Récit de la course : Les Voies Royales de St Denis - Marathon 2025, par marathon-Yann

L'auteur : marathon-Yann

La course : Les Voies Royales de St Denis - Marathon

Date : 26/10/2025

Lieu : St Denis (Seine-Saint-Denis)

Affichage : 188 vues

Distance : 42.195km

Objectif : Pas d'objectif

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Royal !

J'y suis presque allé en traînant des pieds. Parce que Saint Denis, quand on habite en région parisienne, ce n'est pas forcément la destination qui fait le plus rêver. Parce que se lever à 5h du matin pour aller courir 42 km sous la pluie, faut être vraiment aimer ce sport. Parce que le triptyque "pas de tee-shirt / médaille en bois/ "prenez votre flasque pour la remplir aux ravitos " m'exaspère, surtout le dernier point. Aux 20 km de Paris, il y a deux semaines, j'ai préféré ne pas boire plutôt que perdre quelques secondes sur un temps que j'ai aujourd'hui oublié. Qu'est ce que cela va donner sur marathon ? Et puis la magie opère. Le changement d'heure nous offre une heure de sommeil en plus. La météo change, et nous offre un beau ciel bleu et une température idéale pour courir. Il y aura des ecocups aux ravitaillements, qui seront nettoyés et re-utilisés, voilà une solution intéressante ! Et surtout, quand j'accroche mon dossard dans l'ombre bienveillante du stade de France , je suis pris par l'excitation du moment et cette inaltérable envie de courir. Ça tombe bien !

Petite nouveauté par rapport à l'année dernière, les sas sont divisés en longueur entre marathoniens et semi-marathoniens, qui prendront finalement le départ quelques minutes après nous. Nous ne sommes qu'une trentaine dans notre sas "3h", situé juste derrière celui des élites, à nous jauger du coin de l'oeil. Je me souviens, l'an dernier, j'avais fini 32e, et même 1er M3, vue la faible densité de coureurs, pourquoi ne pas essayer de faire aussi bien aujourd'hui ?


A la différence de l'an dernier, il n'y a pas de meneur d'allure 3h à suivre, je vais donc me débrouiller tout seul, en écoutant beaucoup mes sensations, sans trop me caler sur ma montre. Je profite mieux du paysage ! Après deux premiers kilomètres près de la Seine et 3-4 km en ville, nous pénétrons dans le magnifique parc Georges Valbon. Avec ses arbres majestueux et les lumières de l'automne, c'est un très bel endroit pour courir, qui nous semble réservé ce dimanche matin. C'est beau, mais avec ses deux trois bosses, ce n'est pas facile d'y garder l'allure !


Au km 10, les bénévoles nous préviennent :"  on a que du jus de pommes, l'eau n'est pas encore arrivée !". Peut-être sommes nous partis trop vite ?
En sortant du parc, km 14, je suis assez surpris : plus personne devant moi ! Je sais qu'il doit y avoir quelques dizaines de coureurs devant moi, mais nous commençons à être suffisamment espacés pour que j'ai parfois besoin de suivre l'impeccable balisage. Surprenant quand même.


Je reconnais bien le parcours : la traversée du complexe sportif, le passage au pied des immeubles, la visite devant le centre d'entraînement du Red Star, et ce pont, juste avant le semi. Celui ci arrive 500m plus tôt qu'annoncé par ma montre, sans que je comprenne d'où vient ce décalage. Sera t-il rattrapé plus tard ?


Il y a ensuite une dizaine de kilomètres qui me marque moins, peut-être y a t-il moins de sites remarquables, ou qu'ils ne sont pas indiqués, peut-être simplement parce que c'est moi qui suis un peu marqué. Ma montre bippe fidèlement tous les kilomètres, je crois, mais je ne la regarde pas systématiquement. Cependant, les quelques regards que j'y jette de temps en temps, comme des sondages qui me permettent de jeter un éclairage sur la forme du jour, sont assez concordants : je tourne maintenant à un peu plus de 4:30/km, de quoi envisager un bon temps, mais pas de franchir une nouvelle fois la barre mythique des 3h.
Nous passons devant la Basilique de Saint Denis, et devons faire un peu attention aux mamis qui viennent faire leur marché ce dimanche matin. Le parcours a un peu changé : nous faisons un aller retour le long de la Seine, et ces deux fois deux kilomètres me permettent de voir la tête de course ainsi que des coureurs avec qui j'avais partagé le début de course, et qui sont maintenant un peu devant ou un peu derrière moi. Nous nous encourageons sincèrement.


Un bénévole se fait engueuler par un automobiliste qui veut passer : "je dois emmener ma mère à l'aéroport, par où je passe avec vos c..eries?" . Pauvre bénévole, qui sacrifie son dimanche matin pour le plaisir et la sécurité des coureurs, et reçoit ces insultes en remerciements! Qu'il soit mille fois remercié, ainsi que tous ses collègues de toutes les courses du dimanche matin de France et de Navarre !


Les derniers kilomètres sont animés. Nous traversons un parc, et je peux enfin doubler un concurrent grisonnant que je ciblais depuis des kilomètres car il appartenait peut-être à ma catégorie d'âge (en fait, non, il est plus jeune que moi). Puis je double un autre concurrent qui marche, et répond à mes encouragements : "e u pu ou ir" . Il me faudra quelques centaines de mètres pour comprendre qu'il me disait "je ne peux plus courir". A bout de forces, il ne peut plus parler non plus, force à lui.


Alors que nous approchons du dernier ravitaillement, les bénévoles nous dévient vers la Cité du cinéma, et nous pouvons traverser ce joli hangar. Belle nouveauté !


Notre parcours rejoint celui du semi, et nous rattrapons les coureurs moins rapides. Et le stade de France nous avale, nous digère et nous recrache sur sa piste si célèbre. Je finis en 3h04, 22e et 1er dans ma catégorie, bien content de m'être levé ce matin pour venir. J'étais venu en traînant des pieds, je repars le pied léger !

 

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