Récit de la course : 24 heures de Saint Laurent du Pont 2003, par fredou

L'auteur La course
Kikoureur : fredou
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fredou
Course : 24 heures de Saint Laurent du Pont
Date : 21/9/2003
Lieu : St Laurent Du Pont (Isère)
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Distance : 167 kms
Matos :
Objectifs : Terminer
J’ai recommencé a courir c’était en avril pour mon anniversaire après 5 années d’interruption.
Je ne me suis pas laisser aller à l’oisiveté non plus car de temps en temps je faisais de grands raids cyclo : grenoble-venise_grenoble, lyon-ile d’oleron-lyon. J’ai toujours été fasciné par les longs trucs que tout le monde ou presque trouve farfelu, vous savez les gens qui disent « mais vous êtes malade ».
J’ai donc recommencer à courir en avril, dur dur car en plus je fumais…enfin quand la volonté est là c’est facile…les premières foulées furent pénible mais une fois le rythme cardiaque maîtrisé c’était le pied…
Puis j’ai augmenté le kilométrage, 6h, sortie longue jusqu’à 7h30 cet été.l’envie d’un 24h me trottait dans la tete car c’était aussi un peu pour ce genre d’épreuve que j’ai recommencer à courir. Et il y a 2 semaines après une sortie longue de 50kms où je me sentais tellement bien que j’aurais pu repartir, j’ai décidé de m’inscrire à saint Laurent du pont car c’était trop long d’attendre saint fons…
Et me voilà le 21 septembre 2003 sous le chapiteau où le départ va être donné. Un tee shirt UFO s’approche de moi : « c’est toi fredou ? » c’était LEONARD qui avait repérer mon nom sur le panneau et m’avait trouvé. Il me présente FURET, CHICO et Mr OIGNON.
Nous somme juste devant le départ va être donner, c’est parti pour 24H…
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bang…
C’est parti, et ça part vite il faut dire qu’il y a des relaies et certains vont a 15 à l’heure.
LEONARD part prudemment je le suis sa foulée me conviens tout à fait. Nous allons à la même vitesse de 7 min30s au tour. C’est mon premier 24 je me suis fixer 140kms comme objectif et je pense y arriver sans encombre, mais au fond de moi j’espère en faire 160 (mais en disant 140 je ne serais pas déçu). Il fait beau, il fait chaud, le public est chaleureux.
Ma femme et mon grand son venu pour m’assister, c’est mon fils qui s’occupe de m’apporter l’isostar et le gâteau recette ERIC BONOTTE.
Les tours passent et nous papotons toujours, Marcel me parle de ses 100 bornes qu’il a effectuées d’une seule traite et aussi de ses craintes vis-à-vis de son genou. Je lui conseil de ne pas y penser mais cela semble l’inquiéter de plus en plus. Nous sommes parfois séparer lorsque l’un de nous s’arrête pour boire, mais nous nous retrouvons ensemble après le prochain ravito, chacun son rythme, c’est ça la magie du 24h : changer de coureur a chaque ravito.
Pendant ce temps tous les 3 tours CHICO et FURET nous dépassent, nous saluent, nous avons tous le sourire, ceux qui nous voit doivent ce dire que l’on ne force pas beaucoup…ils ont raison, il reste encore 21 heures.

Vers le 30eme tour je m’aperçois que LEONARD n’est plus avec nous. Je dis nous car depuis un moment nous courrons avec un gars qui voulait le faire par équipe et qui finalement c’est inscrit en individuel. Je suis resté un long moment avec lui mais il m’a confié qu’il arrêterait dans la nuit.

A chaque fois que nous passons devant le camping car de la famille oignon cela fait rager de courir : appéro, vin… muummm…enfin un jour j’essaierais une petite bière sur la course, juste pour voir…

Pour l’instant il fait beau, je fais un 24h, je n’arrive pas à réaliser.
Les jambes vont bien, j’ai prévu un petit arrêt massage pour les 6h en prévention.

44eme tour, 5h45 soit 50 Kms c’est un peu plus rapide qu’à l’entraînement, il y a 15 jours je les avait fait en 5h52. Allez petit arrêt massage et changement de chaussette et de maillot.
Le masseur me demande combien de temps j’ai, je lui dis 20min maxi, il trouve cela trop court mais reste dans les temps finalement mon arrêt aura durée 26 min.

Je repars frais comme un lapin quel joie tout va bien les jambes sont là et je pense à manger quelques cochonnerie à chaque tour (j’adore les bananes et le chocolat mais ça manque de pain). Prochain arrêt prévu pour 00h. Je m’étais dit un arrêt toute les 6 heures pour ce faire masser. CHICO va toujours aussi vite et m’encourage toujours en me doublant, c’est bien quand on connaît un tout ptit peu le premier…tout le monde suit son rythme, j’arrive à rattraper LEONARD il marche déjà, je l’encourage mais je vois qu’il est très soucieux, ce doit être dur pour lui). Le camping car OIGNON est en train de remettre le couvert houa ça fait encore envie…bon j’arrête d’être envieux, d’autant plus qu’au ravito secondaire il y a une sacré ambiance, ça picolle dur je me demande si ils vont tenir longtemps, en tout cas ils mettent l’ambiance et on les entends de l’autre coté du parcours.
Le parcours parlons en , on sort du chapiteau compte tour et immédiatement sur la droite il y à le ravito principal self service (c’est dur d’attraper une bouteille après 8h de course), ensuite on fait une courbe à 180° pour se retrouver sur une piste en cendré que l’on parcours sur 300m , au milieu du deuxième virage de l’anneau on tourne à droite et l’on franchit la grille 30 mètre plus loin dans un phénoménal rétrécissement de chaussée puis virage à 90°, on a les seul 50 mètres de bitume et sur 150 mètres des gravillons en longeant le guier avant un autre virage à 90°, on va contourner 1 terrain de foot et un de rugby, virage à gauche puis après 100 mètres virage à droite et 100 mètres plus loin le ravito secondaire. On fait ensuite 30 mètres et l’on retrouve l’aire principale du stade, on passe sous une cage de foot, on passe devant le camping car OIGNON, on longe un petit grillage et virage à gauche on rentre sous le chapiteau, et voilà la boucle est bouclé. Tient je suis déjà revenu là, j’ai l’impression que j’y étais il y à peu….
Les tours s’enchaînent, le soleil se couche, déjà huit heures de course et mon allure semble baisser un peu, je fais les tours entre 8min30 et 9min30 car je commence à m’étirer un peu et il commence à faire plus frais, je ne sais pas si je vais attendre minuit pour m’arrêter.
Mr OIGNON est avec son tel, je pense qu’il doit donner de nos nouvelles aux autres UFO qui sont derrières leurs PC, il nous passe les encouragements de MILLESPATES, me présente LES2MICHEL
Toute les 50min je récupère un peu.
A 10h05 je décide de refaire un autre massage, et de mettre la tenue pour la nuit. Dans l’infirmerie il y a déjà des dégâts, un coureur est arrêté pour problème au cœur, un autre à cause du genou. Pendant le massage j’en profite pour bien récupérer, on est bien allongé, en plus je sirote mon isostar…mhum quel pied...
Apres 35min d’arrêt je repars… maintenant ça va être le plus, il faut passer la nuit…
L’ambiance est au max au stand ravito n°2.
Je suis reparti à l’allure de 8min au tour. Je me fais toujours doublé par l’infatigable CHICO,
Je décide de courir 1 heure et de faire une pause de 5 min pour étirements. Apres minuit mon allure est a 8min30, je ne vois plus LEONARD il doit être de l’autre coté du circuit, c’est sur je vais moins vite ça va devenir dur. J’avais déjà sorti mon baladeur mp3 depuis un moment pour garder le rythme, mais petit à petit je sombre dans une étrange torpeur, c’est comme si je rentrais à l’intérieur de moi-même.

J’ai passé le 100 en 13h10 mais maintenant c’est là qu’il faut s’accrocher. Je fais abstraction de mon corps et m’enfuit dans ma musique pendant que mes jambes avance.
Je bois un petit café.
Je décide d’aller me faire masser 4 tours plus loin. Il est 2h15, j’ai froid et je commence à réaliser que ça ne va pas être si facile de faire 160 Kms…mon moral en prend un coup mais je reste au dessus.
Le massage m’a paru interminable, il y avait du monde, j’ai mangé 3 cuillères de pâtes, et suis reparti après une heure d’arrêt.
Je fais du 9min au tour. Au ravito n°2 les bénévoles crient maintenant nos prénoms. Pendant mon arrêt LEONARD n’a pas fléchit, il a même maintenant 3 tours d’avance sur moi, quel classe une vrai horloge, il est remonter avec un petit ressort sans doute.
Au bout d’une heure de course je change de tactique. Je me suis aperçu qu’en courrant 3 tours en 8min45 je m’arrêtais 5min pour m’étirer, je ne faisais que 5 tours à l’heure alors qu’en marchant une moitié et en courrant l’autre c’était plus facile et je faisais 6 tours à l’heure.
Je continue donc avec cette nouvelle tactique qui me parait plus facile, seulement si je veux faire 160 Kms il ne faut plus que je m’arrête.
A 5 heures du matin je suis à 120 kms.
Maintenant j’attend le lever du jour, et il y a toujours CHICO qui me double, je vois de temps en temps FURET, LEONARD mais on ne se retrouve ensemble que très rarement.
Le jour se lever et la boucle aussi, les coureurs qui avaient choisi de dormir se remettent à courir et ils vont vite.
C’est beau tout le monde est heureux, je sais que si je continu comme ça je peux les faire les 160kms.
A partir de 8 heures je ne fais que marcher, j’ai passé les 140 bornes, je suis heureux, mais j’ai un peu mal aux jambes. Maintenant c’est ma tête qui dirige tout. Je retrouve LEONARD que je n’arrive pas à suivre en marchant. Il fait ça depuis plus de 15 heures quel force.
La fin de la course est proche et une grande émotion commence à monter…
La 23eme heure je me remet un peut à courir pour passer à 160kms, et puis encore 4 tours et je m’arrête 166,8kms en 23h45.
Je pleure comme un gamin, mes nerfs lâchent….

Epilogue

En fait la souffrance à vraiment commencer après la course car je ne pouvais plus marcher et en plus les kiné n’étaient plus là. J’étais un peu en état de choc, je grelottais, ma tête tournait lorsque je me levais, j’étais en hypoglycémie, il faut dire que je n’ai rien mangé depuis 6h du matin.

Je remercie chaleureusement TOUS CEUX QUI qui m’ont suivi une bonne partie de la nuit, tous les bénévoles et tous les UFO.

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