L'auteur : marathon-Yann
La course : Marathon de Cernay la Ville
Date : 4/1/2026
Lieu : Cernay La Ville (Yvelines)
Affichage : 212 vues
Distance : 42.195km
Objectif : Pas d'objectif
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Le traileur contemple tristement son téléphone, au bord des larmes. "Mais qu'est ce qu'il a ?" demande un ami, visiblement inquiet. "- On est le 31 décembre, ses données Strava vont s'effacer", explique son épouse. Ce dessin Des bosses et des bulles m'a toujours fait rire, pourtant j'éprouve exactement le sentiment inverse. Début janvier, je me sens comme un skieur qui peut laisser sa trace dans la poudreuse fraîche et immaculée du matin. Et pour ça, rien de mieux que me précipiter à Cernay, premier marathon de France !
L'image du skieur est à peine exagérée, il fait un bon -5 au départ ! Pas de neige aujourd'hui, mais un beau givre blanc qui va donner un aspect magique à la campagne. Campagne que nous allons découvrir sous un jour nouveau : cette année, nous tournons le dos à Cernay pour le départ de la première boucle. L'innovation est gagnante, ces routes nous semblent réservées (ce n'est pas vraiment le cas, mais je ne croiserai pas une voiture), et nous économisons quelques mètres de D+ pas négligeables. Tout est réuni pour une belle journée, profitons-en !
Cette année, à la différence de l'an dernier, les 500 coureurs du marathon partent en même temps que les 800 du semi, ce qui donne une bonne densité de coureurs à mon allure. Mon allure, parlons en ! Avec ses 300 m D+ et ses routes ouvertes à tous vents, le parcours n'est pas réputé roulant. J'y ai pourtant battu mon record il y a deux ans (amélioré deux fois depuis), et une partie naïve de mon cerveau se demande si je peux renouveler l'exploit. La partie raisonnable m'explique que c'est très peu probable. Je pars donc partagé, motivé mais décontracté, me laissant guider par mes sensations plutôt que par le chrono-maitre. Rien à perdre, rien à gagner, juste le plaisir de courir !
Cernay, c'est aussi l'occasion de saluer les copains. J'étais heureux de voir au départ William et Zhuoming, qui finira à une époustouflante seconde place, je le suis tout autant de rattraper Augustin dans une équipe avançant à vive allure, poussant une joellette avec un bel entrain. Les super héros n'ont pas tous des capes ! C'est le cas de Superman, qui me dépassera après 10 km de course, c'est amusant de voir un coureur déguisé alors qu'il n'y a aucun spectateur, que des vaches à distraire, ça doit être ça le panache. Surtout qu'il avance bien, le bougre.
Nous avançons maintenant en file indienne, souvent séparés de quelques dizaines de mètres. Les dépassements sont rares, chacun a trouvé son rythme. Un couple se relaie derrière une poussette contenant un beau bébé de 8 mois. Nous rejoignons vers le 12e km des routes que je reconnais, empruntées les autres années. Je m'accroche quelques km à la foulée de deux marathoniens qui avancent sur une base de 4:15 / km, je ne sais pas s'ils atteindront les 3h, en tout cas, moi je n'y arriverai pas. Je ne suis pas assez facile sur cette première boucle, et je connais les difficultés de la deuxième.
Je l'aborde cependant avec gourmandise. Je sais que le menu est encore copieux, avec deux grosses montées et la délicate route d'Auffargis. Nous tournons dans l'autre sens que l'année dernière, c'est le sens que je préfère. La première côte à Garnes est plus courte mais plus raide que si nous tournions dans l'autre sens, et je suis contraint d'y marcher quelques dizaines de mètres (honte à moi). J'y subi 3 dépassements, j'en subirai 3 autres plus tard dans les bois, dont la première femme, mais de mon côté je dépasserai 9 concurrents sur ce second semi, le bilan est positif ! C'est vraiment anectodique mais que voulez vous, on s'occupe comme on peut !
L'organisateur nous avait prévenu qu'il y aurait du vin chaud au ravitaillement du km 28, et du whisky à celui du km 35. Je ne profite pas de ces réconforts, préférant le coca qui a commencé à geler dans les gobelets. Il n'y a pratiquement plus personne devant ou derrière moi, j'avance à mon rythme sur la route d'Auffargis. Nous n'avons pas la chance de traverser cette année l'abbaye des Vaux de Cernay, tant pis, je me promets d'y revenir plus calmement en famille. Je marche encore une dizaine de mètres dans la dernière côte (honte à moi) et fini, bien rincé quand même, en 3h09, 22e et second dans ma catégorie. L'année est lancée de la plus belle des façons, vivement la prochaine course !

“On nomme amoureux celui qui, en courant sur la neige, ne laisse point de traces de ses pas.” Proverbe turc.
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