Récit de la course : Le Tour de la Serra 2009, par Lucien

L'auteur : Lucien

La course : Le Tour de la Serra

Date : 25/7/2009

Lieu : Genod (Jura)

Affichage : 3339 vues

Distance : 13.1km

Objectif : Se défoncer

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TOUR DE LA SERRA 2009

EGLISE DE GENOD

Genod,  petit village jurassien qui accueille chaque année un monde incroyable de participants et de spectateurs pour son inoubliable Tour de la Serra. Course prestigieuse par son organisation, son accueil et sa convivialité. Un parcours sur route parcourant la Petite Montagne tout en montée et descente sur 13.1 kms. Mais c’est la der de der et cette année le record de participation est largement battu, de 830 en 2008 nous sommes arrivés au nombre de 1410, preuve que tous ont fait le déplacement par pur soutien aux organisateurs qui méritent amplement ce mouvement d’amitié. Les meilleurs et les anonymes ont fait le trajet pour tous se retrouver dans le cadre verdoyant et calme qui ceint le village de Genod, Les villages avoisinants ne seront pas en reste et verront défiler dans leurs rues une foule impressionnante de coureurs aux milles couleurs, ceux déguisés pour l’occasion feront la joie des petits et des grands. La fin de cette compétition dont toute l’ampleur n’est plus à mettre en doute redorera une dernière fois le blason de tous ces villages qui ont participés à la bonne marche de cette entreprise mémorable. Le calme reviendra après notre départ mais nous n’oublieront pas.

 

 

                                                             ORGELET

 

Le soleil est présent, malgré quelques gros nuages pas très inquiétants, donnant l’espoir d’une belle course, il ne fait pas trop chaud. Mon trajet se passe à merveille, je ne suis pas dans ma forme optimal mais le moral est bon et je suis pressé d’arrivée à Genod. Une petite halte à Orgelet pour boire mon café et acheter les journaux de la région pour y glaner quelques infos. C’est là que j’apprends que nous seront plus de 1400. Je pressens un départ laborieux avec un gros bouchon qui risque de casser mon allure. On verra bien, de toute façon la course va bien se dérouler. Je reprends mon itinéraire qui me fait passer par les petits villages de la Petite Montagne : Arinthod, Chisséria, St Hymetière, Chemilla pour ne citer que les derniers avant d’arriver à Genod. 

 

                           

                          FONTAINE D'ARINTHOD                                           PLACE D'ARINTHOD 

EGLISE ROMANE DE SAINT HYMETIERE 

 

Comme a mon habitude j’arrive relativement tôt, ce qui me permettra de prendre mon dossard en toute tranquillité et me balader dans le village pour me remettre de ces deux heures de voiture. Tous les chapiteaux sont montés, celui des repas (des tables sont montées dehors car le temps y a consenti), celui de la piste de danse où les danseurs pourront s’y donner à cœur joie, le bar, le coin photographe, le fromager, le stand running et celui des produits régionaux, sans oublier le coin des plus petits avec son toboggan gonflable où ils pourront dévaler sur leurs derrières des descentes pour leur plus grand plaisir. Près du chapiteau bal je retrouve GrandAlex et Benjamin accompagnés de leur chère et tendre Isabelle et Stéphanie sans oublier le p’tit Clovis arrivé récemment dans le club des supporters. Petite discussion, un petit gâteau, puis je les laisse pour partir me changer. Je croise le fameux Julius Caius Caesar, il vient de prendre son dossard et comme d’hab. il va se déguiser en empereur. On rigole un coup et je file vers la bagnole pour me déguiser en coureur.

 

L’échauffement se déroule à peu prés bien, une cheville droite qui me chatouille désagréablement depuis quelques jours et des jambes qui ont du mal à se déverrouiller. Quelques accélérations en côte me feront le plus grand bien mais ce n’est pas le top. Je change souvent d’endroit, de la route je me faufile dans les sentiers qui entourent le village. A 20mn du départ je rejoins la route principale pour me rapprocher de l’arche. Il y a du monde et il n’est pas facile de courir en zigzagant. Du beau monde vous-dis-je.

 

NOS SUPPORTRICES
 

Avant de lâcher la meute, les déguisés font une petite parade sympa, franchement c’est génial, tous ont bien réussi leur panoplie. Joe Vallet sur un dernier commentaire va donner les dernières infos avant que nous nous lancions sur les routes de la Petite Montagne. Pan badaboum, les 1410 sont lancés, je me suis bien placé dans le premier tiers mais à droite et à gauche ça double et me voilà enfermé dès la première montée. On trottine, on essaye de doubler sur les côté en faisant très attention, mal parti, hé oui très mal parti. La montée sur Vosbles s’avère être un vrai casse tête, je double comme je peux, il y a trop de monde. Ce n’est qu’au 1er kil que je vois enfin le jour et encore (5’18), pas bon. Je prends peu à peu mon train, malgré ce retard mon mental n’est pas entamé. Il commence à faire chaud d’autant plus que cette montée s’effectue au soleil même si celui-ci est en phase descendante, il est 19 h passé. Je rejoints et double du monde, le pourcentage n’est pas énorme je le sens en montant, le rythme est rapide, souple, j’évite même d’accélérer car ce n’est que le début.

 

 

 

                                                                      VOSBLES

 

Nous entrons à Vosbles où les villageois sont en bordure de route, quel monde ils sont tous dehors à nous encourager, à crier je ne sais quoi mais certainement que des paroles sympas. Au centre du village la pente s’est adoucit nous courrons sur du plat, au poste je prends une éponge à la volée, je suis bien en rythme. Nous venons de parcourir en gros 1.6km, les rangs se sont éclaircis, ce qui me donne le loisir de prendre mon allure. A droite nous prenons une nouvelle côte et passons le 2ème kil (10’17), la pente est douce et je rejoins une belle féminine, cette fois-ci un lacet partant sur la droite, montant d’une belle force, dépose la plupart du groupe que nous formions, la belle me tient la dragée haute, le photographe aurait dû être là, j’aurais eu une belle photo. Mes jambes s’emballent, elles me poussent en avant, je rectifie le rythme, me retient un peu. Je reste toujours sur la défensive surtout quand on connaît la fin de parcours. Je grimpe et passe quelques concurrents, vu le topo je pense être avec des gaillards de même capacité donc dorénavant je suivrai sans faire le téméraire. Nous traversons la forêt domaniale de Coisia, un peu d’ombre pour nous rafraichir car à ces endroits l’air est frais. Au sortir de la forêt, le soleil baigne de nouveau la route alors que celle-ci nous fait profiter des champs alentour. Au poste je prends au passage une bouteille d’eau et préfère m’asperger les cuisses, le cou et boire le reste du contenu en ralentissant. La fraicheur me vivifie et je repars de plus belle. La pente finira par se calmer au environ du 3ème kil.

 

PAYSAGE DE LA PETITE MONTAGNE
 

Un dernier faux plat montant avant de descendre sur Montgefond. La descente est bien raide mais de courte durée, bois et champs défilent sous nos yeux. La route entame une portion plus ou moins plate qui nous repose même si les jambes ont dû mal à accepter ces changements de dénivelé. Le 4ème kil est passé (19’38). Montgefond est à porté de vue, nous apercevons les premières habitations. Au milieu des champs, le soleil dans les yeux, la sueur qui perle, tout pour semer le trouble dans notre aventure pédestre. Le village se rapproche, l’allure a reprit, le groupe reste compacte. Au village, ravito, rebouteille d’eau. Même technique (si on peut appeler ça une technique). En levant les yeux nous apercevons toute une file de coureurs qui arpente déjà la nouvelle côte en deux lacets. Il faut y aller et ça monte trop fort et trop bien. Je cumule les dépassements par petites foulées énergiques, mes temps de passage ne sont pas extraordinaires mais je prends plaisir à cette dernière édition. Je laisse sur place le jeune Raphaël, je ne savais pas qu’il était venu, il court sur le bas côté, j’ai l’impression qu’il est moins lucide, je lui dis de reprendre la route pour ne pas se fatiguer inutilement. Il me répond d’un sourire (ça va il n’est pas aussi mal que ça), je le sens se caller sur ma foulée. Pas pour très longtemps car le jeune homme est occis, il aurait mal récupéré de sa dernière compétition. La montée n’est pas encore terminé, encore un lacet qui se dessine, je calme mon allure de démon, il est vrai que je cale léger, je choisis de rester avec les quelques concurrents qui m’acceptent dans leur groupe. Il faut en garder sous le pied. Deux déguisés nous rejoignent, Superman et le Baigneur (avec une bouée). Ils se fendent la gueule. Et ils courent les gaillards. Jusqu’à nous laisser sur place.

 

  CHATEAU FEODAL DE VALFIN SUR VALOUSE 

La longue descente se fera après le 5ème kil, belle descente au début. Je dois débuter cool car les jambes ont encore du mal à comprendre le pourquoi. Mes muscles se dénouent petit à petit et je finis par prendre de la vitesse au bout der 500m. Je reste bien droit et une belle blonde revient sur moi (encore une, je crois qu’elle nous aime). Nous faisons une petite partie de la descente ensemble, elle a même poussé le plaisir à me larguer à un moment donné et j’ai dû m’employer pour la reprendre (un aimant ces femmes). Le 6ème (28’02), c’est bien on est dans un bon tempo. Nous traversons la forêt est il fait très frais, le buste bien droit nous dévalons à vive allure la descente sur Valfin/Valouse.  Le 8ème kil (35’43), tout va bien, les deux kils en  7’41 c’est du bon pour toute l’équipe que nous formons (avec la blondinette bien sûr). Le long de cette fastidieuse envolée nous avons eu le plaisir de voir sur notre droite le château féodal de Valfin par un beau panorama, dressé dans la verdure et baigné de soleil, La pente nous démoli les quadriceps et fait vibrer nos tendons (Achille n’est pas content), trop tard pour se plaindre il nous faut arriver, le principal du parcours est fait, entendons nous bien, je parle de kilométrage, le plus dur reste à faire. La montée finale peut se terminer en calvaire. La descente est de plus en plus rude, les semelles frappe le sol, il faut courir souple et c’est de plus en plus compliqué quand les jambes explosés par tant d’effort se refusent à toute accélération. Faisant fi de tout cela, nous allongeons malgré tout dans un élan de solidarité, Baigneur et Superman ont ralenti, leur accoutrement en est pour quelque chose. Pas facile le déguisement. Nous revenons sur eux, ils donnent leur meilleur d’eux même, Superman est derrière moi, la belle a lâché prise, bon vent mon trésor.

 

 VALFIN DUR VALOUSE 

Nous sortons du bois au environ du 9ème kil, Valfin est proche, nous entendons les spectateurs vociférer. Le soleil de retour nous chauffe et ne nous laisse aucun répit. Une bosse puis ça descend un bon coup sur le village ou j’évite carrément le poste de ravitaillement, le public est là toujours aussi nombreux. Quel enthousiasme, on nous applaudit à tout rompre, le Jura est en fête. Pancarte du 10ème kil (43’14). Deux kil en 7’32, y’a de la joie. Rebelote, on grimpe encore avant d’apprécier les inscriptions sur le sol comme au tour de France, un vrai bouquin cette route, cela nous donne un immense courage (il n’y a pas mon nom, tant pis). Jusqu’au 11ème kil la route est faite de faux plat montant ou descendant qui nous casse bien pour être sûr d’en voir le moins possible à l’arrivée. Nous tenons, enragés, le mal est fait, nos squelettes en piteux état font claquer nos os (lol). Pas si lol que ça.

 

 

                   DERNIER RAVITO

 

Voilà le virage à gauche qui va nous lancer dans les 2 derniers kils, ceux tant attendus, justice sera faite au plus hardis, aux plus téméraires. Une centaine de mètres au soleil est ensuite la forêt fraiche et bienvenue. Je grimpe facilement et en suis surpris, je reviens sur Baigneur, le passe avec silence pour ne pas perturber sa concentration. Je file et en prend plusieurs dans mon sillage, ça s’accroche mais je ne fait aucun cadeau, mon envie d’en finir avec ce Tour de la Serra dans les plus grands honneurs est plus forte. Une puissance me pousse de l’avant, Superman et Baigneur me passent de nouveau, je les garde en ligne de mire et refuse de me laisser distancer par ces joyeux lurons.

 

 

VALLEE DE LA VALOUSE AU PETIT MATIN

 

A l’approche du 12ème kil, la route creuse son itinéraire dans la roche, un des pans rocheux est surmonté d’une petite croix que je connais très bien, c’est la croix à partir de laquelle les souffrances vont s’abattre sur  nos pauvres corps. Nous venons juste de sortir de la forêt et une chaleur accablante s’empare de l’atmosphère. Le bitume chaud nous suffoque. Les jambes se font plus lourdes, les foulées plus courtes, je continue mon chemin sachant que le plus durs et au 500 derniers mètres mais il ne faut surtout pas baisser le rythme et garder en soi l’espoir de tenir. Une féminine souffre le calvaire, je l’encourage tant bien que mal, son courage exemplaire lui fait revenir dans ma foulée mais c’est trop dur (pour nous tous) et elle lâchera tout en continuant son chemin de croix, si j’ose m’exprimer ainsi. Plus personne ne rigole, les spectateurs sont de plus en plus nombreux, la haie s’épaissit au fur et à mesure que nous avançons. L’arrivée se rapproche et je me défonce pour revenir sur Superman et Baigneur. C’est la bagarre pour les places d’honneur entre anonymes, chacun a son adversaire à battre pour se donner du courage. Isabelle et Patricia sur le bord de la route m’encourage comme des folles (merci les filles), elles attendent avec impatience leur chéri qui ne sauront tarder. Plus guère maintenant, le sprint va se lancer dans quelques minutes mais déjà je donne tout, la haie du public est merveilleuse, je suis emballé, je ne vois plus qui je double peut être Baigneur ou Superman, j’en vois un des deux devant moi (lequel ?). J’accélère dans les 200 derniers mètres, la pente ronge mes dernières réserves mais j’en veux pour ma faim. Malheureusement un point de coté douloureux m’empêche de donner pleine mesure sur le final. Mes jambes m’ont abandonné et je finis juste derrière mon concurrent direct en passant sur les derniers mètres un coureur en souffrance. J’ai mal mais je l’ai bien négocié ce Tour de la Serra. Mon record sur la distance est loin d’avoir été battu, un bon 58’22s au lieu du fameux 55’35s. Ben voyons, Lucien pas content, à d’autres. J’ai pris plaisir à cette dernière, je me suis bien éclaté, j’ai donné le plus que je pouvais et le principal n’est-il pas de participer.

 

Nous avons passé une bonne soirée en compagnie de tout ce beau monde. Benjamin et GrandAlex se sont régalés. Leurs sympathiques femmes ont été ravies par une telle fête de la course à pied, Clovis, le petit nouveau a été sage comme une image. Public merveilleux, organisation au top et bénévoles d’une gentillesse formidable. Bon repas, ambiance du tonnerre, des amis partout, sans oublier notre cher Angelo, toujours là. Merci à tous pour ces instants de pure convivialité et d’amitié. A ne pas oublier. Nous n’avons pas pu rechercher dans cette foule tous nos amis Kikous mais avons pensé à eux. Je sais que Lulu était présent puisque j’ai vu arriver les Pompiers de l’Ain ensemble et les ai encouragé. Remerciements aux villageois pour leur soutien et l’installation de douches improvisées le long du parcours et notamment au gamin qui avec son jet d’eau nous a aimablement humidifié. Merci Odile, merci Yves de m’avoir fait connaître la Petite Montagne. Nos routes se croiseront encore puisque nous vivons de la même passion. 

Résultat : les 13.1 km en 58'22".

209ème sur 1295 au scratch et 24ème sur 240 en VH2                                       

 

   

 

6 commentaires

Commentaire de CROCS-MAN posté le 27-07-2009 à 15:39:00

Merci Lucien, un sympathique récit.

Commentaire de supercourstoutdoubs posté le 27-07-2009 à 19:11:00

Salut Lucien, merci pour ton magnifique récit de cette course extraordinaire et inoubliable, et bravo pour ta performance, 58'22, c'est pas si mal quand même.

Super-courstoutdoubs, 205ème samedi (Hé oui, la cape orange, c'était moi, :-) )

Commentaire de ledahut posté le 27-07-2009 à 21:16:00

Bravo Lucien pour ta course et le magnifique résumé de cette épreuve très conviviale.
Quel style !

j'ai moi aussi pris beaucoup de plaisir à courir samedi soir à Genod.
Et je suis content de me retrouver dans ton récit, en effet je suis le baigneur.

Nous avons également fait un résumé sur notre blog : http://courstoutdoubs.over-blog.com/

olivier

Commentaire de bluesboy posté le 30-07-2009 à 23:25:00

Bravo lucien pour ton récit ,on a vécu une belle journée ,dommage que cette édition soit la dernière de cette belle course

A la prochaine

Commentaire de lulu posté le 02-08-2009 à 23:06:00

Bravo Lucien...un magnifique récit !
Un bien bel hommage !
Au plaisir..

Commentaire de Genod posté le 08-08-2009 à 00:05:00

Ce récit est une magnifique récompense pour les organisateurs.
Nous espérons que tous les participants des 20 éditions garderont un excellent souvenir du Tour de la Serra.
Yves CARNET, organisateur.

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