cloclo a écrit:bubulle a écrit:Bin, il est passé où, le récit qu'a fait Bud49?
Il avait peut-être honte de s'être fait aider par l'IA

Exactement ! j'avais un peu honte malgré que j'avais précisé que je l'avais construit avec une IA mais que la trame général était quand même faite par mes soins
donc je remet ma publication et désolé pour ceux qui bossent leurs publications et leur recits mais je suis un brin fainéant
Aux Sources du Trail 2026 : 118 km de bonheur, de souffrance... et de diarrhéeL'objectif était simple : profiter des montagnes, finir proprement et passer un bon week-end et surtout préparer la Swisspeaks Legend
Spoiler : ça ne s'est pas exactement passé comme prévu...
## Le départ : tout allait bien...Vendredi soir, 21h30, départ de Samoëns.
L'orage vient de passer, la température est idéale, les conditions sont parfaites. L'ambiance est détendue et tout le monde semble confiant.
La première heure se déroule sans aucun problème.
Je mange, je bois, je suis dans les temps.
Puis arrive l'événement qui va marquer ma course.
Je décide de tester une nouveauté nutritionnelle : une barre chocolatée Sundy.
Oui, je sais.
Tester un nouveau produit alimentaire sur un ultra.
La sélection naturelle existe pour une raison.
Quelques minutes plus tard : maux de ventre, diarrhée, nausées.
Le tiercé gagnant.
Pendant environ cinq heures.
À ce moment-là, je me dis que la course risque d'être très longue et que l'abandon n'est pas impossible.
Heureusement, j'identifie rapidement le coupable. J'arrête immédiatement ces foutues barres et la situation cesse progressivement de se dégrader.
Toute la nuit, je suis limité physiquement mais je continue à avancer sans trop perdre de temps sur mon roadbook.
Comme quoi on peut faire un ultra avec un système digestif qui a officiellement décidé de faire grève.
## Une nuit compliquée mais une remontée progressiveAu premier pointage important, à **Joux Plane (18 km)**, je pointe autour de la **194e place**.
La nuit continue avec son lot de visites discrètes derrière les sapins, de négociations avec mon ventre et de calculs savants pour savoir si je peux manger ou non.
À **Golèse (30 km)**, je suis encore aux alentours de la **186e place**.
Franchement, dans l'état où je suis, je signe tout de suite pour une arrivée.
## Le miracle du caféPuis arrive le petit matin.
Je prends un bon café au ravitaillement.
Et là...
La résurrection.
Une sensation incroyable de bien-être.
Plus de douleurs.
Plus de nausées.
Plus de diarrhée.
Mon organisme semble enfin comprendre qu'il participe à une course.
Je pense que plusieurs facteurs ont joué :
* les barres étaient enfin loin derrière ;
* mon corps se réveillait réellement après ce départ inhabituel à 21h30 ;
* le café a relancé la machine.
Toujours est-il que je me suis senti revivre.
La matinée devient un vrai plaisir.
Et quels paysages !
Les névés encore présents, les sommets, la lumière du lever du jour...
Franchement, le Haut-Giffre est un terrain de jeu exceptionnel.
Par moments, j'en oubliais presque que j'étais là pour souffrir.
## Base de vie : opération stand F1J'arrive à la base de vie de Sixt à environ 60 km.
Petit contrôle complet.
Les pieds ?
Parfaits.
Je vérifie deux fois tellement ça me paraît suspect.
Pas une ampoule.
Je change de maillot, de chaussettes, je mange correctement et je prends environ **45 minutes de pause**.
Je réfléchis même à changer de chaussures.
Puis je regarde mes pieds.
Puis mes chaussures.
Puis mes pieds.
Verdict :
"Ne touche à rien, imbécile."
Je repars donc avec les mêmes chaussures.
## L'après-midi : chaleur et grosse montagneLa chaleur monte progressivement.
Les ascensions deviennent de plus en plus exigeantes.
C'est là que j'utilise pour la première fois une **casquette saharienne**.
Et honnêtement, révélation.
Je la trempais régulièrement dans les torrents et l'effet rafraîchissant était impressionnant.
Pendant des années, je me suis gentiment moqué de ce type de casquette.
Je présente aujourd'hui mes excuses officielles à ses utilisateurs.
## Deuxième nuit : le cerveau quitte la conversationLorsque la deuxième nuit arrive, les choses se compliquent de nouveau.
Physiquement ça va encore.
Mentalement, c'est plus approximatif.
À deux reprises, je me retrouve hors balisage dans des endroits franchement peu accueillants.
Le genre d'endroit où tu comprends rapidement que continuer n'est probablement pas une bonne idée.
Je fais demi-tour rapidement à chaque fois.
Je ne sais toujours pas si c'était la fatigue ou le balisage.
Disons simplement qu'à ce moment-là, mon opinion sur le balisage n'était pas particulièrement positive...
## Le Col Pelouse, ou comment vieillir de plusieurs années en une nuitPuis arrive la montée du **Col Pelouse**.
Sur le profil de course, ça ressemble à une simple bosse.
En réalité, après plus de 100 km de course et une nuit blanche, ça ressemble davantage à l'ascension de l'Everest.
Une montée interminable.
À chaque virage, tu crois apercevoir le sommet.
Et à chaque fois, tu découvres simplement une nouvelle portion qui monte encore.
La section entre **Alfred Wills (92 km)** et **Gers (109 km)** représente environ 16 km avec plus de 1000 m de D+ et 1300 m de D-.
J'y ai passé près de cinq heures.
À ce moment-là, mon cerveau fonctionnait principalement sur un principe très simple :
Mettre un pied devant l'autre.
Puis recommencer.
Puis recommencer encore.
## Le finalÀ Gers, dernier ravitaillement.
Stop éclair de cinq minutes.
Remplissage des flasques.
Deux ou trois bouchées.
Et c'est reparti.
Il reste environ dix kilomètres.
Sur le papier.
Parce qu'en réalité, après plus de 100 km, dix kilomètres ressemblent souvent davantage à cinquante.
Les 900 mètres de descente commencent à sérieusement se faire sentir dans les quadriceps.
Les cuisses négocient leur départ à la retraite.
Mais l'arrivée finit par apparaître.
Samoëns.
3h46 du matin.
**30h16 de course.**
Quelques bénévoles encore présents pour accueillir les derniers arrivants.
Une médaille.
Quelques bières.
Un lit.
Dans cet ordre précis.
## Le bilan### Les flops* Les barres Sundy : incompatibilité totale avec mon système digestif.
* Le maillot mérinos Décathlon : excellent contre les odeurs mais incapable d'évacuer correctement ma transpiration. Résultat : dos complètement lacéré par le combo sueur + sac.
* Les pastilles électrolytes : efficaces mais responsables d'une production gazeuse qui aurait probablement pu alimenter plusieurs villages de montagne.
## Les tops* Les électrolytes seuls dans l'eau. J'ai quasiment fait toute ma course avec ça. Plus de boissons isotoniques ni de sucre liquide. Je mange aux ravitaillements et je grignote un peu, mais cette stratégie me convient de mieux en mieux.
* La casquette saharienne : adoption définitive.
* Les Hoka Speedgoat avec deux tailles au-dessus : quasiment aucune ampoule sur 118 km.
* La préparation des pieds avec de la NOK pendant quinze jours avant la course : visiblement ça fonctionne.
## Résultat* 118,4 km
* Environ 7800 m D+
* 30h16 de course
* 120e au classement général
* Une remontée progressive depuis la 194e place de la nuit jusqu'au top 120 à l'arrivée
Vu le début de course façon gastro-entérite express, je considère que c'est une belle opération.
À bientôt sur les sentiers !