Récit de la course : Trail du Lin - 18.5 km 2018, par Twi

L'auteur : Twi

La course : Trail du Lin - 18.5 km

Date : 15/4/2018

Lieu : Doudeville (Seine-Maritime)

Affichage : 113 vues

Distance : 18.5km

Matos : Five Fingers

Objectif : Pas d'objectif

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Pas d'autre récit pour cette course.

Le jour où j'ai failli faire un podium

Difficile de vous parler d'une course que personne connaît dans un endroit que personne connaît et sans sombrer dans l'egocentrisme forcené. On va essayer quand même ...

15 avril. J’aborde le Trail du Lin assez décontracté. C’est l’un des 2 ou 3 trails où je cours à domicile : les chemins coïncident avec mes entrainements. Pas d’objectif, si ce n’est l’envie de me prouver que la machine est remise en marche après l’épreuve de l’ETP 

Histoire de mettre un peu de piquant, je choisis pour la première fois de m’aligner sur une course en Five Fingers, chaussures que je réserve jusqu’alors aux entraînements de moins de 2h. J’ai repéré le parcours il y a 2 semaines (enfin, les 14km qui sont publics). Seule 3 zones sont un peu délicates avec ce type de chaussant : la descente vers les bassins de la Courneuve au km 7 (chemin raviné par les pluies cet hiver et remblayé avec tout et n’importe quoi), la montée dans le chaos vers Frébois au km 10 (un grand classique, je l’ai toujours connu comme ça, avec ses silex à vif) et la descente de la ferme de Limanville au km 12, que j’ai découverte lors du repérage (mmmm ... le jus qui coule du tas de fumier fait une grosse flaque de boue nauséabonde, qui s’écoule ensuite dans un chemin étroit qui ravine). Pour le reste, ça passe en VFF, sous réserve de faire attention où on met les pieds ; je mise même sur la légèreté de mes chaussures pour pouvoir si besoin courir tout droit dans les flaques -selon le principe « quand t’as les chaussures gorgées d’eau, au moins t’as de chaussure, au moins t’as d’eau ».

A part ces 3 difficultés, le parcours est plutôt roulant et alterne sous-bois, chemins au milieu des champs et traversées de petits hameaux sympathiques. Ça devrait le faire, d’autant que le soleil est de la partie, ce qui est inespéré. Lors du repérage, j’avais bouclé les 14km à 5:35min/km, je me dis que je me contenterais bien de la même moyenne …

Top départ sur la place de Doudeville, je suis bien placé et me laisse emporter par le flot de coureurs sur les premiers mètres en légère descente. Petite réflexion au bout de 500m : on va un peu vite là, non ? Vérification : 4 min/km et 170 bpm … effectivement, on est loin de la modération que m’avait enseigné mon premier 80km. Bon, il faut que j’arrête de suivre les concurrents du 10km ; on calme un peu le jeu avant de quitter le bitume après le collège. Jusqu’au 6ème km, quelques zigzags dans le bois du Fourneau, normalement privé mais accessible pour l’occasion. Le genre d’endroit qui vous accueille avec des « propriété privée - défense d’entrer - pièges » et qui s’avère bien sympa un fois à l’intérieur, avec les anémones qui tapissent les sous-bois vallonnés. Je dépasse encore quelques personnes (en descente, mon point fort), mais globalement, j’ai trouvé mon rythme dans le peloton … entre 5:00 et 5:15. 

Nouvelle portion de route en arrivant à Vautuit, juste après le premier ravito que j’ignore royalement à la grande déception des bénévoles et bifurcation du parcours de 10km. Au moins les gens que je suivrai sont maintenant tous des concurrents, et pas des lièvres fous. Me voilà sur mes chemins d’entraînement habituels. Avant de s’engager sur le GR211 et la première portion casse pattes, un bénévole m’indique le chemin, « merci, je connais » dis-je fièrement avant qu’il m’annonce ma place : 20ème. Toujours se méfier des classements et kilométrages de bénévoles !!! Mais bon, ça me va bien, ce sera mon objectif, rester dans les 20 premiers.

Dans la descente vers Hautot, dont je connais le moindre brin d’herbe pour y a voir fait une séance de fractionné en côte cet hiver, je redouble 2 concurrents. Aucun mérite, l’un est en pause pipi et l’autre est son pote qui l’attend. Me voilà potentiellement 18ème. On continue sur le chemin au fond du vallon, très joli entre champs et forêt, puis le long de la voie ferrée avant d’attaquer le chaos du Frébois, ou je commence à sentir le souffle d’un coureur derrière moi. Malgré mes chaussures qui n'aident pas sur cette portion (mais avec des gros godillots maximalistes, c'est pas la joie non plus), je ne lâche rien et reste devant, réussissant à regagner de l’avance quand le sol se fait moins hostile et en particulier en descente. Ferme de Limanville au km12, les organisateurs ont eu la bonne idée de contourner la flaque devant le tas de fumier, la descente est moins terrible que dans mes souvenirs, et hop, on continue, les principales difficultés techniques sont derrière. 

On remonte vers Routes, on traverse le petit bois avant de redescendre vers la voie ferrée. Derrière montée, je m’accroche à mes 12km/h, puis une longue traversée de Vautuit (enfin, faut pas pousser, c’est pas Paris non plus …) et enfin la dernière ligne droite vers Doudeville. Deux concurrents à 150m devant moi, je me dis que je peux grappiller deux places, mais non, la distance ne se réduit pas. 

Arrivée dans la ville et sur le bitume, c’est le moment que mon poursuivant choisit pour attaquer. Pas le courage de résister dans la descente vers la place du marché, je le laisse partir ; 19ème c’est bien.

A quelques dizaines de mètres de la ligne d’arrivée, j’entends la voix du speaker qui annonce l’arrivée de la 2ème féminine. Personne devant moi. Je me retourne … personne derrière non plus. J’en déduis que ça doit être moi la 2ème féminine. Pour une fois que je suis sur le podium ! Je passe la ligne d’arrivée en 1h34 et serai finalement 17ème. Le gars en sera quitte pour de plates excuses et ma « concurrente » arrivera quelques minutes plus tard.. 

Je retrouve le 16ème, qui m’a grillé à 500m de l’arrivée autour d’une bière et on trinque, sans rancune, tandis que le barman s’étonne de mes étranges chaussures.

Un trail de 18,5 km et 300m de dénivelé en 5 minutes de moins que mon record au semi (qui certes date un peu), je ne suis pas peu fier de moi, pour une course où je partais cool. La machine est bien repartie, puisque c'était la question au début ...

Outre le mérite de la proximité -qui permet de limiter mon empreinte carbone- cette course, était bien sympathique, organisation artisanale mais au poil et utilisation au mieux du peu de dénivelés qu’offrent nos paysages cauchois, dans quelques uns des mes endroits d’entrainement préférés. Seul regret, que les 500m de chemin agricole entre Vautuit et la Courneuve ait été remblayé avec toutes les m… possibles, déjà ça casse les pattes (ça on s’en fout, on est là pour ça) mais surtout on a l’impression de courir dans un dépôt sauvage de gravats, pour l’aspect bucolique on repassera. Espérons que ça se tasse...

Je reviendrai l’an prochain pour vérifier.

D'ici là, je vais peut-être me retester sur un semi ...Clin d'œil

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