| L'auteur | La course | |||
| Kikoureur : aleksou
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| Semi-marathon de Paris 2009 | ||||
Je vous propose maintenant de vivre la course du 8 mars 2009 avec moi…
A la demande de Gilles, voici un petit résumé de ma première compétition depuis… très longtemps.
Tout est parti d’une galéjade, un défi lancé par un nouveau collègue arrivé tout droit de la Direction de la Jeunesse et des Sports : “et si je nous inscrivais pour le semi marathon ?” balance-t-il un matin ! Et voilà…
7h30 : après 6 mois de dur labeur ; 600 kilomètres parcourus et 6 bons kilos de moins (car j’ai pris les choses au sérieux) me voici en route pour le semi marathon de la capitale.
8h15 : je tourne dans l’allée qui mène aux installations du stade Pershing. Les collègues sont là, je les sens tendus derrière une apparente décontraction. Je les laisse partir devant, pour le moment j’ai envie d’être un peu seul pour me concentrer. Je bois un peu et fais pipi 5 fois au moins ; un vrai cabot…
9h30 : revêtu de mon dossard jaune des 1h35, et protégé par un sac poubelle, je me dirige vers l’esplanade du château de Vincennes quand tout à coup je me demande si je n’ai pas usurpé mon placement dans ce sas juste derrière les rouges et les préférentiels ? Autre inconnue : j’ai dû me racheter des chaussures à cause d’un trou apparu dans la tige de mes Nimbus ; je vais donc prendre le départ avec des Kinsei vieilles de…16 kilomètres.
Pour donner le change je chausse mes lunettes noires, malgré l’absence de soleil, et je prends un gel d’attente saveur pomme que je tète d’un air détaché.
9h40 : je prends place dans mon sas, les mecs autour sont au moins aussi impatients que moi, je le sens, ce sont des compétiteurs dans l’âme. Le cardio est déjà à 95.
9h50 : la pression monte d’un cran, le speaker présente les athlètes internationaux qui se préparent à l’avant et annonce les dernières minutes avant le départ. Les barrières entre sas jaune et rouge sont extirpées sur les côtés et la masse s’avance de 10 bons mètres. Les concurrents jettent les ponchos en plastiques aussi loin qu’ils le peuvent, cette vision a quelque chose d’irréaliste, je n’en reviens toujours pas de m’être laissé embarquer dans cette aventure. Cardio 110.
9h58 : cette fois-ci on est serré comme des crêpes, j’essaye d’avancer un peu histoire de gratter quelques centimètres sur les kenyans et les éthiopiens ; je suis sur le point d’amorcer une très belle remontée au moment où le départ est donné…
10h00 : cardio 120 au kilomètre zéro. Je m’élance (façon de parler) et à ma grande surprise je ne piétine pas trop ! Il y a bien quelques frottements, et même une chute dans la descente qui précède le virage serré sur la droite et la remontée du Bd Soult, mais l’ensemble des coureurs a une belle allure. Un coup d’oeil à la montre me renseigne entre 2 évitements d’autres coureurs pour une allure de plus de 14 km/h ; c’est trop rapide pour moi, je le sais, mais je suis si bien placé que je ne veux pas ralentir encore. J’ai la lucidité de me promettre de baisser l’allure dès la fin du boulevard et le virage à gauche sur le Cours de Vincennes.
Kilomètre 3 : 13 minutes depuis le départ. Je vois se profiler le virage vers Nation et j’imagine déjà la descente qui suivra, vers Bastille et puis Rivoli. L’idée de la descente après le premier 5000 me fait du bien, au moins mentalement.
Chose promise chose due, je lève un peu le pied : le cardio affiche 173 pulsations par minute, le GPS 13.7 km/h… La prise de vitesse me laisse perplexe : elle ne cesse de varier, je ne dois pas être le seul avec ce type de joujou ; autour de moi ça siffle, ça sonne, ça souffle dur. Certains sont déjà dans leur zone rouge… La ligne droite vers Nation s’étale devant moi.
Kilomètre 4 : 17 minutes et des poussières. Je suis toujours bien et je commence à penser au kilomètre 5 et au premier ravito’… Boira ou ne boira pas ? J’ai chaud et je sens que le maillot colle déjà… Il faudra boire pour éviter la surchauffe.
Kilomètre 5 : 21’54 !
Mais où est ce maudit ravitaillement ? Je débouche sur Nation et je suis à la corde près du centre de la place alors que le ravito’ est placé tout à gauche, zut !!!
Je suis tellement pris de court que j’hésite, je dévie ma trajectoire une 1ère fois, une 2ème pour éviter un ovni qui traverse en diagonale, avant de me raviser pour continuer tout droit !
Une idée m’est venue ; je tendrai la main et un coureur déjà ravitaillé me filera le reste de sa bouteille. La solidarité entre coureurs amateurs existe comme chez nos amis motards, et bientôt, dans la descente du Faubourg St Antoine, un gars sympa me file à boire.
Je m’en veux de ce cafouillage sur ce 1er ravitaillement : j’ai perdu un temps précieux en m’oubliant dans mes pensées.
Bastille se profile devant mes chaussures et je reviens à ma concentration. Un oeil au tableau de bord : 13.6 km/h dans la descente, je trouve que ce n’est pas beaucoup…
Le cardio affiche pour sa part 174 ; je suis à la peine et j’approche tout juste du 8ème kil’ me semble-t-il… Flûte.
Pour autant ma lucidité est intacte et j’analyse parfaitement ce qui se passe : j’ai tellement rôdé ce parcours de 9 kilomètres autour de la maison, à l’entraînement le soir, que mes jambes s’en souviennent ! Il faut que je trouve un moyen de relancer ma foulée… J’ai un peu forcé la “mécanique” en début de course mais je ne pense pas m’être cramé comme on dit.
Sébastopol – Victoria - Hôtel de Ville
Kilomètre 9 : les meneurs d’allure des 1h35 sont sur mes talons, ma petite avance a fondu et je sais par expérience qu’il sera très difficile de prendre le train en marche ; mentalement il est toujours dur de se faire « reprendre ». Je continue de me focaliser sur le chrono des 10k pour essayer de garder le moral.
Avec le recul je peux dire que ce kilomètre, entre le 9ème et le 10ème, a été le plus dur de la course. La montée du Bd Henri IV est terrible et ce, malgré les efforts des orchestres pour qui je m’efforce d’avoir des sourires grimaçants. Je balance mes gants qui sont de trop à présent.
L’arche noire du 10k se profile enfin pour le 2ème passage à Bastille : mon chrono me renseigne sur un temps très légèrement en dessous des 45’, j’espérais mieux dans cette première partie de course que je savais très rapide…
Les meneurs d’allure jaunes sont maintenant 250m devant moi dans l’avenue Daumesnil. Je suis rouge de chaleur à l’amorce de cette montée et la pensée qui me vient à ce moment-là est de me demander comment gérer la chaleur de juin pendant la Course des Laveuses… Mais à quoi s’occupe-t-on l’esprit en course, je vous le demande !
Kilomètre 12 : je commence à accuser sérieusement le coup lorsque je sens sur mon visage la douceur de la pluie. A cet instant c’est une véritable bénédiction qui me fait oublier la pente de l’avenue Daumesnil ; cette montée n’est finalement pas la difficulté que je redoutais. Je fais attention dans la descente très raide de la rue Taine, d’autant qu’un autre coureur se vautre à plat ventre, et la remontée de Charenton qui suit me fait mal. Je ne suis plus qu’à 11.5 km/h, il me tarde d’arriver sur le kilo 15 : Suzanne doit m’y attendre avec son père ; je sais que les voir me fera du bien !
Kilomètre 14 : J’ai repris un peu d’allure. Un coureur dont le chrono s’est arrêté me demande mon temps de course…1h04’. Je blague sur les Kenyans qui ont déjà une coupe de champagne à la main, le mec ne se marre pas, je laisse tomber…
Un rapide calcul me confirme que je ne suis pas si mal que je le croyais. Quelqu’un annonce les meneurs jaunes à une minute devant nous. J’anticipe sur le gel coup de fouet que je gardais pour le 15ème, je sens que c’est maintenant qu’il me le faut.
Kilomètre 15 : pas de Suzanne ! On a dû mal se comprendre mais je me dis aussi que cette pluie, gênante maintenant qu’elle m’a détrempé, l’a peut-être amenée à se replier vers une zone plus abritée. Je me mets à slalomer sur cette avenue de Gravelle : un coup à gauche, un coup à droite… Je cherche Suzanne des deux côtés mais je ne la verrais jamais… Maintenant j’ai froid.
Kilomètre 19 : je prends mon gel prévu pour le kilomètre 20. Un speaker harangue les coureurs en leur annonçant les photographes ; il fait un coup de pub pour le marathon du 5 avril prochain et propose de se faire les jambes sur un 2ème tour ! Là c’est moi qui ne me marre pas, je me souviens que je suis inscrit !!! Les conseils de Gilles me reviennent : ne pas se calciner ; le semi est une étape de préparation… Grimace au photographe en passant.
Je fais un bilan en arrivant au kil’ 20 et je ne peux m’empêcher de comparer mon chrono des 20 kms de Paris 98 à celui du jour. J’avais fini sur un temps officiel d’1h28’ (pas de puce à l’époque) et ce dimanche je passe le 20ème en 1h33’… Bon, j’ai vieilli de 5’ en 11 ans, ça va non ?
Je me rappelle que je m’étais lancé le défi de faire mieux… ça attendra une autre course et quelques kilos de plus en moins.
Je déroule le dernier kil’ en 4’40, en faisant le point sur les sensations ; impressions mi-figue, mi-raisin. Les jambes vont bien : aucune douleur, pas de crampes ni de dérangements d’aucunes sortes… Juste le sentiment étrange que j’aurai pu faire mieux, en gérant mieux…
21.1 kilomètres : la délivrance. Enfin pas tant que ça… Je m’en veux de mon départ ambitieux et je rumine sur ce passage à vide du kilomètre 9 ; c’est sûr il faudra que je revois ma copie…
En attendant ma montre affiche 1h37’40 pour le temps de course, le cardio une moyenne de 170 pulses par minute, et compte tenu des conditions du jour et de mes petites erreurs, cela aurait pu être pire… Non, je frime un peu, je suis très content pour ce premier test 2009 !
J’ai fini par retrouver Suzanne chez son père pour une bonne bouffe d’après-course… Elle, bouffée de remords pour son absence au point de RDV, et moi, mort de rire, j’en rajoute une couche en lui facturant une bonne minute sur mon chrono, ha ha ha !!! La pauvre aura passé 2h embouteillée pour essayer de me rejoindre…
A bientôt pour une nouvelle aventure !
Alexandre, mars 2009.
Commentaires
Bravo pour ton chrono c'est bien ta perf, et merci encore pour ton cr. Sportivement le Cagou
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