Récit de la course : Marathon Touraine Loire Valley 2016, par marathon-Yann

L'auteur : marathon-Yann

La course : Marathon Touraine Loire Valley

Date : 18/9/2016

Lieu : Tours (Indre-et-Loire)

Affichage : 393 vues

Distance : 42.195km

Objectif : Pas d'objectif

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A chacun son tour

« Il ne faut pas de tout pour faire un monde. Il faut du bonheur, et rien d’autre ». Dire que ce bonheur, cher à Eluard, a failli nous être refusé ce jour ! En raison de l’actualité préoccupante, le préfet a en effet laissé planer un doute sur la tenue de la course. Mais comme dans les plus belles histoires,  les Tourangeaux, dans un formidable élan de solidarité, ont réussi à mobiliser des centaines de bénévoles qui sont venus renforcer la sécurité sur le parcours, nous permettant, à nous coureurs, de venir nous amuser dans cette belle région. Permettant aussi la tenue des championnats de France, dont ce marathon est le support.

Première émotion lors du retrait des dossards. J’arrive un peu en coup de vent, quelques minutes avant la fermeture le samedi soir, et me sens tout bête quand la bénévole me demande mon certificat médical. « Mais mais mais, j’ai reçu un mail confirmant que mon inscription était validée, je ne l’ai pas pris, mon certificat. Je ne l’ai pas téléchargé sur le site en m’inscrivant ?»  « -Ah non Monsieur, notre site ne permettait pas ça ». En une seconde, je me vois rentrer tête basse à la voiture où m’attendent femme et enfants, et leur annoncer que l’on peut rentrer à Paris. Heureusement la bénévole est sympa, elle me demande de signer une décharge, ce que je m’empresse de faire. Et je reçois les riches dotations de ce marathon : mon précieux dossard, la bouteille de vin, la veste, et aussi un T-shirt « finisher », ce qui est assez inattendu avant le départ de la course.

Notre hôtel n’est pas loin du départ, que je rejoins le dimanche matin vers 8h à travers le Pont Wilson. Il y a déjà du monde, toujours le même spectacle des coureurs s’échauffant, s’interpellant, se prenant en photo. Il y a des coureurs déguisés, en Tortue Ninja, en bouteille de bière, en jardinier avec son arrosoir, …  Ce n’est que la 3ème édition du marathon, mais celle-ci s’appuie sur des courses de 10 et 20 km qui existent depuis plus de trente ans, on sent bien une organisation bien rodée.


Un petit tour sur le pont avant la course (photo : La Nouvelle République)


Bizarrement, je n’éprouve pas de stress particulier pour cette course. C’est même très sereinement que je rejoins mon sas où j’attends le départ. La météo est idéale, ni trop chaud ni trop froid, pas de pluie ni de vent. J’ai un objectif assez ambitieux, celui de venir taquiner mon record personnel (3h15) établi il y a maintenant 3 ans. Pour cela, ma stratégie est simple, simplissime même : suivre le plus longtemps possible les meneurs d’allure.

Après que le speaker a essayé de faire monter la température par un claping type supporteurs islandais, le départ est donné par le sprinter Ronald Pognon. Nous sommes nombreux sur cette course,  un peu plus de 1700. Il me faut  1 ou 2 km pour rejoindre la flamme qui m’intéresse, celle des deux meneurs d’allure, et me cale dans leurs pas. Cette allure me convient, c’est agréable de courir sans avoir à regarder sa montre, je peux même profiter du paysage : d’abord les larges avenues de Tours, puis nous sortons de la ville et rejoignons les bords de la Loire (ou du Cher ? comme dirait Coluche « vous savez, moi, sans mes lunettes… ») sur des routes assez étroites. Nous ne sommes finalement qu’un petit groupe à nous masser derrière les meneurs d’allure, peut-être une vingtaine de coureurs. A cette allure, nous ne prenons pas le temps de discuter, ce que je retiendrai de mes compagnons du jour ce sera surtout quelques dos, quelques comportements caractéristiques, une respiration. De temps en temps, nous rattrapons des coureurs du championnat de France, reconnaissables à leur dossard dans le dos indiquant leur catégorie (V4, V3, …)

S’il n’y a pas énormément de public sur cette partie du parcours, celui-ci est agréable : aux berges de la Loire (ou du Cher ?), succèdent des petits villages, puis le château de Villandry dans le parc duquel nous avons le plaisir de courir. Nous commençons alors le retour vers Tours, en suivant peu après la mi-parcours les berges du Cher (ou de la Loire ?). 

Je me souviens de la dernière fois où j’avais voulu suivre un meneur d’allure 3h15, lors d’un marathon pas très loin d’ici (à Cheverny). Je l’avais lâché à la mi-course, de peur de ne pas pouvoir suivre le rythme jusqu’au bout. Cette fois, je suis toujours à l’aise dans ce groupe à la mi-course, et même jusqu’après le Km 30. Comme à mon habitude, je suis distancé à chaque ravitaillement, mais comble mon retard sans trop forcer après ceux-ci. En tout cas, jusqu’au ravitaillement du Km 35, après lequel je n’arrive plus à combler cet écart. Je vois inexorablement la flamme s’éloigner de moi, et mes espoirs de record aussi.

Lâché par ce petit peloton, je me retrouve presque seul sur les derniers kilomètres. Il y a heureusement un peu plus de public, je rattrape quelques coureurs que j’essaie d’encourager, et profite des encouragements que je reçois en échange. Sur le bord de la route, je reconnais à leur maillot des coureurs des 10 et 20 km venus encourager des copains, ou profiter de la course, ça sent l’arrivée. Pour le dernier kilomètre, notre parcours longe celui de la course de 10 Km, il y a encore énormément de concurrents en course. Dernière ligne droite : je vois non seulement l’arche d’arrivée, mais au milieu du public je reconnais ma femme et mes enfants,  que j’embrasse. J’arrive finalement en 3h17, nullement déçu de ne pas avoir décroché mon record.

Dernier tour de piste


Quelques belles images à l’arrivée. Une concurrente pleure à chaudes larmes, je lui dis un mot et me rends compte que ce sont des larmes de joie. Je discute avec Karim, qui voulait courir en moins de 3h05 pour se qualifier pour les prochains championnats de France : il a échoué pour quelques secondes . Ce sport est parfois impitoyable. Mais, pour reprendre les mots d’Eluard, il m’a permis aujourd’hui encore, de gouter au bouquet confus léger fondant sucré du bonheur. Le bonheur simple de courir. 

2 commentaires

Commentaire de augustin posté le 21-09-2016 à 11:37:58

merci pour ce récit, belle prose!

Commentaire de marathon-Yann posté le 21-09-2016 à 13:55:42

Merci pour ton commentaire, et félicitation pour ta course (ou plutôt tes courses : je viens de lire ton récit, bluffant !)

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