J'ai n'ai pas posté sur Kikou depuis quelques temps, mais l'occasion s'en présente...
A titre d'info pouvant servir à tous...
Semaine inter-fêtes Noêl-Jour de l'An...
En congés, seul à la maison, je m'accorde un intermède "bouquins-canapé" totalement inédit pour moi.
Une semaine sans marcher quinze bornes pour aller bosser, ni les cinquante bornes d'entraînement de course hebdomadaires : mode "couch potato" activé..
(Intermède décidé au vu du stock de bouquins que je n'ai pas pris le temps de lire dans l'année...
Un jour. Deux. Trois.. Quatre... Cinq !
Sans marcher chaque jour plus de quelques dizaines de mètres, ni courir les 50 bornes minimales hebdomadaires depuis des décennies...
"Mais qu'est-ce qui aurait bien pu merder ?"
Matin du sixième jour : réveil soudain par une crampe "Dantesque", saisissant la totalité du mollet gauche , avant ET arrière ! Impossible à "réduire" en forçant sur le pied... Insoutenable durant presque dix minutes...
Je n'ai pourtant jamais eu de crampes en quarante ans de course à pied !
(Alors que des courbatures, après une belle sortie, bien évidemment..!
Bref...
Deux heures après...
Sensation d'oppression, étourdissements, fatigue extrême, lenteur de réaction...
"Cà va passer" me dis-je... Habillage en mode zombie..
Je tente quelques pas sur le chemin forestier qui passe devant la maison, "pour me réveiller"...
J'ai fait cent mètres, et au radar pour le retour...
Rentré au chaud, je m'avoue enfin que "çà merde"...
Réticent par nature à demander de l'aide, je mets une bonne heure à enfin appeler "le 15",
le n°d'appel des Urgences...
Descriptif des symptômes, en demi-conscience, avec le médecin régulateur..
"Ne bougez-pas ! les Pompiers arrivent !"
Et pour arriver...
Ils sont arrivés !! Sirènes hurlantes à travers la campagne, telle une charge de Cavalerie !
(Je n'éxagère vraiment pas...
Je sors de la maison; m'avance sur le chemin pour leur faire signe..
"- C'est vous ??
- Bah oui, c'est moi.
- Mais il ne fallait pas bouger ! Allongez-vous !"
Arf...
Me voilà assigné, "pris en charge", sanglé sur un brancard, etc..
Reprise de la "charge de la brigade légère" pour rejoindre l'hôpital du secteur..
Je n'ai jamais été aussi secoué à bord d'un véhicule !!
(Avec pourtant quelques milliers d'heures "en kaki"...)
Les gars ont plus qu'assuré, mais se sont aussi fait plaisir : je les soupçonne plus que fortement d'avoir emprunté quelques pistes de leur connaissance pour couper au plus court...
Bref !
Trêve de plantage du décor.
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Arrivée aux urgences.
Prise en charge immédiate.
Test des constantes vitales : tachycardie 150+, saturation oxy 85, TA 18-10... "Pas glop."..
Mise sous perf avec hypotenseur, briefing avec le cardiologue du service, (par ailleurs médecin du sport), et transfert dans l'heure au pôle d'imagerie.
Scintigraphie thoracique : une belle embolie pulmonaire, heureusement latéralisée.
Mise sous anti-coagulants, puis nouveaux examens dans les heures suivantes : échographie cardiaque (nickel), doppler circulatoire des membres inférieurs (idem)... Plutôt rassurant..
§§
A l'issue de ces explorations, il semblerait que le déclencheur de cette embolie pulmonaire (obstruction d'une artère pulmonaire par un caillot sanguin ou une plaque d'athérome),
ait été la crampe "dantesque" subie ce matin-là...
Qui serait la conséquence de cette période de totale inactivité, complètement inhabituelle, ayant induit une moindre circulation sanguine, et un ralentissement du métabolisme,
d'où une accumulation des toxines produites les jours précédents...
=> Crampe insoutenable => micro-déchirure => caillot sanguin => migration vasculaire => embolie...
C'est con, hein..?
Bref : le repos absolu peut tuer !
(Mais Avec des pompiers "rallymen", et une équipe hospitalière au top : on peut revenir de loin !!..)
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Récit un peu long, mais il faut bien situer la réalité..
En synthèse : ne pas ni démarrer trop fort un entraînement, ni l'arrêter brutalement...
Meilleurs Voeux à tous,
à vous croiser sur les chemins !
