Les Templiers c'était mon dernier gros objectif de cette année. Une course qui me faisait rêver depuis un petit temps. Une course qui me semblait inaccessible il y a 2 ans seulement… Et maintenant le rêve est devenu réalité : je suis devenu ce we finisher de cette course de légende.

Le village de Nant
La route est longue depuis la Belgique pour arriver en Aveyron. C’est assez fatigué que j’arrive à Nant dans l’après-midi mais l’ambiance qui règne ici est magique et l’excitation prend le dessus sur la fatigue. Je fais un dernier entraînement de 30min avec ma femme dans les rues de Nant pour me dégourdir les jambes. Je décide de manger ce soir à l’hôtel Durzon où nous passons le we plutôt que d’aller à la pasta party pour ne pas trop me stresser avant d’aller me coucher. Un stillnox et hop un gros dodo…
4h00 : le réveil n’a pas le temps de sonner que je suis réveillé par le boucan qu’il y a déjà dans l’hôtel. ALERTE GENERALE !!! C’est aujourd’hui le grand jour tant attendu. Il est déjà temps de s’engloutir les céréales et de s’habiller. Tenue du jour : cuissart et t-shirt manches courtes + veste coupe-vent. Je vérifie le contenu de mon sac : poche, gels, couverture de survie, sifflet, bâtons, et tutti quanti.

On se rend avec Carole vers le centre du village. C’est magique. Des trailers sortent de partout et s’agglutinent sur l’aire de départ. Il va se passer quelque chose !!! Je ne suis pas stressé, juste content d’être là. Je me sens plutôt dans la peau d’un spectateur. Je me place dans le peloton dans le premier tiers je pense et j’attends le coup de départ.5h30: le départ est donné. Le peloton de coureurs s'étend doucement. La musique et les feux font la magie du moment. J’aperçois Carole qui filme. Un dernier coucou et c’est parti.Les premiers kms se font sur une route qui monte en lacets. Quel spectacle de voir toutes ces lampes!!! Tout le monde est très excité!!! On parle beaucoup autour de moi. Je dépasse sans discontinuité un nombre impressionnant de coureurs. C'est ma première expérience avec la frontale, aussi je me méfie quand nous quittons la route pour entrer dans le vif du sujet. Une chute pourrait vite arriver. Un petit bouchon se forme dans la première montée assez raide. Rien de grave. Ensuite on déroule pour arriver au premier ravito. Je suis à fond dans ma course. Le jour se lève.7h05: ravito de Sauclières. Je suis 5min en avance sur le timing. Je remplis ma gourde et repars aussitôt. Une spectatrice m'annonce que je suis à la 735ème place si je me souviens bien. Il y a un monde incroyable ici.
Vient ensuite la montée vers le St Guiral. Dans la montée, je retire ma veste et ma frontale et je prends mes bâtons qui étaient jusqu'à présent dans le sac. Les bâtons m'aident bien dans le final lorsque la pente devient plus forte. Plus grand monde ne parle, les visages se crispent, la course commence vraiment. Les paysages au St Guiral sont splendides avec le brouillard encore présent dans les vallées. La descente sur Dourbies ne présente pas de difficulté mais je temporise pour ne pas trop m’exploser les cuisses. Je regarde ma montre, déjà plus de 4h que je cours, le temps passe vite et c’est plutôt bon signe.

Dans le village de Dourbies, Stéphane Begaud

Dans le village de Dourbies, Thierry Breuil

Dans le village de Dourbies, Christophe Malardé, suivi de Thomas Lorblanchet et Yoann Meudec

Dans le village de Dourbies, Gilles Guichard, le vainqueur 2006

Dans le village de Dourbies, Thomas Véricel
9h55: ravito de Dourbies. La montée dans le village est fantastique. Allez Olivier, allez Olivier !!! Je me retourne croyant que quelqu’un me connaît. Ben oui, je suis con, c’est écrit sur mon dossart ! J'aperçois Carole qui filme et je lui donne RV après l'aire de ravito. Je remplis le camel et je repars avec de la banane. Bisous à ma chérie et c'est reparti. On se donne RV à St Sulpice. Je pointe alors aux alentours de la 450ème place. Waouw !!!

Au ravito de Dourbies
Vient ensuite la montée vers la crête du Suquet. Je me sens en pleine forme. Les sentiers deviennent plus techniques et j'aime ça. La descente sur Trèves est un régal. Dommage que certains petits bouchons se forment car j'aimerais descendre plus vite maintenant pour gagner des places. Mais plutôt que de prendre des risques, je préfère rester derrière en temporisant un peu.
11h15: ravito de Trèves. Je suis en avance de 15 minutes sur le timing, sur les traces de 9h15 à l'arrivée. Je commence à réaliser que je suis dans un bon jour et que je vais faire mieux que prévu. Je remplis ma gourde très vite et repars immédiatement aux alentours de la 400ème place.


Ensuite pour sortir de Trèves, on monte à nouveau. Je suis très prudent. Il ne faut pas se griller. Je sais qu'après la montée il va falloir relancer sur le plat pendant quelques kms. Chose dite, chose faite. Je relance sur le plateau et je dépasse pas mal de coureurs qui commencent à souffrir. Je me fais dépasser par Werner Schweitzer. J'essaie d'accrocher le rythme du vétéran pendant quelques centaines de mètres mais je suis obligé de le laisser partir. Quelle forme il tient ce Werner !!! C'est à ce moment de la course que je rejoins marathman visiblement à cours de jus. On discute un peu. Plus tard, je vais rattraper Werner dans la descente sur St Sulpice. Malgré les cordes, il n'y a aucun bouchon. Je suis content d'avoir pris mes gants. J'attrape la corde et me laisse glisser. Werner tombe. Je le regarde et on rigole un coup. La suite de la descente est très technique et on dévale vers St Sulpice. En bas, on doit remonter un peu pour arriver au village. Et là, je comprends qu’il se passe quelque chose. J'ai un soudain coup de bambou avant d'arriver au ravito.12h55: ravito de St Sulpice. Carole m'attend et me dit que j'ai mauvaise mine. Je m'assieds pendant qu'elle s'occupe de me ravitailler. Je me dis que j'ai pris trop de gels et je décide prendre du pain et du fromage dans mon sac. Je quitte Carole et lui fixe RV vers 15h à Nant pour terminer comme prévu.
Vient la montée pour sortir de St Sulpice. J'essaie de manger le pain mais je n'y arrive pas. Plus rien ne passe. Un peu plus loin, je suis obligé de m'arrêter pour vomir. Il commence à faire chaud et la montée me fait souffrir. Bref c'est la cata. Je ne comprends pas ce qui m’est arrivé en aussi peu de temps. La suite, c'est le chemin de croix. Je marche quand je peux. Je me couche de temps en temps pour soulager mon ventre. Plus question de courir. Mon ventre me fait trop mal. Je me fais alors dépasser par des dizaines de coureurs. Plus question de finir sous 9h30. Je me fais doubler successivement par marathman puis ludo avec qui je cours de temps en temps dans le Nord. J’échange quelques mots mais je ne peux suivre. Enfin, à 5kms de l'arrivée, je m'arrête au poste de secours et je demande des médocs pour mon ventre. Je m'allonge encore quelques minutes. Je peux même oublier de passer sous les 10h maintenant. Je repars en marchant et j'essaie à nouveau de courir. J'y arrive tant bien que mal, les médocs semblent agir. Je fais le yoyo avec marathman et il me motive pour terminer sous les 10h. Je lui dis que ce n'est plus possible mais il me dit que si. Du coup, j'essaie de relancer la mécanique et on entame bientôt la descente du roc nantais. C'est dur mais la descente n'est pas trop longue. On entre maintenant dans le village de Nant. C’est la délivrance !!!
15h20: après 9h50 d'effort, j'arrive à Nant et je franchis la ligne en duo avec marathman. Je suis très ému mais aussi très fatigué. Je m’écroule peu après la ligne d’arrivée. Je réalise que je viens de terminer la grande course des Templiers. Ca y est je suis finisher !!! et complétement cuit…

Conclusion : Une superbe course à faire absolumment !!! Le parcours est beau mais c’est surtout l’ambiance qui règne tout le long du parcours que je retiendrais. A retenir aussi l’organisation exemplaire de la course. Merci à Carole ma femme de m'avoir encouragé tout le we! Bravo à l’organisation et à tous les bénévoles ! Bravo aux premiers, en particulier le vainqueur Thomas Lorblanchet que j’ai rencontré cette année sur la course de L’Oriente en Corse, et bravo aussi aux derniers qui ont terminé au courage à la frontale dans la nuit tombée sur Nant. Et enfin bravo à tous les kikous présents sur la course!
Commentaires
Amicalement,
Fabien.
fravo finischer
un grand bravo en tout cas. On se parle par mail pour une autre aventure ou un off ?
++
Séb
bises
agnès
Depuis de l'eau à coulé sous les ponts et j'espère te revoir pour cette édition 2008!
Merci pour ce CR et ces belles photos qui me serviront sûrement pour me faire une idée de ce qui m'attend ;o)
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