Récit de la course : Grand Raid 73 2024, par Gilles45

L'auteur : Gilles45

La course : Grand Raid 73

Date : 25/5/2024

Lieu : Cruet (Savoie)

Affichage : 402 vues

Distance : 73km

Objectif : Pas d'objectif

5 commentaires

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Une Baugerie cette course !

Je crois que le GR73 est la course coup de cœur de mon calendrier annuel…bon…il y en a d’autres (notamment dans le Sancy ou les Pyrénées) mais j’ai un attachement particulier à cette organisation : le profil de course, les vues proposées, les bénévoles, le niveau des coureurs (que je trouve très élevé).

Initialement, je devais prendre la route d’Orléans pour arriver à Cruet en début d’après-midi.

Malheureusement, mon cercle familial/amical est endeuillé quelques jours avant et je reste à Orléans le vendredi après-midi pour les obsèques.

Je me pose bien entendu la question de prendre la route ou pas, donc d’annuler mais mon « petit dernier » me pousse à aller courir (il tient à faire grandir sa collection d’Opinels…déjà 4 !)

Je pars donc d’Orléans vers 20h et j’arriverai à Cruet un peu avant 2h du matin. Il me reste donc 3 heures avant la course. Je tente de dormir sur le siège arrière de la voiture, mais…quand on fait 1m83…en position fœtale dans une Sandero ce n’est pas easy easy !!

A 4h je vais récupérer mon dossard, je profite du café et des spéculos de l’organisation en guise de petit déjeuner car j’ai oublié le mien.

Le départ sera décalé de 15 minutes en raison d’une barrière SNCF bloquée, ce qui empêche certains participants d’arriver dans les temps.

Je me rapproche de la ligne, tout le monde – y compris le directeur de course – parle d’un parcours très humide (et comment !)

5h15 pan !

Cette année nous ne reprenons pas le début de parcours de 2023. Finie la montée directe vers la Roche du Guet, nous empruntons le cheminement historique dans les vignes. Je ne suis pas hyper fan mais cela permet d’étirer le peloton.

Je suis très surpris de la vitesse sur ce début de course, ça double de tous les côté. Certes il y a des relais mais quand même…

J’avoue que le départ est difficile, je me demande ce que je fais là, je suis encore très marqué moralement par les funérailles de la veille. 16 ans…ce n’est pas un âge pour partir…j’ai une grosse pensée pour lui, pour ses parents et ses sœurs.

La montée est déjà relativement grasse mais cela passe correctement. Les première lueurs du jour nous offrent une vue sur Belledonne à gauche, et sur certains points dégagés, nous pouvons déjà apercevoir le Colombier à droite.

La météo est belle, fraiche et le restera.

Je n’ai pas de Chrono avec moi, mais la Roche doit être atteinte en 1H/1h10 environ. La vue est magnifique.

Première difficulté pour moi : le début de descente sur ces espèces de saloperies de roches blanches et lisses. C’est hyper casse-gueule.

Je ne suis pas réveillé, je ne suis pas en confiance, je me crispe au point de tenir le câble pour m’aider dans cette première partie de désescalade.

Ensuite ça se calme un peu mais j’ai du mal à envoyer la sauce.

Tant mieux, à ce stade de la course il vaut mieux se gérer. Ensuite le sol est souple, agréable…ça passe crème.

En 1h55 j’arrive au lac de la Thuile. Cette année, il y a moins de ravitos que les années précédentes. Ainsi le premier point avec du solide sera au km 22 et le suivant au Km42…pas facile.

Je recharge donc en eau uniquement à la Thuile.

La suite, je m’en souviens bien : contourner le lac, une petite portion de route et on bifurque à droite vers le pic de la Sauge.

Alors là…début du chantier…la montée est hyper grasse et déjà rendue lisse et glissante par le passage des 70 premiers coureurs. C’est l’enfer car je monte de deux pas et je descends d’un.

D’habitude, je ne sors les bâtons qu’en fin de course, et encore, seulement si je ne suis pas au top. Et bien cette fois je les prends déjà en main et ils me seront très utiles.

Ma réflexion du moment : « Si c’est ça la suite du parcours, la journée va être très, mais alors très longue ».

L’an passé je m’étais fait avoir pensant arriver au sommet juste après le passage sous les falaises blanches. Cette fois je sais qu’il faut pousser un peu plus loin.

Cette montée reste superbe et offre d’incroyables points de vue. La vallée du Grésivaudan (je crois), la Chartreuse (je crois)…m’enfin…c’est top.

Pour une fois, je prend une photo en course...durant laquelle je suis...pris en photo

Une fois le sommet passé et la courte descente (humide, voire très humide), j’aperçois la vue qui me comble toujours de bonheur : la Galop’ magnifique montagne à vache où l’on aperçoit aussi bien ceux qui montent que ceux qui descendent. 

C’est assez impressionnant visuellement parlant lorsqu’on est en bas mais finalement l’accès au sommet est vraiment rapide.

Je crois me souvenir d’être passé au sommet un peu avant 8h soit un peu moins de 3h de course.

La descente de la Galop’ marque vraiment le début des hostilités. Si la première partie sur la pente herbeuse se passe bien (raisonnablement glissante on va dire), la suite dans le single est fichtrement casse-gueule. J’ai du mal à trouver de l’adhérence, je suis les épaules en arrière (ce qu’il ne faut pas faire), je m’accroche aux arbres. Les bâtons me sont d’une grande utilité (NB : sans mettre les dragonnes bien entendu en descente).

J’arrive au ravito des côtes de Guelet en 3h30, il est 8h45 (78ème). J’ai très faim et je parviens bien à manger : excellent fromage de pays, tucs, abricots, coca…cela me fait beaucoup de bien.

Nous repartons vers la prochaine difficulté, la montée vers le (ou la) Magériaz. Une partie sur route/chemin nous offre des kilomètres « gratuits » et permettent de décrotter les chaussures. Nous passons près d’un bâtiment où était positionné un ravitaillement l’an passé puis après une traversée de route nous attaquons la montée.

J’ai le souvenir que la difficulté se situe plutôt sur la première partie de l’ascension. En effet, c’est toujours raide et boueux. Fort heureusement, la température reste vraiment très clémente, voire fraiche (l’an passé c’était étouffant). Pour une fois je pense même à boire très régulièrement (au risque de manquer ensuite, ce qui va arriver).

Plus nous montons plus la vue se dégage. Cette arête du Magériaz est vraiment magnifique et offre des vues splendides (enfin quand l'objectif est assez propre pour ne pas faire une photo floue !).

Avant d’arriver sur l’alpage, nous passons par quelques passages techniques où il faut mettre (un peu) les mains puis nous poursuivons en pente douce vers le sommet des pistes. L’alpage est sublime, j’ai du mal à relancer alors je profite

L’an passé nous bifurquions plus vite à droite dans la descente vers les Aillons qui est à 9/10km si je ne dis pas de bêtise.

Le début de descente est très dur, pour ne pas dire chiant : piste rouge pleine de cailloux. Je galère. Ensuite nous arrivons dans des singles plus techniques. Je fais la route avec un autre concurrent avec qui je papote, c’est sympa. Il me propose même de l’eau car je commence à être un peu juste avec mon seul litre depuis Margériaz. Dans une partie très boueuse et technique je le laisse partir, je n’arrive pas à le suivre.

Sur cette section, comme depuis le début de course finalement, je ne fais que perdre des places (en fait pas tant que ça car je passe de 78ème à 83ème au sommet) mais cela a vraiment été une impression très forte en course. 

C’est étrange car je ne suis pas vraiment si mal en point…je ne suis juste pas rapide, je n’ai pas de peps. Bref, les autres vont plus vite.

J’arrive aux Aillons à 12h10 (6h55 de course) où je croise Lucie la femme d’un copain un peu derrière. 

Cette fois je ne fais pas comme d’habitude : je décide d’être rationnel, prudent et de faire un vrai break pour bien attaquer la suite. je fais le plein :

Dans l’ordre : changement de chaussette et procède à un énorme « Nokage » des pieds / bien manger (salé et sucré) / boire beaucoup et recharger ma troisième flask car je sais ce qui m’attends.

Après 10 minutes de pause – courte mais efficace – je repars vers la dernière grosse difficulté de la course : la montée au Colombier.

Sur les deux précédentes éditions j’étais au plus mal donc je redoute cette partie. 

Cette année c’est différent et d’ailleurs à partir des Aillons je ne vais faire que doubler (du moins on ne me double plus !) et surtout faire de meilleurs temps sur chaque section.

Dès le début je sens que je suis plutôt bien. Je reste quand même très sage pour ne pas trop « taper dedans », il est trop tôt, mais je double un paquet de coureurs au dossard bleu (le 50k).

La première heure de montée en sous-bois n’est pas folichonne (il faut chaud) mais l’arrivée sur l’alpage en bas du col de cochette est toujours aussi somptueuse. J’arrive au col un peu entamé mais confiant pour la montée de la pyramide finale et de ses 300D+.

C’est raide, c’est dur, mais il fait frais et cette année…je rattrape et double les randonneurs.

Avant d'arriver au col de cochette

Je suis en haut à 14h00…facile à retenir. La vue est à tomber comme toujours.

NB : j’ai bien fait de changer de chaussette aux Aillons car toute cette partie était « sèche », j’ai pu préserver mes pieds ce qui aura beaucoup compté pour la suite.

La première partie de descente est casse gueule mais contrairement à l’an passé j’y suis assez à l’aise (merci l’ultra trail di Corsica !). Aux bergeries, nous arrivons sur un chemin plus large qui nous ramène au col. Je cours assez facilement ce qui est une nouveauté par rapport à 2023.

C’est sur cette partie que j’ai la joie de faire la connaissance de Loiseau qui reconnait la casquette Kikourou.

J’ai beaucoup apprécié la partie entre le colombier et le mont Pelat : je trottine, je suis bien, je profite de la vue sur l’Arclusaz sur ma gauche. Le sentier est varié et ludique (sous-bois…). Je suis surpris d’arriver aussi vite en bas de la « colline verte » qui nous amène vers le ravito.

J’y suis à 15h30 pile !

Frustration habituelle : mon estomac ne me permet pas de profiter des frites, des diots, du poulet…

C’est fort dommage mais je profite bien du coca, du fromage et surtout je fais une razzia sur les morceaux de pommes.

Ce ravito est un mythe

Un bénévole nous annonce la suite goguenard : « sur les 8 bornes à venir ça va être du sentier sec puis de la glaise puis des tranchées pleines d’eau et de boue…vous allez vous régaler ».

Il n’aura pas tort mais j’ai de bonnes jambes et je ferai cette section en une heure soit 10 minutes de moins que l’an passé.

Je discute avec un concurrents qui me fait cette remarque : « finalement on s’habitue hyper bien à la boue, aux appuis instables ». Il a raison…mais quand je pense que sur les premiers kilomètres on essaie de ne pas se mouiller les pieds. C’est risible quand on connait la suite. Je n’y fait même plus attention mais c’est dantesque.

J’aperçois au loin une route et des voitures, signe que l’on arrive au col de Maroccaz, dernier ravito. Je suis en forme alors je fais l’essentiel : hydratation Saint Yorre + coca + pomme et je repars.

La sortie du ravito regroupe le dernier D+ du parcours. D’abord une courte et raide montée puis un faux plat montant sur 1km que j’arrive à courir.

S’ensuivent 5 km en single descendant, parfois techniques et piégeux où une concurrente se gamelle et se casse le nez. Elle est prise en charge par 3 coureurs. Je m’assure qu’ils n’ont pas besoin d’aide et je poursuis.

Je vais courir jusqu’au chemin qui nous ramène dans Cruet. Je ne mettrai que 55 minutes depuis Maroccaz soit 10 de moins que l’an passé

J’ai pris beaucoup de plaisir sur cette partie et plus généralement sur les 20/25 km qui suivent le Colombier.

Je passe la ligne en 12h22 – 80ème. Pour illustrer le niveau global j’avais mis 12h45 l’an passé pour une 51ème place. Habituellement dans les premiers 10% de finisseurs…je ne suis même pas dans les 20% ! (autre possibilité : je vieillis)

Il me faut désormais reprendre la route vers le Loiret et…oh misère les douches sont pétées…je me « lave » au tuyau d’arrosage. La course m’a bien mâchée car j’ai quelques vertiges alors je bois, je bois mais ne prend pas mon plateau repas car il ne passera pas

A 19h, je reprends la route pour arriver à la maison vers 1h30 du matin. Une pause sur la route pour acheter un Magnum Amandes et un Red Bull (envie compulsive)

Quel périple après près de 40h sans sommeil mais aucun regret c’était top…3h de sieste le dimanche mais pas de courbature et des pieds comme neufs (la boue c’est moins abrasif que le sec sans doute)

Merci à l’Orga aux bénévoles et désolé de ne pas avoir pu croiser les nombreux Kikous présents.

Prochaine échéance : l’UTPMA que je vais découvrir le 15 juin !

RDV en 2025 j’espère !

5 commentaires

Commentaire de elnumaa[X] posté le 31-05-2024 à 07:32:57

jolie perf état donné les circonstances .. av 40h en non stop dont à peine 12 de course
j'ai fait la mm photo 1h après toi !
sacrée course, sacrée tracé ..

au plaiz ici ou la , inca allah !

Commentaire de Gilles45 posté le 31-05-2024 à 08:27:41

heureusement il y a le taff pour récupérer :-)
j'ai même pris 10 minutes de plus ce matin pour y ajouter des photos...motivé le gars

Commentaire de bubulle posté le 31-05-2024 à 09:26:25

Sympa de voir de beaux récits de cette course qui a une place particulière dans mon coeur.....j'espère enfin pouvoir y retourner bénévolifier l'an prochain (ou courir, qui sait ?)

Commentaire de loiseau posté le 02-06-2024 à 10:42:34

Merci Gilles pour le récit et les photos, et bravo pour ta course ! Sympa de t'avoir croisé. Par contre, tu as dû arriver au Mont Pelat à 15H30 pile, pas à 16H30. Moi j'y suis arrivé à 15H43.

Commentaire de Gilles45 posté le 03-06-2024 à 08:34:22

hello Loiseau.
Merci pour la remarque sur l'horaire...c'est modifié dans le récit !
Au plaisir de se recroiser

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