Récit de la course : Trail de la Vallée des Lacs 2006, par oufti

L'auteur La course
Kikoureur : oufti
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oufti
Course : Trail de la Vallée des Lacs
Date : 4/6/2006
Lieu : Gerardmer (Vosges)
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Distance : 53 kms
Objectifs : Pas d'objectif
Trail de la Vallée des Lacs à Gerardmer


Dimanche 4 juin 5h00 le réveil retentit mais cela fait déjà longtemps que je ne dors plus. Je vérifie une dernière fois le matos et je remplis mon camel avec comme à mon habitude un mélange de caloreen et de bicarbonate de soude. Ce mélange me semble le bon candidat pour combattre les crampes (testé il y a 6 semaines à Bouillon).
Je rejoins Marcel et Fabdulux (CLM de coeur) à la table du petit déjeuner. Nous avons passé la nuit dans un petit hôtel « l’Auberge des 2 étangs » un peu à l’écart de la ville de Gerardmer. Sur la table, au menu, gatosport, sport’dej et pâtes au sucre… Le proprio nous regarde l’air perplexe.
La question du jour est la météo. Pluie ? Vent ? Le proprio nous dit qu’il fera certainement froid au sommet du Hohneck à 1363m. Finalement, je partirai avec 3 tee-shirts, 2 sur le dos et un dans le sac au cas où la météo serait mauvaise sur les sommets.

6h50 : je rentre dans le sas du départ avec Marcel et Fabdulux, pointage obligatoire, vérification que chaque coureur possède une réserve d’eau. La dernière fois que nous nous sommes retrouvés pour courir ensemble remonte au trail Uewersauer en novembre dernier. Petit briefing habituel de l’organisateur. Il insiste sur l’obligation des coureurs à conserver le site propre. J’espère que chacun respectera la consigne afin de pouvoir continuer à courir dans des endroits aussi magnifiques.

7h00 : c’est parti. Le peloton s’étire tout doucement à l’assaut de la « Tête de Grouvelin ». Je m’attendais à voir les premiers sprinter au départ mais tout le monde part sans trop se griller car il reste encore du chemin !

Devant la piste du Tétras

Après 3km, nous arrivons à la « Tête de Grouvelin ». Fabdulux mène le rythme. Marcel et moi peinons un peu à le suivre. C’est qu’il en forme, le Fabdulux, après avoir endossé son tee-shirt de finisher du MDS cette année ! Le parcours est ensuite agréable et valonné par le col de « La Basse des Feignes » pour arriver au « Pont du Bas ».

8 :42 : premier ravito au « Pont du Bas » après 16km de course. Beaucoup de monde au ravito. Je remplis mon camel, mange un morceau de banane et enlève un tee-shirt car le soleil commence à se montrer. Durée du ravito : 5min. La poche d’1,5l de mon camel est vraiment trop petite. Je vais opter pour mon prochain trail pour une poche de 3l.

Marcel et Fabdulux arrivent aussi. Mais catastrophe, Fabdulux vient juste de tomber et son genou a pris un gros coup. Il se fait soigner à l’infirmerie. Il me dit que ça va et nous repartons tous les trois à l’assaut du Hohneck.

La suite du parcours fait peur : 20km jusqu’au Hohneck à 1363m. De suite, on commence par une longue montée en lacets dans une sapinière. Je fais la montée en marchant sur un bon rythme et je décroche mes 2 compagnons de course que je ne reverrai plus avant l’arrivée. J’hésite un moment à les attendre. Mais je sais qu’à partir de maintenant, il est préférable que je me concentre sur ma course.
La suite du parcours se fait par les cols de Bramant et Bramont. Quelques montées et descentes techniques se succèdent. Le sol est particulièrement glissant dans les descentes et je me fais régulièrement doubler par des coureurs plus téméraires. Un spectateur m’annonce que je suis dans les 200 premiers. Pile dans le milieu de peloton. Je suis prudent car je sais que la montée finale sur le Hohneck est longue.

Je rejoins alors Simone et Marc Kayser qui sont ici pour un entrainement. Simone me raconte que son programme de l’année est le suivant : le Verdon, l’UTMB, la Diagonale des Fous et la Trans-Alpes. Rien que ça ! Je suis content de courir aux côtés de coureurs avec de tels palmarès.
Je continue la montée en alternant marche et course. Je double pas mal de coureurs, et je me dis que j’en fais peut-être un peu trop. Malgré tout, je continue ainsi jusqu’au sommet. L’arrivée est semplide, le soleil, la neige encore sur le sommet. Il y a même un skieur qui tente encore quelques slaloms sur la neige. Beaucoup d’émotion pour arriver avec nombre de spectateurs qui applaudissent les coureurs.

12 :02 : après 5h de course, j’arrive enfin au sommet. Content d’être là. Mais je ne vais pas rester longtemps, juste le temps de remplir le camel, manger une petite soupe, et une banane. Le vent souffle fort sur le sommet. Je me refroidis et décide de repartir. Durée du ravito : 5min encore à cause du camel. Il faut vraiment prendre un plus grand!

Quand je repars, les Kayser, ayant pris un temps de ravito plus court, me rejoignent et me dépassent dans la descente. J’essaie de les suivre, c’est motivant d’essayer de les suivre. Mais c’est difficile de descendre après une aussi longue montée. Je sens mes cuisses qui commencent à tirer. J’hésite alors à suivre leur rythme, sachant que cela peut être fatal sur la fin de parcours. Mais il n’y a personne derrière moi et j’ai pas envie de faire cette descente tout seul. Comme j’ai tendance à m’empâter en descente, j’y laisserai trop de temps. Je décide donc de les suivre
La suite, c’est une longue descente de 8km jusqu’au lac de Longemer. Après une première partie roulante, la descente devient alors plus difficile avec des racines, des dévers, des cailloux, le passage sur un pierrier. Il est très difficile de courir sur cette portion. Les pieds commencent à être douloureux, je titube un peu. La dernière partie est à nouveau plus roulante. Notre rythme est régulier et nous dépassons quelques coureurs en déperdition.

13 :06 : après 1h de descente, j’arrive au lac de Longemer. Possibilité de se ravitailler en eau. Je ne m’arrête pas, mon camel contient suffisamment d’eau pour terminer. Je prends un dernier gel pour la dernière ascension.

Ensuite, il faut remonter jusqu’à la « Tête de Grouvelin » à nouveau, soit +400m en 6km. Le problème, c’est que la montée commence par un mur. Beaucoup de coureurs sont à la peine. Je discute avec un gars du coin qui me dit qu’après ce mur, la montée est alors plus roulante juste avant la descente finale. Comme je me sens toujours bien, je décide alors de mettre le turbo et je double pas mal de coureurs. Je marche à bon ryhme, et je cours quand je le peux lorsque la pente devient moins raide . Je n’en reviens pas moi-même, je suis vraiment dans un bon jour aujourd’hui. Fini les crampes de mes précédents trails ! Je ne sais toujours pas pourquoi elles ont disparues depuis mon trail de Bouillon. Est-ce grâce à un meilleur entrainement ? Ou grâce au bicarbonate de soude dans le camel ? Je ne sais pas. Ou alors ce sont les portions de marche qui aident à étirer les mollets.

Sur la partie roulante, je donne tout ce qui me reste. C’est peut-être possible de passer sous les 7h. Ensuite après, on monte encore un peu jusqu’au « Grand Haut » à l’arrivée des remonte-pentes. Pour terminer, on descend droit dans la pente la piste rouge du Tétras. C’est très douloureux sur les cuisses mais avec la vue plongeante sur Gerardmer et le lac, et la ligne d’arrivée là au loin, la joie l’emporte sur le reste.
J’apprendrai par la suite que les premiers sont descendus en zigzagant. Un point à retenir pour ne pas se démolir les cuisses.

14h05 : je passe la ligne après 7h05 de course sous les applaudissements. C’est la première fois que je passe la barre des 50km et des 7h de course. Et le plus important c’est que je termine vraiment bien, j’ai encore le physique et le mental pour continuer. Un bon présage pour la suite
En passant la ligne, je vois Fabdulux. Je comprends qu’il a eu un problème. En effet, il est tombé une deuxième fois sur le genou déjà douloureux vers le 30ème et a du se contraindre à l’abandon dans la montée du Hohneck Marcel arrivera plus tard, dure journée pour lui, il aura fait une fin de parcours à l’arraché avec un gros mental

Après la douche et la remise des prix, nous prenons un repas en terrasse, nous nous racontons notre course et Fabdulux nous invite déjà à d’autres aventures…

Quelques mots pour l’organisation : un balisage parfait, des bénévoles aux petits soins, des ravitos complets (même si Marcel me dira qu’il n’y avait plus rien pour les derniers au sommet du Hohneck), et un superbe parcours avec des vues imprenables sur les lacs de la vallée

Après 4 trails cette année, je vais prendre maintenant du repos, et organiser mon calendrier pour le reste de la saison.

Amicalement
Oufti




Devant la piste du Tétras



A l'arrivée

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