Récit de la course : Céven'Trail - Trail aux Etoiles - 58 km 2014, par Pirelli

L'auteur : Pirelli

La course : Céven'Trail - Trail aux Etoiles - 58 km

Date : 1/3/2014

Lieu : Le Vigan (Gard)

Affichage : 822 vues

Distance : 58km

Objectif : Pas d'objectif

1 commentaire

Faire connaître ce récit sur Twitter :

Faire connaître ce récit sur Facebook : Partager

17 autres récits :

Mon trail aux étoiles

Mon trail aux étoiles

 

Savoyard depuis plusieurs années j'apprécie revenir régulièrement dans mon sud-est natal. Et si je profitais d'un séjour chez les frangines pour faire un trail dans la région? Le trail, vous savez, cette activité sportive qui consiste à courir dans des lieux où un être raisonnable se contenterait de marcher. Bref, une rapide recherche dans Google me sort: "le trail aux étoiles". Cool, c'est au Vigan, pas très loin de saint jean du Gard (enfin, c'est toujours plus loin et plus long au retour). Elle sent le terroir cette course avec son trail de l'oignon doux...chouette. Je m'inscris pour la trail aux étoiles. Beau morceau tout de même avec ses 58km et ses 2850 D+. Je jubile à l'idée de gambader dans la garrigue, les pins (et de chevaucher les sangliers). Ce week-end en famille avec cette course tombe à pic. Il viendra ponctuer la fin d'une période bien chargée et le début d'une semaine plus allégée (ce ne sont pas des vacances, mais une "interruption pédagogique"). J'apprends dans la foulée la participation de certains cadors. Apparemment c'est du sérieux cette course.

 

J'ai plus d'un mois et demi pour me préparer. Pas de problème je pars pas de zéro, sauf que la Saintélyon a laissé des traces. Une mauvaise gestion d'après course et l'utilisation d'une paire de shoes bien fatiguée, m'ont provoqué une tendinite au genou et une bursite au pied droit. Lors d'une sortie, je tiens absolument à rejoindre l'écurie en courant malgré la douleur. Erreur grave. Je me retrouve dans la peau de docteur House pendant une semaine. Impossible de marcher dans boiter. Ok, quelques séances chez mon kiné préféré, julien et une séance d'osthéo améliorent un peu la chose, mais les douleurs sont là. La cheville, ça passe, mais celle du genou s'incruste et s'intensifie en courant. Résultat, je me présente au départ du trail aux étoiles avec en guise de préparation une sortie de deux heures à un rythme 3ème âge le lundi précédant le course, des douleurs un peu partout et des kilos en trop. C'est pas grave, déjà parce que je suis un gros déglingo, mais aussi parce que j'ai pris un anti-inflammatoire, que je prends tout ça avec beaucoup de philosophie, c'est les vacances, je suis en famille, je vais découvrir les Cévennes en courant, il fait beau, les oiseaux chantent, et la veille j'ai mangé une raclette et but un verre de blanc (parait que c'est très bon la veille d'une course)...bref, je vais essayer de courir le plus longtemps possible. Amen! Je covoiture pour me rendre au Vigan avec M-P., que je remercie et qui a décidé de faire le trail aux étoiles avec des amis de son club. Pas facile de courir à plusieurs. L'ambiance sur place est vraiment festive et c'est en suivant une fanfare que nous nous rendons sur le lieu du départ. J'aperçois Manu Gault qui semble arriver en retard (ce qui ne l'empêchera pas de finir avant les autres). Je suis déçu qu'il ne me salue pas (c'est peut-être parce qu'il ne me connait pas après tout). L'ambiance dans la rue est vraiment sympa.

 

Le départ est donné à 12h. Quelques kilomètres de plat avant d'attaquer le dénivelé. Les sensations sont moyennes. On attaque le première montée. Je marche évidemment. Il ne s'agit pas de se mettre dans la rouge avec ma préparation foirée. J'arrive au premier ravito, je suis déjà entamé. Mais le plus dur reste à faire, le fameux sommet de la Toureille, le juge de paix. J'arrive en bas de ce mur sur les rotules. La montée est un calvaire. Je n'ai plus de jus. C'est lent, c'est long, je me fais dépasser, impuissant, par les autres coureurs, même par certains qui ont des béquilles (des bâtons quoi!). La bursite se fait discrète, mais le genou commence à perdre patience. Je crains le pire à la descente. C'est généralement à ce moment-là qu'il s'exprime le mieux. Après les dernières longueurs dans la neige, j'atteins enfin le sommet. Ouf, c'est déjà ça, mais je suis comme un petit oiseau "cuit cuit". Je redescends un peu et j'atteins le second ravito (km 18). Je prends mon temps, je me fais plaisir. La fin n'est pas loin, la mienne pas celle de la course, je me gave de fromage, je mets du coca avec de l'eau dans mes bidons, je fais quelque pas de danse et je repars dans cette longue descente. Sur les portions de plats, j'ai de plus en plus de mal à courir. Je trottine ou je marche. On est au km 20 et je suis en mode "survivor". Je paie cash mon manque d'entrainement. Mais je garde le moral, pas d'ambition particulière sur cette course. Mais le plaisir n'est pas au rendez-vous tant je souffre de ce manque de préparation (la raclette y est peut-être aussi pour quelque chose). J'atteins le 3eme ravito, aulas, km 33. Youpi, assez content, je ne pensais pas arriver là. Le genou et le pied sont à  peu près ok. Je décide de continuer. Se présente alors la deuxième difficulté, moins technique, plus roulante certes, mais pour rouler encore faut-il avoir du carburant. J'ai plus grand-chose, je mange, je bois, mais ça ne répond pas. Et me voici parti pour la seconde tournée: un verre de calvaire Tavernier !. "Pas de problème mon gros, tu vas être servi". C'est long, c'est lent, c'est dur. Je commence à avoir des nausées. Je ne cède pas à l'idée d'abandonner. Je sais que je me rapproche du km 40. Enfin la délivrance. J'arrive sur la crête. C'est magnifique. Le parcours est vraiment superbe. Je recommence à trottiner en descente puis, à mesure que la nuit tombe, je me sens de mieux en mieux. Le corps humain est un mystère. Je dévale les kilomètres sans trop de difficultés en compagnie d'un autre coureur avec qui je sympathise. Je n'arrête pas de penser qu'au prochain ravito je serais au km 48. La perspective de franchir la ligne d'arrivée me galvanise. J'en ai presque oublié la dernière difficulté, l'Esparon. Je sors du dernier ravito de Bez, et je tombe dans la pénombre sur mon neveu venu à ma rencontre. J'avais oublié que ma sœur et sa famille avaient décidé de faire un crochet au Vigan pour venir me voir. C'est génial. Mon neveu de 12 ans qui avait gagné la course des pyramides l'après-midi avait parcouru les 11 km de dénivelé depuis la ligne d'arrivée pour me retrouver à Bez et il est bien décidé à faire le chemin inverse. Il est incroyable ce jeune, déjà un champion et certainement un futur grand champion. Nous franchissons la ligne d'arrivée ensemble, pour moi, après 9h30 de course. Je me sens bien plus frais que sur la Saintélyon alors que j'étais mieux préparé sur cette course.

Après une telle durée de course, parfois plusieurs minutes séparent les coureurs. Chaque arrivée reçoit des applaudissements. C'est agréable. Mes douleurs ont disparu. Je les ai vaincus...ou peut-être j'ai gagné leur respect.

 

Voilà une course qui m'a encore beaucoup appris sur moi. Bravo aux organisateurs pour ce week-end qui fut aussi un week-end de fête, ce superbe parcours, cette formidable ambiance. A l'année prochaine.

 

 

 

 

                                                               

1 commentaire

Commentaire de elnumaa[X] posté le 22-11-2016 à 14:06:35

alors , bout du cirque en 2017 ? ;-)

Il faut être connecté pour pouvoir poster un message.

Votre annonce ici !

Accueil - Haut de page - Aide - Contact - Mentions légales - Version mobile - 0.19 sec
Kikouroù est un site de course à pied, trail, marathon. Vous trouvez des récits, résultats, photos, vidéos de course, un calendrier, un forum... Bonne visite !