Récit de la course : Trail des Cerfs - 50 km 2008, par Akharan

L'auteur La course
Kikoureur : Akharan
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Akharan
Course : Trail des Cerfs - 50 km
Date : 25/5/2008
Lieu : La Queue Lez Yvelines (Yvelines)
Autres récits : il y a 6 autre(s) récit(s) de cette course dans la base.
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Distance : 50 kms
Matos :
Objectifs : Pas d'objectif

Deuxième trail long de l’année, 4 semaines après les 54 km caniculaires de la Farouch’ de Cheptainville. Je ne me suis inscrit qu’assez tard, ayant eu bien des difficultés à me remettre de ma farouche sortie précédente. Mes  jambes se sont en effet refusées à moi une semaine durant, avant de concéder quelques footings la semaine suivante et de tolérer la reprise d’une activité décente, quoique ralentie, les 2 dernières semaines. J’espère qu’elles ne chafouineront pas trop aujourd’hui et accepteront les 50 km à venir.

 

4h15 mon réveil lui-même est désemparé de devoir sonner à une heure si matinale. Je me lève péniblement pour aller mâchouiller avec une joie toute contenue ce raffinement de gastronomie qu’on appelle gatosport en me demandant qui peut se targuer à cet instant de ressentir plus de bonheur que moi ? La réponse me vient rapidement ; celui qui a la chance de dormir encore à pareille heure est forcément plus heureux que moi !

 

6h00 débarquement sur les lieux de la course où, malgré un horaire à ne pas mettre un akharan dehors, il y a déjà du monde qui papillonne. Je vois défiler devant moi des maillots de l’UTMB, des Templiers, de la Saintélyon, de l’Origole, des UFO, … Pas de doute, je suis bien au bon endroit ! J’arbore fièrement le maillot des Kikourous en représailles, cherchant du regard un autre rougeoiement dans la lueur matinale mais en vain ; je croiserai , étonnamment vu le nombre d’inscrits, assez peu de kikoureurs aujourd’hui. Les quelques ondées tombées dans la nuit sur les Yvelines les auraient-elles dissuadé de venir, je n’ose y croire !

Rapide passage par le stand de l’organisation où je récupère mon dossard et un buff … mhmm … pas forcément si simple que ça à porter ; je vais peut-être encore garder un moment celui de la Farouch  ^^

 

7h00 le départ est donné, un peu plus de 200 concurrents s’élancent dans des conditions climatiques idéales (température assez fraiche avec un soleil naissant). Le début du parcours est assez classique, alternant passages dans les champs et dans les sous-bois. Un petit groupe de 3 coureurs se détache à l’avant, je me situe pour ma part dans un second groupe, autour de la 10ème place. Peu habitué à un départ si matinal, j’ai du mal à me lancer, j’ai l’impression d’être totalement rouillé…

 

7h45 petit à petit mes articulations, mes muscles se chauffent, je retrouve une foulée habituelle. J’ai bien conscience que mes jambes sauront me faire payer en leur temps les efforts que je leur réclame mais j’ignore pour l’instant la menace et profite de mon regain de forme pour prendre la tête du groupe dans lequel je me trouve. Rapidement, au gré d’un passage boueux en sous-bois comme je les affectionne, je m’échappe à la poursuite des 3 coureurs de tête qui ont disparu de ma vue depuis un moment.

Cette échappée en solitaire va se révéler exceptionnelle. Je me retrouve seul dans la forêt, illuminée de quelques rayons de soleil qui percent entre les arbres, à me laisser guider par des sentiers sablonneux qui serpentent au milieu de dunes d’arbustes et de fougères. Déconnecté de tout, à des années-lumière de la réalité du quotidien, je profite pleinement de ces instants, irremplaçables.

 

8h25 retour sur Terre. Depuis quelques minutes j’apercevais au loin les maillots de 2 des concurrents situés devant moi. Je les rattrape au gré du 1er ravitaillement, placé au 21ème km et sur lequel je ne m’attarde guère (il m’a semblé toutefois très fourni). S’en suit une portion de course à 3, jusqu’à arriver sur une zone que l’organisateur avait annoncée comme quelque peu marécageuse … La notion de marécage est très relative. Le coureur habitué à arpenter le bitume se sera sans doute cru au cœur des marécages de Guyane alors que le coureur ayant pris le départ de l’Origole cet hiver aura trouvé la zone relativement sèche et désertique ! Quoi qu’il en soit le niveau de la boue dépasse largement le haut de mes chevilles me contraignant à une prière muette au Dieu des chaussures pour qu’il protège mes lacets d’une rupture qui ne pourrait qu’être catastrophique … Ma prière est exaucée (ouf !) et une nouvelle fois la zone boueuse se révèle à mon avantage, me permettant de creuser un écart avec mes compagnons du moment.

Par contre mes chaussures, mécontentes du traitement subi, en profitent pour couiner lamentablement 10 minutes durant, frappant de stupeur une biche qui paissait tranquillement le long du sentier (au regard de mes connaissances animalières, je ne garantis pas totalement l’exactitude de la biche ; disons qu’avec certitude il ne s’agissait ni d’une girafe, ni d’un marcassin donc au pire, on peut considérer qu’il s’agissait d’un animal à mi-distance entre la girafe et le marcassin !).

 

9h00 seul à la seconde place, je reviens avec une rapidité surprenante sur le coureur de tête. Pas si surprenant a posteriori car j’apprendrai à l’arrivée qu’il souffrait de quelques troubles diversement digestifs (aussi appelés syndrome du lutin semble-t-il). Et, autre surprise, il s’agit d’un kikoureur (et surtout d’un ultrafondu !). Rapides présentations dans une montée ; j’avoue que mon système neuronal, tournant un peu au ralenti à ce moment, ne me permet pas de saisir son nom, ni lui le mien d’ailleurs ^^. Le forum m’apprendra ensuite qu’il s’agissait de le G.G.O. Nos chemins s’écartent rapidement, son état de forme du moment ne lui permettant pas de courir à son niveau. Il finira malgré tous dans les 10 premiers, ce qui n’était sans doute pas évident dans ces conditions.

 

9h45 environ ; voilà 3/4 d’heure que je suis seul en tête, sans trop d’informations sur les coureurs derrière moi. Mes jambes commencent à manifester leur mécontentement, je n’en attendais pas moins d’elles. Jusqu’alors j’enchainais les montées en courant sans trop de difficultés et désormais, une envie de plus en plus forte me prend à chaque fois de marcher au moindre dénivelé. Je me fais violence à chaque montée pour ne pas céder à la tentation et relancer systématiquement. C’est purement psychologique, je me rends bien compte que je ne vais guère plus vite en courant en montée que si je marchais. Mais je sais que si je commence à baisser les bras sur une montée, je n’aurai plus la motivation pour en affronter aucune ensuite.

Et, alors que j’en suis à ce stade hautement avancé de mes méditations, je vois surgir 2 coureurs devant moi : je viens d’opérer la jonction avec le parcours du 35 km (quasi totalement commun avec celui du 50 km). Je ne tarderai pas à rejoindre également celui du 20 km.

 

De fait, jusqu’à l’arrivée, je vais évoluer avec les coureurs des 2 autres parcours ; à ce, un avantage et un inconvénient :

Un avantage psychologique ; alors que je commence à être un peu en difficultés, croiser d’autres coureurs a un effet motivant. Même si on ne va pas à la même vitesse, les voir permet de fixer des points de repère. Le temps passe plus vite au gré de quelques mots échangés. Je rencontre d’ailleurs mon 2ème kikoureur du jour, Ogo78, au détour d’une montée. Je l’autorise d’ailleurs à m’avoir trouvé quelque peu associable car, après quelques paroles, je me suis rapidement éclipsé ne sachant toujours pas où en étaient les coureurs derrière moi. Mais c’est promis, la prochaine fois on se décapsulera une mousse !

Un inconvénient en terme de course ; allant un peu plus vite que les coureurs  que je rattrape (notons que c’est cohérent, je ne les aurais pas rattrapé sinon !) je me retrouve à doubler bon nombre de personnes (au moins une centaine jusqu’à l’arrivée). Le sentier étant en partie monotrace (notamment dans un passage de dunes superbe au milieu de fougères), doubler n’est pas toujours de la première évidence. Je plonge dans les buissons dans tous les sens en hululant « attention à gauche … à droite … » à des coureurs parfois désemparés, se demandant sans doute d’où débarque ce sauvage en maillot rouge !  Mais au moins, pendant que je zigzague à tout va, j’oublie totalement l’état de mes jambes et les contrains à repousser sine die leur vengeance !

 

10h30 passage au 2ème ravitaillement, km 44. Je ne m’attarde pas, je sens que l’arrivée est proche, je jette mes dernières forces dans la bataille. Un coup d’œil sur ma montre m’informe que je peux espérer gagner l’arrivée en moins de 4 heures. Je sais bien que le temps n’a aucune signification sur trail mais cette petite barrière psychologique des 4 heures me titille l’esprit et je me décide à ouvrir les hostilités à son encontre !

La coup va passer très près, à 3h 59min 30sec je suis à l’entrée du stade, convaincu de ma victoire grandiose et futile sur le chronomètre … et je découvre avec abattement que l’organisation nous a réservé un dernier tour de stade avant de gagner l’arrivée ! Je range mes chants de victoire dans mon camelbak et je boucle ce dernier tour en petites foulées, pour terminer en un peu plus de 4h 1min, damned !

Je finis vainqueur avec une dizaine de minutes d’avance sur mes poursuivants, englués eux aussi dans le trafic sur la fin.

 

11h30 ca y est, mes jambes profitent de ce que l’excitation est un peu retombée pour passer à l’offensive ! Je commence à avoir mal de partout, des difficultés à gravir les quelques marches autour du gymnase … Je leur concède un petit passage par les douches, qui va me permettre de faire connaissance avec 2 autres kikoureurs. Tout d’abord le Koureur des Bois que j’ai enfin plaisir à rencontrer. Après nous être croisés anonymement sur plusieurs courses, il était grand temps de lier connaissance, voilà chose faite ! Ensuite Philcrux au travers d’une petite réflexion sur le meilleur moyen de se bloquer le dos avec un tee-shirt kikourou, ce n’était pas évident ^^.

Quelques temps plus tard j’aperçois un tee-shirt kikouresque au loin, vraisemblablement porté par Chris78. Mais ma motricité réduite du moment ne me permet pas le la rejoindre à temps ...

 

12h30 remise des prix. Sophie, ma compagne, m’a rejoint après avoir porté victorieusement nos couleurs à la Ronde des as de Bruyères le Châtel. Lot de circonstance en ce jour de Ste Sophie, le bouquet de fleurs que m’offrent les organisateurs lui revient. Je remporte également une paire de running New Balance qui vont me permettre de tester cette marque que je fréquente assez peu. Quelques derniers mots échangés avec le Koureur des Bois et un de ses acolytes néo-trailer et nous voilà quittant la Queue lez Yvelines pour revenir (avec regret ?) à la vraie vie.

 

Lundi 6h15 réveil inattendu lié à des douleurs lancinantes au niveau de la cuisse gauche. Rapidement la localisation des douleurs s’étend aux 2 jambes …. La récupération n’est toujours pas mon fort, en route vers quelques journées boitillantes du plus bel effet !

 

Au final :

Une course superbe notamment en son cœur, du 5ème au 45ème km environ, avec des enchainements de chemins, de sentiers, de passages sablonneux, de dunes … le tout dans une végétation très variée (sous-bois, forêt, fougères, …)

Une course assez roulante à mon sens. Toutes les portions peuvent être courues ; le dénivelé se présente plus sous la forme d’une répétition de bosses (les dunes le plus souvent) que sous la forme de grandes montées ou descentes. Pas de parties très techniques (les portions les plus délicates le devaient à la boue)

Une très bonne organisation. Un balisage impeccable (rubalise, panneaux, marquage au sol) avec, en amont de la course, des bénévoles en VTT qui vérifiaient la bonne présence du balisage. De nombreux bénévoles sur le parcours. Des ravitaillements très fournis, en course ou à l’arrivée.

Des consignes pour les affaires pendant la course, des douches à l’arrivée, possibilité de massages (je n’ai pas testé par contre !)

 Après tout ça, que demande le peuple ?

Commentaires

Le 27/05/08 à 16:53, commentaire de chris78
Super ton CR !!! A méditer pour essayer de progresser...
En fait on a du se croiser également sur le parcours car je me souviens d'une fusée qui criait "à gauche, à droite.." !! Mais vu la vitesse.... je n'ai même pas pu distinguer la couleur du maillot !!
Félicitation encore !!! Et avec de nouvelle basket NB, tu vas courir encore plus vite.. fichtre !!!

Le 27/05/08 à 17:28, commentaire de JLW
Bravo Akharan, 2 trails et 2 victoires, que demande le peuple en effet ?
En plus de la victoire, ton récit est très agréable à lire et ton "animal à mi-distance entre la girafe et le marcassin" ce serait pas plutôt un zèbre ... ou un dromadaire ?
Trêve de plaisanterie, encore bravo et maintenant travaille la récup.

Le 28/05/08 à 09:54, commentaire de shunga
Bon récit avec quelques notes d'humour. Moi c'était plutôt L'Invasion des Limaces Oranges (après vérification...) le week end dernier mais chacun sont truc. J'ai hâte de croiser une de tes bêtes étranges.
Bravo.

Le 28/05/08 à 14:28, commentaire de philcrux
Superbe Cr Akharan, bravo. Très bien détaillé avec beaucoup d'humour. A sa lecture, on a l'impression de suivre une mini tornade, une fusée mais une réflexion me vient à l'esprit à sa lecture, comment fais tu pour être aussi facile en course? Donnes nous donc le secret de tes séances d'entraînement afin que certains puissent avoir l'espoir de te suivre juste un peu lors des compéts! ;-)

Le 28/05/08 à 21:43, commentaire de Le Koureur Des Bois
Tu nous sers un joli CR bien écrit. D'ailleurs tu a l'air d'être aussi facile à courir.
Encore bravo.
A bientôt dans le coin, pour un Off si le coeur t'en dis, je te servirai de guide.
n'aurais-tu pas emprunté le dos de ce drôle d'animal ?

Le 28/05/08 à 21:45, commentaire de le G.G.O.

Bravo ! et rendez vous à Rosny pour quelques kilomètres ensemble ?
ah oui, quelques infos sur le syndrôme du Lutin :

http://www.kikourou.net/recits/recit-2834-trail_de_la_vallee_de_la_vere_-_30_km-2007-par-le_lutin_d_ecouves.html

A la revoyure !!

l'GGO

Le 12/06/08 à 23:04, commentaire de jac
AH je me suis taté pour y aller .......
et j'ai préféré soigner ma récup du coup je me suis fait le 35km de la Galopée le 8 06 j'ai fait un cr .
Quel beau podium a nouveau 1 mois après Cheptainville, ton cr est au top, connais-tu le dicton jamais 2 sans 3 lol... encore bravo
et a bientôt j'espère.


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