| L'auteur | La course | |||
| Kikoureur : Khanardô
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Au Ventoux avec Laurence
C'est l'histoire d'un Ventoux même pas ascensionné jusqu'à son sommet, par un type muni d'une sciatique à pleurer, avec un vent à décorner tous les cocus du monde.
Et à l'arrivée il faisait froid, alors la paëlla figeait dans les plats.
Ami lecteur, si tu aimes les récits de winers, les épopées où tout se déroule comme prévu par un staff sportif aux petits oignons, ne va pas plus loin et arrête ici toute velléité de me suivre dans mes pitoyables pérégrinations !
Par contre, si tu aimes les grand rendez-vous de copains, les trucs qui foirent, les poches à eau qui fuient et les pâtes de fruits qui collent dans leur emballage, reste encore un peu dans le coin, m'est avis que tu vas rire.
Pour autant, merci de respecter le canard et de ne pas -trop- se gausser.
Il appréciera.
Cela commence un samedi après-midi, avec Franck (Franki07) qui me rejoint à la maison. Il fait un temps de merde, la cheminée, euh, chauffe, et surtout, surtout, le matin même en attrapant un bol je me suis bloqué le dos. Un genre de sciatique façon « je suis assis sur un scorpion c'est pour ça que je me trémousse en permanence ». Dans la foulée je constate sur le site de la course que celle-ci, comme en 2006, ne passera pas par le sommet : trop de vent, trop froid.
Un anti-inf' au petit déjeuner, c'est sympa, c'est mieux que l'aérobic, mais rien n'y fait, la sciatique s'installe. Et quand on monte dans la voiture Franck et moi, c'est la croisière gérontologique qui démarre : une tendinite au genou pour lui, mon scorpion sous la fesse gauche pour moi.
Arrivés chez Françoise, je descends à quatre pattes de la voiture pendant que Xavier va chercher mon déambulateur préféré : du champagne pour l'apéro.
Lequel apéro sera pris chez Sandy, avant le repas pasta-saumon chez Françoise et Xavier. L'an dernier c'était raclette. Sûr que cette année on va exploser les records...
Françoise et Xavier ont préparé plein de photos de Laurence, et un grand cadre pour les agrandissements, qui seront proposés à la signature des coureurs. Je choisis de mettre la photo de Lolo sur le sac à dos, mais je sais pas encore comment je vais t'emmener là haut tu sais...
La nuit est courte, et serait bonne, si ce putain de scorpion n'avait pas investi tout le bas de mon dos en plus de la fesse. Je me débats pour trouver une position qui me permette de pioncer, mais chaque mouvement est une galère ; heureusement Pascale est restée à la maison (avec deux copines et deux enfants de plus), elle aura le lit pour elle toute seule...
Au petit matin, sans attendre les 24 heures préconisées par la notice, je reprend un anti-inf', me doutant bien que face au Ventoux, il risque de ne pas bien faire le poids... L'automédication, un mal français !
Et c'est donc raisonnablement dubitatif, voire même relativement découragé, que je me pointe à Bédoin avec Franck. Les premiers kikous sont déjà là, José et Christelle, Kikidrôme, Jack, Riri... Autant de kikous, autant de portraits de Laurence sur les sacs, photos de groupe... Je suis bien content de retrouver Défi Franck, arrivé au pied levé, et qui trouve un doss' au dernier moment pour courir avec nous ! Stéphane est là aussi, à une semaine de Saint Fons, il ne courra pas aujourd'hui et il vient nous supporter ainsi que sa compagne Séverine.
L'échauffement est une punition, je peux à peine courir. Ca va être dur dur. Je commence à envisager de faire les trois premiers kils et d'arrêter, ou bien de bifurquer sur le 22. Ouh là...
Vient le moment d'y aller, on se place et c'est sympa car le vent est moins fort au milieu de la foule des coureurs, et je suis bien abrité derrière le ch'ti Franck ! José (Joe One) lit le petit texte pour Laurence, et comme à Clansayes dimanche dernier, un moment de recueillement de tous les coureurs précède le départ. Merci à tous, merci à Serge et Christine, les organisateurs, d'avoir rendu cela possible !
Avant le départ

L’évocation de Laurence m’a bien redonné un peu de courage, mais le point de sciatique, cette saloperie de douleur est là et bien là. Les premiers kils sont pénibles. Je suis au Ventoux pour la sixième année consécutive, je sais très bien ce qui m’attend là haut. J’hésite longuement, souffle court, patte qui traîne, jusqu’aux premières montées. Mais je me rends compte que ça va pas trop mal en montant… alors je continue ? Ben oui. Et puis, avec tous ces portraits de Laurence qui me doublent, fixés sur des sacs de kikous, je vais pas les laisser y aller sans moi quand même…Alors je monte, comme une vieille mule malade (oui, j’exagère, je sais).
En route…

Je rattrape Pascaline avant le ravito, et nous y arrivons tous les deux ensemble, chacun avec ses douleurs et ses interrogations. C’est à ce ravito que nos chemins se séparent ; je dois bien dire que l’idée de descendre avec elle, ne pas faire le « grand » tour me passe par la tête. Mais la voir si déterminée alors qu’elle a au-moins aussi mal que moi, me motive, alors je lui claque un gros bisou et je regarde vers le haut, là où ou je suis déjà si souvent monté et là où j’emmène Lolo aujourd’hui.
Séparation des parcours 
C’est parti, la neige fait son apparition, il y en a peu, mais c’est très joli, et même en sortant de la trace ça porte bien ; je préfère ça, je me voyais pas enfoncer dans de la poudreuse ou de la croûte comme à Lans il y a un mois avec L’Blueb et Samont’ !
Montée dans la combe
Je donne une Sporténine à un p’tit gars du club d’Allex qui est pété de crampes, mais je le double quand-même, pas de pitié, arf arf, et j’arrive au Chalet Reynard où on me sert la soupe. Enfin, bon, façon de parler…J’essaye d’envoyer des petits SMS rigolos et des photos, mais le forfait est épuisé, ou il n’y a plus de réseau, bref, c’est le bordel, alors je me venge sur les pâtes de fruits. Pas mal de vent sur le haut, mais ça passe encore sans le très seyant coupe-vent gris « Kikourou genuine ».
Je retrouve là Franki07, et on plonge dans la descente. Aie aie aie, la sciatique se réveille, je ne peux pas lever la patte gauche, ce qui me donne une allure assez pataude, je suppose, de canard à la « dix heures dix », qui rase le sol et qui se tape le pied tous les cent mètres dans une pavasse (au moment où je rédige ce récit, l’un de mes ongles est en train de bleuir sévère, snif, adieu petit ongle victime collatérale de la sciatique…)
Au Chalet Reynard
De toute façon, ces combes, elles me sortent par les trous de nez (j’en parlais déjà dans mon récit l’an dernier, bref…). J’ai l’impression de faire du surplace, et Franck n’est guère mieux loti, sa tendinite est montée d’un cran, vers la hanche… Et en plus, le pauvre, il fait un « tout droit » et quelques centaines de mètres de trop, alors je le rattrape une fois de plus, et tous les deux, tels des copains clopant nous arrivons en bas des combes et autres bosses (il en reste quatre, et mon scorpion se révolte, j’ai le bas du dos en feu. Ouille).
Au dernier ravito, Xavier, Sandy et Christelle me rattrapent et me doublent, j’ai le moral dans les chaussettes. Les derniers quatre kils qui sont déjà bien casse c… en temps normal me font l’effet d’une véritable punition. Et ça monte, et ça descend, et ça monte, et je tape du pied, et ça descend… Franck reste avec moi, je peux pas serrer les fesses, ouille, alors je serre les dents, et on finit comme ça. Deux kils avant la ligne Maria m’appelle, ça fait du bien. On commence à en avoir partagé des courses hein Maria ? !
On termine ensemble avec Franck, jusque sous l’arche, où finalement on se marre bien, parce que, bon, hein, après tout… ! Joe One est là depuis une heure, de même que Forest, Riri… Avec Francki on a mis 5h34. En 2006 sur le même parcours j’avais mis 4h30, pas mal, je m’améliore bien avec l’âge ! Ah pétard…
Podium Maria
Heureusement que Kikourou ne comptait pas sur la graisse de canard pour monter sur les podiums : les filles avec Pascaline 5ème scratch et 3ème V1F, mais pas récompensée ( ?), Maria deuxième V1, et chez les gars, Julien alias Vizcacha, gentil et disponible comme tous les vrais champions, merci à toi, merci à eux tous, et bravo !
Podium Vizcacha
Lolo, bien au chaud dans notre cœur à tous, tu aurais été bien contente de ces belles perfs, et aussi sans doute bien amusée de voir des pégrelus comme moi tenter malgré tout d’avoir l’air et de faire impression !
Commentaires
Merci l'ami....
Jérome
Bonne récup, essaie quand même de trouver un ostéo rapidement, ça aide!
au plaisir de se revoir bientôt
manu
eh oui, qu'on commence a en partager quelques courses........
et c'est que le début.......
bises maria
Lola
Merci Alain, t'es peut-être un Kanard boiteux, mais t'es un sacré kikou...
Merci pour le CR et les photos.
A+
Eric
photos
quel courage de finir la course dans cet état
un bel hommage à lolo
a+
laurent
Bonne récupe à très bientôt
« Qui sait souffrir peu tout oser »
Amicalement
Bisous
Merci pour ce superbe récit, ces très belles photos, tu as emmené Lolo là haut, à ton rytme de vaillant blessé !!!
Bisous
Taz
FELICITATIONS pour ton parcours, car la douleur de sciatique je connais également. Comment as-tu pu faire autant de km ? Je suis toujours impressionnée par tes récits mais là ! Chapeau bas Monsieur Khanardo ! RESPECT. Au plaisir de te rencontrer un de ces jours.
Une petite Chti qui salue un bien grand Monsieur.
Course tout en courage et stoicisme ...
Après 6 ans, je pense qu'il est grand temps que tu t'attaques dorénavant aux Citadelles, surtout qu etu as l'air d'avoir le niveau ;-)
Pret pour t'accompagner
Duck becomes Duke ;-)
Ce genre de course au mental, mérite le respect.
Bravo Khanardo.
JC
félicitation pour ton podium.
et c'était un plaisir de fair la connaissance.
peut'éttre sur un autre trail.
toto
des conditions quand même pas simple, et douloureuse (la sciatique j'en connais un rayon).
bon repos, bonne récup,
Fimbur
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