Récit de la course : Eco Trail de Paris Ile de France - 80 km 2012, par jpoggio

L'auteur : jpoggio

La course : Eco Trail de Paris Ile de France - 80 km

Date : 24/3/2012

Lieu : St Quentin En Yvelines (Yvelines)

Affichage : 1256 vues

Distance : 80km

Objectif : Terminer

9 commentaires

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Aïe

Aïe.

C’est assez curieux, mais j’ai l’impression que depuis vendredi dernier, un esprit pervers a multiplié les escaliers et des pentes sur le chemin du boulot.

C’est pas que je sois moulu, mais bon. Torchon-Chiffon-Carpette, genre.

Tout ça pour soixante dix huit malheureux kilomètres. Je vous jure. Factuellement, j’étais plus frais que ça à la fin du TOE..

Enfin, bon, pas de suspense : l’Ecotrail 80, c’est fait, on prend quelques points pour le quota UTMB dont on a besoin pour l’an prochain (vu qu’on a été éjecté au tirage au sort, et qu’un an de plus pour se préparer, finalement, ce ne sera pas plus mal…) et on ne boude pas son plaisir.

En ce qui me concerne, les choses vraiment sérieuses ont commencé samedi vers 8h30, lorsque traversant le Pont de Sèvres en voiture en direction de mon supermarché habituel pour les courses hebdomadaires, j’ai croisé une file de quidams à l’aspect tapageur sortant du métro, que j’ai considérés en m’efforçant de ne pas céder à la tentation de la condescendance (« Ah ouais, ceux du 30, ah ah, ils sont mignons »), parce que, hein. En fait, je n’aurais pas craché sur « juste » trente bornes, a priori, avec un vaste externe gauche douloureux depuis deux semaines.

De retour à la maison courses déchargées, j’ai pris quelques minutes pour adopter l’aspect tapageur (voir chelou) du traileur de base, avant le premier D+ de la journée pour gagner la gare de Sèvres Rive Gauche et d’y attraper un petit gris vers SQY (les banlieusards ouest parisiens comprendront, les provinciaux n’y verront qu’un peu plus de l’arrogance du « parisien » d’adoption et auront bien raison, je fais le malin).

Une navette nous amène à la base de loisir, où nous passons devant un premier cirque et des bêtes à cornes qui auraient ravi certain kikoureur, avant de gagner un autre cirque, celui du départ, ses flammes, sa sono et tout. Je passe quelques minutes à bavarder avec l’autre concurrent de ma boîte (qui bouclera en 9h58, bravo Etienne !), avant de partir en quête du kikouhappening, qui regroupe une belle brochette de vedettes que je retrouve avec plaisir (55 kivaoùs sur le 80, tout de même !).


Avant même le départ, le ton est donné : ça tape, je me demande même si je n’aurais pas du mettre de la crème solaire.


Ca tape, et très vite ça bouchonne dans quelques passages avant de rejoindre les berges du plan d’eau. Il s’agit d’éviter de s’emballer : les premiers kilomètres sont courus avec Frédéric (fredvil60) qui a opté pour le même TShirt « Défi de l’Oisans » que moi, puis nous retrouvons Patricia et Xavier (XBo). Nous traversons St Quentin et sa passerelle bondissante, avant d’aborder la vallée de la Bièvre. Il fait chaud, là. Je pense boire beaucoup, et je fais attention à ne pas m’emballer dans les petites montées, quitte à en laisser partir plus d’un (et plus d’une).

Première surprise au ravito de Buc : je n’ai pas tant bu que ça, surement guère plus d’un litre en deux heures et demie ! Je repars de Buc prudemment, sors les bâtons et les premières côtes passent correctement, jusqu’à la pause photo de Tom où je m’efforce de faire bonne figure.


Mais deux cent mètres plus loin, je trébuche sur une racine, et le mouvement brusque  provoque un feu d’artifice de crampes, la pire étant dans…un bras !

Je me traîne, ne parvenant pas à relancer pendant plusieurs kilomètres, jusqu’au Bois des Metz, après Petit Jouy où je trouve un rythme de marche nordique assez efficace, qui me permet de rattraper Françoise en petite forme elle aussi. Nous nous tenons compagnie quelques centaines de mètres et, passé l’A86, je me remets à trottiner sur des chemins que je commence à bien connaître : le Bois du Pont Colbert, Viroflay, Vélizy, l’étang des Ecrevisses, une petite modification de tracé pour remonter vers le cimetière de Vélizy, le Trou au Gants et le sentier ludique qui m’avait tant surpris il y a deux ans (sur le 50 km), une descente rapide et un peu de trot encore avant le raidillon salaud à la bifurcation 50/80 pour remonter sur le plateau. Là, je commence à vraiment reprendre du poil de la bête et je retrouve Frédéric qui est dans le dur. Nous franchissons la N118, puis une nouvelle série de longues côtes et descentes jusqu’au carrefour de l’Anémomètre, où l’on quitte le tracé des années précédentes pour un détour par l’Orphelinat St Philippe où sont installés les Apprentis d’Auteuil et un point d’eau, et où je retrouve Patricia.

S’en suit une descente puis la remontée vers l’Observatoire, que je traverse toujours avec plaisir, et j’alterne marche a rythme soutenu avec les bâtons et petit trot, jusqu’à cette grande côte au-dessus de l’étang d’Ursine où je vais régulièrement. Heureusement d’ailleurs, car je sais comment prendre mon mal en patience et rassurer quelques coureurs qui s’inquiètent du ravito de Chaville que je sais proche. Bonne surprise de ce côté-là, puisque le tracé rejoint la route de Morte-Bouteille (!) plus haut que dans mes parcours habituels, et j’arrive d’assez bonne humeur à Chaville.

J’en repars assez vite après m’être empiffré de saucisson et de Tucs et refait le niveau de ma flask de coca, passe prudemment la dernière côte de cette forêt qui mène au carrefour de la Femme sans Tête (elle avait oublié de venir nous encourager, d’ailleurs) pour redescendre sur Chaville, et remonter sur les Fausses Reposes. Au sommet, je suis à 1200 m de mon lit, mais le moral est bon et nous redescendons sur les étangs de Ville d’Avray (dits aussi « de Corot », puisque le peintre y a passé du temps et de l’huile).

Corot - Les Etangs de Ville d'Avray, vers 1867

J’ai poussé un gros soupir de soulagement en constatant qu’on ne prenait pas le raidillon du Mont Alet, et donc que l’on faisait l’économie d’un tour de montagnes russes au-dessus de Viroflay au profit de la seule Route Royale (raide mais courte). C’est là que je retrouve Bubulle (près de chez Negativsplit, autre régional de l’étape). Encouragé par Philippe, nous partons au trot sur le plateau de Jardy, à travers les rues de Marnes La Coquette pour rentrer dans le Parc de Saint Cloud. Là, ça sent vraiment l’écurie ! La dernière « vraie montée » nous hisse sur le circuit de la Brosse au point culminant du Parc (162m) et on se laisse descendre, devant la Faisanderie (Stade Français), un petit truc pour remonter au Rond de Chasse et on peut se laisser descendre jusqu’au dernier ravito, où je range les bâtons et troque les manches courtes contre des longues, dont une est à décorer du brassard réfléchissant réglementaire. Puis c’est la grande descente vers le Pont de Sèvres, avec les superbes illuminations du Musée de la Céramique, les escaliers que je prends chaque matin, y compris en courant lorsque je ne veux pas rater le tram, et ce sont les berges, que, soyons franc, je n’aime pas beaucoup. Philippe insiste pour maintenir un bon rythme et je commence à être un peu « dans le dur » ; malgré les dazibaos kikouresques de l’Ile Saint Germain, le cœur n’y est plus et ce n’est qu’après le Pont d’Issy que je parviens à retrouver un rythme décent, sans doute pour fuir le terrain vague cradingue qui suit. Pressé d’en finir, nous allons assez vite jusqu’au Pont de Grenelle, où nous nous offrons le luxe de courir en montée pour faire bonne figure en présence des photographes de Maindru.

Allée des Cygnes, Bir-Hakeim, même en rampant on est finishers, et le moral grimpe en flèche, au point que l’on pourrait presque parler de « sprint » pour la dernière volée d’escaliers du Pont d’Iéna, le slalom entre les touristes un peu étonnés et enfin, la haie de spectateurs sur le parvis, en mode « Je suis le Roi du Monde ». Comme d’habitude, tout est oublié, les crampes et les doutes, et on peut attaquer les trois cent et quelques marches qui ne sont qu’une formalité, pour arrêter le chrono sur 11h10mn.

Un ascenseur en panne sèmera un peu de confusion lorsqu’il s’agira de redescendre, mais après avoir patienté en compagnie de quelques brésiliens enthousiastes chantant à tue-tête (fort bien à mon goût), nous serons dirigés sur l’ascenseur du personnel où je retrouverai Patricia.

Au pied de la tour, Caroline est là sans béquilles, ce qui fait plaisir à voir ; je prends congé pour récupérer un métro…vers le Pont de Sèvres, ce qui passe par une remontée au Trocadéro, et l’enthousiasme faiblit : les escaliers de la station de métro sont moyennement appréciés par des quadriceps qui semblent avoir du mal à admettre ce supplément d’effort alors que la course est finie.

Seule exception : le vaste externe gauche qui faisait des siennes depuis quinze jours et qui, alors que j’écris ces lignes, ne s’est toujours pas manifesté.

Et il est bien le seul.

(Aïe)


(Photos du Bagnard et de Tom, merci à eux ! "Ville d'Avray", Jean-Baptiste Camille Corot [Domaine public], via Wikimedia Commons)

9 commentaires

Commentaire de Japhy posté le 26-03-2012 à 20:53:50

Je suis un peu verte parce que je suis sûre que je t'ai vu et revu sur une grande partie de la course, sans savoir que c'était toi!
Suis arrivée un peu trop tôt au rassemblement kikou, dont je me suis échappée ensuite pour trouver ma camarade de course, ceci explique cela.
En tout cas bravo pour ta course! T'es arrivé en haut 1/4 d'heure avant moi!

Commentaire de jpoggio posté le 26-03-2012 à 21:09:07

Euh...je crois qu'on a fait au moins trente bornes ensemble, il y a deux pipelettes avec lesquelles j'ai fait l'accordéon à partir de Buc, il me semble :D.

Commentaire de bubulle posté le 26-03-2012 à 22:41:15

Héhé, j'aime bien le mode "je suis le Roi du Monde". Donc y'a pas que moi, en fait, alors? :-)

Et donc, pour toi aussi les brésiliens étaient brésiliens à l'ascenseur. Pour moi, juste qu'ils braillaient un poil trop fort. Bizarre qu'on ne se soit pas revus à l'arrivée, mais en tout cas, bien content d'avor partagé un bout de "ta" forêt avec toi! A la revoyure!

Commentaire de Arclusaz posté le 27-03-2012 à 00:24:31

Vaste course, vaste CR.
Bravo le Jacques !!!

Commentaire de Françoise 84 posté le 27-03-2012 à 12:19:30

Bravo à toi!! Contente de t'avoir un peu croisé, même dans la douleur!! Bises!

Commentaire de Land Kikour posté le 28-03-2012 à 08:49:23

Bravo Jacques, comme d'hab' une bien belle gestion, ne change rien !!
Bonne continuation dans le monde de l'ultra2Ouf ;-)

Commentaire de jpoggio posté le 28-03-2012 à 09:06:38

En fait, pas tant que ça : je n'ai pas si bien géré la boisson avant Buc, je serais sans doute passé sous les 11h...J'en retiens que lorsque les conditions deviennent limite, il faut sortir du pifométrique et s'imposer un rythme (une gorgée toutes les trois minutes par exemple).
Mais compte tenu du niveau de préparation un peu juste, je m'en tire bien, c'est rassurant sur les bases.

Commentaire de Xavhië posté le 29-03-2012 à 23:52:42

Bravo à toi, et zou, quelques points UTeMeBe in ze pocket! @+

Commentaire de jpoggio posté le 30-03-2012 à 06:41:15

Yep, la Stratégie de l'Escargot a de l'avenir autour du Mont Blanc pour 2013 !

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