L'auteur : Zaille
La course : La Corrida de Noel d'Illkirch - Semi
Date : 7/12/2025
Lieu : Illkirch Graffenstaden (Bas-Rhin)
Affichage : 356 vues
Distance : 21.1km
Objectif : Pas d'objectif
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A ne pas reproduire chez vous ! Quelle idée débile ! Courir un semi-marathon une semaine après une Saintélyon. Vous ne trouverez ce conseil dans aucun livre de coaching sur la course à pied. Au pire, on vous autorisera un petit footing souple d’une dizaine de km.
L’allure semi ça sera plutôt 5:00/km (1h45) que 4:45/km (1h40)
L’argumentaire pour ma part est tout trouvé : le travail des enchaînements pour toujours plus d’adaptation de mon corps à l’ultra. Banaliser l’effort et surtout l’effort long pour générer une capacité à endurer et supporter les km. Oui, tout ça, mais cette énième Corrida d’Illkirch pour moi, sera aussi un test pour voir où j’en suis dans un exercice de « vitesse » (guillemets obligatoires). J’avoue, courir longtemps c’est bien mais je suis parfois un peu frustré par mes allures de grosses limaces sur les longues distances.
J’ai été sage … presque toute la semaine. La nuit blanche passée entre Saint-Etienne et Lyon m’a plutôt bien aidé à calmer mes ardeurs. J’étais clairement en déficit de sommeil toute la semaine et j’avoue que je trainais un peu des pieds. Par contre, les courbatures avaient quasi disparu jeudi et c’est donc vendredi que j’ai fait ma sortie crash-test pour voir si tout fonctionnait.
13km en allure progressive jusqu’à 4:45/km où j’étais franchement essoufflé. Pas terrible mais biomécaniquement, RAS. Peut-être juste une cheville un peu douloureuse à cause d’une vieille entorse qui se rappellent à son bon souvenir depuis un mauvais mouvement effectué l’avant-veille en mettant une chaussette … Véridique ! Débile ! En résumé : ça va mais l’allure semi ça sera plutôt 5:00/km (1h45) que 4:45/km (1h40). Avec un vieux PR aux alentours de 1h32, tout ça est au final très secondaire.
Je ne vais pas courir si vite que ça
Le jour de course, la météo est idéale avec pas loin de 10°C et un temps sec. Mon dossard a été cherché vendredi par Joseph car pas de distribution le jour-même … Mouais !? Je récupère mon lot. Pas de T-shirt de course (il fallait le payer en sus) mais une ceinture en tissu (taille S) que je n’utiliserai jamais. Soit, on n’est pas venu pour tous ces gadgets mais pour voir les amis de la RIM sur cette traditionnelle dernière course de l’année et bien sûr aussi pour faire chauffer les cuisses et le palpitant.
Une fois le sac déposé à la consigne, on sort en direction de l’arche. Sas 1, départ à 9h10. Short, T-shirt mais avec les manchons et un bonnet technique, je suis prêt ! Je ne m’échauffe même pas, j’ai la flemme et puis je ne vais pas courir si vite que ça, je me dégripperai durant les premiers km. Seb nous lâche pour se placer devant avec un objectif de sub 1h30 mais je reste là bien au milieu jusqu’à la fin du compte à rebours.
Une étonnante allure autour de 4:45
Les premiers km sont compliqués pour trouver une allure entre la masse de coureurs, les voitures en stationnement et le tracé qui slalome dans les quartiers résidentiels de la ville. Il faut vraiment faire attention où on met les pieds et parfois prendre son mal en patience (2-3 secondes, ok c’est pas la mort) quand un agglomérat de coureurs plus lents vous barrent le chemin.
Je déroule enfin et confirme une étonnante allure autour de 4:45 que je maintiens assez facilement depuis le début malgré les quelques aléas de cette course trop populaire qu’est devenu la Corrida. Le terrain est plutôt plat et mon cardio se stabilise autour de 160bpm. Je suis curieux de savoir jusqu’où il va grimper si je maintiens l’allure car c’est bien ce que j’ai en tête maintenant, du 4:45 et donc 1h40. Pourvu que je tienne le coup, jusqu’ici tout va bien, il reste juste 17km.
Un kilo à 4:37
Les cuisses sont cependant douloureuses par moment et je me demande si je ne vais pas finir par cramper. Je sens clairement que je contrains la machine à faire quelque chose d’inhabituelle mais comme sur de l’ultra, je sais que je peux rajouter de la douleur musculaire à la douleur pour prolonger un effort. Rien de surhumain, juste une habitude, un enseignement donné à un corps par son pilote.
Km5, je me surprends à faire un kilo à 4:37 et vois en bout de ligne droite le fanion d’un meneur d’allure que j’identifie comme celui des 1h40. Je le rejoins 2-3km plus tard toujours à des allures autour de 4:40 pour finalement m’apercevoir que c’est le meneur des 1h45. Je ne comprends pas bien ce qu’il fait là au tiers de la course à 4:43 de moyenne au lieu de 5:00. Si des débutants le suivent en toute confiance, il est en train de les flinguer !
Sur la base d’un sub 1h40
On nous fait finalement quitter un peu l’environnement urbain pour courir momentanément en sous-bois mais toujours sur du très roulant. J’ai refait un kilo à 4:37 à la faveur d’un léger faux-plat descendant et passe le km10 en 47:10. Ce n’est vraiment pas ouf mais je suis bien sur la base d’un sub 1h40 donc on va s’en contenter. Encore une grosse moitié et, étonnement, ça va toujours.
Mon cardio commence à monter, rien d’anormal. Là je suis aux alentours de 165, la chaudière ne va pas encore exploser mais avec 5 bpm de plus en 10km ça veut dire que je vais terminer à 170 en fin de course si le rythme est maintenu. Là je serai clairement dans la zone rouge foncé.
Km13, 4:36, mon kilo le plus rapide et il n’y a pas vraiment d’explication. Je commence à souffrir du genou droit (TFL ?) et ma cheville en mousse se réveille. Le type de gêne qui génère quelques inquiétudes sans pour autant altérer ma course. Sur un effort aussi court, le mental n’a pas la même importance que sur une Saintélyon par exemple. Ici on sait que si le problème devait s’amplifier, l’arrivée ne sera plus très loin.
Je commence à avoir du mal
Voilà le passage le long du canal, le bout de circuit le plus identifiable sur cette course. Une longue ligne droite de presque 2km où je vais chercher à m’abriter d’une petite bise en switchant de coureur en coureur. Je commence à avoir du mal, je sens que je perds de la vitesse. Je suis plutôt sur les 4:48 ou 4:49 tout en forçant sur ces km15 et km16.
La sortie de cette ligne droite me fait à nouveau courir un peu plus vite et je vois même du 4:25 sur ma montre mais que très brièvement. Je vois aussi que mon cardio confirme mon essoufflement avec un 171bpm plutôt inédit sur mes dernières courses. Il reste 4-5km, il faut que je lève légèrement le pied, j’ai encore 20 bonnes minutes à tenir !
Quelques secondes
Les 2 prochains km sont sur le tracé de début de parcours, on se farcie à nouveau le zig-zag dans les ruelles d’un lotissement mais cette fois-ci on a un peu plus de place, le peloton étant devenu beaucoup moins dense. Je limite les dégâts avec encore du 4:43 même si la tendance est à 5 secondes de plus. Je ne suis plus qu’à 4:44 de moyenne, le sub 1h40, s’il se fait, se jouera à quelques secondes.
Le décalage de ma Garmin avec les bornes kilométriques disposées sur tout le parcours se rapproche du demi-kilomètre, ce qui est énorme. Je comprends que mon temps officiel ne sera pas dans mon objectif mais le principal reste l’allure de 4:45 et là pour l’instant, j’y suis encore. Je talonne à nouveau un coureur profitant ainsi d’un peu de son allant mais j’ai hâte que ça se termine.
Défi réussi
Km20, indiqué par un panneau en bord de route mais j’en ai presque 20,5 sur ma montre, on est donc bien dans l’écart constaté juste avant. Donc plus que 1,1km, c’est dur, je surveille ma montre et surveille l’affichage des 21,1km pour voir, oh joie, un très satisfaisant 1:39:48. Défi réussi, selon Garmin mais le temps officiel sera de 1h42, la différence des 540m en plus sur la montre. Je ne me suis pourtant pas perdu 😉
La ligne franchie, je suis très satisfait de ma performance pourtant moyenne dans l’absolu. A part des petits bobos sans importance qui vont probablement disparaître très vite, je suis étonné d’avoir pu courir à 4:44 de moyenne dans les conditions déjà énumérées. Et je ne parle même pas du repas arrosé de la veille. Ah, ça me fait penser que j’ai droit à un vin chaud, c’est bientôt Noël …
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