Récit de la course : Trail du Salève - 38 km 2013, par Caro74

L'auteur : Caro74

La course : Trail du Salève - 38 km

Date : 12/5/2013

Lieu : Beaumont (Haute-Savoie)

Affichage : 605 vues

Distance : 38km

Objectif : Faire un temps

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Ce trail de 38 km avait été mon premier trail l’an passé, 6 mois pile après avoir accouché de mon 3e enfant et 3 mois après avoir commencé la course à pied de manière régulière. J’en avais bavé, ayant sous-estimé la difficulté et la longueur du parcours en rapport avec mon entraînement très réduit. (J’avais terminé en 4h34, je crois, 4eF)

Cette année, je suis donc très motivée, après une année d’entraînement sérieux et quelques expériences de courses, pour réussir un bon temps et pouvoir mesurer mes progrès. Je me suis fixée pour objectif (ambitieux pour moi) de terminer en moins de 4h, mais, la veille, au vu des pluies abondantes des jours précédents, je n’y crois plus trop, les descentes s’annonçant grasses et glissantes.

Le matin, j’arrive à 8h sous un petit crachin peu motivant ; à l’échauffement, je croise plusieurs personnes qui croient que je suis une retardataire du 17km, parti à 8h : « allez, ils ne sont pas bien loin !! » ; cela me fait un peu rigoler ; les sensations sont plutôt mauvaises mais tant pis, je vais y aller au mental.

Sur la ligne de départ, à 8h30, je me place juste derrière les cadors ; à ma grande surprise, ils partent très doucement ; je me retrouve seule en tête et me sens donc un peu ridicule ; heureusement, deux ou trois cent mètres plus loin, un petit groupe me double, suivi par une dizaine de coureurs. Le chemin, large pendant le premier km, devient étroit et raide. On se met donc tous à marcher et les bâtons me sont bien utiles. Avec ceux qui m’entourent, on va tous au même rythme : pas besoin de doubler, mais pas question de ralentir pour ne pas gêner ceux de derrière ; cela me met donc bien la pression. Plus haut, le chemin se fait plus plat et il faut donc courir : aïe que c’est déjà dur ! Ouh, là, là, ce que je n’aime pas les faux plats montants.. Encore une montée raide avant de déboucher sur le « balcon paysager », large chemin montant, sur lequel j’ai l’impression de me traîner comme un escargot : malgré mes bonnes résolutions, j’ai pris quand même un départ rapide et suis en train de le payer. Heureusement, mes compagnons ne me distancent pas, ce qui me rassure un peu.

Après un moment de terrain valloné, puis une montée dans un pré, puis un peu de descente, j’entends tout à coup un bruit monstrueux : ce n’est quand même pas l’organisation qui a loué une sono et la pousse à plein volume ? Non, c’est une rave party sauvage, en pleins bois. Les fêtards, qui terminent leur nuit (il est quand même 9h15…), nous encouragent en plaisantant un peu ; les trailers à fond les manettes et les buveurs bien éméchés : 2 mondes qui se croisent ! J’ai quand même une pensée chagrine pour tous les animaux dérangés par ce bruit épouvantable.

Après un peu de terrain valloné, j’arrive aux Pitons (sommet du Salève), au bout de 1h06 de course. (Je crois que cela fait un peu moins de 10km pour 750 m de D+) J’ai calculé qu’il me faudra arriver au ravitaillement après 2h20 de course si je veux terminer en 4h… Cela me paraît chaud car la route est encore longue ! Après les Pitons, commence une longue descente entrecoupée de petites montées, vers la Croisette. Yahouh, j’adore la descente. Je commence à dépasser quelques hommes lorsque les descentes se font plus raides… mais patatras, je glisse et chute dans une prairie marécageuse. Je serai quitte pour un gros hématome. Après la Croisette (14km, 1h27), la descente se fait plus raide et technique. Les bâtons me sont d’un grand secours et je m’éclate bien, même si je commence à me dire qu’il va falloir remonter tout ça !! Au bout de 17km commence une longue montée, avec beaucoup de faux plats montants, dans lesquels il faut constamment relancer. Un homme, que j’avais doublé tout en bas, me talonne et me met ce qu’il faut de pression pour que je me force à avancer. Il essaie d’engager la conversation, mais je suis trop asphyxiée pour parler longtemps (désolée..)

Je regarde ma montre : 2h10, et le ravitaillement paraît loin. Ca va être chaud. Je me mets une pression d’enfer et souffre vraiment. Ah, enfin la descente vers le ravitaillement. Je regarde ma montre : 2h19, pas le temps de m’arrêter. La descente d’Orjobet, grasse et glissante à souhait est quand même un vrai moment de plaisir, grâce à mes bâtons. Arrivée en bas, j’ai tout à coup une soif terrible, mais lorsque je veux boire, je constate que mon Camel Bag est vide !! Zut, j’aurais du boire au ravito. Encore 1h30 sans boire, ça va être dur. Heureusement, un ravito imprévu est installé au village du Coin. Cela me sauve, même si, bêtement, je ne prends pas vraiment le temps de boire beaucoup. 2mn après, j’ai de nouveau soif et à chaque flaque d’eau, j’ai envie de me coucher dedans pour laper un coup. Je n’ai rien mangé non plus depuis le départ, et avec la soif que j’ai, il va être difficile de m’alimenter. Tant pis, je me force à ne pas y penser.

Après avoir longé le Salève, j’atteinds le bas de la Grande Gorge en 2h49. Il faut maintenant remonter 650 m en un peu plus de 2km. Les bâtons me sont d’une grande aide, ainsi que le fait que je connais presque chaque caillou de cette montée. Bizarrement, je ne souffre pas trop. Arrivée en haut, je jette un œil à ma montre : 3h26, ça va être chaud ! Sur le plat, je me traîne, mais aussitôt la descente commencée, je me jette dedans à corps perdu, et une fois de plus, mes bâtons sont précieux. Arrivée tout en bas, je jette encore un œil à ma montre : il me reste moins de 7mn, cela devrait être jouable mais il ne faut pas traîner… et justement, je me traîne comme une limace sur la route un peu montante qui mène au pas de l’échelle. Bigre, on fait un détour : ça va être juste, je n’ose même plus regarder ma montre. Je « sprinte » (Bien grand mot..) et, après l’arche d’arrivée, ose enfin jeter un œil à ma montre : 3h59 et 25 secondes. Oui, je l’ai fait ! Mais c’était juste. Au final, je suis très heureuse de ma course, même si les jours suivants, d’énormes courbatures m’ont presque empêchée de marcher…

Merci à l’organisation, toujours aussi sympa ; Je recommande cette course où on ne se marche pas dessus (J’ai été seule ou presque à partir du ravitaillement) et au parcours ludique et joli.

PS: Cela fait un moment que je voulais apporter ma contribution à Kikourou que je trouve formidable

PS2: J'ai mis pas mal de repères chronométriques car je les trouve très utiles dans les récits des autres..

7 commentaires

Commentaire de serge posté le 15-05-2013 à 17:27:04

bravo pour cette victoire dans un bon temps !
combien de litre bu au final sur ces 4h ?

Commentaire de Caro74 posté le 15-05-2013 à 17:54:57

Merci. Il y avait 1.2 litres dans mon camel mais la pipette fuyait et mon tshirt était trempé, donc je pense avoir plutôt tourné avec 1 litre plus le 1/2 verre d'eau et le 1/2 verre de coca bus au vol au ravito surprise. Je n'ai pas arrêté de boire toute la journée et la nuit suivantes.

Commentaire de Zorglub74 posté le 15-05-2013 à 19:06:06

Bravo pour ta superbe course ! Ton départ en boulet de canon était surprenant et les regards interrogatifs qui s'échangeaient entre les gars devant étaient assez drôles à voir.
Dommage pour la panne d'eau car en plus on passait juste à côté d'un bassin avec un robinet vers les tennis du Coin avant la traversée jusqu'à la Grande Gorge.
En te souhaitant une bonne saison

Commentaire de Caro74 posté le 16-05-2013 à 06:35:26

Merci Zorglub! Toi aussi tu as fait un super temps. Il y a quelques jours j'ai justement lu plusieurs de tes récits, notamment celui du Marathon du Mont Blanc auquel je vais participer pour la première fois cette année. superbe récit et belles photos! (Moi j'ai été trop flemme pour mettre des photos..)
Concernant mon "départ en boulet de canon", le pire c'est que je ne suis pas vraiment partie vite, mais c'est tous les autres qui sont partis vraiment doucement..

Commentaire de Benman posté le 17-05-2013 à 23:19:36

Ce récit est effectivement bien détaillé, et maintenant que je sais qu'après la Croisette, tu as sortis les cannes, eh ben je sais tu as fait un festival sur cette course.

Commentaire de MiniFranck posté le 21-05-2013 à 16:24:11

Merci pour ton CR et félicitations. Moi je suis parti du fond, étant Francilien je tenais pas trop à me montrer aux avants-postes ;-) Moins de 4h, superbe temps quand je vois que je suis ravi de mon 4h17.... Bonne saison à toi et BRAVO !!!

Commentaire de Caro74 posté le 26-05-2013 à 20:48:04

Merci, mini franck, c'est gentil

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