redescente, cette montée m'a éprouvée mais la descente n'est guère mieux, très difficile de courir là-dessus, on est sans arrêt à s'accroupir pour descendre prudemment, dur de sauter de rocher en rocher vu la boue glissante et l'eau de pluie... Tant pis!
Km 14, « bon j'ai fait presque les 2/3 du parcours et probablement le plus dur », en effet, cette montée m'a semblée interminable! Je croise deux signaleurs sur le parcours, quelques encouragements de leur part et un « allez, il ne vous reste que 12km!! ». HEIN?? Comment ça 12km, mon GPS déconne ou il y a un problème dans l'annonce du kilométrage? 14+12 ça ne fait pas 22... Bon... 
 
Des marcheurs un peu plus loin : « Allez bravo, il vous reste moins de 10km! ». Ah là déjà ça semble un peu plus cohérent... 
Km 15, le sentier se fait plus sympa, les pierres moins présentes... La boue de toute façon j'en suis déjà couverte, un peu plus ou un peu moins... C'est une assurance qui me coûtera cher : la foulée s'étend, le regard se redresse, j'admire... et la cheville se coince entre 2 caillasses cachées par la boue. Le temps de m'en rendre compte, la foulée suivante est déjà amorcée... CRAC! La cheville a tiré mais n'a pas de mal, par contre j'ai bien senti le claquement dans le genou... Grrrr quelle idiote, tu ne peux pas faire attention non?  
Pas très grave mais je sens une nette gêne quand je repars... Pas grave ça va passer. En fait non et les descentes, les moments que je préfère et les seuls où j'arrive quelques fois à gagner des places, deviennent des galères sans nom... Tant pis, j'essaie de ménager comme je peux mais si c'était réellement grave je ne pourrais plus courir du tout donc on avance. 
Re-succession de montées et de descentes, rien à voir avec les larges et confortables sentiers du début, toujours des monotraces couvertes de pierres et de boue, mes XT wings ont dû prendre 1kg chacune. Quand je vois le nombre de coureurs partis avec des chaussures de route, je me dis qu'on va trouver un sacré paquet de runnings dans les poubelles ce soir... 
 
Km 18, je crois deux secouristes, qui font une drôle de tête en voyant mon genou.
« Euh... vous êtes sûre que vous voulez continuer? »
Effectivement je crois qu'il a un peu gonflé... Mais j'en n'ai rien à faire.
« Mais oui vous inquiétez pas, tout va bien! ». 
(Bon là j'édulcore mais j'ai dû faire une telle tête quand ils m'ont proposé d'arrêter qu'ils n'ont plus rien osé me dire après^^). 
Parce que quand même faut pas exagérer, comment est-ce que je pourrais justifier un abandon sur cette course? A Jay qui suit ça de près, au Solitaire, à Lapinouack, à Foxdiver, Land et LeBagnard qui m'ont encouragée sans cesse, et tous mes copains kikous du 13 et d'ailleurs - je ne les cite pas tous mais j'ai une pensée pour chacun d'eux.

 

 

Km 21... Bon alors elle est où cette arrivée? Parce que là je commence à avoir vraiment mal, et puis à fatiguer un peu aussi... Je sors de la forêt, à ma gauche une piste qui descend droit vers la station de ski et donc l'arrivée, à ma droite un espèce de mur terrible, une pente de ski alpin en fait. 
« Le 21km à droite! ».
Mais euh, l'arrivée c'est de l'autre côté... Bon ben allons-y... Effectivement pour être un mur, c'est un mur... Heureusement il ne doit faire que 500m. Et derrière, une autre piste pour rejoindre la station de ski? 
Eh non, en fait on change de montagne!! On redescend, on remonte, on redescend... Je n'en peux plus, je suis complètement cuite, et psychologiquement une arrivée qu'on ne voit jamais c'est terrible!! Puis remonter des pistes de skis c'est dur!
Enfin la dernière descente, celle qu'on voyait depuis le départ, toute une piste à descendre à fond les ballons... Le genre de trucs sur lequel je me régalerais en temps normal, surtout droit sur une arrivée... Dommage, ce coup-ci mon pauvre genou a tôt fait de protester, après avoir plié 2 ou 3 fois je suis bien obligée d'y aller tranquille... Tout sur les quadris!! Je rage vraiment, et mon accélération d'arrivée alors, elle est où?

 

 

Enfin tant pis, je passerai sous l'arche quand même, pas à cloche-pied mais presque! En même temps, les organisateurs sont en train de s'occuper d'un coureur qui a apparemment fait un malaise pendant que se déroule la remise des prix du 10km... Il n'y a donc personne pour valider mon temps. Pas grave, j'ai la puce fixée à la chaussure... 
Je me pose 5 minutes dans l'herbe histoire de refroidir un peu... avant de me rendre compte que cette satanée puce n'est plus là. Bah et mon temps alors? Un coup d'oeil au GPS que bien sûr j'ai oublié d'arrêter : 4h25... Et un peu plus de 26km!!! Argh je comprends pourquoi je n'en voyais plus le bout, 5km de rab!Je suspecte d'ailleurs le D+ de ne pas être bon non plus, j'ai vraiment l'impression d'avoir grimpé plus que 900m D+...

 

 

Devant la remise des prix à laquelle je reste quelques instants, je crois un coureur avec qui j'échange quelques mots, mélange de soulagement que ce soit fini et de fierté d'après-course... Quiconque n'a jamais connu la satisfaction de passer une ligne d'arrivée après en avoir chié sur une course ne peut pas comprendre ce drôle de sentiment. Mon interlocuteur a cependant l'air de trouver que mon genou n'a pas l'air au mieux... 
« Bah, là c'est surtout le quadriceps qui râle, il pensait qu'il allait faire moins de kilomètres! ». En fait mon compagnon est kiné (enfin physiothérapeute comme on dit ici) et semble penser que non seulement le genou est salement amoché mais qu'en plus ma douleur au quadri ressemble méchamment à une déchirure... Pfffff là déjà je commence à trouver ça moins drôle... 
Le début du podium du 21km (hum...) commence et pour moi, le refroidissement commence à se faire sentir et puis la pluie et le vent sont toujours là. Dommage il n'y a pas de douches pour les coureurs... Un petit casse-croûte et je retourne à la voiture histoire de changer ce que je peux... Vu l'état de mes jambes après leur vadrouille dans la boue je garde le short pour l'instant, mes pauvres XT wings sont bonnes à passer au karcher et j'ai des traces de boue jusqu'aux cuisses... Je crois que c'est la première fois que je fais un trail aussi salissant! (j'ai pas de photos mais croyez-moi sur paroles, à certains endroits j'ai pataugé jusqu'à mi-mollet).
 
 
Mon petit bilan personnel à chaud : je suis certes contente d'avoir fini cette épreuve... mais un peu déçue de mon arrivée et d'avoir passé toute la fin de parcours à boitier à moitié en serrant les dents... Même sachant que ce sont les aléas du trail ça fait rager!  Dommage pour la puce égarée ( "no ship, no time"), je n'apparais du coup pas dans le listing des temps, mais finalement mon classement n'a aucune importance (et puis de toute façon je suis toujours dans le fond ^^). 
 
Un vrai trail, technique (n'en déplaise à un Kikoureur qui m'avait ironiquement lancé il y a quelques mois qu'au Canada, on ne faisait pas du trail mais de la course sur feuilles mortes... héhé), dans un cadre vraiment joli, bonne ambiance et belle organisation. Dommage par contre que le kilométrage/dénivelé ne soit pas plus précis... parce que vous imaginez bien que je ne suis pas la seule à l'avoir remarqué! (après vérification avec Sporttracks, le D+ se monte à un peu plus de 1200m). 
 
 

 

 

Etrangement j'ai mis pour une fois quelques minutes à intégrer le fait que je suis finisheuse de mon 22, que dis-je 26km... Manque de carburant ou douleur au genou, j'étais complètement absente au moment de passer sous le portique à l'arrivée. Mais finalement l'exaltation est là et bien là, et se renforcera le soir où, lors d'une soirée entre amis, tout le monde se retournera vers moi : « Alors, ta course? ». Je crois qu'ils sont tous vraiment contents pour moi...
« C'est une vraie sportive, elle » et autres commentaires me font sourire, je termine comme toujours au fond du classement et pour une fois, je n'entends pas de commentaire du genre « pffff à quoi ça sert de courir si c'est pas pour faire une place/un temps/un podium/des sous etc etc... ». Ca fait vraiment plaisir!

 

Je suis encore plus touchée le lendemain quand je découvre la trace que mes amis kikoureurs ont laissé sur le net à mon intention... Des encouragements, des félicitations, des pensées, des commentaires, des dessins absurdes...

 

Tout ça pour moi? Rien que pour ça j'aurais fait 20 bornes de plus s'il l'avait fallu!

Enfin on verra ça une autre fois hein? Pour l'instant je vais passer ma prochaine semaine à savourer les bières que je m'interdis depuis un moment!

Merci de m'avoir lue les amis et à bientôt!

14 commentaires

Commentaire de foxdiver posté le 17-10-2011 à 07:41:10

Preum's pour le commentaire...;-) Bravo Marion, tu leur as montré aux Québécois ce que c'est une kikous du Sud. J'espère que le bobo n'est pas trop grave, superbe course pas simple et on s'en fout du classement. De toutes façons on a des preuves: sur le dessin, t'es en tête.
Bisous, bisous Nine et merci pour le CR

Commentaire de lapinouack posté le 17-10-2011 à 07:45:21

Il n'est pas absurde mon dessin ... tout le monde t'a reconnu !!!
bravo ma belle :)))
et merci pour le CR
gros bisous

Commentaire de Jay posté le 17-10-2011 à 08:51:39

Un récit de Marion sans péripéties ça doit pas exister .. et même, cela ne serait pas la même chose ;-)
Une seule chose à retenir .. enfin plusieurs … mais un statut de finisheur que tu ne dois qu’à toi :-)
Avec un mental à toutes épreuves , celles d’une course qui a tenu toutes ses promesses, des soucis que tu as su gérer et affronter avec un courage que l’on te reconnait bien ..
Repos , détente et toutes autres folies sont de rigueur pour toi désormais pour te récompenser de tous tes efforts des 12 dernieres semaines :-)
Alors lâche toi , pas besoin de plan pour cela :-P

Un Jay en mode « coach » très fier de toi en tous cas !!

Commentaire de RogerRunner13 posté le 17-10-2011 à 11:44:07

Bravo Marion, malgré les difficultés tu as eu le mental pour terminer, superbe le dessin, une vrai battante, enfin merci pour ce récit, en fait ce n'est un récit mais une épopée LOL!!
Bises

Commentaire de chanthy posté le 17-10-2011 à 13:31:35

bravo Marion, surtout tes pb gastriques ont l'air d'avoir "disparu" ou plutôt "maitrisés".
merci pour ce partage.
et la bous , ici aussi on en a ( à Baumes de venise,on est traversé3 fois dans la rivière !!)
à bientôt

Commentaire de le solitaire posté le 17-10-2011 à 13:36:27

OUEP, une vraie battante, fier de toi la Belle. Bon soignes ton genou maintenant et sérieusement. BRAVO

Commentaire de kkris posté le 17-10-2011 à 15:16:29

bravo Marion ,tout au mental,il en fallait!
soigne toi bien et profites bien de la bière!

Commentaire de montevideo posté le 17-10-2011 à 17:51:35

Superbe récit, une belle preuve de courage et de combativité de terminer un tel trail boueux avec un genou en vrac - tu ne manques pas de ressources - surement encore plein de belles courses québécoises

Commentaire de laurent05 posté le 17-10-2011 à 18:02:47

bravo pour ta course
le coin a l'air très sympa il faudra y retournait avec le soleil...
bonne récup et soignes bien tous ces petits bobos
bises
laurent

Commentaire de Le Bagnard posté le 17-10-2011 à 18:16:29

Bravo Marion !!! Belle évasion, tu as été au bout de toi même et c'est bien là le principal. bonn erecup et surtout BONNE BIERE ;-) Biz

Commentaire de patdours posté le 17-10-2011 à 18:24:03

Coucou Aleitheia,
je viens de découvrir ton épopée, bravo et félicitation pour cette leçon de gniaque et de courage.
Qui plus est, on voyage, ça pourrait presque être exotique (mais avec un peu plus de soleil).....
A trés bientôt

Commentaire de Rudyan posté le 17-10-2011 à 20:16:07

Bon ben c'est cool ça! Bravo Marion, une belle finisheuse! ;)
Maintenant pense à bien soigner tes bobos histoire de pas trainer des pbs trop longtemps. Tu seras gagnante si tu te soignes bien. Encore qqs bon trail courts commme celui là et tu pourras passer à plus compliqué ;)
Bise A+

Commentaire de guillaume2706 posté le 17-10-2011 à 22:15:17

Félicitations Aleitheia,

J'ai également participé à cette course samedi dernier. Je suis un autre expatrié francais. J'avais déjà fait un trail au Mont-Tremblant et 3 semaines après le marathon de montréal, me revoilà a patauger dans la boue.... C'était incroyable et j'ai pris énormément de plaisir. Le parcours difficile était superbe notamment les quelques km juste avant la dernière montée dans la piste de ski. On avait un panorama incroyabe.

Je pense t'avoir vu arriver car le speaker lors de la remise des prix a annoncé quelqu'un qui arrivait. Cette personne avait le même equipement que toi et semblait avoir mal a un genou. Tu ne nous as peut être pas attendu mais tout le monde t'a applaudi!! Tu le méritais bien! Quel persévérance bravo!

Pour ma part, j'ai réussi a garder ma puce au pieds et je fus crédité d'un 2h57mn04s.

Sinon, ma montre Garmin a mesuré 23km pour 1500m de dénivellé. Mais avec Garmin, le dénivellé est toujours incorrecte. Par contre la distance c'est possible que l'on a fait une peu plus car j'avais déjà mesuré une distance moindre que la réelle au Mont-Tremblant.

Dis moi, quelle montre as-tu?

Sinon, je pense que l'on se croiera peut-être dnas le future sur d,autre trail car au Québec il n'y en a pas beaucoup. Laisse moi savoir si tu veux la liste de ces derniers.

Guillaume

PS: J'ai mis mon récit sur un site voisin :
http://www.conseils-courseapied.com/forum/25-recit-de-courses/127123-xtrail-asics-mont-orford-2011.html

Commentaire de Astro(phytum) posté le 17-10-2011 à 22:58:12

Bravo Marion pour ta course chez les cousins canadiens et ton courage malgré tes péripéties . Bonne récup ;-)

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