Récit de la course : Le Grand Raid de la Réunion : La Diagonale des Fous 2013, par Xavier Darrieutort

L'auteur : Xavier Darrieutort

La course : Le Grand Raid de la Réunion : La Diagonale des Fous

Date : 17/10/2013

Lieu : St Philippe (Réunion)

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Distance : 163km

Objectif : Terminer

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Eloge de la Folie : ma Diagonale des Fous 2013

 

Eloge de la Folie : ma Diagonale des Fous 2013

par Xavier Darrieutort 

  



Saint Pierre, départ : libérez les fous ! 

 Jeudi 17 octobre 2013. Il est environ 21h. Le bus de l'organisation nous débarque à Saint Pierre, sur le lieu du départ. Je rentre dans le sas après avoir effectué les formalités nécessaires et rejoins Yann, qui s'est très opportunément positionné aux avants postes afin d'être bien placé sur la ligne de départ.

Un an que j'attends ce moment, depuis cette Diagonale 2012 qui m’a vu jeter l'éponge trop tôt au pied du Taïbit  alors que je me sentais très en forme mais ne pouvait plus lever la jambe gauche, victime d'une blessure au quadriceps. L'heure de la revanche a sonné. J'espère bien être sur la ligne d'arrivée cette fois-ci et pouvoir enfin boucler mon premier ultra trail. Je n’ai jamais dépassé 80 km et prends donc le départ avec un peu d’appréhension. Mais cette fois-ci c’est la bonne ! se rassure-t-on avec Yann avant le coup de sifflet. Yann a été mon ange gardien lors des 30 derniers km des 80 km du Mont Blanc en juin dernier. C’est lui qu’il m’a tiré jusqu’à la ligne d’arrivée. Comme moi, il a abandonné l’année dernière à la Diagonale mais lui avait parcouru la majeure partie de la course.

 
23h, c'est parti ! Les fous sont lâchés dans les rues de Saint Pierre. 164 km et presque 10 000 m de dénivelé positif nous attendent. Des hordes de spectateurs se sont massées dans les rues de la capitale du sud pour nous encourager. J'en ai des frissons. Il n'a pas fallu longtemps pour nous faire oublier Saint Philippe. La Diagonale n’a plus de diagonale que le nom mais ce changement de ville de départ valait largement la peine. Saint Pierre, les fous t'ont adopté à l'unanimité ! Je suis suffisamment bien placé dans le sas de départ pour ne pas avoir à commencer ce Grand Raid 2013 par un sprint. Je me cale tranquille à 13 km/h de moyenne et surveille ma fréquence cardiaque pour m'assurer que je ne mets pas dans le rouge.


Les 6 premiers km sur la route sont vite avalés, auxquels succèdent 8 km de montée à travers les champs de canne à sucre jusqu'au domaine Vidot. Le sentier est un peu gras et les semelles de mes chaussures se retrouvent couvertes d’une nouvelle couche de boue et de résidus de canne dont je mettrai du temps à me débarrasser. Je cours sur le rebord du chemin pour éviter les trous qui le parsèment en son milieu. J'ajuste mon allure en fonction de la pente. Tout se fait en souplesse. Je pointe 189ème au Domaine Vidot, classement bien meilleur que mon objectif mais parfaitement cohérent avec ma stratégie pour ce début de course, consistant à ne pas me faire prendre dans un embouteillage qui pourrait me causer une perte de temps inutile. Je veux à tout prix éviter de reproduire les erreurs de 2012, où j'avais perdu plusieurs heures et plus de 1000 places dans la montée au Volcan pour avoir pris trop de temps aux premiers ravitaillements.

Je fais donc des ravitaillements express et me dirige vers la forêt de Mont Vert les Hauts. Ces quelques km en forêt sur un sentier monotrace abrupt et glissant sont pénibles. Il faut s'accrocher aux branches pour sécuriser ses pas, la progression est quelque peu chaotique mais fort heureusement ce passage aura été de courte durée. Mes compagnons de foulée progressent à bon train et je n'ai aucunement besoin de les doubler. Je pointe en 3h31 à Mont Vert les Hauts (24eme km, altitude 1566m) à la 237ème position. Je perds des places mais constate que je suis en avance sur ma feuille de route. C'est là l'essentiel. J'ai donc
le bon rythme et sais que la course ne commence qu'à Cilaos (65eme km). Comme le dit Kilian avec son sens de l’euphémisme habituel, jusqu'à Cilaos, c'est de l'échauffement. Suivons donc ses conseils et mettons de côte le classement.

 
La suite de la montée jusqu'au Textor n'a rien de bien compliqué, hormis un court raidillon après le ravito de Piton sec. Les derniers km avant le sommet se font même en courant. Que du bonheur. Seul le froid mordant (on approche des 0 degrés, témoin le givre qui recouvre les arbustes et le sol) m'oblige à bien me couvrir. On se les gèle la nuit dans les hauts à La Réunion mais cette montée au Textor sous la pleine lune restera un souvenir mémorable.

 Piton Textor, 40 km, 2589 m de dénivelé positif (D+), 6h43 de course, 331ème

 
Le  jour se lève. L'aube nous réserve la plus belle des surprises avec un ciel totalement dégagé.  Pas un nuage à l'horizon. Quel contraste saisissant avec la purée de pois qui nous avait accueillis l'année dernière au lever du jour au Volcan. Je caresse alors l'espoir que le sol soit sec dans la plaine des Cafres et la montée au Kerveguen. Je pointe finalement au  Textor (altitude 2165 m) après 6h43 de course à la 331ème place avec plus d'une heure d'avance sur ma feuille de route. La première difficulté de la course est à présent derrière moi. Je croise au ravito Antoine, un trailer nordiste que j'ai rencontré dans le cadre de mes activités professionnelles. Il a la grosse patate, est en pleine remontée au classement et ne s'attarde pas trop au ravito. Je le laisse filer car je sais que la route est encore longue jusqu'à Cilaos.

A ma grande surprise et pour mon plus grand bonheur, je découvre une plaine des Cafres baignée de soleil, avec en prime une vue imprenable sur le Piton des Neiges, ce que je croyais tout bonnement impossible. Les flaques de boue du grand raid 2012 ont laissé la place à des sentiers bien secs que je descends à bon train sans forcer. On dit qu'il n'a pas plu depuis 5 mois à La Réunion.  Ca se ressent même dans cette partie d e l'île, qui est habituellement une vraie cuvette aux allures de bocage normand. Seul hic, mon genou heurte un rocher dans une descente. J'ai peur que la douleur persiste. Un raider qui me double s'emploie à jouer les Cassandre en me prédisant le pire. La douleur se signalera à plusieurs reprises pendant le reste de la course mais plus de peur que de mal. Elle ne m'a aucunement gêné dans ma progression.

Mare à Boue, 50 km, 2636 m D+, 8h13 de course, 355ème


Arrivé au ravito de Mare à Boue après 8h13 de  course, je constate que j'ai encore perdu des places au classement. Je suis 355èmeet n'ai pas fini de chuter au classement. Je fais une pause plus longue que les précédentes car je sais que m'attendent plusieurs heures d'une montée pénible au coteau Kerveguen, qui m'avait été fatale l'année dernière, avant la descente vers Cilaos. J'aperçois Oscar Perez, vainqueur du Tor des Géants 2012, et me demande ce qu'il peut bien faire là, avec nous autres simples mortels. Sa démarché claudiquante me fournit vite la réponse. Il finira tout de même en 42h. Songez qu'il n'avait eu besoin que de 75h pour boucler les 320 km du Tor des Géants. C'est vous dire à quel point il a fait ce Grand Raid en mode rando. Chapeau l’artiste !

 
La montée au coteau Kerveguen, bien que sèche, est hélas à la hauteur de mes appréhensions. Point de torrents de boue cette année, mais toujours cet entrelacs de racines, pierres, parsemé ici et là d'échelles et de mains courantes qui finit par saper l'entrain avec lequel j'avais attaqué cette longue montée. Le tout sous une chaleur accablante. En quelques heures, nous sommes passés de 0 à plus de 30 degrés. Dur pour l’organisme. Nous sommes entrés dans le vif du sujet.

Seul lot de consolation, mais de taille, une vue de toute beauté sur le Piton des Neiges, qui ne cessera de nous toiser de son regard bienveillant tout au long de cette éprouvante ascension. 


Arrivé au sommet, je bascule dans la descente dans le cirque de Cilaos vers le ravito de Mare à Joseph. Presque 1000 m de dénivelé négatif sur seulement 2km. Autant dire un véritable mur. La joie de regagner bientôt Cilaos, et la douche qui m'y attend, est très vite ternie par ce qui restera l'un de mes pires souvenirs de la course. Une descente périlleuse, a flanc de coteau, où chaque pas sur des pierres glissantes est un défi au vide qui nous entoure. La concentration reste maximale sur cette portion de course qui ne pardonne aucune erreur et je descends avec une extrême prudence.


Je parviens finalement en bas de la descente à Mare à Joseph. Je me retourne et examine le mur que nous venons de dévaler. Mais par où a-t-on bien pu passer ? Je ne vois qu’une vertigineuse paroi  verticale. 11h54 de course viennent de s’écouler et je suis 450ème. J’ai perdu 100 places depuis Mare à Boue ! Je paie les conséquences de mes 25 min de pause à Mare à Boue, sans parler de cette fichue montée du Kerveguen et de la descente sur Cilaos.

Stade de Cilaos, 65 km, 3474m D+, 12 h43 de course, 460ème

Après une pause trop longue mais rafraichissante à Mare à Joseph, je fonce vers Cilaos en courant sur cette portion bitumée. J’arrive au stade de Cilaos à 11h43 à la 460ème place. J’ai une heure et quart d’avance sur ma feuille de route. Contrat rempli pour cette première partie de course.

Je n’avais prévu que 30 min de pause à Cilaos mais profite de mon avance pour faire un vrai break. Une place est tout de suite libre pour un massage. J’en profite et pourrai repartir avec des jambes neuves. Puis douche (toujours aussi glacée) et rechange. Je me désole devant la piètre qualité du repas qui nous est servi. Un poulet trop gras et des pâtes trop cuites, le tout avec un Yop qui si je l’avais avalé, m’aurait promis bien des ennuis gastriques sous le soleil de plomb qui nous attend. J’opte pour les pâtes et refuse tout le reste. Ma stratégie d’alimentation a pour le moment très bien fonctionné. Je m’alimente essentiellement avec de la boisson énergétique Effinov et des barres de la même marque (merci au passage à Julien Chorier pour ses précieux conseils !), bois de la soupe aux vermicelles et mange quelques bananes aux ravitos. J’ai emporté un sachet de cacahouètes dans mon sac pour couper le goût du sucré mais n’en ai presque pas mangé.

Pied du Taïbit, 72 km, 3939 m D+, 15 h 37 de course, 506 ème. A nous Mafate ! La plongée dans l’inconnu

Après une – trop – longue pause d’1h30 à Cilaos, je repars frais comme un gardon à l’attaque du col du Taïbit, dont le franchissement nous permet de pénétrer dans le cirque de Mafate. Cet endroit a une résonance particulière dans ma mémoire de trailer. C’est ici que j’ai dû abandonner l’année dernière, la mort dans l’âme. Gravir le Taïbit est donc chargé de symboles. C’est laver l’affront de cet abandon et entrer dans Mafate pour 50 km de traversée dans l’un des plus beaux endroits au monde que j’ai traversé en randonnée il y a quatre ans. Je n’oublie pas que c’est la volonté de revoir Mafate qui a motivé mon inscription à la Diagonale des Fous. Bref, Mafate va m’ouvrir grand ses bras et je vais enfin pouvoir plonger dans l’inconnu, l’au-delà des 80 km, distance maximum que j’ai parcourue dans ma jeune carrière de traileur amateur.

Il faudra néanmoins patienter pour savourer cet instant. Après une descente facile jusqu’à Cascade Bras Rouge, je peine à regagner le pied du Taïbit. Avant goût des sentiers mafatais, cette portion de course est constituée d’une succession interminable de marches éprouvante pour les quadriceps. Je souffre dans cette montée, accablé par le soleil alors au zénith qui ne me laisse aucun répit. Parvenu au pied du Taïbit, je me ravitaille bien avant d’attaquer la montée du col. J’ai encore perdu 46 places depuis mon pointage à Cilaos et suis désormais 506ème.

Ce n’est malheureusement pas dans la montée du Taïbit que j’entamerai ma remontée au classement. Musique dans les oreilles, boisson et barres énergétiques, rien n’y fait, je suis littéralement cuit et ai les jambes coupées alors que n’ai même pas fait la moitié de la montée. Je prends alors la décision qui s’impose, qui se sera avérée décisive pour la suite de la course : dormir. Je profite d’un coin d’herbe le long du chemin pour m’allonger, enfile ma veste, mets le réveil et ignore les conseils d’un raideur qui m’encourage à continuer jusqu’à Marla. Pourquoi l’ignorer ? Il est un principe de base, celui de dormir quand on a sommeil, pour autant que le contexte le permette, et ne jamais attendre le prochain ravito pour essayer de dormir. Je dis bien essayer car les ravitos sont finalement le pire endroit pour se ressourcer. La musique est souvent à fond (il faut bien tenir les bénévoles éveillés), il y fait souvent froid et les lits de camp (quand ils existent) sont généralement pris d’assaut. Rien ne vaut donc la sieste instantanée dans un bivouac improvisé…

Cette sieste n’aura duré que 25 min mais m’a galvanisé. Ceux qui sont passés devant moi durant mon sommeil me diront que je ronflais bien fort. C’est bon signe. Je termine donc l’ascension du Taïbit fort de cette énergie retrouvée et entre enfin dans Mafate ! Je descends vers Marla en douceur avec une raideuse de plus de 50 ans qui a plusieurs ultras à son actif, et a notamment fini à une très belle place lors d’une édition précédente de la Diagonale.

Marla, 77 km, 4756 m D+, 18h38 de course, 611ème 

Ambiance de feu à Marla, transformé en gigantesque sound system crachant à plein tube un reggae d’excellente facture. Idéal pour un rhum arrangé après une bonne journée de rando mais loin d’être le havre de sérénité dont le raideur fourbu rêve pour recharger ses batteries. On se croirait plutôt dans un festival reggae. J’ai bien fait de dormir avant d’arriver ici… Je suis désormais en retard sur ma feuille de route mais n’en ai cure. La route est encore longue. J’en profite pour manger des pâtes et tombe sur Yann, qui était parti plus lentement que moi et est remonté tranquillement. Il m’a l’air en pleine forme et nous décidons de faire un bout de chemin ensemble.

Je suis heureux d’avoir retrouvé mon compagnon de foulée au moment où je connais une vraie baisse d’énergie. J’ai couru seul depuis le départ, confortablement nimbé dans ma bulle mentale dont je ne veux pas sortir. Ce sera finalement la seule portion de la course que je parcourrai accompagné. Nous attaquons donc la traversée nocturne de Mafate ensemble avec pour première difficulté l’ascension du col des Bœufs, que nous avions tous deux reconnue deux jours avant la course. Le début de la montée est éprouvant. Je suis moins frais que Yann et peine à la suivre. Nous retrouvons finalement la portion que nous avions reconnue. La pente y est moins raide et nous pouvons reposer nos quadriceps sur les quelques replats situés avant la fin de la montée. Nous saluons au passage les bœufs qui broutent paisiblement dans la plaine des Tamarins. Ce seront finalement les seules vraies vaches que je croiserai dans Mafate, comme nous le verrons plus tard.

 Col des Bœufs, 83 km, 5251 m D+

 Le col des Bœufs est nappé d’une épaisse brume toute britannique et il fait un froid de gueux à cette altitude (nous sommes à 2000 m). Il fait nuit noire et nous enfilons rapidement nos vestes pour ne pas épuiser nos maigres réserves caloriques. Je me prends soudainement à envier le bonnet et les gants de Yann. Nous progressons jusqu’au prochain ravito situé à la Plaine des Merles, où je croise le véritable héros de la Diagonale des Fous. Avec son air de ne pas y toucher, cet homme a couru tous les grands raids (soit 21) et les a tous terminés ! La télé réunionnaise lui avait consacré un reportage l’année dernière à l’occasion du 20ème anniversaire du Grand Raid. J’avais tout de suite reconnu cet homme que j’avais croisé dans la montée de la Roche Ecrite lorsque j’étais venu randonner ici et c’est lui qui m’a révélé l’existence de cette discipline qu’on appelle le trail et qui m’était alors totalement inconnue. Je venais de finir l’ironman d’Embrun et découvrais subitement que ce je pensais être le sommet de la difficulté dans les sports d’endurance n’était qu’une aimable plaisanterie comparé à cette traversée sur 160 km de l’île de la Réunion. Avec du recul, c’est depuis ma rencontre avec cet homme, dont j’ignore toujours le nom mais que j’appelle Francis Perrin pour sa forte ressemblance avec l’illustre acteur de séries B, que trotte dans ma tête l’idée de courir un jour cette course de dingos. Je profite donc de ce petit ravito pour lui raconter tout cela mais il est alors dans un gros coup de moins bien et me raconte qu’il en a marre des grands raids, qu’il a 53 ans et qu’il faudrait bien qu’il s’arrête un jour. Je sens que ce n’est pas le moment le plus opportun pour lui demander de me refaire l’histoire du Grand raid et nous décidons de repartir avec Yann en direction du Sentier Scout.

Sentier Scout, 87 km, 5291 m D+, 22h57 de course, 688ème

Nous arrivons au début du Sentier Scout. Je suis 688ème. Je l’ignore à ce moment, mais ce sera mon pire classement. Yann accuse le coup depuis la fin de la montée du col des Bœufs. Il n’a pas eu droit à la petite sieste salvatrice que je me suis offerte au Taïbit. Nous nous mettons d’accord pour aller faire une sieste dès que l’occasion se présente. Il est quasiment 23h, nous continuons de progresser dans le froid et la brume et arrivons à un endroit où sont installées des tentes. Celle qui contient des lits est complète et nous nous rabattons sur une tente ouverte et battue par le vent. Il doit faire entre 0 et 5 degrés, pas plus, mais c’est ici que nous élisons domicile pour une sieste de 45 minutes, nappés dans nos couvertures de survie. Malgré le froid glaçant, je parviens à trouver le sommeil et me réveille 45 minutes plus tard. Je suis littéralement congelé. Je claque des dents et me mets en ordre de marche pour repartir au plus vite. Il n’en est pas de même de Yann, qui a mal dormi et choisit de continuer sa sieste pour recharger ses batteries. C’est dommage mais c’est une sage décision car il vaut mieux  attaquer le Sentier Scout dans les meilleures conditions, même si je m’apercevrai quelques minutes plus tard qu’il aurait mieux valu pour lui dormir plus bas, où il fait nettement plus chaud. 

Aide-toi toi-même, Mafate t’aidera. Ma traversée nocturne de Mafate en solitaire.

Je repars donc à l’assaut de Mafate seul, habité par un sentiment d’appréhension à l’idée d’emprunter de nuit les sentiers de ce cirque sauvage sans compagnie. Mais cette appréhension est vite dissipée une fois descendu plus bas dans le cirque. La température se fait plus clémente, j’ôte la veste pour revêtir mon t-shirt manches longues que je ne quitterai pas de le nuit, je retrouve des jambes toutes neuves comme si j’allais faire ma sortie dominicale et c’est parti pour la grande remontée ! Pac Man va pouvoir commencer à croquer ses concurrents.  Je me sens bien, je me sens confiant, je me sens fort, la nuit m’appartient et Mafate est mon terrain de jeu ! Ce moment marque le point d’inflexion de ma course. Je suis rentré dans ma bulle pour ne plus jamais en ressortir. Plus question de me mettre dans la foulée de qui que ce soit. Je n’écoute que mon corps, qui impose la cadence, et évite soigneusement de suivre un groupe. Je me retrouve brièvement derrière un grognard qui peste contre les sentiers mafatais et le double bien vite pour ne pas me faire contaminer par cette énergie négative. A quoi s’attendait-il en venant ici ? Oui, ce parcours est difficile et nous sommes là pour ça. Refuser la difficulté, c’est s’exposer au pire. La gestion mentale d’une course aussi longue passe nécessairement par l’acceptation de sa difficulté. Les différentes étapes qui la composent sont autant de défis à relever et à aborder avec enthousiasme et détermination. Le découragement n’est jamais loin après tant d’heures parcourues dans le froid et la chaleur, lorsque les jambes s’alourdissent et les orteils crient au secours, et chaque ravitaillement est une récompense.

C’est donc fort de cette énergie positive que je poursuis ma route à travers Mafate sous une somptueuse pleine lune. A plusieurs reprises, alors que me crois seul, j’aperçois ça et là des raiders endormis  le long du sentier, empapillotés dans leur couverture de survie. Je les envie car il fait bon en bas du cirque mais je n’ai pas sommeil. Je commence même à penser qu’il serait judicieux d’arriver au Maïdo au lever du jour, comme prévu dans ma feuille de route, pour m’épargner une montée que je sais éprouvante mais qui le serait d’autant plus une fois le soleil haut dans le ciel. Pour cela, il faudra faire l’impasse sur les pauses sieste que j’avais prévues. Nous verrons si cela est possible.

La traversée du Sentier Scout jusqu’à Ilet-à-Bourse me paraît éternelle (elle ne prendra que deux heures en réalité) mais il se dégage une vraie poésie, voire un certain mysticisme, de ces à-pics vertigineux  irradiés par la pleine lune. Je redouble de vigilance lors du franchissement des passages les plus périlleux de ce sentier et me félicite d’avoir toute ma lucidité et mon énergie à ce moment du parcours. A déconseiller à ceux qui souffrent du vertige…  

Je crois apercevoir à plusieurs reprises des vaches noires et blanches assoupies le long du sentier. Illusion d’optique ? Hallucination due à la fatigue ? Toujours est-il que ce ne sont point des ruminants que je côtoie mais de simples rochers noirs et blancs, que je salue pourtant de temps en temps comme si je m’adressais à des vaches nrmandes...

Ilet à Bourse, 94 km, 5541 m D+, 24 h 58 de course, 618 ème

Il faut croire qu’ils sont assez nombreux les raideurs déguisés en papillotes assoupis le long du chemin car je viens de gagner 70 places au classement en descendant tranquillement jusqu’à Ilet à Bourse. Je me sens du coup galvanisé et continue de tracer ma route jusqu’à Grand Place les Bas, point le plus bas (560 m) de notre traversée mafataise où je parviens une heure plus tard en 585ème position.  

Commence alors le gros morceau de Mafate. La longue montée qui mène jusqu’au Maïdo, à 2000 m d’altitude. Ce sont seulement 15 km mais 2000 m de dénivelé positif en montagnes russes, comme c’est toujours le cas à la Réunion. Ces incessantes successions de montées et descentes sont épuisantes et il faut avoir le moral et le physique bien accrochés pour les enchaîner sans y laisser trop de plumes.

Nous montons ainsi de 500 m pour parvenir à Grand Place les Hauts mais redescendons d’autant pour franchir la Rivière des Galets à la Roche Ancrée. Je mettrai trois heures au total pour gagner Roche Plate au terme d’une ascension éprouvante mais attaquée avec un mental d’acier. J’y passe en 509ème position. Le gain de presque 80 places me fait oublier la fatigue et je poursuis de plus belle mon ascension jusqu’au Maïdo.

Je suis au bord de l’épuisement dans cette montée finale du Maïdo et dois à plusieurs reprises m’arrêter pour reprendre mes esprits. Je prends alors le seul gel de la course (j’ai arrêté les gels, qui m’écoeuraient au plus haut point, et ne prends que des barres et de la boisson énergétique), un gel caféiné de chez Overstims conçu pour les grosses difficultés. L’opération s’avère salutaire car je reprends peu à peu du poil de la bête à la faveur de l’aube qui pointe son nez. Très vite le jour se lève sur Mafate et le soleil darde ses premiers rayons sur les pentes abruptes du cirque. Un spectacle d’une beauté à couper le souffle en guise de récompense pour notre sortie de Mafate, que je m’arrête pour immortaliser.

Maïdo, altitude 2040m, 7747 m D+ : je sors de Mafate !

J’arrive tant bien que mal au Maïdo. Je sors de Mafate – non sans une certaine nostalgie - et j’ai réussi à ne pas m’arrêter pour dormir. Nous sommes au 111ème km. Il reste un peu plus de 50 km. C’est long mais j’ai fait un gros morceau et nous entrons dans la dernière partie de la course. On me prend en photo pour fêter l’événement. Léger contraste vestimentaire entre les spectateurs et les raideurs... 

Il faut encore faire 2 km pour se rendre au ravito. Je ne m’y attarde pas, même s’il y fait bon et que le petit concert acoustique improvisé n’est pas des plus déplaisants. Oublié le coup de barre ressenti dans la montée du Maïdo. J’attaque ces 13 km de descente jusqu’à Sans Souci dans les meilleures conditions. Je n’ai pas mal aux jambes et peut ainsi courir dans cette descente le long du rempart qui surplombe Mafate. Cette descente en sous-bois sur un sol tendre puis sur une piste en latérite est un pur bonheur. J’ai juste à me laisser glisser comme dans un toboggan, sans forcer, là où la majorité des concurrents sont à la peine et sont contraints de marcher. Je gagne un temps précieux et remonte encore au classement. J’arrive 407ème à Sans-Souci à 9h30 (124ème km). J’ai gagné 100 places depuis Roche Plate et j’ai la grosse patate !

Nous sommes quasiment redescendus au niveau de la mer et bien qu’il soit encore tôt, on est déjà rôtis comme des poulets. Il reste un marathon à courir, m’écrit un ami par texto, et il reste 2000 m de dénivelé positif à parcourir. Je ne sais pas si cela me doit me rassurer mais je suis maintenant à un stade où on ne se pose plus du tout de question. Je sens à présent que je peux finir cette course et suis bien déterminé à tout donner jusqu’à l’arrivée. Je bois du coca pour me maintenir bien éveillé, déguste les crêpes à la confiture si gentiment préparées par les bénévoles, me rafraîchis et repars vers Halte Là, dernière base de vie avant l’arrivée et où m’attend mon sac d’assistance.

Halte Là, 130 km, 8038 m D+, 35h58 de course, 406ème

J’arrive à Halte Là après avoir franchi la Rivière des Galets et gravi le sentier de bord sous une chaleur insupportable. Je me fais faire un massage express, me douche,  me change complètement, enfile le t-shirt de la course (dont le port est obligatoire à l’arrivée) pour me porter bonheur et allège considérablement mon sac. Plus besoin de ma grosse veste ni de toutes ces choses qui ne m’ont servi à rien. Je repars donc le cœur et le dos légers vers la Possession.

Dans la descente sur la route qui nous conduit jusqu’au chemin Kala, je crois vivre mon quart d’heure de célébrité. L’hélicoptère de la télé réunionnaise nous rase et nous filme. Je crois un instant que l’honneur est pour nous et salue à plusieurs reprises la caméra. Puis me double une espèce de bombe, qui s’engouffre à toute blinde dans la descente technique du sentier Kala. Je comprends alors que je viens de me faire doubler par la tête de course du Trail de Bourbon.

Mais le ridicule ne tue pas, et je poursuis ma route. Le sentier Kala est un enfer. Il faut y mettre les mains pour sécuriser sa progression dans la descente mais ici, pas de branches auxquelles s’accrocher. Je perds du temps et de l’énergie dans ce passage qui n’a rien d’agréable et dont je me serais bien passé. Il faut rester vigilant pour éviter de se tordre bêtement une cheville mais la fatigue commence à se faire sentir. Je comprends alors qu’il va falloir reprendre des forces à La Possession avant d’attaquer les dernières difficultés.   

La Possession, 143 km, 8683 m D+, 39h51 de course, 403ème

J’arrive épuisé à l’école de La Possession en 403ème position. Il fait une chaleur torride et je suis totalement à court de jus. Je me ravitaille bien et croise au passage François Dhaene, vainqueur hier soir de ce Grand Raid  2013 en un peu moins de 23h, qui savourait une bonne nuit de sommeil pendant que nous, simples mortels, étions en train de nous débattre sur les sentiers de Mafate. Il est là pour soutenir son père, qui court également le Grand Raid, et arrivera un peu avant moi. Ils ont décidément de bons gênes de trailers chez les Dhaene !

La sieste s’impose. 30 minutes d’un sommeil réparateur ne sont pas de trop pour attaquer les dernières difficultés : le chemin des Anglais et la montée au Colorado.

 Une bonne nouvelle m’attend au ravito. J’apprends qu’il ne nous reste plus que 4-5 h jusqu’à l’arrivée au stade de la Redoute, là où ma feuille de route m’indiquait 8 h restant à parcourir. J’exulte. J’entrevois enfin l’arrivée et suis certain que je passerai en-dessous des 48h. Ca m’arrange car ma petite femme m’attend à l’arrivée. Elle a débarqué à la Réunion ce matin et je stresse depuis le début de la course à l’idée de la réveiller tard dans la nuit pour venir me chercher depuis Saint Gilles. Si mes calculs sont bons, je serai à l’arrivée entre 20h et 21h. Il va falloir que ça dépote !

Le Chemin des Anglais : l’enfer est pavé de pierres basaltiques

L’enfer a un nom : le chemin des Anglais. 7 km de torture jusqu’à la Grande Chaloupe sur ce chemin tracé au XVIIIème siècle pavé de pierres basaltiques irrégulières, le tout sous un cagnard insupportable.

Je me mets dans les pas de locaux qui connaissent bien le chemin et savent par où il faut passer pour bien s’économiser. Cette portion me paraît interminable et j’avance au radar. La descente est particulièrement éprouvante pour les quadriceps. Je redouble de prudence pour préserver mes chevilles. Il serait inenvisageable d’abandonner à quelques kilomètres de l’arrivée alors que j’ai fait le plus dur. Je serre donc les dents, mets mon cerveau en veilleuse et me mets en pilotage automatique jusqu’à la Grande Chaloupe.

 La Grande Chaloupe, 150 km, 9060 m D+, 457ème

J’aurai mis 3h pour parcourir ces 7 km. On a connu plus rapide. J’arrive à la Grande Chaloupe (150ème km) après 42h 40 de course. Je suis redescendu 457ème à cause de ma sieste à la Possession mais n’aurai pas à le regretter car m’attend la montée du Colorado.

Après un rapide ravito, je reprends du poil de la bête et attaque avec enthousiasme la montée du Colorado, dernière ascension avant la descente finale sur Saint Denis. Mon ami de lycée Thomas, récemment installé dans l’île, me propose de m’attendre au Colorado pour faire la dernière descente ensemble.  J’accepte volontiers et lui annonce que je serai dans une heure au Colorado.

Je ne dois plus avoir l’esprit très clair car ce sont quasiment 1000 m de D+ qui m’attendent jusqu’au Colorado et jamais je ne pourrai faire cette montée en une heure. Mais peu importe, je suis pressé d’en finir et me sens en forme. Mes jambes sont encore bonnes et je décide de mettre toutes mes forces dans la montée du Colorado. Je me mets donc en mode marche rapide, les mains sur les cuisses, comme à l’entraînement. Un couple de raiders avançant à une allure plus raisonnable me prévient que le Colorado est encore loin et qu’il vaut mieux en garder sous la semelle. Je ne les écoute pas. Jusqu’à la fin, j’éviterai ces Cassandre toujours prompts à me saper le moral. Le résultat est là, je regagne beaucoup de places dans la montée. Je ne repasserai pas sous la barre des 400 mais je me bats pour finir en beauté.

J’arrive à Saint Bernard en une quarantaine de minutes puis m’engage, galvanisé, sur la portion de route bitumée. Je suis véritablement en transe. Plus rien ne compte, je ne sens plus la fatigue, je suis en apesanteur, je me mets à courir sur la route à 14-15 km/h comme si je sortais faire mon footing du matin.

Je quitte la route pour le sentier qui monte jusqu’au Colorado. Je me demande un éclair de seconde si je ne dois pas ralentir le rythme mais l’évidence chronométrique s’impose. Je suis résolu à arriver à La Redoute en moins de 46 h et ne peux me permettre de traîner. Ca se jouera à quelques minutes.

Le Colorado, 159 km, 9889 m D+, 44h43 de course, 428ème

Colorado. De ce lieu dont le nom qui fleure bon le far west et les montagnes sauvages, je ne verrai rien car il fait nuit noire et je n’ai pas une minute à perdre pour m’engager dans la descente finale. J’y parviens après 1h37 d’ascension depuis le début du sentier après le ravito de la Grande Chaloupe. Je retrouve Thomas, armé de sa frontale, je bois un dernier verre de Coca et remplis mes flasques et c’est parti.

Nous attaquons cette descente avec prudence (moi devant et Thomas derrière, car je ne peux être accompagné et bénéficier des services d’un lièvre). J’ai le temps car on m’a dit qu’il fallait compter une bonne heure jusqu’à l’arrivée sans se presser. J’évite soigneusement de me tordre une cheville dans cette descente piégeuse qui me paraît interminable. J’aperçois au loin les lumières du stade, qui me paraissent encore bien loin.

Je commence à m’inquiéter pour le chrono. Cette descente ne va-t-elle pas me prendre plus d’une heure ? Vais-je passer sous les 46h ? Cerise sur le gâteau, je reçois un texto de Félicie m’annonçant que notre voiture est menacée d’être emportée par la fourrière et elle doit sortir du stade pour garer la voiture ailleurs. Elle me demande donc de ne pas me presser, alors que je dois justement me magner ! Depuis un an, je m’étais fait tous les scénarios dans ma tête. Comment vivrais-je cette arrivée ? Serais-je submergé par l’émotion ? Verserais-je une larme ? J’avais tout prévu sauf cette histoire de fourrière. Je l’aurais mauvaise de ne pas pouvoir rentrer à Saint Gilles après une si longue course…

Les minutes s’égrènent comme des heures, la descente se poursuit dans la nuit sous le faible halo de ma frontale. Inquiet du sort de notre voiture, j’appelle Félicie qui m’annonce que le problème est réglé et qu’elle m’attend sur la ligne d’arrivée. Ô joie ! Il n’y a plus qu’à finir cette fichue descente. Nous croisons des locaux et leur demandons à combien de temps nous sommes de l’arrivée. Ceux-ci me répondent une demi-heure. Impossible ! Cela signifie que je passe au-dessus des 46 h. Il va falloir se battre pour conjurer le sort. Je me décide à accélérer et annonce à Thomas que je dois filer. On se retrouve au stade pour boire la Dodo tant attendue. Fini les consignes de prudence, je dévale la descente à vive allure et double encore pas mal de concurrents qui gèrent paisiblement leur fin de course. Il ne me faudra finalement que 10 minutes pour descendre jusqu’en bas du chemin. Cette histoire d’une demi-heure était totalement bidon mais elle a eu le mérite de me réveiller.

Arrivée, Stade de La Redoute, Saint Denis, 163.5 km, 9920 m D+, 45h53 de course, 418ème

L’arrivée, enfin ! Cette année, ce sera bien La Redoute et non la déroute comme l’année passée. Je quitte le chemin et m’engage sur la route pour courir les dernières centaines de mètres qui me mènent au Stade de la Redoute. Au lieu de savourer ces derniers mètres, je cours à une allure ridiculement élevée de peur de passer au-dessus des 46h alors même qu’il me reste 10 bonnes minutes. Je passe sous le pont, traverse la route et entre dans le stade pour cette arrivée tant attendue. Je ralentis un peu le pas sur les derniers mètres pour savourer le passage de la ligne d’arrivée. Je suis béat mais ne réalise pas vraiment que je suis arrivé. Je suis encore dans ma bulle. Point de larmes, comme je m’y attendais, mais une joie immense, partagée avec ma douce qui m’attend juste après l’arrivée et a immortalisé l’instant. On me remet le t-shirt jaune de finisher sur lequel est inscrite la fameuse mention « J’ai survécu » ainsi que la médaille. Je plane, je suis sur un petit nuage. Thomas nous rejoins et nous allons boire la bière tant attendue.

Plus tard dans la nuit, Yann m’envoie un texto pour me dire qu’il est arrivé. Grand chelem réalisé. On la tient notre revanche !

Fin d’une belle aventure. Je termine mon premier ultra en bonne forme. Pas de blessure, juste de la fatigue mais s’il avait fallu encore continuer, je suis sur que j’aurais pu le faire. J’ai fait un meilleur chrono que prévu (je tablais sur 48h) et ne pensais pas finir à ce classement. Que du bonheur ! Il y a encore beaucoup de progrès à faire en termes de gestion des pauses aux ravitos et je pense pouvoir gagner encore du temps mais cette course était mon premier ultra et l’objectif était de finir dans les meilleures conditions. Contrat rempli.

Merci à Félicie pour avoir supporté tous ces mois d’entraînement et les privations qui vont avec, merci à Thomas, Marie et Samuel pour le chaleureux accueil « péi », merci à Laurent, récent finisher de l’UTMB pour ses conseils avisés, à mon kiné pour avoir régulièrement soigné les petites douleurs qui menaçaient de nuire au bon déroulement de ma course, à Julien Chorier et Jonathan Rouquairol pour l’excellent stage autour du Mont Blanc cet été avec 5ème Elément, à Julien Chorier à nouveau pour tous ses conseils avisés en matière de préparation, de gestion de course et de nutrition,  à ma famille et à tous mes amis pour tous leurs encouragements avant et pendant la course, à Yann pour les quelques km parcourus ensemble dans Mafate et bravo encore pour sa performance.   

Je ressors ravi de cette expérience. 80% de plaisir pour 20% de peine. C’est de bonne augure pour la suite, mais quelle sera donc la suite ? What’s next folks ?

 

 

 

  

 

   

 

 

  

5 commentaires

Commentaire de Maido posté le 04-11-2013 à 22:02:00

Bravo pour cette belle course! Une revanche avec panache sur ton coup du sort de 2012. En tout cas, j'aurais aimé avoir ta fraîcheur dans la descente sur Sans-Souci...

Commentaire de 2ni_57 posté le 08-11-2013 à 17:12:18

Joli récit de ta superbe aventure réunionnaise...
Belle revanche, assurément... et félicitations d'être parvenu au bout, cette fois-ci, surtout dans un tel état de fraicheur !
Et merci, à toi aussi, de nous faire partager tout ça...

Commentaire de Rolexo posté le 11-11-2013 à 23:20:01

Super recit ! Merci et bravo .....

Commentaire de sputnik posté le 13-11-2013 à 14:37:48

superbe. Tu n'as plus qu'a faire 32h sur l'UTMB !!!!

Commentaire de xsbgv posté le 05-01-2014 à 17:52:46

Excellent compte-rendu… Donne envie…

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