Récit de la course : La Montagn'Hard - 100 km 2014, par RayaRun

L'auteur : RayaRun

La course : La Montagn'Hard - 100 km

Date : 5/7/2014

Lieu : St Nicolas De Veroce (Haute-Savoie)

Affichage : 1145 vues

Distance : 100km

Matos : Asics Fuji Sensor 2 à proscrire
Sac S-lab 12 litre, flasques Salomon 500ml, bâtons 3 brins carbone Black Diamonds.

Objectif : Terminer

17 commentaires

Faire connaître ce récit sur Twitter :

Faire connaître ce récit sur Facebook : Partager

131 autres récits :

La Montagn’Hard 100km pour les Nuls (enfin pas complètement quand même sinon t’es mort !)

Si je me suis inscrit à la Montagn’Hard, c’est un peu parce que tout le monde sur Kikourou en disait du bien, intimiste, paysage magnifiques, accueil extra et tout pleins de Kikous... Une balade sympathique entre amis organisé par Olivier Tribondeau et tous les habitants de St Nicolas de Véroce, limite tranquille !

 Les 107km et surtout les 8800 m de dénivelé positifs étant tout à fait secondaire (de toute façon, au-delà de 100 km et de 1000 m de D+, un km/m de plus ou de moins !)...

 Cependant, quelques jours avant le départ pour les Alpes, PhilippeG94 (désormais PhilippeG-XXX), une fusée de Kikourou me dit que la Montagn’Hard a l’un des rapports dénivelé au kilomètre les plus élevés et sans vouloir m’alarmer, qu’il est souhaitable de faire une course intermédiaire avec du dénivelé ! Et si Philippe, loin d’être un novice dit cela, c’est que ça doit être drôlement pentu !

 En tout cas, même si le dénivelé n’est pas là, j’ai presque 2000km dans les pattes depuis le 1er janvier et j’espère que cela va compenser – un peu – la faiblesse de mon entrainement montagne ! Surtout que j’ai dû renoncer à la Maxi-Race pour pouvoir faire plaisir à mon fils et profiter d’un WE en famille. Pourtant ce n’est pas faute, d’avoir fait les Buttes Chaumont par les chemins les plus escarpés en pliant les genoux au maximum (le premier 73 ou 74 qui rigole, je lui fais Sepuku au Leki ou au Black Diamond !) ! Heureusement d’ailleurs  que j’avais l’ipod vissé sur les oreilles sinon je crois que j’aurai subi à de nombreuses reprises les quolibets des passants ! Un type qui court accroupi aux Buttes Chaumont, ça se remarque.... Et il faut en faire des tours aux Buttes pour cumuler avec ses 35 m de dénivelé !

 Enfin, la première semaine de juillet arrive, le temps n’est pas extraordinaire, les prévisions sur St Nicolas de Véroce sont fantasques, et varient de l’avis de tempête à nuages épars, mais vendredi arrive et c’est un temps maussade qui nous accueille, une navette nous attend à St Gervais les Bains pour nous emmener à St Nicolas. Je retrouve là PhilippeG94(5XX) et Tontontraileur !

 Arrivé à St Nicolas, c’est vite le tourbillon, pleins de Kikous partout, Land, le Bagnard et plein d’autres. Bubulle que je vois dans la tente des dossards, dossard que je récupère, puis là, je cherche comment rejoindre mon Bivouac aux Contamines ou Bottle nous a réserver un « nid » avec repas du soir petit déj. et match sur écran géant ! Les bénévoles se démènent pour me trouver une voiture, même Olivier Tribondeau, l’organisateur du trail, me propose de m’emmener si je ne trouve pas de transport ! Finalement, c’est un boulanger du coin, qui fait le 60km le lendemain qui descend aux Conta pour chercher sa copine et aller dans un bar voir le match.

 Le match commence.

 Je suis dans la voiture à attendre que le boulanger récupère sa copine. Finalement, ils arrivent. Nous arrivons au centre des Contamines, il laisse la jeune femme devant un bar et m’emmène jusqu’au camping/Gîte !

 La France vient de prendre un but.

 Rapidement, je retrouve Bottle, je pose mes affaires et avec trinouille, nous allons au restaurant bar ou nous retrouvons d’autres kikoureurs. Arcelle nous rejoint. Une bière, un plat de pâtes et une défaite plus tard, c’est sous une pluie battante que nous retournons au gîte. Je mets un temps infini à préparer mes affaires. Mon sac est fait mais j’utilise différents sacs poubelles parce que je sais qu’à la fin, je n’aurais pas la lucidité suffisante pour chercher mes affaires : un sac avec les affaires de course, un sac d’assistance, un sac pour la toilette post course et un sac avec les affaires propres... Ayant parfois loupé mon train pour un défaut d’organisation, je prends désormais le maximum de précautions avant de courir même si tous ces sacs ne rentrent pas bien facilement dans mon sac à dos de voyage !

 2h40 du matin, le réveil de l’un d’entre nous sonne, mais ceux qui partent pour le 100km se lèvent comme un seul homme ! Après quelques ablutions sommaires, je vais prendre le petit déjeuner où chacun racontent ses aventures, Tomtrailrunner, Bottle... Etienne (EJouvin), concentré, mange consciencieusement un énorme plat de pâtes dans un rdcipient en pirex (je me demande bien comment il fait, j’ai encore les pâtes au cresson de mon premier marathon en 2007 sur l’estomac, beurk !). je continue de me préparer, mais alors que je ne me suis crémé qu’un pied, la navette qui doit nous emmener à St Nicolas est déjà là.

 Il pleut toujours.

 Je décide de tout remballé et de finir à St Nicolas.

 Il fait nuit, il pleut, mais il ne fait pas froid. Je ne suis pas vraiment inquiet avec la météo. Je vais dans la tente des dossards ou il reste une mamie et une autre bénévole qui discute sur les modalités de remise des dossards du matin. La petite mamie a une bonne pêche vu l’heure matinale (4h du mat), et je l’a reverrai à un ravito mais aussi à faire la circulation à Notre Dame de la Gorge une vingtaine d’heures plus tard ! Je me prépare tranquillement, évidemment, je ne trouve rien et voilà que je cherche mon câble de téléphone qui doit me permettre de le brancher à une batterie externe, sans le trouver ! Etant persuadé l’avoir perdu, je me prépare, la mort dans l’âme en m’insultant intérieurement pour ma stupidité, à éteindre mon téléphone après avoir envoyé un SMS à ma chère et tendre pour lui signaler de ne pas m’appeler, que je le ferai.

 Après moult tergiversations, me voilà enfin prêt ! Ou à peu près ! Car je me rends compte que je n’ai pas d’eau dans mes gourdes et qu’il faut que je fasse une grosse pause technique avant d’être handicapé au départ ! Il reste à peine 10 minutes, ouf les toilettes sont disponibles. Je finis mes préparatifs un peu en catastrophe, je remonte vers le départ, je retrouve quelques kikous.... Le départ est donné.

 Note à moi-même : faire une check list plastifiée pour un départ plus serein.

Re-note à moi-même : la faire vraiment, hein !

 Après avoir quitté rapidement St Nicolas de Véroce, nous nous retrouvons dans le vif du sujet : cela monte, certains ont déjà les bâtons même si c’est interdit pendant les 5 premiers kilomètres, d’autres sont en train de slalomer pour prendre des places .... Pour ma part, je sens que je suis parti trop rapidement, la pluie est toujours présente même si ce n’est pas vraiment le déluge. Ca monte et ça monte bien par les pistes de ski jusqu’au Chalet de Déchappieu. Tout va bien, même si c’est raide, il n’y a pas de difficulté particulière. Par contre, je sens assez vite que je n’ai pas d’entrainement montagne, je me convaincs que ce n’est pas grave il suffit d’aller lentement et ça va passer tout seul ! Evidemment, je vais trop vite et je ne m’écoute pas. Dès la première descente, sur un terrain entre piste de ski et sentier à vaches, je laisse aller les chevaux... je crée de la dette, et il faudra bien que je passe à la caisse !

 Après une seconde bosse, nous attaquons la montée au Prarion par un chemin assez raide, le temps commence à se dégager, il ne pleut plus mais le paysage ne se découvre pas autant qu’on le souhaiterait. La montée au Prarion m’entame déjà un peu. Je suis un peu inquiet pour la suite.

 En haut du Prarion, il ne fait pas vraiment froid, j’hésite à enlever ma veste gore-tex, finalement par mimétisme en voyant un autre coureur la mettre, je décide de la garder (aucune personnalité !).

 La descente est gentiment technique,  je ne peux pas vraiment courir mais cela se descend bien, les difficultés sont pour plus tard.

 Je ne me souviens pas vraiment de la montée au col du Tricot, très certainement technique, mais en dehors de la passerelle de Bionnassey au-dessus d’un torrent furieux, la montée me semble déjà interminable. Déjà commence les discussions intérieures entre « ce n’est pas raisonnable de faire un truc aussi technique en début de saison », « Philippe avait raison, c’est trop engagé », « 100 kilomètres, ça ne va pas le faire », « bifurquer à droite, ce n’est pas une honte.... » Le premier du 60 ou du 38 me double un peu après la passerelle de Bionnassay, tranquille, en short, il enlève son T-shirt pour pouvoir être plus à l’aise ! Allez salut l’extraterrestre, on n’est pas de la même planète ! Jusqu’au col plus rien, je fais une petite pause. Rejoins par un traileur avec qui je fais le chassé-croisé depuis le ravitaillement de Bionnassay, je discute en attendant de retrouver un peu la cerise. Dès que j’attaque la descente, je sens les avions du 60 arriver : PhilippeG94, en forme, toujours sourire qui descend cela pépère (pépère pour lui, à une vitesse supersonique pour moi !). Je laisse passer une jolie blonde étrangère, que je connais par photo et magazine interposé, mais à qui je suis incapable de donner un nom, et qui me remercie avec un sourire sincère, et encore quelques autres traileurs. Après la photo souvenir qui sera remise à l’arrivée (pas mal comme idée !), le ravitaillement est agréable face à un paysage magnifique. Je ne m’attarde pas après avoir refait les niveaux.

 Malgré tout ce n’est pas la grande grande forme, et les 600m de dénivelé de la combe d’Armancette vont sérieusement entamer mon entrain – limité. Même si le temps est agréable, il ne fait pas trop chaud, les jambes couinent déjà, j’ai déjà trop envoyé. Je dois m’arrêter régulièrement, le sentier en zig-zag est interminable. Pour la première fois en course nature, je mets les écouteurs afin de chercher dans la musique la motivation qui me manque. Un coureur me voyant assis me dit que la montée est bientôt terminée, et qu’ensuite le sentier est en balcon jusqu’au refuge de Trêt la Tête. Même la bière promise par le Bagnard n’arrivent pas à me motiver... finalement en désespoir de cause, je me dis : allez, un effort ! Tu bifurqueras sur le 60 après les Contamines mais tu n’as absolument pas le droit d’abandonner, c’est juste un gros coup de moins bien ! J’arrive tant bien que mal à Trêt la Tête, et même plutôt mal que bien. Jpoggio me rattrape peu avant, il semble en pleine forme, le voir ainsi m’indique ma méforme. Je lui dis déjà que je vais bifurquer sur le 60 que j’ai vu un peu grand et que le parcours est particulièrement technique, que je n’ai vraiment pas assez de dénivelé dans les pattes, et que c’est trop dur et que la neige, elle est trop molle pour moaaaaaa, etc, etc.... La longue litanie de celui qui a toutes les raisons du monde d’arrêter ! Accueilli par un Bagnard en pleine forme, je m’assois près de la fontaine, hagard. Je me sers un fond de bière, espérant que celle-ci me permette de me rasséréner. Mais, au contraire de l’effet recherché, cela m’écœure ! Je tente un sirop de citron, et pas mieux.... je vais à quelques mètres de là, tenter de récupérer un peu à côté de Jacques qui me conseille de ne pas rester là trop longtemps, que ce n’en sera que plus dur.... Il repart et je me sens scotché à la pierre sur laquelle je suis assise telle une moule à son rocher lors d’une forte tempête à la pointe du raz... Finalement, je me relève, tous les muscles de mon corps poussant un seul cri : Pourquoi nous détestes-tu ? Et bien souffres !

 Je m’applique à refaire le plein d’eau fraiche, et je repars tranquillement, je sais qu’il faut dégripper la machine au démarrage et qu’ensuite, cela ira mieux.... Sauf que la descente qui mène aux Contamines est piégeuse, pleines de racines où il faut parfois deviner le chemin. Je ne vais pas bien vite et continue de me faire régulièrement doubler.... enfin, un chemin plus large, un truc presque plat dans une course qui ne compte que 2 portions de plat, la première étant ici ! Je me remets à courir, et je double une dizaine de coureurs. Je croise 3 randonneuses qui s’interrogent en rigolant sur la tête que je fais en se demandant comment peut-on se mettre dans un état pareil ! Ca me fait sourire, car à ce moment, je pense exactement la même chose !

 Allez ! Les Contamines, une montée, une descente et TER-MI-NE ! Les ailes ne me quittent pas, je coure jusqu’au ravitaillement des Contamines qui se trouve en plein centre du bourg. Je sais que si l’année prochaine, je fais l’UTMB, je passerai là ! Sans m’en rendre compte, je double Jacques peu avant le ravitaillement. Le speaker cite mon nom, j’entends des applaudissements, vraiment sympa ce ravitaillement. Je vais y rester un moment car maintenant il ne me reste plus rien à faire ! Je me pose sur le banc, fait quelques aller-retours au stand de ravitaillement, je mange, je bois, je mange encore.... Jean-Michel Touron est là, en supporter, il a déjà fait le 100km à 2 ou 3 reprises ! Je me demande comment quand je vois ce qu’a été ma course jusqu’à présent ! Je l’informe de mes intentions, il me demande si je suis sûr, que j’ai la montée jusqu’à la bifurcation pour réfléchir. Mais pour moi, c’est tout réfléchi !

  Jacques arrive, puis peu de temps après Bubulle ! Impressionnant de fraicheur, 2 heures de moins pour faire le même parcours, il est accompagné de Tontontraileur et après avoir discuté quelques minutes, Bubulle me propose de repartir avec Tontontraileur et lui. Mais je sens qu’il à la patate furieuse et que la montée va être infernale. Jean-Michel me dit que la montée n’est pas du tout technique, que cela va aller et qu’ensuite la descente sur St Nicolas se fait sur de beaux sentiers et des pistes de ski, donc rien de bien difficile.

 Alors que mes acolytes sont partis, voilà que le couple Thouret arrive, Florent en bon pacer organise le ravito, comme on change les roues d’une formule 1 ! Les enfants remplissent les gourdes, assistent leur mère comme si elle était en pole position, impressionnant ! Je leur dit que je vais mettre le clignotant à droite, le dénivelé, trop dur, bla bla.... et je repars enfin, le coeur léger, comme je vais rentrer à St Nicolas, ça va être sympa de profiter de la soirée avec les copains et attendre les coureurs en course. Je monte d’un bon pas, sans forcer, le chemin est facile – un vrai chemin de randonnée, quoi ! Et au bout de quelques temps, j’arrive au niveau de Tontontraileur, il est dans le très dur, il n’a rien pu avaler aux Contamines. Ca me fait de la peine pour lui, j’essaie de l’encourager comme je peux.... Pour ma part l’arrêt aux Contamines a été un vrai chargeur d’énergie, je monte sans difficulté, je double quelques coureurs et peu avant l’arrivée, je croise Jacques. Il semble avoir du mal, je pense que c’est juste un coup de moins bien, je continue et arrive assez rapidement à la bifurcation. Je me fais biper, nous somme en fin d’après-midi, il fait beau, les nuages s’accrochent sur les montagnes alentours. Je m’assois sur une chaise. Le Mont Joly est là face à moi. Bon j’ai dit que je n’y allais pas, mais là tous les compteurs sont au vert, même si je sens que les jambes ont bien souffert. Un coureur que je croise déjà depuis un paquet de km et qui coure avec une collègue à lui arrive à la bifurcation. Il explique que la dernière fois, lorsqu’il est arrivé là, il était vitreux et qu’il avait dû abandonner plus loin... Il me dit qu’il y a encore de « la vie » dans mes yeux et que ça peut le faire ! Je vois plusieurs coureurs du 60 comme du 100 descendre vers St Nicolas, vers le Joly, il n’y a pas grand monde et le mur qui attend les centbornards pour grimper au sommet est particulièrement escarpé.

 Je décide de bifurquer à Gauche vers le Mont Joly !

 Je me dis que j’attends Jacques, en mangeant des noix de cajou... Quand Jacques arrive, je profite encore du lieu en attendant qu’il soit prêt à partir. Il me dit d’y aller, qu’il arrive. Je recharge les gourdes à la ferme au-dessus de la bifurcation car là, commence la deuxième course ! Jusqu’au pied du mur, c’est droit dans le pentu sur les pistes de ski, je me cale dans les pas d’un autre coureur. Je vois Jacques suivre au loin. Je me dis, c’est tout bon, il y va et je me concentre sur ma course. C’est désormais toujours un peu les mêmes coureurs que je vais voir, une fille en bleu, Stéphane, le gars aux yeux vitreux de l’année passée, Emmanuelle, sa collègue,...

 La  montée est raide, je laisse passer la fille en bleu, pas vraiment par galanterie, mais surtout parce qu’elle trouve de meilleurs appuis que moi ! Elle me servira de locomotive jusqu’à la fin du mur. Nous arrivons alors sur une crête au soleil couchant, le paysage est somptueux : le Mont Blanc se dévoilent, de l’autre côté, on découvre les sommets qui nous étaient cachés jusqu’à présent. Malgré une grimpette au sommet un peu scabreuse, Le Mont Joly arrive vite et c’est à 360 degrés que le paysage se dévoile, enfin, sauf à l’ouest ou une nappe de nuage vient partiellement cacher les montagnes. Je m’assieds près d’un traileur qui avait la même idée que moi : arriver au plus vite au sommet pour prendre des photos, nous n’avions pas compté avec les nuages !

 La jeune femme en bleu, s’est à peine arrêtée, elle gère sa course au millimètre, une vitesse régulière, des arrêts de courte durée.

 Je repars avec le photographe, nous descendons à bonne allure sur des pentes herbeuses assez faciles sauf que les Fuji Sensor apprécie peu l’herbe et la terre humide,  je glisse régulièrement sans toutefois m’étaler... Nous ne savons pas vraiment ou est le ravitaillement. J’espère ne pas avoir à mettre ma frontale avant d’y arriver, mais la descente dure, dure.... la nuit tombe, et les passages en forêt nécessitent vite de l’éclairage. Enfin, j’arrive aux Tappes, il y a une fiesta, dans un bâtiment à l’entrée du village. Mais les gens y sont bien habillés et je ne suis pas sûr qu’un traileur avec 18h de transpiration les ravirait ! Par contre ils m’encouragent chaleureusement ! Le ravitaillement est le havre que j’attendais ; je suis à peine arrivé qu’un jeune garçon se précipite au-devant de moi pour me demander si j’ai un sac. Un sac ? Je ne comprends pas tout de suite, le temps que je reprenne mes esprits, je me rappelle qu’un sac d’assistance a été transporté depuis St Nicolas. Je me pose, une gentille bénévole me propose des pâtes avec de la soupe que j’accepte volontiers, elle me dit de m’installer, j’ai un peu honte, parce que, même si nous sommes une dizaine dans la salle, j’ai l’impression de puer plus que les autres. Je mange consciencieusement mes pâtes en soupe et je décide de changer seulement le T-shirt ! Je m’escrime à me crémer les pieds. Je me repose, profite pour tenter un coup de fil, mais Free n’est pas fait pour les traileurs, il n’y a pas beaucoup d’endroit où cela passe !

 Je reste là un moment, arrivent alors Nini et Elcap, Elcap me traite de menteur ! Oui, je leur avais dit que j’arrêtais et finalement et bien j’étais là. Florent en bon pacer, organise le ravitaillement, il reconnait être tout de même un peu fatigué. Nini quant à elle semble ne plus vouloir continuer. Je ne les verrai plus car ils seront rattrapés par la barrière horaire suivante bien courte à Notre Dame de la Gorge ! Après avoir fait le plein et un aller-retour « j’ai oublié mes bâtons », j’entame la descente sur Notre Dame de la Gorge. Rapidement, Emmanuelle et son acolyte Stéphane me rattrapent et me dépassent, bonne descendeuse, elle va vite. Moi, je n’ai pas vraiment confiance en mes Fuji Sensor, elles glissent dès que le terrain est un peu humide. La descente, de nuit, me semble compliquée et interminable. Je rattrape un groupe de trois coureurs qui me proposent de passer, je décline. Les suivre me sécurise même s’ils ne vont pas très vite. Arrivé sur un chemin à 4x4, je repars plus rapidement. A Notre Dame de la Gorge, je rencontre la mamie vu le matin dans la tente des dossards qui fait la circulation. Dès que je la vois, je lui prodigue quelques mots de remerciements et d’encouragements ! Quel engagement, les bénévoles sont vraiment aux petits soins avec nous !

 Notre Dame de la Gorge, la nuit, est assez étrange. En effet le long d’un trottoir se trouve une quinzaine d’oratoires éclairés qui conduisent à une petite église du Baroque. Même si à cette heure, il est difficile d’apprécier l’art religieux, l’ambiance est particulière et mystérieuse. Après une montée, je suis sur un chemin, sur la droite, la montagne noire se dessine sur le ciel. Je n’arrive pas à évaluer la distance et l’altitude. On distingue des loupiotes jusqu’en haut et même au-dessus. Avec la fatigue et ma vision nocturne assez moyenne, les frontales se confondent avec les étoiles dans le ciel.

 Je me mets en mode mécanique, la montée au Col de la Fenêtre est infiniment longue, un coureur est allongé sur le côté sous une couverture de survie pour se reposer. Je me motive en regardant derrière moi pour ne pas me faire rattraper. Je n’arrive pas à un seul moment à savoir ou j’en suis de la pente malgré mon altimètre. Et comme par enchantement, brusquement, je suis au col, un passage étroit sur la crête ou je ne veux pas rester. La descente ne commence pas trop mal mais est suivi par des passage en devers où mes chaussures accrochent peu, et chaque zigzag dans la même pente me freine... Au loin on voit la tente du Bolchu, les bénévoles y font du boucan avec trompette et cloche à cette heure avancée de la nuit, ils m’acclament ! Cela me donne suffisamment la pêche pour me remettre assez vite à courir ! Arrivé à la tente, il y fait chaud, les bénévoles sont totalement à mon service. Un vrai bonheur même s’il n’y a pas beaucoup de place, à l’extérieur, les bénévoles continuent de faire un foin de tous les diables dès qu’ils voient au loin un coureur !

 Je décide de ne pas rester trop longtemps et le fait de sortir de la tente me donne l’impression d’être saisi par le froid. Surtout que le vague sentier qui mène à la montée pour les enclaves est herbeux boueux et bien humide. J‘ai un peu de mal à avancer mais le sentier reste facile. Je me fais rapidement rattraper par 5 ou 6 traileurs. Arrivés presque au sommet, un bénévole nous attend. Il me demande si cela va, je lui réponds que oui et lui demande si nous sommes aux enclaves. Il me répond que non, que c’est plus haut. Et là, je me mets à cogiter : mais il est ou ce machin des enclaves ! On y arrive quand ! J’en ai marre, je veux m’arrêter aux enclaves (un refuge ? un ravito ?). J’avance, je me mets même à courir ! Non ! Cela descend même sur mon altimètre ! Je panique un peu le sentier est entrecoupé de névés, le sentier ne monte plus, mais où est le truc des enclaves ! Je suis rejoint par Emmanuelle que je double et qui me redouble depuis Tré-la-Tête. Je lui demande si elle sait où sont les enclaves et qu’est-ce que c’est exactement. Elle n’en sait pas plus que moi. Après l’arrivée en regardant le parcours à nouveau, je compris que les enclaves était un foutu rocher et rien d’autre ! Rageant !

 Vu qu’elle est bonne descendeuse, je me mets dans les pas de ma concurrente et, je ne le sais pas encore, mais Emmanuelle me sera d’une aide précieuse pour la suite ! Nous contournons un sommet et à la lueur de la fin de nuit, nous apercevons quelques kilomètres et centaines de mètres plus bas le lac de la Gittaz et le barrage de la Girotte. Emmanuelle m’indique que la barrière horaire est à 6h du matin au Barrage. L’un comme l’autre, lorsque nous voyons le pierrier et les nombreux névés qui nous séparent du barrage, nous nous inquiétons de la faisabilité de la chose, il reste moins d’une heure ! Sur le pierrier, et les névés, Emmanuelle s’énerve : « comment a-t-on pu nous faire passer là ! C’est dangereux ! » Il n’y a pas de sentier à proprement parlé. Ce sont les fanions qui nous indiquent le chemin parfois très aérien, de pierres branlantes en névés casse gueule. Je suis assez d’accord avec mon binôme du moment... J’adopte une technique confortable dans les névés, Emmanuelle semble moins à l’aise. La plus grosse difficulté étant surtout les transitions neige-cailloux-neige. S’étaler au moment de pénétrer sur le névé me faisait courir le risque de tomber en arrière sur quelques rochers acérés. Grâce aux bâtons et à un jeu d’équilibriste, je m’en sors à peu près. Mes chaussures accrochent parfois quelques pierres taillés en pointe. Enfin, alors que le jour se lève plus franchement, nous en terminons avec ce gros tas de cailloux ! Emmanuelle appelle un coureur que nous voyons au loin, il se tourne fait un signe, puis repart.

 Il est 6h passé depuis longtemps... L’aventure va t elle s’arrêter là. J’ai un doute malgré les barrières serrées. Je vérifie mon plan de course Bubullesque, et là je comprends que nous avons de la marge, la barrière horaire de 6h du matin était au Col de la Gittaz, celle du barrage est à 10h10. Quel soulagement et quelle pression pour descendre nous nous sommes mis !

 Emmanuelle est bien à l’aise, elle descend désormais à bonne allure, je fais de même derrière. Nous rejoignons Stéphane, le coureur vu du pierrier. Le lac et le barrage sont à quelques minutes de nous, mais, mais, nous allons sur la gauche encore et encore, le terrain est glissant pour moi, je m’étale à plusieurs reprises sur le dos, avec cris d’accompagnement ! Je dis à mes compagnons de ne pas s’inquiéter, car j’ai bien la technique du « tomber sur les fesses » ! Le sentier remonte alors à nouveau ! J’ai besoin d’une pause, je laisse aller mes nouveaux amis. Je vide mes chaussures des graviers, surtout la gauche qui se remplit à chaque pas de terre et de graviers. Je me rends compte que lors d’une chute dans le pierrier, ma chaussure gauche est sérieusement entaillée, ce qui laisse entrer tous les graviers des sentiers. C’est un moindre mal, quelques centimètres plus haut, c’était la jambe ! Après un arrêt technique, je repars d’un bon pas dans la pente ascendante, dès l’atteinte du point culminant, je reprends la course, je vois mes compagnons sur le monticule suivant, ce qui me pousse à accélérer. Le barrage est à moins de 5 minutes. J’ai l’impression que le dernier ravito était à des heures de là, mais en fait, c’est la difficulté technique et le besoin de concentration durant ce passage qui me donne cette impression.

 Le ravito est là ! Juste au barrage ! Il fait beau, on a l’impression d’être au milieu de nulle part. Quel paradis ! Le couple de bénévoles nous restaurent, la (jeune femme en bleu) qui m’avait permis de monter le Joly repart à son train de sénateur (en montée comme en descente toujours à la même allure ! Après 85 km et déjà 6000 mètres de dénivelé positif, je suis impressionné d’une telle régularité.

 Je décide de prendre mon temps, les pieds ont morflé avec les graviers, je dois absolument les crémer pour pouvoir faire les 32 km et 2000 mD+ qui restent. L’homme au ravito nous explique qu’il n’y a plus de difficulté technique. Une grosse montée sèche pour faire à nouveau le Joly et ensuite un sentier le long de la crête et enfin la descente jusqu’à Saint Nicolas de Véroce. Je ne mange pas grand-chose, mais le café est le bienvenu. Nous plaisantons. Emmanuelle et Stéphane se décident à repartir. Je dois absolument téléphoner à Aline car dans ces montagnes, depuis plus de 8h, je n’ai aucun réseau et je sais qu’elle n’aime pas me savoir en train de faire le couillon là-haut au milieu de la nuit !

 Je l’appelle, mais nous sommes dimanche, il est 7h30, je sens bien que je la réveille. Elle apprécie, me raconte ce qu’a fait Aloïs, mon plus jeune fils. Je ne la dérange pas.

 Satisfait d’avoir tranquillisé mes proches, je repars, le sentier n’a plus rien à voir, c’est une route à 4x4.

 Assez vite je suis à Belleville (presque chez moi je cherche Ménilmontant !) avec mon couple de coureurs. Nous traversons le village sans vraiment nous dépêcher. Il fait beau, il va faire chaud. Alors que nous faisons des circonvolutions dans le village, un habitant nous offre un coup de coca. Je n’en ai pas vraiment envie, mais comme il est là à attendre les roulettes de queue que nous sommes et bien j’accepte volontiers !

 Je sais qu’il ne reste plus grand monde derrière compte tenu des barrières horaires et devant nous se dresse le Massif du Mont Joly.

 La montée à l’Aiguille croche se fait droite dans les pistes de ski et vue la pente, ce ne doit pas être des pistes bleues !

 Je monte lentement mais régulièrement, je plane un peu après presque 30 heures sans dormir et plus de 20 heures de course. Stéphane est un peu en arrière, nous attendons régulièrement Emmanuelle qui peste parfois mais que nous n’entendons plus avec la prise d’avance. On voit en haut des remontées mécaniques le ravito du Monument (pas encore vraiment compris ou était ce monument, mais ça doit être comme le rocher des enclaves, un tas de cailloux comme il y en a partout ici !).

 Le ravito est magnifiquement bien placé, on a envie de s’y installer et d’y rester ! Des bénévoles nous proposent à manger, une infirmière, me trouvant palot veut prendre ma tension, je laisse faire, mais rien d’inquiétant, et voyant leur teint bronzé, je comprends vite que ma pâleur est plutôt de la blancheur de bureau parisien !

 Malgré le plaisir d’être assis à contempler le paysage et à discuter avec des bénévoles toujours sympas, je ne m’attarde pas. En me préparant à partir, je m’aperçois qu’il y a un kikoureur présent sur ce ravito car un sweat-shirt est suspendu près de la tente. Vu mon état un peu vaporeux, je n’ai pas retenu le pseudo de notre ami.

 Je me sens plutôt bien malgré la fatigue, la monte n’est pas technique et je suis en automatique. Arrivé sur un replat, en haut des télésièges, il reste encore quelques centaines de mètre pour arriver en haut de l’Aiguille Croche. Emmanuelle proteste, elle ne veut plus, elle n’en peut plus. Curieusement, en  sachant qu’il ne reste plus qu’une poignée de kilomètres, je suis assez zen, peut-être un peu vite !

 Je pars d’un bon pas devant. Arrivé en haut, je suis stupéfait par deux choses : la beauté du paysage, et l’énorme distance qui nous sépare du sommet du Mont Joly ! En effet, vaporeux, empreint d’.res de la veille, il descend ça avec une belle tonicité, ça me donne à nouveau dess jambesère Bubulle !rail est vraiment un spoun optimisme renouvelé, je ne me souvenais pas que plusieurs kilomètres séparaient l’aiguille croche du Mont Joly en arrête. Je me dis qu’Emmanuelle allait  de nouveau maugréer ! Je pars un peu en avant après avoir immortalisé l’endroit !

 

 Le sentier est superbe, je retrouve peu à peu des jambes, sans excès, on peut gentiment courir. Je suis tout simplement heureux d’être là même si c’est dur ! Il reste moins de 10km, le dernier coup de cul et l’arrière du Mont Joly, qui n’a de joli que le nom, car l’arrivée au sommet par ce passage est bien vilaine. Au point culminant, des randonneurs nous interrogent sur la course que nous faisons. Cela fait toujours plaisir de discuter avec les gens, le trail est vraiment un sport formidable même quand on ne vise pas le podium… Et là, vers 13h, le temps est magnifique, le paysage somptueux et l’endroit magique. Des amis d’Emmanuelle et Stéphane arrivent de St Nicolas, Stéphane est livide, il n’en peut vraiment plus, Emmanuelle, toujours à  l’aise en descente se remet au petit train. L’un des amis de Stéphane nous ouvre la voie car la descente du Mont Joly dans ce sens n’est pas très évidente, surtout dans notre état. Mais dès que la descente devient un peu moins technique, rasséréné, j’accélère. On m’interpelle ? Arclusaz dans la montée ! Quel plaisir de le revoir, nous qui nous étions croisés en 2010 à Pralognan, un savoyard bien causant avait rencontré un parisien tout aussi bavard ! Il me signale que Bubulle est à l’assaut de la montée !

 Après avoir terminé la dernière partie technique – enfin – je peux courir même si près de

 32 heures de course me plombent les jambes, et là en descendant la piste de ski, je vois le père Christian (Bubulle) ! Il est venu à ma rencontre, ça me fait vraiment plaisir de le voir là ! Après de brèves salutations il me propose de descendre et d’ouvrir la voie. Je ne me fais pas prier une seconde. Malgré ses 60 kilomètres de la veille, il descend ça avec une belle tonicité, cela me donne à nouveau des jambes. Nous discutons comme si nous venions de démarrer un trail ! Je souri béatement trop content d’être là et inconsciement de ne plus être loin de l’arrivée !

 Petit à petit j’accélère, les amis de mes compagnons de route me lancent « de faire attention », mais je me sens une patate ! Et puis Bubulle ouvre la voie, m’interroge pour s’assurer qu’il ne va pas trop vite, et nous prenons rapidement de la distance avec Emmanuelle et Stéphane alors que, vu le chemin fait ensemble, je leur avais dit que je finirai avec eux…

 C’est à toute allure que nous descendons les pistes de skis, je ne sens plus la lourdeur de mes jambes. Saint Nicolas approche très vite, nous croisons les chemins d’une course de VTT, puis les sous-bois et enfin les maisons, une poignée de centaines de mètres à faire et c’est l’arrivée après un ultime virage…

 Je demande à Christian si nous pouvons attendre mes deux compères avant l’arrivée, il accepte même s’il me dit qu’il ne doit pas trop trainer car on l’attend pour retourner sur la région parisienne. Au soleil  sous un arbre nous parlons de nos courses respectives, et de nos autres amis kikoureurs, les fusées, Zorglub74, PhilippeG-XXX, et ceux qui ont été plus tranquillement… Cependant le temps passe et pas de coureur à l’horizon. Je sens bien que Christian ne peut pas trop attendre, il me pousse à terminer puis à les accueillir à l’arrivée. J’accepte de repartir.

 Et là, 200 mètre plus loin, la ligne d’arrivée quitté 32h42mn plus tôt ! Plein de monde, la fille en bleue, arrivée peu de temps avant moi, Zorglub74 arrivé 14h avant moi qui me félicite, Philippe-G qui m’avoue avoir été persuadé que je mettrai le clignotant vu le peu de montagne fait dans les mois précédents ! Et bien il s’en est fallu de peu ! J’ai aussi le plaisir de voir Badgone et, MartineV co-championne de l’épreuve avec Corinne Gruffaz.

 Quelques minutes plus tard, mes deux acolytes atterrirent à leur tour, Stéphane visiblement marqué. Je me joignis à eux pour passer la ligne.

 Le ravito de fin, à l’abri du soleil, est un bonheur. On ne se croirait pas à l’arrivée d’un trail mais à un rassemblement d’amis, ou un off de kikoureurs, on mange, on rigole, on boit.!

 J’interpelle la fille en bleu que je félicite pour son extrême régularité. Elle me regarde un peu comme un extra-terrestre… Croyait-elle que je me moquais ? Je ne sais pas, certainement la fatigue…

 Qu’il est difficile de partir et se retrouver seul pour aller prendre sa douche et ranger ses affaires même si ce n’est qu’à 100 mètres ! Je veux rester avec les autres, et en plus mon corps ne veut pas plus bouger.

 Le rangement est une vraie galère : rentrer les sacs poubelles de mes vêtements moisis de transpiration dans le sac à dos alors que je suis complètement défoncé à la fatigue et aux endorphines, est limite impossible…. Enfin, j’y arrive.

 J’escompte descendre avec la navette à Saint Gervais pour prendre le train de nuit pour Paris, mais Arclusaz me propose gentiment de descendre, et comme nous ne sommes pas bavard l’un et l’autre, il m’emmène même jusqu’à ma correspondance tellement nous avons de choses à dire. Merci Arclusaz ! Les savoyards ne sont pas causant, parait-il !

 L’orage éclate alors que nous quittons Saint Nicolas de Véroce…

 En conclusion, la Montagn’hard est une course difficile, surtout en début de saison, et surtout dans la deuxième partie du parcours au-delà des 60 km, le passage après le rocher des enclaves est particulièrement technique… Mais c’est une course magnifique ou on a le sentiment d’être entre amis ou en famille, Olivier, les habitants, les bénévoles font tout pour que vous passiez un moment mémorable…

 11 mois plus tard, au moment où je termine ce CR démarré en juillet 2014 (je finis un peu sous pression des menaces des kikoureurs du Mordor – Bubulle, Bertrand, Sab Zaina, Fa²…), il me reste encore pleins d’images : la fin de journée à la bifurcation en mangeant des noix de cajou, la tente au Bolchu au milieu de la nuit, le lac et le barrage en bas du pierrier,  le contrôle médical au Monument (?), le massif du Mont Blanc en haut de l’Aiguille Croche au matin, la petite mamie à Notre-Dame-de-la-Gorge en train de faire la circulation au milieu de la nuit, Bubulle en pacer, le ravito d’arrivée…

 Je crois que le fameux esprit trail, c’est dans ce type de course qu’on le trouve, fait par des passionnés pour des passionnés, mais qui cherche à embarquer tout le monde dans une même aventure et que celle-ci soit vécue avec le maximum de plaisir par tous.

 C’est sans hésiter que j’ai signé à nouveau cette année.

PS : il faut que je retrouve mes temps intermédiaires pour bien complété ce CR

 

17 commentaires

Commentaire de Vik posté le 26-05-2015 à 01:06:07

J'ai commencé à lire quelques lignes en me disant que vu l'heure, ça attendrait demain... Et finalement j'ai tout dévoré !

Merci pour ce CR passionant, on a l'impression d'y être !

Et bravo pour ta ténacité. Incroyable de t'en être s'y bien tiré avec le peu de D+ et d'entrainement montagne en général !
2000km en 6 mois ? Dis donc tu vas la creuser, la butte chaumont !

Je découvre une expression: "roulettes de queue". ça veut dire quoi ? :D

Commentaire de RayaRun posté le 26-05-2015 à 07:45:46

Merci zecrazytux ! Cette année, je n aurai pas les 2000km, mais, plus d expérience, un parcours connu et une maxi race comme WE choc. Le seul truc, c est d arriver reposé, de partir doucement et de bien penser hydratation et alimentation !

Commentaire de bubulle posté le 26-05-2015 à 07:39:20

ça aurait quand même été dommage de le manquer, ce CR....

Donc, tout est bien noté dans ma tête : le rocher des Enclaves, y'a pas de Rocher (mais ça je le savais, en fait, tu te doutes) ni de bénévole (celui que tu as vu, il devait être au col de la Gittaz). Le Bolchu, y'a du boucan, mais ça fait chaud au coeur en pleine nuit (bon, l'avantage, c'est que, depuis, j'ai fait la TDS et qu'on y passe aussi) et que c'est avant le barrage que c'est la galère (mais ça tu me l'as dit et redit pendant cette descente de l'arête du Mont Joly).

Et, effectivement, je retiens tout particulièrement ces quelques minutes arrếtés à même pas 1km de l'arrivée, sous un arbre, à attendre tes suiveurs en papotant comme ça...comme si tu n'étais pas en train de finir une course de malade;..:-)

Et puis, hein, si ça se trouve, on va encore la redescendre de concert, cette arête du Mont-Joly, non? Suffit de ne pas partir comme un zozo (mais, maintenant, tu es un montagnhardeux aguerri) car le patience est toujours récompensée. Tu verras, faire le pacman sur les deuxièmes moitiés de course, c'est super rigolo..:-)

Commentaire de RayaRun posté le 26-05-2015 à 07:48:29

J espère pouvoir te suivre ! 1,5 mois que je bamboche entre amis ou en famille, j ai un peu d embonpoint ! En juin, va falloir être sérieux !

Commentaire de jpoggio posté le 26-05-2015 à 21:14:11

Pas grave, avec un peu de chance tu iras à la bonne vitesse pour m'ôter toute excuse idiote passé le premier Joly...:)

Commentaire de PhilippeG-573 posté le 26-05-2015 à 11:30:16

Génial ton compte rendu Raya, j'ai bien rigolé (pas pour me moquer) mais c'est qu'il est touchant comme tout, on se met bien à ta place.
C'est gentil de me citer dans ton récit, finalement je ne t'ai pas tant aidé que celà en te faisant peur avec cette course !
Bravo de ne pas avoir bifurqué, t'as bien fait de te ravitailler aux Conta, c'est ça qui t'a redonné des forces...
Chapeau !
Au plaisir de te recroiser, maintenant plus rien ne t'arrêtera (avec ou sans bubulle ;-))
@+
Philippe

Commentaire de RayaRun posté le 26-05-2015 à 12:32:03

Non justement, la légère inquiétude à été un bon motivateur ! Et tu es toujours de bon conseil ! Je crois que sans que tu m en parles, j aurai pu cramer plus de cartouches et que le clignotant aurait été obligatoire ! Bravo à toi pour ta perf ! Et merci pour ton commentaire qui me fait vraiment plaisir

Commentaire de crocodile posté le 26-05-2015 à 12:09:41

Bravo pour ta course et ce compte rendu des plus passionnant.
Vous me faites tous rêver avec vos belles courses sur de longues distances.
Bonne continuation et à bientôt peut-être sur un parcours.
Amicalement.
Crocodile.

Commentaire de RayaRun posté le 26-05-2015 à 12:34:53

De la persévérance, de l expérience de l entraînement un peu d inconscience et tu peux aussi la faire ! Il y a 2 courses plus courtes qui peuvent te permettre de la découvrir : inscris toi ! Merci pour ton commentaire.

Commentaire de Tonton Traileur posté le 26-05-2015 à 14:18:42

waaaaouuuhhhh, ça valait le coup d'attendre ... quel roman !
bon, je confirme: quand tu m'as passé aprés les contamines, j'étais dans le trés trés dur, avec une belle hypo, et déposé sur place par l'excité Bubulle qui était, lui, en pleine euphorie ;-)
Un grand bravo à toi pour cette belle montagn'hard 2014. Tu as encore un beau (et impressionnant !) programme qui t'attends cette année, et je pense que tu ne vas pas t'ennuyer entre début juin et fin aout ... ;-).
J'espère qu'on se croisera à Cham fin aout, et en attendant je te souhaite de bien belles balades dans nos belles montagnes ...

Commentaire de Bacchus posté le 26-05-2015 à 15:49:29

Merci pour ce compte rendu détaillé et super agréable à lire.
Ca m'a bien fait réviser la leçon pour Juillet prochain, j'avais un peu oublié les difficultés de cette course. Ce CR m'a servit de séance de révision pour le Bac.
On s'est croisé à plusieurs reprises, je me souviens notamment de la montée vers tré la tête où tu maugréais sérieusement contre ton manque de D+, je te cites "c'est pas une course pour des parisiens..."
Au plaisir de te recroiser juillet prochain.

Commentaire de Overnight posté le 26-05-2015 à 17:40:40

Très bien ce CR :). Bon j avoue ça fait un peu peur au newbie de l entrainement en région peu vallonné :P... mais bon c'est pas plus mal (accessoirement ça me conforte "un peu" dans mon choix d attaquer par le plus petit format).
Bravo en tout cas pour avoir eu le courage de continuer alors que tu avais pris la décision de rentrer :)!

Commentaire de millénium posté le 26-05-2015 à 19:58:14

merci pour ce récit fort sympathique , et bravo pour ta course

Commentaire de Arcelle posté le 26-05-2015 à 20:01:09

Merci Yann pour ce CR très agréable et vivant, on a l'impression de suivre ta course derrière toi (enfin sans effort).
J'ai visualisé un instant la moule sur son rocher :-)
Quelle force mentale quand-même pour continuer ! Ce virage à gauche, il me semble insurmontable.
J'espérais dimanche midi vous voir arriver avec bubulle, mais j'ai malheureusement du partir apparemment très peu de temps avant votre arrivée.
BRAVO ! et même si j'aurai du mal à suivre de près votre progression cette année (je serai sur le TGV), je penserai bien à vous.

Commentaire de Fa² posté le 26-05-2015 à 20:59:11

ça valait le coup de te menacer des pires exactions :-), ça se dévore, ça donne envie, mais je n'ai pas tes capacités (ou ta folie), bravo Raya et à bientôt pour de nouvelles aventures ;-)

Commentaire de jepipote posté le 27-05-2015 à 09:24:15

bon si j'ai bien compris, même quand tu es mort à la bifurque, tu tournes à gauche c'est ça?? je retiens :)merci pour ce cr qui en dit long sur la tache à venir!!

Commentaire de Sabzaina posté le 28-05-2015 à 21:00:01

Ce CR est extra Raya, j'ai mis 4 jours à le lire, sans cesse interrompue (nan mais pfffffffffff). J'ai adoré, ça m'a (presque) donné envie de tenter (pitié, que Chris ne lise pas ça)
On a bien fait de te forcer la main pour que tu finisses :)
@ très bientôt, on n'a pas fini de rire ensemble ;)

Il faut être connecté pour pouvoir poster un message.

Votre annonce ici !

Accueil - Haut de page - Aide - Contact - Mentions légales - Version mobile - 0.16 sec
Kikouroù est un site de course à pied, trail, marathon. Vous trouvez des récits, résultats, photos, vidéos de course, un calendrier, un forum... Bonne visite !