Récit de la course : Courmayeur - Champex - Chamonix 2009, par jcdu38

L'auteur : jcdu38

La course : Courmayeur - Champex - Chamonix

Date : 28/8/2009

Lieu : Courmayeur (Italie)

Affichage : 3917 vues

Distance : 97km

Objectif : Terminer

5 commentaires

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Un week-end à Chamonix

Préambule

 

Samedi 30 aout 2008 il est 22 heures à la Fouly et je rends mon dossard UTMB, mes genoux ayant décidé à ma place qu’il était temps d’arrêter la course à pied.

 

Quelques semaines plus tard, le verdict tombe : arthrose aux deux genoux et j’ai alors l’impression que plusieurs portes se ferment devant moi, plus de course à pied, se trouver d’autres challenges mais lesquels ? Et il reste UNE course dont je rêve depuis des années à faire.

 

Début décembre, j’essaie de courir malgré tout la SaintéLyon et j’arrête à Soucieu les genoux étant vraiment trop douloureux. La semaine suivante, j’attaque alors les 3 injections d’une viscosupplémentation dans les deux genoux puis arrête pendant 3 mois la course à pied.

Début janvier, je décide malgré tout de m’inscrire sur La Course de mes rêves et programme ma saison d’entrainement pour celle-ci. Le Faverge Maratrail puis Le CCC viennent alors s'intercaler dans le programme comme deux courses de préparation, elles serviront aussi de test quant à l’état des genoux après les injections et l’état de forme après avoir changé de type d’entrainement.

L’entrainement 2009 est basé tout d’abord sur un premier trimestre de l’année composé de 2 sorties de skating par semaine avec 1 footing léger de 50 minutes dans la semaine puis une préparation d’avril à octobre basée sur 2 entrainements légers de course à pied d’une heure, (VMA et endurance), une sortie longue en randonnée pédestre et une sortie longue en vélo de route.

 

J’arrive alors au CCC en ayant peu de repère sur mon état de forme et aucune indication sur le temps que je pourrais mettre pour boucler ce tour. Tellement peu de repère d’ailleurs que je ne fais aucune feuille de route ni pronostic sur le temps que je mettrai à terminer. J’ai par contre la certitude, sauf blessure physique, de finir.

 

La course.

 

Nous étions 2 inscrits de mon club l’ACP Crolles (Les Amis de la Course à Pied - www.acp-crolles.com) sur le CCC et un autre sur l’UTMB et le vendredi matin à 10 :00 je me suis retrouvé à côté de Gilles pour le départ.

 

 

Du départ au refuge Bertone :

Distance parcourue et dénivelé cumulé : 12,3 km 830 mD+

Temps de course : 01 H 54

Position : 772

 

Sitôt le départ donné, nous nous élançons dans les rues de Courmayeur sous les applaudissements et les encouragements d’un public nombreux et enthousiaste. Voilà qui change de l’arrivée à Courmayeur dans l’indifférence pour les courreurs de l’UTMB puis nous nous enfonçons dans le Val Ferret par la route. Portion assez routière avant d’attaquer la montée sur Bertone.

J’avais un peu peur de me retrouver dans des bouchons que j’ai fait cette partie un peu rapidement.

 

Ensuite la montée sur Bertone se passe sans soucis, malgré 2 ou 3 petits ralentissements sans conséquence.

 

Arrivée à Bertone, j’ai perdu Gilles qui a dû rester bloqué dans un de ces ralentissements lorsque je montais en doublant lorsque c’est possible les groupes.

 

 

Le temps de boire un petit peu, faire quelques photos, et je retrouve Gilles dans la montée de la Tête de la Tronche.

 

 

De Bertone au refuge Bonatti:

Distance parcourue et dénivelé cumulé : 21,8  km 1573 mD+

Temps de course : 03 H 52

Position : 788

  

Dans la montée à la tête de la Tronche, un faux pas me conduit à raidir les muscles pour ne pas tomber et là surprise, les mollets déclenchent tous les 2 une crampes simultanée qui fait que je m’écroule lamentablement sur le bord du chemin.

 

Je ne comprends pas ce qui arrive, ayant bu régulièrement depuis le départ. J’incrimine alors les boosters car je n’ai jamais été persuadé de leur utilité et après avoir étiré les crampes, je baisse les boosters et les garderai d’ailleurs baissées jusqu’à la fin sans nouveaux soucis.

L’arrivée à la Tête de La Tronche est  très jolie, mais j’ai de nouveau perdu Gilles qui est à quelques minutes derrière moi. J’attaque alors la descente vers Bonatti dans un superbe vallon puis parcourt le sentier en balcon jusqu’au pied du refuge Bonatti.

 

 

A Bonatti, le temps de me ravitailler, j’aperçois de nouveau Gilles. Le temps de prendre mes affaires, il est reparti. Je bois un dernier verre, puis décide de le rejoindre.

 

 

De Bonatti à Arnuva :

Distance parcourue et dénivelé cumulé : 26,2  km 1669 mD+

Temps de course : 04 H 48

Position : 750

 

Sur cette portion en balcon, je croise 2 équipes de la PTL puis rejoint Gilles dans la descente courte mais raide sur Arnuva. Autant l’année dernière avec des genoux douloureux ce fut un calvaire, autant cette année elle me parait facile (il est vrai que la distance parcourue n’est pas la même).

Arrivés à Arnuva, nous nous ravitaillons tranquillement et copieusement en buvant notamment beaucoup de soupe et d’eau avant d’attaquer la montée au Grand Col Ferret sous le soleil.

 

De Arnuva au Grand Col Ferret :

Distance parcourue et dénivelé cumulé : 30,70 km 2 437 mD+

Temps de course : 06 H 15

Position : 697

 

Nous mettons au point Gilles et moi en attaquant le grand Col, la stratégie de montée que nous appliquerons désormais jusque la fin. Celui qui donne l’allure s’adapte au rythme de celui qui suit mais jamais ne s’arrête. Celui qui suit, si il sent une défaillance venir, demande au premier de ralentir mais il suit jusqu’au sommet.

 

Nous attaquons alors le Grand Col Ferret sous la chaleur mais celle-ci n’est pas trop gênante. Nous constatons déjà les premières défaillances de coureur qui sont obligés de s’arrêter dans la montée.

 

Pas à pas, tranquillement nous poursuivons, conformément à notre stratégie, notre approche et passons alors rapidement le Col.

 


Il reste alors une dizaine de kilomètre de descente à faire avant d’arriver à la Fouly. Le camel bag a été vidé dans la montée, il me reste un bidon de 50 cl pour aller jusqu’à la Peule, cela fera l’affaire.

 

 

 

Du Grand Col Ferret  à la Fouly:

Distance parcourue et dénivelé cumulé : 40,10 km 2 467 mD+

Temps de course : 07 H 32

Position : 644

 

La descente est roulante jusque la Peule où je ravitaille rapidement en remplissant uniquement mon bidon d’eau. J’attaque ensuite les quelques petites bosses de D+ à s’avaler sur le parcours avant de descendre rapidement sur la Fouly.

Au bout de la route, m’attend ma petite famille, ils seront désormais là pour m’aider à finir. Mes filles demandent à courir avec moi les deux derniers kilomètres avant le ravitaillement et nous voilà tous les 3 sur la route. Pour une fois, je suis incapable d’aller plus vite qu’elles et elles en profitent pour m’expliquer tout ce qu’elles ont fait depuis mon départ ce matin.

 

Arrivé à la Fouly, je prends le temps de ravitailler pendant 20 minutes alors que tout le monde m’entoure et me demande comment je vais.

 

J’ai laché Gilles dans la descente qui arrive 6 minutes après moi et prend le temps de se ravitailler en salé car il commence à avoir des difficultés à manger sucré en course.

 

De la Fouly:à Champex :

Distance parcourue et dénivelé cumulé : 54,70 km 3 000 mD+

Temps de course : 09 H 57

Position : 590

 

Je suis prêt avant Gilles et je lui annonce que je pars, n’ayant pas la certitude qu’on se reverra. La partie la Fouly – Champex me laisse une impression mitigée, beaucoup de routes , beaucoup de plat.

 

 

Toutefois l’accueil dans les petits villages de chalets est fantastique avec des gamins qui improvisent des ravitaillements pour les coureurs.

 

 

 

 

(Coureurs de l'UTMB le lendemain au même endroit) 

J’attaque enfin la montée de 500 m de D+ dans les bois vers Champex en me dépêchant car la nuit ne va pas tarder à tomber et je n’ai pas envie de sortir la lampe frontale de mon sac.

 

Je vais donc tirer sans doute un peu sur la mécanique, tant etsi bien qu’en arrivant à Champex, je ressens que je ne suis pas très bien.

 

J’ai aussi sur cette partie la surprise de constater que certains coureurs n’en peuvent désormais plus en les voyant soudainement s’arrêter et s’asseoir sur le bord du chemin les traits tirés, le regard dans le vide.

 

La nourriture solide a du mal à passer et je sens le froid m’envahir alors qu’il fait très chaud sous la tente.

 

Au bout de 20 minutes dans la tente, Gilles arrive et commence à se ravitailler, il va beaucoup mieux qu’à la Fouly et maintenant c’est moi qui ne vais pas bien. Je continue à me ravitailler doucement et j’indique alors à Gilles que je sors de la tente et vais à la voiture familiale me changer, car je me sens pas bien dans cette base vie.

J’ai passé 40 minutes au ravitaillement, il me faudra encore 15 minutes au bord du Lac pour me changer, boire un coca et pouvoir repartir.

J’ai quitté le short et le maillot manche courte pour un maillot Odlo Warm ainsi qu’un collant qui pour l’instant est trop chaud.

 

Pendant mon arrêt sur un banc, Gilles est passé devant moi et a environ 5 minutes d’avance sur moi.

 

Au bout de 55 minutes, je repars enfin. La pause a été longue mais salutaire car je me sens de nouveau d’attaque.

 

De Champex à Bovine :

Distance parcourue et dénivelé cumulé : 64  km 3 704 mD+

Temps de course : 12 H 53

Position : 604

 

Le parcours se fait le long du lac puis dans une jolie descente dans les bois jusque Pont de l’Au

 

Je retrouve Gilles dans cette descente et nous attaquons ensuite la montée à Bovine d’abord sur une piste forestière agréable qui permet de faire des kilomètres rapidement même si on ne gagne pas beaucoup de dénivelé. Puis après une barrière d’alpage, les choses sérieuses commencent, la montée à Bovine par un chemin étroit, tortueux plein de cailloux et de racines. Nous appliquons notre stratégie monter sans jamais s’arrêter et reprenons beaucoup de monde dans cette partie là. Nous arrivons à Bovine dans le brouillard et le froid, nous nous ravitaillons rapidement et reprenons alors la courte montée vers le col de Portalo qui va nous faire basculer vers la Forclaz.

 

De Bovine à Trient :

Distance parcourue et dénivelé cumulé : 70,2 km 3 778 mD+

Temps de course : 14 H 24

Position : 629

 

La descente vers la Forclaz se fait à un rythme très lent car nous nous retrouvons être derrière une quarantaine de coureurs  qui marchent dans la descente et sauf à prendre des risques car celle-ci est raide avec des racines , doubler n’est pas une opération aisée.

 

Aussi nous mettrons 1 heure 30 à descendre vers Trient.
Auparavant, nous trouvons nos supporters toujours aussi enthousiastes au col de la Forclaz. Cela fait presque 2 heures qu’ils nous attendent. Nous passons donc un moment à discuter avec eux alors qu’une vingtaine de coureurs nous doublent pendant cet arrêt.


Puis nous fonçons sur Trient par une descente raide jusqu’au ravitaillement.

 

De Trient à Vallorcine :

Distance parcourue et dénivelé cumulé : 79,7  km 4 906 mD+

Temps de course : 17 H 15

Position : 559

 

Nous attaquons la montée aux Tseppes par un chemin en forêt agréable en se fixant un rythme du début à la fin. Sur les crètes en direction de Bovine, nous retrouvons le brouillard puis le vent, il fait alors assez frais.

La descente sur Vallorcine s’amorce par un sentier en balcon puis une descente en forêt avant de se terminer par des marches raides en arrivant sur Vallorcine.

Nous retrouvons alors Christophe et Richard qui nous attendent depuis un long moment. Ils sont allés encourager Luc à St Gervais et viennent également nous soutenir pour la dernière bosse. Désormais plus aucun doute, nous finirons.

 

De Vallorcine à Chamonix

Distance parcourue et dénivelé cumulé : 97,7  km 5 505 mD+

Temps de course : 21 H 41

Position : 496

 

La première partie du ravitaillement au col ne me laisse pas un grand souvenir. C’est un chemin long et peu pentu que nous avons parcouru d’un pas rapide avant d’arrivée au Col des Montets.


Et là, nous découvrons dans la montagne en face de nous, un trait de lumière vertical crée par les lampes frontales de ceux qui nous ont précédé. C’st magnifique et impressionnant à la fois, ce trait lumineux donne l’impression de ne jamais devoir se finir.

Nous attaquons la montée selon la tactique désormais bien rodée. Ne jamais rien céder, ne jamais s’arrêter, toujours avancer. A côté de nous, les défaillances se multiplient, de nombreux coureurs s’arrêtent sur le bord du chemin.

 

Arrivés à la tête aux Vents, nous partons alors sur un sentier en balcon vers le chalet des Chesery puis remontons à la Flégère pour un dernier ravitaillement.

 

Photo Laurent : Bouquetin à la Tête aux Vents le Dimanche matin
Photo Laurent : en direction de la Flègère (coureurs de l'UTMB le dimanche matin)

 

Une dernière petite grimpette sur les pistes de ski et nous attaquons la descente vers Chamonix d’abord par la piste (dur ! dur ! ) puis dans un chemin agréable en sous-bois.

 

  Photo Laurent : La Floria

Au bout de 5 km, nous entrons dans Chamonix et retrouvons le bitume. Quelques détours dans les rues et terminons cette course sous les applaudissements de la famille et des amis qui se sont levés de bonne heure pour nous voir arriver.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Epilogue.

 

 

 

La préparation suivie en réduisant la course à pied au bénéfice d’autres sports moins traumatisants m’a permis de sortir sans soucis ce CCC dans un temps horaire très correct.

Je vais donc poursuivre dans cette voie et rendez-vous au mois d’octobre pour La course de mes rêves.

 

Rendez-vous dans 2 mois, pour la suite de mes aventures.

 

--

JC

 

5 commentaires

Commentaire de BOUK honte-du-sport posté le 03-09-2009 à 21:39:00

Un bien beau récit, ça donne envie de se mettre à l'ultra...!
Et bien bonne chance pour la diagonale...!

Commentaire de LtBlueb posté le 04-09-2009 à 00:15:00

Ben ca alors JC, j'ignorais que toi aussi tu étais passé par là (arthrose, visco, etc ...)

En tout ca, bravo tu as bien géré et démontré, que malgré ce type de bobos, il y a moyen de continuer à pratiquer et se faire plaisir !!!

C'est quoi ce rêve d'octobre ? allez dis nous .... grrrrr, ne nous fait pas languir.... grrrrr.... c'est ca ?

Commentaire de Davidou le minou posté le 04-09-2009 à 10:31:00

Bravo,

j'ai bien aimé lire ton récit, plein de sagesse. On sent que tu controles ta course, y a pas de pression, et c'est pas pour ça que tu es lent pour autant. Tu as trouvé ton rythme et l'a tenu sans problème... et en plus suite à tes problèmes de genoux, c'est magnifique.

Bonne chance pour ton rêve !!! :-D

Commentaire de Fimbur posté le 04-09-2009 à 12:19:00

Bravo pour ta course,
Bravo pour ton mental, ça n'a pas dû être si simple à gérer après l'annonce de ton artrose.

Merci pour ton récit,
bonne récup avant octobre,
Fimbur

Commentaire de le_kéké posté le 09-09-2009 à 13:27:00

Belle course JC, bien géré de bout en bout.
Content de voir que les problèmes de début d'année sont maintenant passés.
Reste plus que le dernier objectif de tes rêves du coté de la Réunion, va falloir encore gérer ça au top mais je te fais confiance pour ça !!!

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