Récit de la course : Inter Régionale IDF - Bois Rond - Circuit B 2006, par L'Castor Junior

L'auteur : L'Castor Junior

La course : Inter Régionale IDF - Bois Rond - Circuit B

Date : 18/6/2006

Lieu : Arbonne La Foret (Seine-et-Marne)

Affichage : 1273 vues

Distance : 22.379km

Objectif : Pas d'objectif

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Pas d'autre récit pour cette course.

Grosse déception : premier pm (poste manqué) sur une CO : le métier qui rentre ?

Dès l'arrivée sur l'atelier départ, je sens que la journée va être rude : 12,8 km de balise à balise, 28 postes. En forêt de Fontainebleau, avec les rochers et le dénivelé, la frontale que cet oiseau de mauvais augure qu'est l'Electron m'avait recommandé de prendre sera peut-être nécessaire...
Heureusement, mon souhait d'un départ tôt a été exaucé, et, partant à 10h08, je peux même espérer terminer pour profiter du gâteau d'anniversaire du GO78, qui fête aujourd'hui ses 7 ans (participer au pique-nique de l'après rallye des côteaux du JDM est, avec le temps de trajet depuis Fontainebleau, illusoire).

RAZ et contrôle des puces, puis, 2 minutes avant l'heure fatidique, retrait des définitions (il faudra vraiment que je les apprenne par coeur un jour...), et enfin, une minute avant le départ, retrait des cartes (circuit B pour moi, Senior Long et Espoir Elite). Si j'avais su que le parcours serait si long, j'aurais bifurqué sur le Court, et pris mon Camel Bak...
La simple lecture de la carte m'angoisse : les trois quarts des postes sont situés dans ces satanés rochers...
Pas le temps de gamberger davantage, car à 10h08 précises, c'est le top départ.

Poste 1 (95) - petite dépression couverte de végétation - 21'54" : Ca commence bien ! Mes vieux démons des départs ratés me reprennent. J'étais pourtant bien parti, par le Chemin de la Borne à l'Enfant jusqu'au chemin SO-NE, emprunté sur une dizaine de mètres, puis le fossé plein nord qui devait m'amener tout droit sur le poste. Hélas, 5 à 6 mètres avant d'atteindre ce saint graal, je panique, et vais jardiner dans tous les sens, allant même jusqu'à me rapprocher de la D409 au nord. C'est en tentant une énième approche, et grâce à l'arrivée de coureurs sur le site, que je repère le poste. Je démarre souvent mal mes courses, mais je n'ai pas le souvenir d'avoir jamais passé autant de temps sur un seul poste. Ca promet !

Poste 2 (75) - côté nord-est du bosquet couvert de végétation - 1'37" : Facile, le poste est juste au nord du précédent, et l'appui sur le petit chemin tournant me permet de le trouver sans problème.

Poste 3 (96) - trou couvert de végétation - 12'56" : J'aurai au moins découvert un symbole de définitions : la grille serrée signifiant "couvert de végétation". Que les postes sont bien cachés aujourd'hui ! Je pars bien trop au sud, et ne réalise mon erreur qu'à l'approche immédiate de l'A6. Il me faut jardiner quelques temps avant de mettre la main dessus, aidé, de mémoire, par un concurrent.

Poste 4 (76) - rentrant le plus à l'ouest - 4'36" : J'attaque trop au nord-ouest du poste, et perdu dans l'enchevêtrement de dépressions, tarde encore une fois à trouver la balise.

Poste 5 (85) - dépression couverte de végétation - 6'36" : Je reprends un peu confiance, et attaque le poste plein sud à partir du croisement entre le Chemin de la Borne à l'Enfant et le sentier SO-NE. Je gamberge, somme toute assez peu, entre les rochers, et ne commets pas de grosse erreur. Mais mon rythme est lent.

Poste 6 (61) - rentrant le plus au nord - 7'50" : J'attaque plein est, mais contourne les rochers trop au nord, et me trompe de rentrant. C'est un regard plus attentif sur ma carte qui me remet sur les rails.

Poste 7 (45) - entre les deux falaises de 2 m de haut les plus au nord-ouest - 9'39" : Beaucoup de coureurs ont maudit ici la sournoiserie du traceur : le poste est littéralement caché dans une fente étroite entre deux falaises. J'étais arrivé directement dessus, mais, cherchant un poste plus visible, j'ai pas mal jardiné dans la zone.

Cela fait déjà plus d'une heure que je cours/marche, et il reste encore trois fois plus de postes à trouver. Le vainqueur est censé mettre 1h15'. Je m'achemine doucement vers un record en terme de plantage de course. Gasp...

Poste 8 (97) - petite dépression couverte de végétation - 24'08" : Certes, l'interpostes est long, mais je ne fais pas les meilleurs choix d'approche non plus. En effet, je rate un chemin que je ne vois pas sur la carte (il est entouré de rochers qui le masquent en grande partie). Je m'appuie sur la borne sur le chemin au sud, mais rate le rentrant, et dois m'y reprendre à plusieurs reprises.

Poste 9 (100) - trou couvert de végétation - 12'22" : Là encore, c'est la confusion la plus totale. Mon approche initiale m'amène à deux mètres du poste, mais je panique et préfère assurer un meilleur angle d'attaque. Je vais donc arpenter dans les deux sens le chemin précédent, avant de me résoudre à descendre, trop à l'est, sur la pente. Je vais croiser quatre sangliers, mais aucun coureur. C'est en reprenant mon attaque initiale que je vais tomber directement sur la balise. Damned.

Poste 10 (83) - dépression évasée - 13'54" : Je veux m'appuyer essentiellement sur les chemins présents sur la carte, mais doute sur le principal O-E, car le sentier au sud ne m'apparaît pas évident de prime abord. Encore beaucoup de temps de perdu, et c'est dommage parce que le reste de l'orientation est à peu près acceptable.

Poste 11 (101) - côté ouest du rocher de 4 m de haut - 14'34" : Je préfère rester sur la platière, et opte pour une remontée vers l'ouest prudente : lente mais sûre. Je trouve sans problème le poste à l'extrémité ouest de la platière, mais ma vitesse de progression est extrêmement lente.

Poste 12 (102) - dépression évasée - 5'04" : Une famille pique-nique à l'est du poste 11, mais je l'ignore pour continuer selon la même stratégie, suivre le bord de la platière et m'appuyer sur sa forme pour trouver le poste. C'est, une fois de plus, sans faute, mais reste bien lent.

Poste 13 (103) - éperon rocailleux - 24'08" : Je réalise ici qu'il est réellement primordial de bien maîtriser, sur les définitions comme sur la carte, les symboles usuels de CO. L'essentiel de mon jardinage vient en effet d'une confusion : je cherchais un rentrant là où il fallait trouver un éperon. Je vais tourner le problème dans tous les sens, en vain, et il me faudra l'aide bienvenue de Bruno Thonier, lui aussi licencié au GO78, pour m'aiguiller et me remettre en piste.

Il est presque 13h00, je n'ai pas bu une goutte d'eau ni mangé quoi que ce soit depuis 2h40' maintenant, et pense à mes amis du JDM et du GO78 qui, à Port-Royal ou à Fontainebleau, doivent avoir attaqué au moins l'apéritif. Ne devrais-je pas abandonner ? Mais, n'ayant jamais connu de poste manqué (j'ai souvent fini bon dernier, mais j'ai toujours trouvé toutes les balises), je me dis qu'il vaut mieux continuer, et préserver ce tableau vierge. Au moins l'Electron ne pourra pas dire que je finis dernier : la chaleur accablante et la difficulté du parcours ont certainement déjà eu raison de coureurs moins habitués aux efforts très longs.
Je décide néanmoins de faire un détour, volontaire cette fois, par le point de ravitaillement indiqué sur la clairière de la Maison Poteau. Une bénévole, charmante, voyant mon état apparemment totalement déliquescent, m'offre même, en plus de trois bouteilles d'eau de 50 cl, une grosse part de son gâteau au chocolat. A voir sa mine inquiète, je n'ose imaginer la mienne à cet instant. Mais, c'est décidé, maintenant que je suis rechargé, hors de question de ne pas terminer.

Poste 14 (87) - entre un tas de pierres - 37'48" : Record personnel battu sur un interpostes, mais le ravitaillement et ma progression en marchant depuis y sont pour beaucoup. En effet, l'orientation n'est pas trop mauvaise, et m'amène, en aplomb de la sablière, sur le poste. Je devrais courir, mais manque singulièrement d'énergie. Bah, de toute façon, je n'ai plus aucune chance de ramener le moindre point au club, il s'agit donc simplement de terminer.

Poste 15 (90) - caverne - 3'53" : Je progresse vers l'ouest en restant à flanc, et trouve le poste en même temps que ceux qui vont m'accompagner sur les huit postes suivants, cohorte de coureurs défaits mais qui veulent absolument en terminer avec ce calvaire.

Poste 16 (104) - trou - 5'05" : Petit arrêt au ravitaillement, puis recherche de ce trou situé plein SO. Je suis en fait mes compagnons d'infortune, qui m'amènent directement sur le poste.

Poste 17 (92) - partie amont du rentrant : 3'24" : Nous continuons notre caravane, et je repère le premier le rentrant perdu au milieu des rochers. C'est bien le moins que je pouvais faire pour remercier ces camarades qui vont me tirer quelque temps encore, sorte de "grupetto" comme dans certaines épreuves de montagne du Tour de France cycliste.

Poste 18 (93) - côté nord-est du rocher de 3 m de haut - 4'06" : L'émulation et la mise en commun des compétences et du restant de lucidité font leur oeuvre, et nous trouvons ce poste sans difficulté, plein est du précédent.

Poste 19 (94) - partie nord-est de la dépression marécageuse - 13'50" : Je perds de vue mes camarades, mais zappe le ravitaillement pour leur recoller au train (j'ai trop peur de me retrouver à nouveau seul, alors que peu de coureurs doivent encore être en forêt à l'approche des 14h00... Nous nous appuyons sur l'étang pour attaquer ce poste plein nord-ouest.

Poste 20 (105) - partie amont de la ravine - 13'12" : Nous préférons redescendre sur la sablière, pour attaquer ensuite le poste par le chemin au nord-est. C'est dans cette sablière que je retrouve Bruno, dont je réalise seulement alors qu'il est un collègue de Guyancourt Orientation 78. Alors que Maxime Maréchalle, jeune coureur picard d'Aventure Raid Orientation, nous a quitté depuis longtemps maintenant, c'est avec Bruno, qui l'accepte très gentiment, que je vais essayer d'aller au bout de ce calvaire. Il est lui même épuisé, et je crois que ma présence pourra également l'aider à tenir le coup.

Poste 21 (50) - trou le plus à l'ouest - 7'46" : Nous suivons nos camarades, et trouvons ce poste facilement, en nous appuyant sur le chemin en triangle plein sud-est du poste précédent.

Poste 22 (49) - rentrant rocailleux - 3'02" : Un cap plein sud-est nous amène directement sur la zone rocailleuse, dans laquelle nous trouvons assez facilement la balise.

Poste 23 (48) - dépression évasée - 4'45" : Le passage par le ravitaillement indiqué sur la carte va nous permettre, fort à propos, de nous réhydrater, car le soleil au zénith brûle le gosier autant que l'épiderme. Hélas, nous ne trouvons qu'un tas de bouteilles d'eau vides, ainsi qu'un sac plein de gobelets usagés. Les bénévoles préposés à ce point d'eau ont visiblement levé le camp... Tant pis, mais le coup au moral est rude. L'orientation de Bruno est, fort heureusement, très sûre malgré la fatigue visible sur son visage, et nous tombons directement sur le poste.

Poste 24 (54) - au pied de la falaise - 8'05" : Nos compagnons d'échappée nous ont abandonnés, et nous suivons, sagement, la chaîne de rochers vers le poste. Malheureusement, nous le chercherons trop tôt, ce qui nous fera perdre quelques minutes supplémentaires.

Poste 25 (72) - pied nord de la falaise - 4'56" : Nous regagnons le chemin OE au sud du poste précédent, et trouvons la falaise au fond d'un rentrant étroit faisant suite à un rentrant très évasé au sud du chemin.

Poste 26 (62) - trou d'eau - 6'39" : Bruno est épuisé, et je ne suis pas loin de l'être également. Nous progressons donc lentement, mais sûrement, plein ouest, où je trouve le poste et le signale à Bruno.

Poste 27 (56) - côté nord du rocher - pm : L'idée de Bruno est excellente : suivre la ligne de rochers qui descend plein nord, puis repérer en contrebas un rocher isolé, derrière lequel doit se trouver le poste. Nous partons hélas un brin trop à l'est, mais cela nous permet de nous recaler sur le chemin au nord, et d'attaquer de manière sûre et fiable vers le rocher immanquable. Nous le contournons plusieurs fois, mais aucune trace de balise, ni même de confettis. Ce serait trop bête de caler juste avant l'arrivée, après près de 4h de course pour Bruno (un record pour lui !) et près de 5h pour moi (un record également en CO...).Peut-être la balise est-elle ailleurs ? Nous arpentons pendant une vingtaine de minute ce terrain très abrupt, en vain. Las, Bruno me dit qu'il abandonne, et je m'y résous également, la mort dans l'âme. Pourtant, il n'y a pas de doute, nous avons bel et bien trouvé l'endroit où devait se trouver le poste.

Poste 28 (99) - sur la colline basse - 29'22" : Je trottine difficilement vers ce poste immanquable, mais le coeur n'y est plus. Bruno n'a même plus la force ni l'envie de courir.

Arrivée - 1'35" : 190 m en 1'35" : je n'ai jamais été aussi lent sur ce qui est d'habitude le sprint au finish de toute course d'orientation. Le balisage a déjà été retiré, et je marche plus que je trottine pour rallier ce dernier poste. J'arrive à la tente GEC à côté de laquelle plusieurs balises sont déjà amassées. La 56 y est, évidemment, ce qui explique que nous ne l'ayions pas vue sur le rocher. J'explique la situation au "GEC man", mais il me confirme que les circuits sont déjà fermés (depuis plus d'une heure en fait), et que je suis bien pm.
Là, c'est le drame : depuis le début de cette course et mon entrée en matière catastrophique, je n'ai bravé les difficultés que pour éviter ces deux lettres que je perçois encore comme infâmantes. Pourquoi diable ont-ils retiré cette balise là, avant-dernière, avant de retirer les premières du circuit ?

Bruno me passe, visiblement écoeuré autant qu'épuisé, et file sans un mot vers sa voiture. Je me dirige vers les rochers squattés depuis le matin par le GO78, et ne trouve plus que quelques collègues sympathiques, qui ont tous fini depuis bien longtemps. La fête est finie, et je l'ai manquée comme ce fichu poste. SI j'avais su... Christophe Rauturier, président du club, me confirme que la fermeture des circuits était bel et bien annoncée à 14h00, et que "dura lex, sed lex". Je sais bien qu'ils compatissent, mais, comme me le dit Pascal Hennel, ce genre de déconvenue fait aussi partie de l'apprentissage.
En regagnant ma voiture pour récupérer de quoi boire un peu, je croise la famille Beauvisage, sur le départ, et Christophe me confirme que la course du jour était réellement très difficile. Lui-même a frôlé les 3h de course (un autre record), et même le vainqueur a mis plus de 105', là où le règlement sportif de la fédération prévoit 75'. Ah, si la loi s'était appliquée strictement dans toute son étendue...

Je ne cherche pas à polémiquer (mon temps me place quoi qu'il arrive bien loin derrière tous les autres coureurs), mais j'avoue qu'une information plus étendue sur la longueur de chacun des circuits m'aurait probablement fait pencher, connaissant Fontainebleau, vers le circuit court. Bah, j'aurai tout de même la satisfaction personnelle d'avoir trouvé tous les postes, dans des temps certes très largement supérieurs aux autres coureurs, mais sans avoir abandonné. La mise hors délais était inévitable, et prévue par la doctrine. Un élément à prendre en compte à l'avenir...

Un petit coup d'oeil rapide aux résultats, encore provisoires à cette heure, de la course ( http://www.balise77.com ) confirme l'hécatombe : sur 64 concurrents, seuls 26 auront bouclé le parcours, et 38 sont annoncés en pm...

En tout cas, il me reste encore d'immenses marges de progression ;-o)

Bilan du jour : 5h07' pour 22,3 km et 686 m de D+.

L'Castor Junior


Image satellite (cia SportTracks).


Carte de la course - Bois Rond 3.


Définitions des postes.


Mon résultat.

2 commentaires

Commentaire de totoche58 posté le 18-06-2006 à 23:09:00

Allez haut les coeurs ....je m'entrainais à ce moment la dans la foret de fontainebleau et va savoir si j'ai pas touché quelques balises.....lol .....Bravo à toi quand meme et le meilleur est à venir!!!

Commentaire de Kiki14 posté le 20-06-2006 à 15:55:00

Bravo L'Castor Junior....

je serais incapable de faire le 1/4 de ce que tu as fait....
j'ai déjà du mal a courir ...alors si en plus il faut réfléchir......

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