Récit de la course : Trail Verbier St-Bernard 2014, par anthodelb

L'auteur : anthodelb

La course : Trail Verbier St-Bernard

Date : 12/7/2014

Lieu : Verbier (Suisse)

Affichage : 785 vues

Distance : 111km

Objectif : Terminer

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X-Alpine 2014 - Dans le brouillard

Je me présente au départ de ce trail pas super serein avec une préparation perturbée par une blessure mi-mars (TFL) qui m’a empêché de faire les courses de préparation que j’avais prévues. Résultat c’est seulement mon deuxième dossard de la saison après le… 17 km des coursières version hivernal !!

J’arrive à Verbier le jeudi, la météo n’est franchement pas terrible, il fait une dizaine de degré et on ne voit rien des sommets. Voilà qui promet. Un sms de l’organisation tombe : «  Nous faisons notre possible pour garder le parcours original, nous vous confirmerons vendredi midi au plus tard si parcours modifié ou horaires de départ décalé ». Voilà qui me rappelle l’UTMB 2011 avec le départ qui avait été décalé de 5h00. Le vendredi midi, confirmation de ce que je craignais : pas de passage au Catogne et départ retardé à 5h00 du mat au lieu des 2 départs initialement prévus à 1h00 et 4h00. Au final le parcours fera 105 km au lieu de 111 km et 7300m D+ au lieu des 8600m D+. Je suis un peu déçu de ce changement mais bon la sécurité prime et avec le recul je ne suis pas sûr que mes cuisses aient supportées ces 1300m D+ supplémentaires.

Samedi matin, le réveil sonne à 3h00. Je prends bien le temps de déjeuner (crème sportdéj) et de me préparer (crème NOK…) et à 4h30 je quitte le chalet direction la ligne de départ. Tout le village est encore endormi et je ne croise pas grand monde. Il ne pleut pas mais il y a encore beaucoup de brouillard et il ne fait pas une grosse chaleur. J’ai opté pour le t-shirt ainsi que manchettes sachant que dès que l’on se met en action en général cela réchauffe.

Le speaker nous invite à rentrer dans le sas de départ et je me retrouve malgré moi plutôt devant. Après le breifing le départ est donné à 5h00. Cela part assez vite puisque nous empruntons une route plutôt descendante et nous attaquons ensuite un chemin qui monte en sous-bois. Après environ 300m D+ nous attaquons la descente sur Sembrancher, elle est assez glissante et il faut être très vigilant ce qui n’empêche pas certains de passer à toute vitesse et de couper les virages car cela ne va pas assez vite à leur gout. Je reste tranquille et me dit que la course est encore très longue et que cela ne sert à rien de prendre des risques maintenant.

J’arrive au premier ravito de Sembrancher en 1h29 après 11km et je suis en 84eme position. 2 minutes d’arrêt le temps de remplir une flask et c’est reparti. Nous devions monter au Catogne et avaler plus de 1900mD+ mais finalement nous rejoignons Champex par une autre route et il faut quand même monter de 700mD+ mais il y a pas mal de relance à faire et je me fais pas mal doubler.

J’arrive à Champex en 2h52 et je suis 101eme. Nous longeons le lac dans une ambiance d’épais brouillard et on n’y voit pas grand-chose. Juste le temps de faire le plein d’eau et de grignoter 2/3 trucs et c’est reparti pour un gros morceau : la montée à la cabane d’Orny avec 1400mD+ à avaler. Je ne suis pas super bien dans la montée (j’ai déjà mal aux jambes)  qui me parait interminable et surtout je n’arrête pas de me faire doubler. Que se passe-t-il ? Moi qui d’habitude est plutôt à l’aise dans les montées, je commence à me poser des questions : mauvaise préparation, jour sans ?  On verra bien. Et après 2h30 de montée j’arrive enfin à la cabane d’Orny. Je profite alors de la seule éclaircie de toute la journée pour admirer ce paysage de haute montagne. Ça doit juste être magnifique, par grand beau temps !

Je suis en 112eme position et je reste au ravito environ 7 minutes le temps de faire le plein et de récupérer un peu car les cuisses étaient à la limite des crampes dans la montée.

La descente qui suit est interminable (technique au début ensuite un peu moins) car il faut descendre 1700mD- jusqu’à Saleina et je continue à perdre des places, mais ça en descente c’est normal. Arrivé en bas je pensais qu’il y avait un ravito ou un point d’eau mais rien du tout. J’avais un peu sous-estimé les temps entre 2 ravitos et mes 2 flasks de 500ml sont un peu juste d’autant plus que je me contrais à boire une gorgée toutes les 10 minutes afin d’éviter tout problème de déshydratation. Il reste encore 8km avant de rejoindre le ravito de La Fouly et il va donc falloir gérer l’eau. Le chemin n’est pas des plus intéressants et il faut relancer dès que possible sinon c’est interminable. Je fais connaissance d’un coureur de Besançon que je reconnais grâce à son t-shirt du trail des monts de Gy. On discute un peu et sa passe un peu plus vite. Le soleil à fait son apparition et sur ce chemin dégagé ça chauffe pas mal. Enfin j’arrive à la Fouly, je suis 130eme et cela fait un plus de 8h00 depuis le départ de Verbier.

Il reste 61 km et pas mal de difficultés. Je connais maintenant le parcours car j’avais fait en 2010 la traversée (j’avais mis 10h00 pour  faire le parcours en 2010; il me faudra 16h00 cette fois). Nous partons donc pour la montée au col de fenêtre, le début se fait sur un chemin large. J’engage la discussion avec 2 gars : un Hollandais et un Suisse. Le Hollandais parle un français parfait et me dit que c’est son tout premier trail de sa vie !!!! Il me dit qu’il n’est pas facile de s’entrainer au D+ en Hollande et que le seul D+ qu’il fait c’est quand il monte les 4 étages à pieds pour rentrer chez lui !! Je me dis alors à ce moment-là que cela risque d’être difficile pour lui. Le Suisse nous lâche assez rapidement et je continue un bon moment avec mon Hollandais. Au bout d’un moment il fait une pose pour manger une barre de céréale et me dit d’y aller que l’on se verra plus loin. Je ne le reverrai plus de la course ! La montée continue et devient beaucoup plus technique avec pierres etc… puis nous arrivons aux lacs de fenêtre, c’est magnifique mais ça le serait encore plus avec le soleil. En plus la neige a fait son apparition et il faut traverser pas mal de névés. Les appuis ne sont pas évidents sur la neige. Enfin le haut du col après une dernière partie tout dans la neige. Une courte descente vient ensuite avec une petite remontée pour atteindre le col du grand Saint Bernard et le ravito qui va avec. Cela fait maintenant 11H30 de course et je suis 107eme.

Je ne m’attarde pas trop et repars pour le col des chevaux. La montée n’est pas trop longue et on arrive au col assez rapidement. La descente qui suit se fait sur un single dans les pierres. En 2010 nous avions pu prendre un névé énorme et faire une belle descente… sur les fesses ! Mais cette année l’épaisseur de neige ne doit pas être suffisante donc on a droit au chemin pierreux !! La descente devient ensuite plus large et on atteint un lac avec son barrage qu’il faut longer pendant un bon moment. Cette partie est vraiment ch..te et pour moi sans intérêt, c’est moche et il faut relancer sans arrêt. Enfin après un bon moment on arrive à la base vie de Bourg Saint Pierre. Changement de t-shirt, de chaussettes, de chaussures et après 45 minutes environ je repars en même temps que le Suisse croisé plutôt. Nous allons faire en fait tout le reste (enfin presque, vous verrez à la fin) du parcours ensemble.

Nous attaquons donc la montée à la cabane de Mille. Le début se fait sur chemin assez large et pas trop technique. Il commence à pleuvoir pas mal et nous décidons donc de mettre notre veste de pluie, j’en profite pour mettre la frontale sur la tête car la nuit va venir. On a l’impression d’être arrivé en haut assez rapidement mais en fait le chemin en balcon est interminable. On fait le tour d’une montagne, puis d’une autre et encore… ça n’en finit pas. Au bout d’un long moment je commence à entendre le bruit du groupe électrogène du refuge. Nous ne sommes plus très loin. Enfin nous arrivons au ravito qui est à l’intérieur du refuge. C’est tout petit et sombre.  Pas mal de concurrents sont frigorifiés et veulent abandonner ici (problème : l’organisation ne prends pas en charge les rapatriements sur Verbier depuis ce refuge, il faut se débrouiller par ses propres moyens).

Je ne m’attarde pas trop, j’ai mis 2h40 depuis Bourg Saint Pierre et je suis maintenant 85eme.

Le départ du ravito est pas facile car il fait froid et il me faut un petit moment avant de me réchauffer. Mon Suisse part dans la descente (il est plus rapide que moi dans les descentes) et je n’essaie même pas de le suivre. La descente est longue (11 km et 1400m D-) et surtout bien boueuse. Je fais parfois du ski sur boue !! Au moins ça économise les genoux. Au bout d’un long moment on aperçoit en bas Lourtier et le ravito. Sauf qu’il faut en fait encore un bon moment avant d’atteindre le ravito. Bilan : il m’aura fallu près de 2h pour cette descente. J’arrive à Lourtier en 72eme position.

Ravito habituel, petit tour par les toilettes et je repars avec mon Suisse (qui est arrivé quelques minutes avant moi, à croire que je m’améliore en descente !) pour la dernière montée. 1220mD+ sur 5km, ça calme et c’est surtout très très raide. Cette montée m’avait marquée en 2010. Cette fois je la fait de nuit ce qui au final est pas plus mal car on ne voit pas ce qu’il reste à gravir.  On adopte un rythme tranquille et on monte, on monte. Le pire c’est qu’une fois sortie de la forêt on aperçoit le refuge mais il nous faudra encore un bon moment pour l’atteindre. En tout 2h40 de montée depuis le dernier ravito ! Nous arrivons enfin au refuge de La Chaux. Le refuge tout neuf est super (en 2010  le ravito était une simple tente), il fait chaud, les bénévoles sont aux petits soins… J’ai les cuisses bien cramées et je me demande comment je vais pouvoir gérer la dernière descente.

Après 15 minutes je repars avec mon compagnon Suisse. Celui-ci me dit qu’il connait la dernière descente et qu’avec la boue cela va être l’horreur dans la forêt avec le chemin en dévers… et il me propose de passer par un autre chemin qu’il connait et qui emprunte une piste de ski et qui sera bien moins boueux. Pour moi hors de question de ne pas prendre le chemin officiel même si il m’assure que cela ne change pas grand-chose à la distance. Il insiste. Je lui dis que je suis plus en mesure de courir tellement j’ai mal aux cuisses (ce qui est en partie vrai) et que je risque de trop le ralentir. Je lui dis donc de partir et que moi je vais prendre le chemin normal. Honnêtement je l’aurais suivi je n’aurais pas eu la conscience tranquille à l’arrivée même si cela ne changeait pas grand-chose.

Je fais la descente sur Verbier donc seul (je dépasse quelques concurrents) avec un très gros mal de cuisses mais il faut en finir. Après une partie descendante on contourne une montagne sur un chemin en balcon puis le dernier plongeon sur Verbier. Je sors du chemin pour rejoindre une route et mon père était là en train de m’attendre. Je cours dans la rue qui est en descente avec mon père à mes côtés et je franchi la ligne d’arrivée en
24h17mn de course et une 59eme place. Il est 5h19 du matin et il y a personne de chez personne au niveau de l’arrivée. C’est un peu triste.

Voilà, fin de l’aventure. Bilan : j’aurais dû faire plus de renforcement des cuisses car j’ai vraiment eu très mal sur la fin. Il aurait eu le Catogne en plus je ne sais pas ce que cela aurait donné. Enfin en tout cas un bien beau trail alpin, difficile et assez technique (en tout cas plus que l’utmb). Dommage pour la météo. Pas de photos pour ce CR , de toute façon on y voyait rien.

5 commentaires

Commentaire de Arclusaz posté le 25-07-2014 à 00:24:25

Bravo, très beau résultat, en plus avec une perturbation perturbée.

En tout cas, ça confirme que finir l'Hivernale des Coursieres est le gage d'une grande saison et que ça suffirait "presque" comme entrainement !

A bientôt

Commentaire de anthodelb posté le 25-07-2014 à 08:52:17

Merci Arclusaz. En effet il semblerait que finir le 17km de l'Hivernal des Coursières soit la clé de la réussite ! (si c'était si simple ;)) Je ne l'ai pas précisé mais il y a eu en guise de préparation de beaux off dans les MdL, dont certains organisé par un certain Janolesurfeur ! C'est aussi ça la clé de la réussite.

Commentaire de tidgi posté le 25-07-2014 à 19:32:34

Jolie perf !
Pas facile avec cette météo ? Clair que c'est plus technique que l'UTMB (en tout cas, moi je l'ai trouvé même plus dur).

Bonne recup.

Commentaire de jano posté le 29-07-2014 à 12:55:42

j'avais pas vu ton CR.
belle course bien gérée !! avec une prépa perturbée, c'est un super résultat.
Le parcours ne semble pas t'avoir super emballé on dirait, sûrement à cause de la météo.
A bientôt, fin septembre !!
au fait, le suisse, il finit devant toi ?

Commentaire de anthodelb posté le 29-07-2014 à 21:46:00

Si, le parcours est super mais il est vraiment très exigeant. Bon c'est sur qu'avec le soleil cela aurait été mieux.
Et oui le Suisse finit 7 minutes avant moi et 2 places devant. C'est un peu dommage de ne pas faire les 5 derniers km officiels quand on a déjà parcouru 100 bornes !
Moi perso je ne l'aurais pas fait.
En effet au plus tard on se verra fin septembre pour le TAR (j'en garde un super souvenir en 2013).

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