Récit de la course : La Course nocturne Les Flambeaux - 18 km 2009, par lepidop

L'auteur : lepidop

La course : La Course nocturne Les Flambeaux - 18 km

Date : 14/11/2009

Lieu : Montfort L'Amaury (Yvelines)

Affichage : 1280 vues

Distance : 18km

Objectif : Pas d'objectif

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Des souvenirs pour demain

 Ce samedi 14 novembre au soir à Monfort l'Amaury, pour moi, il s'agit d'une grande première: C'est la première fois que j'emmene Aurore, ma fille de bientôt dix sept ans, courir une course avec moi. Elle fera le dix kilomètres pendant que je serai engagé sur le dix huit.

 

Premier 10km donc pour Aurore, et première course de nuit aussi. A coup sûr cette course restera longtemps dans sa mémoire comme elle restera dans la mienne pour des raisons assez différentes des siennes...

 

L'organisation annonce 800 participants sur les deux courses réunies et effectivement, il y a la grande foule. Après le briefing traditionnel, nous quittons le gymnase pour nous rendre sur la ligne de départ. Aurore partira environ un quart d'heure après moi. Les cinq premiers kilomètres sont communs à nos deux courses et les 4,5 derniers aussi. Une longue boucle dans les bois est prévue en plus, pour porter la distance à 18km sur ma course. D'après ce que j'entends à droite et à gauche, le terrain est assez roulant, larges allées, pas mal de bitume et abscence totale de chemins monotraces. Cela va me changer des trails que je cours le plus souvent. La température est très douce pour la saison, aussi je pars en short et débardeur réduisant ainsi l'équipement au minimum.

 

Le départ se situe sur un parking en contrebas du donjon illuminé. Un petit tour dans la ville et au bout de 400m ça commence à monter. Quelques minutes plus tard, je suis au sommet de la colline au pied des restes du château. La montée a été assez rapide et la mise en jambes assez brutale. Je pense être alors aux environs de la trentième position. Déjà mon manque de rythme est évident, mon entrainement plutôt axé sur les trails longs et casse pattes n'est pas très adapté à une course aussi courte. Je suis donc rejoint par d'autres concurents qui me dépassent sans que je puisse me maintenir à leur niveau.

 

Heureusement, nous entrons rapidement dans la forêt et les chemins deviennent gras et glissants. Je suis dans mon élément. Les coureurs qui me lachaient tout à l'heure zigzaguent maintenant entre les flaques. Fidèle à ma devise « Le chemin le plus court d'un point à un autre est la ligne droite » j'essaie de garder une trajectoire la plus rectiligne possible afin de ne pas faire un mètre en plus. Ceci finalement, me permet de garder le contact. Je repasse même devant quand des côtes se présentent. Mais prudent dans les descentes, je me laisse redoubler.

 

Nous venont de laisser la bifurcation 10km/18km derrière nous et arrivons à un carrefour forestier.

Les concurrents qui me précédent longent à main gauche une barrière en bois (du type de celles qui interdisent le passage des véhicules à quatre roues dans les allées). Puis, ils la contournent pour prendre un virage à 45°. Il m'apparait que je peux couper avant la barrière pour gagner un peu de temps. Pas de rubalise, le passage est libre. Je m'y engage donc.

 

ERREUR!!!! me voici au milieu de ronces aussi hautes que mes cuisses. Et ça pique! Et ça s'agrippe à ma peau nue! Et ça griffe! L'une d'entre elles casse et reste accrochée à ma cuisse! Je m'extirpe finalement de ce mauvais pas, mes jambes me brulent. Un peu plus loin, traversant un hameau éclairé, je me rends compte que je saigne abondament. Mes jambes sont zébrées de griffures et de coulées de sang. Le liseré de mon short, jaune, se teinte de rouge...

 

Revenons à la course. Nous sommes maintenant dans une belle et longue bosse parsemée de cailloux. Le terrain est à mon avantage, je rattrape des coureurs et commence à les distancer quand mon pied droit bute sur une pierre certainement cachée par les feuilles mortes. Cela se passe tellement rapidement que je ne peux éviter que mes deux genoux ne viennent taper sur les cailloux. La douleur est intense, surtout coté gauche. Un coup de frontale, j'ai une belle plaie sur chacun d'eux et, là aussi, ça saigne pas mal. Je suis obligé de ralentir un peu.

 

Petit à petit, la douleur s'apaise et je peux de nouveau courir normalement. La fin approche. Je suis de nouveau sur une partie de parcours commune avec le 10km. Il y a des concurrents du 10km partout! C'est par moment assez difficile de les doubler et le différentiel de vitesse entre eux et moi est assez élevé. Le plus gênant tient surtout au fait que j'ai complètement perdu de vue mes adversaires du 18km.

Je cherche Aurore. Après un bon kilomètre passé à doubler les coureurs du 10km j'aperçois un maillot bleu floqué COSE en blanc que je connais bien. Voilà ma fille. Elle a l'air d'être encore en bon état. J'arrive à sa hauteur et l'encourage. Elle me répond que tout va bien. Ce fut un bref et fort moment d'émotion pour moi que de la doubler là dans la nuit.

 

La course continue. Je rentre dans Monfort l'Amaury. Je me sens encore bien, et si je plafonne à une vitesse trop peu élevée à mon goût, le foncier est là. Reste la montée vers le donjon avant la descente pour l'arrivée. Je rattrape un coureur en début de grimpette et le double, quand un bénévole nous encourage: « Allez, plus que cent mètres et c'est la descente ». Effectivement, on devine plus loin une rupture de pente. Sauf qu'un autre bénévole nous aiguille sur des marches à gravir! En fait les cent mètres se tranformeront en quatre cent de montée parfois assez raide. Aurore me racontera plus tard, que ce même bénévole lui a dit la même chose! Et à combien d'autres???

 

Enfin la descente! Le coureur de la montée est distancé et je continue à doubler des candidats au 10km quand j'avise un autre concurent qui en fait autant, en plus, ça à l'air d'être un vétéran comme moi. M...e, il va falloir se dépouiller pour arriver avant lui! Je reviens sur lui et fini par le dépasser au pied de la descente. Maintenant, il ne reste plus qu'à lacher les chevaux jusqu'à l'arrivée et ça va le faire. Dernière ligne droite, un coup d'oeil derrière, il n'insiste pas, je déroule et coupe la ligne en 1h20'16'' à la 16ème place au scratch, 8ème vétéran, c'est pas si mal!

 

Rapide état des lieux: J'ai les jambes couvertes de sang séché c'est assez impressionant! Mon genou gauche reste douloureux, je décide d'attendre Aurore pour lui montrer ça avant de rejoindre la Protection Civile pour un bain de désinfectants. Très gentiment un Kikoureur, Hubert75, me prends en photo à ma demande pour faire un souvenir, merci à lui c'est très sympa, grace à lui je vais pouvoir montrer à mon fils, Etienne, 12 ans, ce que c'est qu'un homme!!! Le prestige du père c'est important!

Dimanche soir, Etienne a vu les photos, commentaire du garnement: «bof, c'est tout!»

 

                                                                  pb146394.jpgL'homme...

                                                  Le détail... pb146401.jpg

Aurore arrive enfin. Elle à l'air satisfaite de sa course. Elle terminera 199ème sur 344 arrivants en 1h16' et première dans sa catégorie. Ce qui est très satisfaisant pour une première et vu son age. Quand nous rentrerons dans la voiture elle me confiera qu'elle compte bien ne pas en rester là. Je suis heureux de savoir que nous repartagerons encore des moments comme celui là! Seul bémol pour elle, à la remise des prix, elle n'est pas appellée comme elle s'y attendait, elle accuse un peu le coup mais se reprend vite, il y aura d'autres fois!

 

Quelques mots échangés avec Papillon et Ayrton concluront cette soirée. C'est toujours sympa de rencontrer des Kikous. Il y en avait d'autres paraît il, peut être ferai je leur connaissance à l'Origole dans trois semaines?

 

Voilà, je ne peux pas terminer sans remercier les organisateurs et les bénévoles pour cette course qui mérite le détour. Mention spéciale aussi à Ludivine, David et Jérome de la Protection Civile qui m'ont bichonné afin que redevienne présentable et que Madame Lepidop ne s'évanouisse pas en voyant dans quel état je rentre à la maison! Merci à vous aussi!

 

A Bientôt

 

Benoît

1 commentaire

Commentaire de tcall posté le 16-11-2009 à 11:37:00

Salut Benoit,

Je propose que tu fasses la même chose sur L'Origole, partir vite et faire un petit coucou aux ronces. J'aurais ainsi une chance de passer devant...mais non je déconne... (quoique); bravo, belle perf, soigne toi bien et à bientôt !

Bruno

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