Je crois qu'on est forcément nombreux à se retrouver dans cette démarche... Je viens donc à mon tour appuyer sur ce qui a déjà été (fort bien) dit, avec mon petit focus perso.
Que je déclinerai en 4 points :
- On peut passer vite du marathon au trail "long" en montagne : je l'ai fait en moins de six mois avec l'insouciance des jeunes années.
- Dans la foulée je me voyais aller plus loin car le physique avait de la marge, mais j'ai rencontré des difficultés liées à l'apprentissage de la course.
- Il s'est alors révélé bien plus long d'apprivoiser ces paramètres sournois qui se fichent de la rigueur que l'on a à suivre ses plans entraînement.
- En tout cas la bonne nouvelle est que tout cela est accessible en restant près de chez soi loin de la montagne.
En tout cas dans ta situation tes problèmes digestifs ne sont pas une bonne nouvelle.
J'ai déjà connu et doublé des gaillards bien plus forts que moi et au physique irréprochable, juste parce qu'ils étaient incapables de s'alimenter au-delà de 10-15h. A l'époque on ne parlait pas de diète cétogène, ça leur aurait sans doute ouvert d'autres horizons (si on n'a pas de vie sociale. J'déconne. Quoique...).
Attention à tes problèmes physiques chroniques aussi.
Même si je suis peut-être un exemple rassurant : je ne fais plus de course sur route depuis quelques années car la prépa cela réveille immanquablement des restes de blessures, alors que les entraînements en mode escargot (lent avec sa maison sur le dos) pour les ultras passent crème...
Bilan du (pas si) vieux sage :
- Ne te fixe pas d'objectif au-delà du prochain. Vois comment il se passe et ensuite tu pourras en tirer des enseignements.
D'ailleurs c'est comme ça qu'on court un ultra, en tout cas moi oui : rdv au prochain ravito pour commencer, on verra ensuite dans quel état on est...
(évidemment de nos jours où il faut s'inscrire presque 1 an à l'avance il faut anticiper un peu, et viser la SaintéLyon est parfaitement raisonnable) - Ecoute ton corps.
Voire ton entourage, quand on est dans sa bulle avec ses rêves en ligne de mire on n'est clairement pas objectif.
Fred
(1) On peut passer vite du marathon au trail "long" en montagneJe l'ai fait à 33 ans : marathon (Cheverny, 3h45) début avril, avec quelque jours plus tard une inscription opportuniste (et un peu folle) à un trail local qui se créait près de chez moi en juin (Trail des lavoirs à Chevreuse 65km / 1500m+) couru (en 7h), et c'était tellement bien que j'ai visé de la montagne avec le Sancy (70km / 3700m+ en 10h45) fin septembre.
Evidemment dans l'intervalle j'ai adapté l'entraînement avec le peu d'infos qu'on pouvait trouver sur le sujet sur l'internet de l'époque (je ne connaissais pas Kikourou !).
Et c'était encore tellement mieux que je me suis inscrit à l'UTMB l'année suivante, édition interrompue à cause de la météo (2010 année maudite).
Mais sans regret car je n'avais pas le "niveau".
(2) Ce n'est pas forcément le physique qui limite la montée en distancePour l'UTMB je pense que j'avais le niveau
physique (j'étais affûté comme jamais notamment après une reco en 4 jours avec Dawa Sherpa, les plus vieux apprécieront) mais j'ai rapidement découvert que je n'avais pas le niveau
tout le reste (surtout le matériel et la gestion de course).
Car j'ai découvert sous la douche (la vraie) qu'après une seule douche (un bel orage pendant mes 3h de course jusqu'à St Gervais) que j'avais déjà des débuts de brûlures par endroits, la faute à une mauvaise gestion de ma tenue.
Et pourtant des orages pendant la reco on en avait goûté... mais je n'avais pas la même tenue.
Quel con.
(3) Tout ce qui n'est pas lié au physique n'est pas facile à mettre en placeLes vicissitudes de la vie (paternité, changement de job...) m'ont limité à 60-80 km (plus ou moins vallonnés) pendant plusieurs années mais je pense que c'était vraiment profitable car cela m'a permis de bien sécuriser cette zone là côté entraînement, matériel, gestion de la nuit, alimentation (et encore je suis béni de ce côté-là), mental...
Il m'a fallu 5 ans après l'UTMB pour (enfin) passer un cap avec le Beaujolais village (110km / 4400m+) en avril et un abandon sur l'Infernal (115km / 5500m+) en septembre. Mais encore une fois ce n'est pas le physique qui m'a trahi, mais en l'occurrence la gestion du sommeil (malaise vagal dans la 2nde nuit).
Il m'a fallu quelques tests sur des courses longues mais volontairement restreintes (typiquement 100km) pour trouver la recette ce qui me convient, pour atteindre les 100 miles 4 ans plus tard (Ultra 01 165km / 6000m+ courus en 31h (presque) sans difficulté).
(4) On peut préparer des ultras sans aller en montagneFun fact : les deux seuls "grands" ultras que je termine ont intégralement été préparés autour de chez moi en Anjou, en mode allers-retours sur des côtes de 45-50 m+.
Alors que les deux fois où j'ai fait des belles préparation en montagne j'ai abandonné assez vite le jour J !
Certes je n'ai terminé que des formats roulants (Ultra 01 165km / 6000m+ et Grands Trails d'Auvergne 175km / 7000m+) mais à chaque fois sans aucun pépin physique.
La dernière fois j'ai vu mon kiné le lendemain qui en me massant les quadris ne me croyait pas sur le fait que j'avais fini la course.
Et grâce à mon WEC en montagne avant l'Ut4M j'avais des cuisses en béton, et si j'abandonne après 95km / 6200m+ c'est (au pied de l'Arselle) car je n'avançais plus dans les montées, alors que j'étais facile dans les descentes (c'est le monde à l'envers !)
Evidemment le prix à payer est que je dois être très vigilant sur mon allure dans les descentes et je perds donc sans doute du (beaucoup de ?) temps. Et les rares fois où j'ai oublié (ou voulu attaquer sur des distances bien moins importantes) je l'ai salement payé sur la fin de la course...