Récit de la course : 100 km du Périgord Noir 2007, par tot

L'auteur : tot

La course : 100 km du Périgord Noir

Date : 14/4/2007

Lieu : Belves (Dordogne)

Affichage : 1985 vues

Distance : 100km

Matos : objectif : 9h59'59
matos : wave création 7
bilan : une ampoule toute petite et 1 hématome sous un ongle.

Objectif : Faire un temps

1 commentaire

Faire connaître ce récit sur Twitter :

Faire connaître ce récit sur Facebook : Partager

Belvès 2007 : La gourmandise est un vilain défaut

 

Préambule :

 

Samedi 14 avril j’ai RDV pour mon 3 ème centbornes.

 

Pour ce dernier j’ai décidé de faire une prépa sur 4 mois avec VMA sur 6 semaines et progressivement je bascule sur le spécifique 100 en allongeant les sorties longues.

Domi44 sera mon conseiller pour mes séances VMA qui ne sont en rien structurées.

Il me recadre et me permet ainsi de voir progressivement mes chronos s’améliorer.

La prépa est très bonne si ce n’est une légère entorse fin janvier.

Je continue à m’entraîner malgré une douleur persistante au tendon qui ne fera que s’accroitre au fil du temps. Je décide d’enlever la VMA pour épargner mon tendon et cela va mieux.

2 semaines ½  avant la date butoire je me tords de nouveau la cheville et là plus question de courir du tout. Je dois abréger la séance et finir en marchant. J’ai le moral en berne, le tendon est vraiment douloureux, je ne peux plus m’asseoir à genoux. Donc repos forcé, ostéo, anti-inflammatoires, glace et on verra samedi matin. Je re-testerai le lundi par un footing d’une heure et tout semble ok.

 

Vendredi 13 avril 

 

Le Totfamilly et tous les membres participants à l’épreuve convergent vers le terrier. L’Deus et Stéph arriveront le jeudi. Daniel et Jocelyne le vendredi en fin d’après-midi.

Il n’est question que de CAP a tous les repas et en dehors aussi. Chacun raconte un peu où il en est. On se rassure.

 

On file chercher les dossards à Belvès. J’ai RDV avec J-Claude 67 pour une brève présentation car grâce au forum nous avons décidé de faire un bout de chemin ensemble.

Cela va être l’entrée de J-Claude dans l’ADDM il part dans l’inconnu. Il a de meilleurs références que moi sur marathon mais j’ai une petite expérience ADDM donc cela devrait coller. Je téléphone à Cagouille qui se trouve à la gare et qui arrive. Un bref brin de causette, on se file rancard pour le lendemain et direction le terrier comme dirait le Marmotton, il faut faire les sacs car on va laissé une voiture et un vélo à Sarlat.

C’est un peu technique car on a 3 coureurs sur le 50 et 3 sur le cent donc il faut prévoir pour les uns et les autres sachant que chacun ira à sa cadence.

 

Samedi matin branle-bas à 5H30… c’est un peu le bordel dans le terrier car cela fait du monde debout, chacun a son petit déj spécial course. Allez c’est le départ direction Belvès.

On récupère Olive, mon suiveur et direction le parking.

On se fait beau sur le parking, l’ami Toumazou vient nous saluer, il a l’air en forme, toujours souriant. Bien content d’échanger avec lui, je ne le reverrai que bien plus tard.

Tout le monde est prêt, direction le départ. On retrouve J-Claude, Cagouille et Cloclo, le Sieur Cyrano vient nous saluer en personne (il a un bon rube….)

Salutations d’usage et brefs échanges et on attends le top départ.

Le départ est quelque peu modifié car cette année le 50 fait bien 50 donc il faut grapiller quelques hectomètres. On part tranquillement, on doit slalomer entre les marcheurs partis devant et je ne comprends toujours pas pourquoi il se mettent ainsi en avant pour au final, gêner les autres et au risque de se faire bousculer et faire tomber les plus rapides..(bref c’est un constat ce n’est prétentieux mais il fallait que je le dise)

On est vite dans le rythme prévu 10.5 km/h pour les 30 premiers avec les arrêts ravitos de J-Claude cela tombe pile-poil dans la cadence prévue. On avance tranquillement, il a plein de monde devant mais pas de souci, je sais que la course sera longue donc on gère. J’ai le cardio un peu haut un peu de stress ??. Par contre je guette un signe de ma cheville, je surveille la route et j’évite systématiquement les dévers trop prononcé. On n’est pas très bavard avec J-Claude, chacun doit être concentré sur sa course. Les kilomètres défilent tranquillement, on est toujours dans les temps prévus, on gagne environ une bonne minute tous les 5 kilos.

Thierry, un ami nous a rejoint avec son VTT tout beau, tout neuf. C’est sympa de sa part, il va voir une course de l’intérieur. Ainsi Olive et lui s’occupe de nous.

C’est tout bon, autant avant le départ je n’étais pas certain de pouvoir finir. Pour vous dire tout la vérité, j’étais persuadé qui je ne pourrais aller très loin mais je m’étais engagé vis-à-vis de J-Claude et donc je me devais de prendre le départ et de l’emmener le plus loin possible. Mais plus les kilomètres passent et plus la confiance arrive. 30 ème  se profile et annonce le début du toboggan sarladais, j’ai annoncé que l’on temporiserait dans cette partie pour ne pas laisser trop de force et arriver au 50 assez « frais » (ok fraicheur relative car il commence à faire chaud). Je m’arrose régulièrement depuis Montfort car je crains un peu les premières chaleurs et l’an passé je ne l’avais pas fait. C’est cela « l’expérience » on apprend des trucs à chaque fois. Arrivés à la Canéda, en 4h52 comme c’était prévu. On a donc 8’ d’avance pour la barre des 10H. C’est tout bon, l’an passé j’avais 3’. Le sieur Cyrano qui a dû jeter l’éponge nous encourage, c’est très sympa de sa part mais cela signifie que l’on n’ira pas prendre une pause à la buvette des Milandes.. tant pis.. !!!!. Là, le parcours est un peu modifié, on passe dans La Canéda car il faut bien récupérer les 750 environs que l’on a de décalage depuis le départ. Ils nous ont trouvé une jolie patate (pas Noël ni P’tite Patate…une bosse) qui ne me fera pas que du bien car J-Claude monte plus vite que moi et je dois m’accrocher, faire un brin l’élastique… Je ne l’avais pas repérée en courant celle-là (à voir pour l’an prochain). On temporise toujours car l’an passé j’avais quitté le Pirate dans ce secteur laissant le bourricot s’emballer prématurément et j’avais un peu galéré sur la fin. Mais cette fois, j’ai retenu la leçon. On arrive donc ainsi aux environs du 60 ème et j’avais prévu de reprendre la cadence des 30 premiers à savoir 10,5. Chose dite chose faite. J-Claude préfère gérer à sa main et nos itinéraires vont se séparer. Je me retrouve seul avec mes suiveurs, je maintiens la cadence et n’ai nullement la sensation de forcé, le cardio m’indique que je suis bien toujours la même plage qu’au début. Je ne m’arrête plus marcher ce qui explique que ma vitesse au 5 kilo augmente. Olive m’informe que MissTot (5h20’ sur le 50) vient d’enfourcher son destrier pour  nous rejoindre et m’accompagner dans le final. J’effectue la boucle de Castelnaud et Alex arrive juste derrière nous. Me voilà flanquer de 3 suiveurs, un vrai luxe. Je me sens un brin d’HeubiOne. Tout va bien, je gère et évite de « forcer » inutilement. Les Milandes arrivent et je sais que c’est une bosse qu’il me faut négocier tranquillement pour ensuite relancer avant le final. J’ai grignoté du temps, j’ai maintenant 11’  d’avance au 75 ème. Je la vois belle la barre des 10H. Je gamberge, si je tourne à tant… ou si … et ou cela j’arrive avec tant… les calculs ne sont pas très aisés..Tiens tiens pas trop lucide le Tot.. ???

Pourtant j’ai le sentiment de penser à tout, c’est Olive qui me donne à boire (il applique les conditions à la lettre) je mange comme il faut, prend mes sporténines et Thierry, lui est responsable de mon arrossage. Depuis Montfort, je m’arrose copieusement et je ne ressens pas la sensation de chaleur. Ah voilà que se profile la bête… Non  pas du Gévaudan mais celle des Milandes. Je négocie les Milandes à ma cadence laissant partir des coureurs, je ne cherche pas à m’accrocher car j’ai mon objectifs à porter de mollets encore 25 kms et 11’ d’avance…

C’est jouable non ??? Oui mais non car en attaquant la descente après les Milandes qui cela dit en passant est nouvelle cette année. Je suis stoppé net par une crampe au quadri gauche (vaste interne, il est bon tout contracté et bien raide..put… pas agréable le truc…

Pas vu venir.. Je m’arrête, j’essaie de me marcher un peu… pas possible de poser le pied.

Je décide de baisser pour l’étirer.. erreur c’est l’ischio qui grince à son tour.. j’ai donc non pas une mais deux crampes.. les bougresses.. Je n’annonce à mes suiveurs que c’est la fin des haricots, fini les 10H, je passe en mode « on verra bien si je peux rentrer ». Olive a alors une idée qui me parait absurde de prime à bord «  vas-y on marche à arrière »…Quoi ??? Tu veux que je descente à reculons ??? Ben oui, au moins tu « avances » il faut dire que je suis à l’arrêt depuis 2 à 3 minutes en fait.. Allons-y pour la marche arrière, un rapide coup d’œil, personne à l’horizon, et puis merde tant pis mieux vaut avoir l’air con mais progressé… Je commence ainsi la descente, je ne ferai qu’une bonne centaine de mètres, les douleurs s’estompent et finissent pas être supportables. Je décide de prendre une allure classique et surprise je peux de nouveau courir. Bien sûr, pas question de faire sa folle, je dois contrôler en permanence  les tensions dans la jambe gauche (au fait c’est la jambe qui a subit les 2 entorses de la cheville…faut-il y voir une compensation et rien du tout… ??) Je me bats donc contre 2 ennemis mon avance qui se réduit et ma jambe gauche…  Je passe Allas-les-Mines et j’ai un peu prêt retrouvé une allure potable pour arriver dans les temps je tourne à 10 km/h et j’ai encore 5’ d’avance. C’est juste mais c’est jouable, en fait je le pense dans l’hémisphère droit tandis que l’hémisphére gauche lui a une toute autre version…Thierry, nous quittera à ce moment, tchao et merci l’ami.On arrive sur la partie qui pour moi présente le plus de risque pour ma cheville, on vient de passer le 80 et on longe la Dordogne sur un chemin de castine avec son lot de trous, de bosses, des pierres… je marche sur des œufs, ma foulée n’a plus très souple et je n’ai bien du mal à trouver le bon endroit pour poser mon pied tout en évitant une tension trop importante de ma jambe gauche. Résultat, je perds encore du temps. Il fait chaud mon avance fond comme la neige. Je n’y crois plus mais je n’abdique pas pour autant, j’essaie d’être le plus souvent possible au-dessus des 10 km/h et j’y arrive tant bien que mal. Voilà St Cyprien et sa belle ligne droite interminable dans laquelle j’avais littéralement explosé l’an passé. Je ne l’aime pas mais vraiment pas… Je l’entame, le soleil est là, pas d’ombre, un léger vent de face, légèrement montante (on trouve pleins d’excuses quand la fin du rouleau est proche…) Tiens bizarre, que se passe-t-il donc dans mon estomac ??? Je ne connais que trop bien cette sensation et ces petits signes…le bide est parti en vrille, je dois stopper sur le bas côté pris de haut-le-cœur… Là, la messe est dite les Z’amis. Je dois marcher… Je prends un joli et très beau coup sur la tête. Je ne pourrais pas lutter contre les crampes tant musculaires que stomacales… Olive et Alex, m’encourage et me force à courir.. mais c’est fini je le sais et je rends les armes… Par fierté, vis-à-vis d’eux, je raccroche un coureur qui m’invite à prendre sa roue (déformation cycliste) je lui emboîte le pas, je me porte à sa hauteur et c’est magique.

Il m’a relancé, on n’est pas tout à fait à 10 km/h mais un très gros 9… Je passe le 90 ème, je pointe le cardio et je constate les dégats, je n’ai plus qu’1’30 d’avance. Autant dire rien mais rien du tout car entre la montée dans Siorac et le faux-plat montant et la bosse finale c’est râpé de chez râpé. Là, je me mets à marcher car à quoi bon courir je n’y arriverai pas sous les 10H… ce n’est pas pour toi, mon pauvre Tot, tu t’y es vu et tu ne le seras pas… Je repense au post du Pirate et son naufrage. Tiens décidemment, on fait les même conneries. Mes suiveurs m’encouragent de plus belle, chacun son tour y allant de son argument et c’est Alex qui trouvera le bon. Fred tu ne voudrais pas battre ton record tout de même ??? Quoi, quel record ??? Celui de l’an passé, cela t’intéresse ou pas… ??? Je ne dis rien, je calcule « rapidement dans ma tête avec les 2 ou 3 neurones qui peuvent encore compter et j’arrive à la conclusion qu’il est 17H passé et que j’ai 1h20 pour faire moins de 10 kms. Put… elle a raison, je viens de me trouver un nouvel objectif. Pourquoi je ne l’avais pas mis dans un coin de ma tête en plan de secours ??? Peu importe, je repars, c’est toujours aussi dur mais je m’accroche à mon nouveau rêve et j’avance en alternant course et marche.

En arrivant au pied de la bosse j’apercevrais l’arche, un peu avant le dernier kilo mon chrono indiquera 10H d’efforts. Il m’aura manqué un gros kilomètre. On se tire la bourre dans la bosse car on arrive en groupe on est 4 pauvres gonz qui veulent en finir, on trottine à 8 km/h dans le final, et on est à fond de chez à fond,.. Je sens que les mollets vont coincer, le bide n’est d’accord avec ce sprint final mais il n’aura pas le dernier mot… Je franchis la ligne 10H07’07, Alex pose son vélo et vient me faire un bon, vrai et gros bisous dont elle a le secret. J’ai l’impression qu’il est fier de son chéri pourtant je fais pitié. Je me traîne sous la tente ravito. Je m’installe, je souffle. C’est fini et hop un 3 ème centbornes dans ma valise à bagages spéciale ADDM. Ne me sentant pas au mieux après avoir attendu J-Claude qui finira 15’ après je dois me rendre sous la tente médicale. Bilan : tout est hypo dans l’ordre tension (9-5), glycémie et début de déshydratation dira le gentil docteur. On m’allonge sur le premier matelas pneumatique mais j’aurai bientôt des copains. Je ferme les yeux et je somnole. Je suis allé un peu loin cette fois.

J’aurai une vision que dis-je une apparition le grand Vincent T. (MacToum) en personne vient s’enquérir de mes nouvelles. Il me raconte sa course et moi la mienne. On se félicite et on s’est que l’on se reverra sur une autre course …Merci à toit d’être venu.

 

Bilan : je pense avoir été gourmand et ne pas avoir gérer mes 8' d'avance au 50 kms... mais ne me blâmez pas qui aurait lever le pied..??? 

 

Tot

 

1 commentaire

Commentaire de cloclo posté le 23-04-2007 à 00:13:00

Salut Fred,

je suis pour ma part très gourmand (et je ne le considère pas comme un défaut), mais j'ai pas vu la couleur de ton paté à l'arrivée, ce s.... de Cagouille m'a rien laissé. J'avais qu'à me magner un peu plus, me dira tu.

Bravo pour ton record perso sur 100 km, pour les moins de 10 h, ca sera une autre fois.

En espérant y gouter un jour, à ton paté ;)

PS: ton insertion de photos ne marche pas avec IE6.

Il faut être connecté pour pouvoir poster un message.

Votre annonce ici !

Accueil - Haut de page - Aide - Contact - Mentions légales - Version mobile - 0.2 sec
Kikouroù est un site de course à pied, trail, marathon. Vous trouvez des récits, résultats, photos, vidéos de course, un calendrier, un forum... Bonne visite !