Récit de la course : Marathon d'Anvers 2017, par KourSurMars

L'auteur : KourSurMars

La course : Marathon d'Anvers

Date : 23/4/2017

Lieu : Anvers / Antwerp (Belgique)

Affichage : 129 vues

Distance : 42.195km

Objectif : Battre un record

2 commentaires

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Antwerp marathon 2017

 

Premier récit de course. Ben, oui, j’ai décidé moi aussi de raconter de l’intérieur, à mon petit niveau, et vu de ma bulle, notre sport pas comme les autres. Ici, le marathon d’Anvers.

Pourquoi Anvers ? Je n’ai pas choisi la destination mais l’idée de courir un marathon dans un plat pays qui glorifie la frite et la bière m’allait parfaitement. Mon objectif ? Tomber sous la barre des 4h10mn. Ma stratégie ? Essayer de maintenir une moyenne de 5.40mn/km en tachant de m’écrouler le plus tard possible. (J’ai tendance à faiblir après 30km d’effort)  

C'est parti.


  

23.04.207 – Le jour du Marathon. Notre hôtel se situe sur le parcours mais le départ est donné sur l’autre rive de l’Escaut. Pour rejoindre le village, il nous faut emprunter le tunnel Sainte-Anne  qui passe sous le fleuve. Ce tunnel long de 572 mètres a été ouvert en 1930. Il est classé et réservé aux piétons et aux cyclistes. Un long tube qui nous donne une idée de l’autre tunnel, celui réservé aux voitures qu’il nous faudra prendre à grandes foulées dans l'autre sens pour regagner la rive historique. Un tunnel moins joli, moins classé et quatre fois plus long que beaucoup de coureurs sur les forums annoncent détester. Disons-le, c’est le point noir de la course ! Pechère.

Personnellement, j’ai rien contre les tunnels d’autant qu’en sortant du premier tunnel, il bruine et le ciel est bas et gris comme un plafond de hangar.

Bref, je suis maintenant dans le SAS. Il est 9 heures. Le coup de feu est tiré. Une pluie de confettis vraiment très gros s’abat sur nous. C’est joli. J’ai envie de prendre une photo. Je réfléchis à sortir mon téléphone de ma banane pour prendre une photo. Je me dis que non, je n’ai pas le temps, et puis, comme les confettis tombent très lentement, je me dis que finalement j’aurai pu. Pour temporiser, je me dis que bon, ce ne sont que des confettis. Rien à foutre. Je passe sous l’arche, j’appuie sur un bouton de ma montre. Bip. Officiellement, mon 7ème marathon a commencé.  

Nous sommes environ 2000 coureurs et nous évoluons d’emblée sur des allées XXL. Pas de ralentissement, donc, je cale ma foulée sur l’objectif a atteindre et je déroule. Très vite, je suis rattrapé par Eric de Bruxelles. Il porte un tee-shirt rouge orangé et une casquette. C’est son deuxième marathon. Avant, il a fait Amsterdam. Il aimerait bien faire le marathon de Paris mais bon, ça tombe toujours mal. Il me demande mon objectif-temps et me propose de faire la route avec lui. C’est pour ça que je sais plein de truc sur lui.

Les sensations sont bonnes. Je déroule. On papote. Je mate un peu le paysage. On arrive au fameux tunnel après 3 kilomètres de course. Dans le tunnel il y a des hauts parleurs qui crachent en boucle Eye Of The Tiger de Survivor. Et ça, ça me donne une pêche incroyable. C’est puéril comment nous les garçons on est capable de se dépasser sur cet air-là. C’est notre I Will Survivre à nous, les hommes. Et donc, dans le tunnel, je me régale. Insignifiant petit point noir. Sur la fin, Eric peine un peu à cause du faux-plat. Pour lui, c’est clairement une côte. On ralenti légèrement.

5ème kilomètre, on sort du tunnel. Il y a plus de monde sur ce côté-là et déjà la foule crie mon nom, les membres de mon club et ma femme, surtout, qui m’attendaient. Eric fait semblant d’être impressionné. Je fais semblant d’être une star souhaitant avant tout rester incognito. Eric joue le jeu. C’est gentil. 

On parle. Je n’ai pas l’habitude de parler en courant. J’ai peur d’avaler de l’air, de m’essouffler, mais non. On parle de nos courses, de nos entrainements, du climat du nord, du climat du sud, on compare. On parle aussi des élections présidentielles en France. A cette heure les français votent, et moi-même je vote par procuration. Nous traversons un quartier populaire et comme des gens tapent sur des casseroles à notre passage, je leur dis que je ne suis pas François Fillon – en référence au candidat de la droite mis en examen qui partout où il passe déclenche des concerts improvisés de casseroles. Oui, bon, faut bien s’occuper.

Globalement la course est assez monotone. Le parcours est constitué de grandes lignes droites qui ceinturent le centre historique. Ce sont de larges avenues bordées de bâtiments pas très hauts, maximum quatre étages, de type scandinave. Parfois on traverse un quartier villageois, un lotissement. Au fur et à mesure de notre progression, les quartiers deviennent plus chic et l’ambiance, bien que clairsemée, est très sympathique. Je check en passant des mains d’enfants. Comment on dit cool en flamant ?

15ème kilomètre, je bois, comme à chaque ravitaillement. A ce propos, je note que les ravitaillements n’offrent quasiment rien à manger. Ça me gêne pas, mais, par la suite, une fois la ligne franchie, j’entendrai (beaucoup) de gens pester que « y’avait qu’dalle aux ravitos ».

Nous arrivons au niveau du Semi en 1:59:08. Je me sens encore frais, les jambes à peine lourdes. En revanche, le fond de l’air se réchauffe. Je reprendrais bien un peu de bruine. Je fais remarquer à Eric que là, je cours en collant alors qu’à Marseille, ben non. Il m’explique que lui, en hiver, pour courir sur la neige verglacée, il est obligé de fixer des ressorts sous ses semelles mais que bon, cette année, c’est vrai qu’il a pas fait froid. On vit pas dans le même monde lui et moi.

24ème kilomètre, je sors mon balisto. C’est un moment stratégique de la course car je n’aime pas prendre des gels (trop sucrés) et tous les moyens sont bons pour retarder la prise d’un gel. Le Balisto, c’est la barre idéale, à base de muesli recouverte de chocolat. J’adore. Inventée en Allemagne en 1981, j’ai du mal à estimer le succès de cette barre en France. Personne ne s’est jamais vanté devant moi d’en manger et d’aimer ça, alors que moi, oui.

27ème kilomètre, ça tire un peu. Je cavale parfois pour rattraper Eric, je sens bien qu’il est plus en forme que moi. Au ravitaillement du 30ème, je marche et avale mon premier et dernier gel. Eric est devant et me fait signe de me dépêcher. Je le rejoins et retrouve un peu d’énergie. Les bonnes sensations reviennent et je suis reconnaissant à mon compagnon de m’avoir boosté.

Au 35ème, on rattrape carrément le meneur d’allure des 4H00. Eric et moi, on se regarde, pas peu fier. On pense la même chose, on l’a fait, mais au moment de doubler le meneur d’allure, il enlève son drapeau et le tord, de rage peut-être. Il est forfait. A ce moment, je ressens mon mental s’écraser lourdement dans mes chaussettes.  

Au 36ème, Eric s’envole. Et moi, je perds en moyenne 50 secondes par minutes sur le temps prévisionnel. Je suis en phase dégringolade. Je ne suis pas fatigué ni essoufflé mais raide comme un bâton de maréchal tombé dans la glue. Je ne reverrai plus Eric.

Au 38ème, je finis mon Balisto. Il est délicieux, mon Balisto.

Au 39ème, il y a un ravitaillement, juste au pied de mon hôtel. Je saluts mes amis qui sont encore là. Ils me trouvent en forme. Je marche en dégustant un verre d’eau. Tranquille. A ce stade, je sais que je vais finir. Je veux juste limiter la casse pour arriver sous la barre des 4H10.

Au 40ème, nous retrouvons les rives de l’Escaut, le musée Haas et bientôt les pavés du centre historique. Il y a de plus en plus de monde, d’encouragements aussi. Je ne cours pas très vite mais j’avance. On quitte le bord du fleuve pour repiquer vers l’intérieur.

Au 42ème, la grande place est pleine de monde. Je devine qu’il doit bien y avoir quelque part une arche en baudruche pour marquer l’arrivée. Elle se dévoile au dernier moment. Je n’accélère toujours pas mais bon, je cours et finis par passer  la distance mythique au-delà de quoi, t’es arrivé mon gars.   

Bip. Ici se termine mon 7ème marathon en 4:07:48.

 

Je reprends mes esprits sur la grande place avec autour du cou une médaille de 18KG. Je me souviens déjà plus du visage de la personne qui me l’a remise. Si c’est un homme, une femme. Je dois être un peu HS. Je récupère une bouteille d’eau, je sors du village et me dirige mécaniquement vers une échoppe déjà repérée (Frituur Nomber One), pas très loin, où je commande une barquette de frites avec de la mayonnaise blanche qui tourbillonne dessus. C’est une très belle barquette. Voilà, tout ce que je peux dire sur le Marathon d’Anvers.    

 

 

2 commentaires

Commentaire de Caracole posté le 19-05-2017 à 16:57:08

Il est super sympa, ton récit. Bon esprit, belle plume. Et bravo pour ta course!

Commentaire de KourSurMars posté le 19-05-2017 à 23:42:09

Merci Caracole 😁

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