Récit de la course : Marathon de Lyon 2006, par PHILIPPE4243
Kikoureur : PHILIPPE4243
Si vous appréciez ce récit : faites le savoir !
Laissez
un commentaire ici (il apparaitra en dessous du CR)
Envoyez un message à l'auteur (PHILIPPE4243)
|
|
Course : Marathon de Lyon
Date : 23/4/2006
Lieu : Lyon 01 (Rhône)
Autres récits :
il y a 36 autre(s) récit(s) de cette course dans la base. |
| |
|
Ce récit a été lu par
1395 visiteur(s) ! Distance : 42.195 kms Matos : Asics DS TRAINER (très bien), chaussettes Décathlon très bien, crème anti échauffement Nok très bien. Objectifs : Se défoncer |
|
-----Et bien nous y voici. Mon premier marathon à 37 ans. Après 7 ans sans sport, j'ai repris sérieusement depuis 2 ans. Pour finir de me motiver, je participe aux compétitions, une quinzaine à ce jour.-----
----- Je suis focalisé depuis quelques mois sur ce premier rendez-vous avec "la" distance mythique.-----
-----Je me suis bien préparé à raison de 70 km par semaine répartis en 2 à 3 endurances, 1 longue et 2 fractionnés (un court, un long).----
----L'avant dernière semaine j'ai divisé le kilomètrage par deux et cette semaine j'ai suivi les conseils des plans trouvés dans les revues de jogging.------
-----A 10 jours du rendez-vous, j'attrape un maxi-rhume, le premier de l'année. Quand je pense que j'ai passé l'hiver sans avatar, c'est pas vrai ça !!!----
-----23 avril 2006, après une nuit correcte, levé à 5h30, petit déjeuner consistant et respect des 3h00 d'attente. Dans l'estomac, tout va bien, dans la tête c'est le remue ménage, ça cogite sec.----
-----7h15, alors que j'entre dans Lyon et que je pense à ma vitesse de course, flash, ma première photo souvenir de la journée. Merci à l'équipage de police si matinal qui fête à sa manière mon arrivée. Regard rapide sur mon compteur, 95km/h au lieu des 90 imposés, tolérance zéro aujourd'hui. C'est décidement une date où tout se joue au chrono.-----
-----J'arrive bien à l'avance sur place. L'organisation est bien rôdée, grands parkings de stationnement, accueil sur mesure, parfait.-----
-----J'attends patiemment dans la voiture. Je ne ferais pas d'échauffement, un début de course tranquille fera l'affaire.-----
-----Quelques minutes avant la course un coureur me demande combien je compte faire. Il me regarde bizarrement. Qu'est ce que j'ai dit...pardon ? moins de 2h15, excuse-moi, je voulais dire 3h15 !!!-----
-----Caramba, l'objectif est maintenant dévoilé, entre 3h06 et 3h15, j'ai intérêt à m'y tenir. La marge est faible mais je sais que je vais y parvenir. Il suffit de prendre ma distance de compétition la plus longue et de la multiplier par deux, facile non ? Je me suis visionné le film de la course des centaines de fois, les temps de passage ont été calculés, l'allure travaillée à l'entraînement, j'ai confiance.----
-----Le départ est à 9h00. Je me pointe à 8h57. Quel troupeau ! D'habitude je suis discipliné mais faut pas exagérer, je vais tout de même pas partir dernier. Je saute une barrière et me retrouve placé juste derrière les athlètes. De toute façon, je ne vais pas les gêner longtemps et s'il y en a un qui prend des risques, c'est moi, un rhume est bien vite arrivé à ce niveau. -----
-----Ne pas partir trop vite, ne pas partir trop vite, ne pas... Pan, c'est parti...----
-----les 3300 participants s'élancent sans bousculade. Les premiers kilomètres sont réalisés sur de larges boulevards où chacun trouve sa place et son rythme.----
-----Une seule chose me tracasse, suis-je capable de courir en 4'25 de moyenne ou en 4'35 ? Pour beaucoup la question n'a pas de sens mais pour moi, elle est existencielle en ce 23 avril 2006 à 09h00.---
-----Je pars en 4'25 au km. Je suis bien et je déroule sans effort. J'ai bien fait de faire abstraction de l'échauffement car il fait bon et je ne tarde pas à monter en température. Le ballon rouge des compétiteurs en 3h00 passe lorsque je suis au 3ème km, ils sont partis prudemment. Ils sont une vingtaine accrochés à ce qui me paraît aujourd'hui encore qu'un mirage. Ils vont drôlement vite et disparaissent de ma vue à une intersection de boulevards. Je ne les reverrai plus. Ce n'est pas une allure pour moi, je ne suis pas assez affuté.----
-----Je me suis séparé d'une bonne douzaine de kilos superflus en 2 ans mais il en reste 5 bien tenaces. Les capitons sont bien ancrés et l'entraînement n'en est pas venu à bout malgré les encouragements d'une amie spécialiste du grand-fond. Les sorties intensives me poussaient à consommer des sucreries, et j'ai goûté à tous les bonbons de mon enfance votre honneur. Oui j'ai pêché et j'ai retracé mon enfance jusqu'à la puberté, bon, bref, cela ne vous regarde pas et je préfère ne pas faire du pub ni susciter des envies que vous me reprocheriez inévitablement.-----
-----Au 6ème km, deux coureurs conviennent qu'ils sont sur de bonnes bases pour 4h20. Je m'imisce à la bonne franquette dans leur conversation et leur explique qu'ils sont plutôt sur celles de 3h10. Ils me toisent avant de me souhaiter bonne chance, puis accélèrent. Je leur souhaite une bonne course et me concentre sur mon rythme. Je ne sais pas ce qu'ils sont devenus, si quelqu'un à des nouvelles...
-----Au 10ème kilomètre je suis en 44'50, j'ai ralenti un peu sans m'en aperçevoir, la faute à un petit arrêt, ce n'est pas grave.------
----Les coureurs me passent par gros paquets de 5. Je ne me retourne pas mais j'ai la nette impression que 7 ou 800 coureurs m'ont dépassé alors que j'ai dû partir 3 ou 400ème. Il n'est pas facile de déterminer la place que j'occupe et pour y remédier, je décide de compter les éponges bleues et jaunes laissées par les coureurs aux ravitaillements. Une, deux, trois, neuf, pfuhh, passé trop vite, IARIVPA.----
----Au 13ème km, plus personne ne me double. Ah, Ah, font moins les malins maintenant hein ? Je commence, sans accélérer mesdames et messieurs, à grapiller des places et peut être, c'est un secret espoir, de la GRAISSE ! Le classement n'est pas ma motivation première mais c'est tout de même bon pour le moral de dépasser. Si l'on raisonne en termes purement mathématiques, je suis en train de revenir sur le premier, c'est pas beau ça ! J'ai bien subi durant 13km sans rien dire moi ! Au semi je passe en 1h33''40. Je suis très bien. J'ai couru un semi en 1h26 il y a six mois et j'ai de la marge. Dans le parc de la tête d'or je continue à reprendre des compétiteurs, quelle classe ! je pense au pique-nique que nous avons fait en ces lieux la veille avec nos trois enfants et ça me porte un peu plus. J'ai quelques difficultés à me concentrer sur la course. Mon esprit vagabonde et pourtant je ne relève pas la tête pour admirer Lyon. Pas le temps, je reviendrai en civière après la course.-----
-----Je m'alimente régulièrement de 2 sucres et d'eau tous les 5 km.-
-----Juste une petite remarque, comme je l'ai lu à juste titre dans un autre récit du marathon, le ravitaillement à la sortie du parc est trop éloigné et à ce moment DE LA COURSE, tel un cheval DE COURSE...je piaf, euh pardon, je piaffe. Remarquez, je me suis involontairement vengé à cet endroit. J'ai voulu prendre au vol deux ou trois morceaux de sucre et le résultat n'est pas probant. Un seul sucre en main et une assiette complète au sol, j'attends la facture des organisateurs. L'année prochaine, j'inclue à mes fractionnés "l'attrapage du sucre au vol", gagnerai bien 5 ou 6 secondes avec ça.-----
-----A deux reprises des spectateurs me désignent et parlent de 300 et quelques chose. Qu'est ce qu'ils racontent, comprends rien à ce qu'ils baragouinent moi ces autochtones !!! Premier enseignement de la journée, Lyon est une belle ville, deuxième enseignement, le Lyonnais ne sait pas compter.
-----Au 30ème km je suis toujours sur des bases de 3h06, une heure derrière Paul Tergat, qui soit dit en passant n'est pas là, c'est une image. 3ème enseignement de la course, je dois avoir du sang lyonnais. La preuve, les chiffres se bousculent dans ma tête et les calculs se font difficiles, 4'25 + 4'25 + 4'25 + 4'25 + 4'25, non, non, je n'y arrive pas, je sais pas compté, je suis lyonnais bouhhhhhhhh......
-----Bon, du calme, ressaisis toi bonhomme, 4'25 que multiplie 31, 3 fois 4 = 12 et.....laisse tomber, je suis bien dans mes baskets de lyonnais et j'ai le sentiment que j'aurai de la ressource pour accélérer dans les derniers kilomètres. Pas d'obstacle pour moi, ah, ah, ah, ils me font rigoler dans ces revues avec leur mur du marathon !!! ------
-----Et voici le 34ème km et le passage du mur du son. Commandant, on a perdu un moteur. Y a le feu à bord ! Sanction ! On vient de m'asséner un magistral coup derrière les oreilles. J'ai mal partout et j'ai des difficultés à trouver mon souffle. J'ai dû rater quelque chose dans ma préparation, ça y est, je sais, c'est ce "fabeux rhube", un virus terrible venu d'Auvergne où je me ressource de temps à autre.------
-----Il est hors de question de m'arrêter. Je me convaincs qu'au ralenti on perd moins de temps qu'en marchant, et c'est là que je m'aperçois que je suis super fort, car ce n'est pas donné à tout le monde de comprendre ça avec une partie du cerveau non alimenté. Je m'accroche pour limiter les dommages. Du 34 au 39ème, sur les quais que l'on parcourt en aller-retour, je ralentis. Des coureurs me dépassent mais pas si vite que ça. Je m'arrange pour les contaminer à grands coups de rhume auvergnat. Je suis en train de limiter la casse. Quelques uns s'arrêtent. Je bois et je me gave de quelques sucres, sans complexe méta-"physique" cette fois ci, tant pis pour les capitons. L'énergie va revenir petit à petit, j'endure et je patiente en attendant le coup de fouet (c'est une image bien sûr).-----
-----Je sens que je suis toujours en dessous des 3h15 et ceux qui m'entourent l'ignorent mais ils m'encouragent. Ils souffrent, je souffre, tous à la même enseigne, dieu que c'est beau, aïe, aïe, aïe, comme disait l'autre au ciel... Les deux derniers kilomètres se font plus faciles. Je retrouve un second souffle et je double à nouveau. Je termine en 3h11''19. Deuxième semi couru en 1h37''39, j'ai bien limité les dégâts. J'espèrais un peu mieux mais j'ai atteint mon objectif. En franchissant la ligne, je suis heureux du chrono, mais surtout fier d'avoir couru mon premier marathon.-----
-----Une fois arrivé, il faut marcher qu'ils disaient dans les bouquins. Le problème c'est que pour marcher il faut... des jambes. Je me disais bien qu'il me manquait quelque chose. Je m'asseois donc sur un banc. A mes côtés deux coureurs ne "pipent" pas mot ... on est vraiment sur un marathon, pas sur un semi. Je bois jusqu'à plus soif et j'engloutis tout ce que je trouve.-----
-----A la sortie du parc, je refuse un tract d'annonce de course en prétextant à la demoiselle qui me le tend que c'était la dernière. Je plaisante mais elle me rétorque que je suis moins marqué que beaucoup d'autres. Bein dis tout de suite que j'ai pas forçé !----
-----Je dévore le petit "mâchon" et je retrouve la voiture "flashy" après quelques trop brefs étirements. Deux coureurs vomissent sur le parking, le vin servi avec le "mâchon" n'est peut-être pas bon. Pas d'alcool pour moi, les forces de l'ordre m'attendent sans doute sur le chemin du retour pour récupérer ma photo souvenir, prudence.-----
-----Je quitte le parc une heure après le passage de la ligne d'arrivée. Des dizaines de compétiteurs continuent à souffrir. Aujourd'hui lundi, lendemain de course, j'ai mal au genou gauche et je suis un peu courbaturé, sans plus. Quelques bonnes ampoules qui ont effrayé mon épouse. C'est le genre de truc qui vous marque une femme pour la vie. Elle n'est pas passionnée de course mais là, non mais là, regarde comme elle est grosse celle ci sur le pied gauche, et celle là, prends la en photo... L'ampoule c'est la médaille de l'anonyme, et moi j'en ai un paquet de médaille aujourd'hui.------
-----Je me suis mis au taquet et ça ne m'empêche pas de lorgner vers les marathons de l'automne ou la Sainte-Lyon.----
----J'ai trouvé l'organisation sans faille et les bénévoles souriants. Un coureur s'est plaint auprès de moi du prix de l'inscription. Je me suis inscrit par internet pour 23 euros. C'est vrai que c'est excessif, Môssieur, à ce prix, je n'ai eu qu'un tee-shirt joliment floqué, une médaille commémorative, un "mâchon", de bonnes infrastructures, quelques centaines de bénévoles et de force de l'ordre (je sais aussi les apprécier, faut pas croire), des orchestres et de nombreux spectateurs qui devaient me connaître puisqu'ils m'encourageaient. On peut l'affirmer mesdames et messieurs, le lyonnais sait compter, et c'est un stéphanois qui le confesse, c'est peu dire.--------
------Même le soleil était de la partie.-----
-----Merci à ceux qui se sont mobilisés pour faire en sorte que l'on traverse en toute sécurité et durant 42,195 km le village de Lyon.-----
----- Je reviendrai pour m'approcher un peu plus des 3h00, peut-être sous les 3h05, une fois les 5 kilos perdus.-----
-----316ème à l'arrivée. Merci à tous d'avoir pris le temps de me lire. Quels que soient vos niveaux, bravo à tous. Philippe
Commentaires
Tu verras à la SaintéLyon, c encore mieux : les mêmes quais avec 65 kms dans les pattes, faut le moral
a+
Laissez un commentaire ici.
Note importante : l'auteur du récit a la possibilité de modérer lui-même les commentaires qui sont faits sur son récit (en supprimant les commentaires indésirables).