Récit de la course : Marathon des Vins de la Côte Chalonnaise 2017, par freddo90

L'auteur : freddo90

La course : Marathon des Vins de la Côte Chalonnaise

Date : 1/4/2017

Lieu : Givry (Saône-et-Loire)

Affichage : 576 vues

Distance : 42.1km

Matos : Brooks Pure Cadence 4

Objectif : Faire un temps

7 commentaires

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Un marathon bosselé

Vétéran 1

 

Depuis la fin 2016, la sanction est tombée : je suis classé chez les vétérans 1. Argh ! Les systèmes de la FFA étant sans pitié, j’ai même eu droit à ce classement plus d’un mois avant mes 40 ans, sur les 10km d’Héricourt… ce qui ne m’avait pas empêché de battre mon précédent record sur la distance.

 

En fait, tous mes meilleurs temps sur 10km, semi et marathon dataient de 2010. Après avoir fait mieux sur 10km, je me dis que ce serait sympa de battre aussi mes records perso sur semi et marathon pour fêter cette quarantième année.

 

Je regarde un peu, il me faut un marathon en début d’année, parce qu’après dès qu’il fera beau, je n’aurai plus la motivation pour me consacrer à un entraînement majoritairement course à pied, le vélo, le roller et autres balades viendront prendre plus de place.

 

Marathon de vins

 

Mon seul marathon, c’était celui du Beaujolais Nouveau. Alors histoire de rester dans la même veine, je choisis le Marathon des vins de la Côte Chalonnaise : le 1er avril, nickel ça me laisse 3 mois d’entraînement, il n’y aura pas trop de monde, et c’est à 1h de route de chez mes parents, pas de logistique à préparer.

Je regarde rapidement, 400m et quelques de dénivelé, il y avait 360m au Beaujolais Nouveau en 2010, ça devrait le faire.

 

La préparation

 

En 2010 j’étais sérieux, VMA, Allure Spécifique, sortie longue avec changement d’allure… là c’est fini, je n’ai plus l’envie pour tout ça. Donc j’essaie de faire 2 sorties dans la semaine d’une dizaine de km en mode tranquille, et d’allonger ma sortie du WE.

 

Je m’y tiens presque, malgré quelques WE au ski, et je finis par 28.5km à quatre semaines du marathon, 27km trois semaines avant, et… un trail de 20km deux semaines avant.

On me l’annonce « roulant », alors qu’au bout de 2 km on se retrouve à grimper « dré dans l’pentu » avec une bonne couche de boue ! J’essaie de ne pas trop forcer, mode sortie longue, mais ce sera finalement ma sortie la plus dure de cette période. Zut…

 

Et histoire de bien mettre du challenge, je me cale 4 jours au ski le WE avant la course… pareil, j’essaie de ne pas trop forcer, mais bon… pis le régime fondue-tartiflette-raclette, je ne le retrouve dans aucun article sur les régimes pré-marathon, sûrement une erreur J

 

J’arrive avec 410km de prépa sur Janvier-Février-Mars, presque un poil court, mais avec le renforcement en plus, ça devrait passer.

 

Quelques précisions

 

En relisant un peu mieux le site du marathon… je m’aperçois qu’en fait le dénivelé, c’est 495m… et qu’il y a 20% de chemins ! Oups, moi qui vise de faire moins de 3h30, ça devient compliqué… et le jour de la course, sur la fiche du parcours, on est passé à 550 de D+…


Bon, ma seule marque sur marathon c’est 3h34, on va essayer de faire mieux quand même, et je pense toujours que les 3h30 peuvent être jouables.

 

La course

 

A 9h, une demi-heure avant le départ, il se met à tomber des cordes ! Argh, non je ne veux pas courir avec une veste, je vais avoir trop chaud… En fait j’ai du mal à vraiment me préparer, et j’arrive sur le départ avec juste 500m d’échauffement, bon on va partir cool.

 

Le 1er semi

 

Nous sommes à peu près 600 au départ, pas de soucis pour se placer, allez hop c’est parti, je ne cherche pas à doubler, je me laisse quelques kilomètres pour trouver mon rythme. Un petit tour dans Givry, c’est joli, puis un chemin nous emmène jusqu’à Dracy-le-Fort, où nous faisons aussi un petit tour vers le centre. Super sympa, il y a plein de monde pour nous encourager, jusque-là tout va bien.

 

C’est le moment du 1er ravitaillement au château de Germolles, au 5ème km, vraiment sympa. On me propose un verre de crémant… pour l’instant je vais rester à l’eau et un abricot sec !

 

Par rapport à mon objectif de 3h30 et ses 5min/km, j’ai une cinquantaine de secondes d’avance. C’est bien, mais il y a une grosse montée entre le 35ème et le 38ème km, il faut se faire un petit matelas tout en gardant du jus.

 

Nous repartons à travers les vignes, sur les chemins, l’environnement est vraiment génial. Une petite montée au 9ème km, encore une fois j’essaie de ne pas trop forcer, gérer pour la suite, et une descente qui nous amène à Etroyes et le ravito du 10ème km.

 

J’ai un peu plus d’une minute d’avance sur le rythme des 3h30, le tout sans avoir eu l’impression de forcer, parfait. Je m’astreins à boire quelques gorgées de ma gourde souple d’un demi-litre que j’ai à la ceinture entre chaque ravitaillement, où je m’arrête prendre un verre d’eau. Mais j’ai un peu de mal à boire, quelques ballonnements, j’essaie de trouver le bon équilibre.

 

On repart pour une montée un peu plus conséquente que la précédente, un petit bout de plat « mais-pas-tant-que_ça », et arrive le 15ème km et son ravito perdu dans la pampa. Au point chrono, c’est 1min20sec d’avance, ça me va toujours.

 

Le groupe avec lequel je cours se fait et se défait un peu au rythme des montées/descentes, il est encore bien trop tôt pour essayer de défendre une quelconque place.

 

Ensuite c’est direction Rully, le point de « demi-tour » de ce marathon, puisqu’après nous repartirons en direction du sud, mais c’est bien une boucle, pas un aller-retour.

 

Nous passons à travers différentes petites rues, voir ruelles, le parcours de ce marathon est vraiment pittoresque, ça me plaît. Je continue à décliner les offres des ravitaillements festifs, pas sûr de digérer le verre de blanc avec les gougères, pourtant pour l’apéro j’adore ça J

 

Le parcours nous fait ressortir de Rully… avant d’y revenir en montant au château, les cors de chasse nous attendent dans la cour, génial ! Un arrêt au ravito pour le verre d’eau, je desserre un coup les lacets côté droit, et c’est reparti par les jardins du château sous une arche végétale, superbe !

 

Au passage du semi, je suis en 1h43, 2 min d’avance sur les 3h30, impeccable, je suis confiant, ça disparaitra dans la montée du 35ème et après il faudra se donner pour finir sous les 3h30 sur les derniers kilomètres.

 

Le 2ème semi… et ses bosses !

 

Nous redescendons par un petit treige, un papy en VTT qui nous suit ou nous devance depuis un moment se retrouve en difficulté dans une descente étroite, je l’interpelle pour qu’il n’y ait pas de collision quand je le double.

 

Maintenant c’est direction Mercurey via les chemins. Et là, au 23ème km, les ennuis commencent, une montée bien raide que je n’avais pas calculé. Comme un bleu, quand j’ai regardé le dénivelé en vitesse, je n’ai vu que la grosse bosse de la fin.

 

On se prend une centaine de mètres de dénivelé entre le 23ème et le 25ème km… je suis content d’en finir avec cette montée, mais j’ai perdu une bonne partie de mon matelas d’avance ! Un petit arrêt au ravito, où un bénévole nous encourage en nous rappelant que le 1er est passé depuis déjà une heure, salaud ! J

 

C’est une grande descente qui nous amène sur Mercurey, je me lâche, double du monde, je veux reprendre un peu d’avance, mon rythme sur ce 26ème km sera de 4’12/km…ce qui bien entendu se paie en bas avec des cuisses qui commencent à être raides !

 

Zut de zut, bon va falloir gérer ça, je m’inquiète quand même pour la grande descente qui va nous ramener à l’arrivée dans 15km, si les cuisses sont déjà mortes…

 

Je voudrais reprendre un peu d’avance sur mon timing pour la montée de la fin, mais le parcours reste valonné, et ça devient un peu plus dur. Je commence à sentir que ces 3h30 ne sont pas gagnées du tout…En plus, nous sommes maintenant dans un « chemin » bétonné en V pour l’évacuation de l’eau, donc un appui en dévers, pas facile tout ça…

 

Au 30ème km, 2h28, j’ai repris 2 petites minutes d’avance. C’est le ravitaillement à St Martin sous Montaigu. Je vois un bénévole avec une bouteille d’eau à la main, j’ai fini ma 1ère gourde, et j’ai la 2ème dans laquelle j’ai déjà mis ma poudre, et qui attend son eau : le bénévole comprend tout de suite, et me dit de lui laisser ma gourde souple, il s’occupe de la remplir, super !

 

A la table de ravitaillement, j’essaie de m’étirer les quadris… et là ce sont les ischios qui se contractent ! Aïe, j’étire les ischios, essaie à nouveau d’étirer les quadris, mais ce n’est pas très concluant, et il reste encore 12km à faire… Une bénévole s’appitoie sur mon sort « rôh les pauvres quand même »

 

Bon allez, je récupère ma gourde, remercie le bénévole qui s’en est occupé,  et espère que ça ira. Je voudrais reprendre un peu d’avance avant la grosse montée, mais nous avons une succession de petits dénivelés. Et puis bon, il faut être réaliste, la fatigue commence à être là, je suis plutôt au-dessus des 5’/km qu’au dessous…

 

A partir du 34ème km, nous commençons à monter. Un bénévole à vélo nous encourage :

 

-       Allez les gars, c’est bientôt bon, le ravito du 35ème n’est pas loin ! 

-       Euh… on n’a pas 3km de montée là ?

-       Hum… si…

 

Argh… bon allez, on lâche rien ! Je double un peu dans cette montée. Le ravito du 35ème km arrive, 2h54, j’ai encore une petite minute d’avance. Avec ma gourde remplie au ravito précédent, je ne m’arrête que pour essayer de m’étirer, mais ce n’est toujours pas très concluant.

 

Après avoir marché quelques mètres pour boire, je range la flask, et c’est parti, c’est maintenant que ça se joue ! Je vais faire cette montée du Barizey en courant tout le long, les 3h30 me semblent foutues, mais je ne veux pas avoir de regrets.

 

Je double encore du monde, dont la 4ème féminine… oui je le sais, ça fait 5km que tout le monde l’annonce à cette place. Je serre les dents, au lieu de respirer ça doit plutôt ressembler à un râle, mais je ne marcherai pas, je continue, c’est maintenant qu’il faut tout donner !

 

J’arrive enfin à la bascule, au 37ème km, sauf que maintenant… nous sommes haut, il faut redescendre, et j’ai toujours les cuisses détruites ! 3h06, j’ai une minute de retard. Les 2km suivants sont avalés en à peu près 4’30 grâce à la descente, je reviens dans le timing !

 

Sauf que… on se reprend une dernière montée au 39ème km ! Aahhh… je l’avais pas prévue celle-ci, et elle me met un bon coup au moral.

 

Je reviens sur la 3ème féminine, je la félicite, mais elle n’a pas l’air très confiante. Je la rassure, la 4ème me paraît être loin derrière.

 

Je me reprends une minute de retard dans cette dernière montée, 3h21 quand le kilomètre 40 est passé. Là, ça laisse 9min pour 2.2km, c’est mort vu mon état, tant pis, on va quand même continuer.

 

On attaque maintenant la dernière descente, dans un chemin de vignes, avec de la terre, des pierres, je me fait doubler par un mec, puis ça klaxonne encore… oups, c’est l’ex-4ème féminine, qui revient en boulet de canon. Moi qui avait dit à la 3ème que c’était bon…

Arrivé en bas, il reste encore un peu plus d’un kilomètre. J’essaie d’accélérer, mais là ce sont les crampes aux mollets qui arrivent, alors je me calme pour rester à une vitesse acceptable. La nouvelle 3ème féminine finit par me larguer.

 

Je finis avec la démarche du mec qui essaie d’éviter la crampe complète aux mollets, pas très glamour mais bon… 4’38 sur le dernier kilomètre, ça va encore.

 

C’est enfin la ligne d’arrive, je vois 3h34, bon ben loupé pour le moins de 3h30, mais pas de regrets, je pouvais pas faire mieux. En regardant après les données, je vois que je passe les 42.2km en 3h31, et je finis avec 42.5km, pourtant sur tout le reste du parcours ma montre et les tonneaux indiquant les kilomètres étaient quasi synchro.

 

Après course

 

J’ai ma médaille, je me pose un peu contre le muret vers l’arrivée. Pfff, il faut refaire une centaine de mètres pour aller au ravitaillement, dur, j’ai deux morceaux de bois à la place des jambes. Je croise une équipe de secouristes qui me demande si ça va, oui oui, il va juste falloir quelques jours pour que tout revienne comme il faut…

 

Après le ravitaillement d’après course, je repasse par la salle de l’autre côté pour retirer mon t-shirt, puis il faut retourner à la voiture, je prends mes affaires pour me doucher, retourne vers le gymnase, tout ce chemin me paraît long avec les jambes raides.

 

Je prendrai le temps d’attendre pour avoir un massage des jambes après la douche, celui-ci me fera du bien, je marche déjà un peu mieux. Dès le lendemain ça ira encore mieux, cette fois-ci les courbatures auront été immédiates, pas le lendemain comme ça arrive parfois.

 

Au final

 

La montre me donner 570m de D+, Openrunner utilisé par l’organisation 550m, et Sportracks 480m, la vérité doit donc se situer entre 500 et 550m : de trop avec ma condition pour passer sous les 3h30. Si on ajoute les parties de chemin où la foulée se fait moins belle… j’étais optimiste en pensant pouvoir quand même réussir, mais non.

 

Mais ce n’est pas grave, je me suis bien donné, ça fait même très longtemps que je ne m’étais pas fait aussi mal sur une course ! Et tout le cheminement au milieu des vignes était beau, les bénévoles sympas, une bonne ambiance, nickel !

 

7 commentaires

Commentaire de Jean-Phi posté le 07-04-2017 à 16:33:38

Sympa ton CR et bravo pour ton chrono ! sans entraînement réel c'est pas mal du tout !
Il a l'air sympa à faire celui-là, je le note dans un coin de ma tête.

Commentaire de freddo90 posté le 08-04-2017 à 20:21:00

Merci, bon même s'il n'y a pas de VMA ou AS, je suis quand même arrivé avec 400km de CAP au compteur depuis janvier ;-)

Commentaire de Jerome71 posté le 08-04-2017 à 09:20:27

Beau CR, au vu de tes temps au départ on a dut se croiser. Belle perf vu le parcours ton record est battu. Super marathon mais vraiment atypique et comme qui dirait le vainqueur Yoann Stuck « Ici, il y a du dénivelé, de la relance… Si vous voulez préparer d’autres courses venez ici. Si vous voulez taper un temps, allez à Paris. »

Commentaire de freddo90 posté le 08-04-2017 à 20:21:54

Le seul autre marathon que j'avais fait, c'était celui du Beaujolais, bosselé lui aussi, mais tout de même moins que celui-ci !

Commentaire de CROCS-MAN posté le 09-04-2017 à 19:53:28

Bravo pour ton marathon. Le moins que l'on puisse dire est que tu choisis vraiment très mal tes marathons, parmi les plus compliqués et en plus des festifs (dommage de ne pas en profiter).Donc pas facile de se battre avec le chrono. Ce temps que tu as fait vaut un beau 3h30 vu le profil. Va donc faire Annecy ou Lyon pour courir à ta juste valeur. Bonne récup

Commentaire de freddo90 posté le 10-04-2017 à 11:29:33

Merci, je n'avais pas capté que tu venais, sinon je t'aurais chercher pour faire connaissance ! Bah je les choisis bien pour l'intérêt du parcours ces marathons :-) Je verrai pour Lyon, si j'ai la motivation, et celui-ci je le refais l'an prochain avec l'objectif de m'arrêter à tous les ravitos festifs :-)

Commentaire de seb90 posté le 30-04-2017 à 16:20:19

Bravo, c'est un bon chrono. Pas battu mais égalé le record, et vu le profil, c'est mieux! C'est des sacrés bons vins en tout cas les villages traversés :)

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