Récit de la course : La Bouillonnante - 49 km 2017, par MysterYo

L'auteur : MysterYo

La course : La Bouillonnante - 49 km

Date : 22/4/2017

Lieu : Bouillon(B) (Belgique)

Affichage : 1231 vues

Distance : 50km

Matos : - Casquette KALENJI
- Tour de cou
- 1ère peau CRAFT manches courtes
- Manchettes
- 2nde peau thermo CRAFT col roulé manches longues
- Veste Softshell (sac)
- Mitaines
- Cuissard compression BV SPORT
- Boosters SIGVARIS
- Chaussettes INJINJI Trail
- Spyridons MR Elite (VFF)
- Paire de bâtons GUIDETTI

Objectif : Terminer

5 commentaires

Faire connaître ce récit sur Twitter :

Faire connaître ce récit sur Facebook : Partager

21 autres récits :

La Bouillonnante 2017 50km 2500+, quête du Saint Graal sur les terres sanctifiées


J'ai découvert La Bouillonnante en 2013, cette course a été mon 1er Ultra à l'époque, longue de 56km 2500+, tracé allongé de 2km au lieu des 54 prévus car la Semois en cru ne pouvait être traversée à gué. Ce weekend du 23/04, La Bouillonnante Acte 12, un parcours de « juste » 50km, amputé de ses parties plates, avec toujours 2500 mètres de dénivelé positif, un trail que j'ai volontairement ajouté à ma préparation pour un plus gros événement à venir en juin prochain, hé bien je ne me souvenais plus à quel point Le Grand Trail de Bouillon méritait respect et humilité, sur un circuit des plus exigeants. 7h30 devraient suffire.

3h30 de route aller, 3h30 de route retour, j'ai préféré récupérer après course et repartir le lendemain matin. Je retrouve donc le même gîte d'il y a 4 ans, sur les hauteurs de Bouillon, à 1km de son château.

Arrivé sur place vers 18h, je pause à peine sur mon lieu de villégiature qu'il faut partir en quête de mon dossard, unique laisser passer à l'arrière cour du château. L'organisation se presse d'installer les derniers éléments indispensables à la nocturne de 15km démarrant à 21h. Sur l'esplanade du château je retrouve Laurent et Franck, inscrits eux aussi sur la distance la plus longue. Nous récupérons tout trois nos dossards, notre cadeau surprise (je ne ferai qu'une parenthèse là dessus, pour 35€, je suis désolé mais on  méritait mieux que ça, rien à voir avec les cadeaux 50k de  2013...Fin de parenthèse), apercevons Michel Lanne, Elite de chez Salomon, futur vainqueur du lendemain puis  redescendons vers le centre de Bouillon pour y violer mon pacte d'abstinence à l'alcool dans un bar Lounge. Il est temps  ensuite de nous séparer pour regagner chacun nos pénates et manger.
 
« Ne pas mettre tous ses fruits dans le même panier ». En effet, une fois rentré, je commence à préparer l'apéritif (jus de fruit) avec quelques cacahuètes et m'apprête à sortir mon sandwich, fromage, yaourt...Et là, c'est LE DRAME. J'ai tout oublié dans le frigo à 200km d'ici, c'est malin, et vu l'heure, plus rien n'est ouvert. Par chance, j'avais mis un paquet de sablés dans un sac, repas frugal mais repas quand même, ça m'aura permis de patienter jusqu'au lendemain matin 6h. Ultime préparation du matériel, mise en place du dossard, préparation des boissons, je me couche tôt, 22h.

Debout 6h, le temps de m'habiller, déjeuner, je pars à pieds sur le lieu de départ un peu après 7h. J'y retrouve de nouveau Laurent et Franck, piétinons quelques minutes avant l'ouverture du château fort, où seul un dossard permet l'accès.

La météo n'est pas exceptionnelle ce matin, il fait doux, le ciel est chargé mais le temps est sec. Avec nos vestes, nous avons déjà chaud. On décide de les remiser dans le sac pour plus tard. Avec mes deux peaux CRAFT je n'ai pas froid du tout.

Les portes du château se mettent à grincer confirmant ainsi l'accès au domaine. Petit à petit de téméraires chevaliers investissent la cour arrière, attendent la délivrance. Un rapide briefing est donné en trois langues par l'organisation puis nos oreilles commencent à entendre la voix fantômatique d'ERA et son non moins illustre titre AMENO. Après quelques minutes de recueillement, de prières quant au sort donné à chacun, le tout filmé par un drône, il est temps de commencer notre périple, les plus fougueux s'élancent vers la sortie via un tunnel des plus sombres, les autres suivent à leur tour. Nous serons plus de 600 à prendre le départ cette année, tous ne finiront pas...

50km...
8 à 9h pour boucler la boucle...
Facile ?
Hé bien pas du tout en fait.

Si les premiers kilomètres défilent plutôt bien, il s'agit juste d'une mise en bouche, car bientôt le début des hostilités.
A la différence d'un trail de montagne privilégiant les longues ascensions / descentes, le trail dans les Ardennes est synonyme de successions infernales de petites montées / descentes, laissant au corps très peu de temps pour la récupération voire pas du tout. Une bonne gestion de l'effort ainsi que de l'alimentation est nécessaire pour que l'aventure ne tourne pas au drame, signifiant blessure ou hors délai aux barrières horaires. J'y reviendrai.

Donc 8 à 9h pour venir à bout de 50km 2500+, mais attention, pour éviter le clairon ou « le coup de pelle rouillée », il faut rallier les 3 CP à temps :
Alle (km27) 12h30 / 4h30 de course
Frahan 2ème passage (km37) 14h30 / 6h30 de course
Botassart (km44) 15h30 / 7h30 de course

Si le premier ravito à Frahan (1er passage au km16) se fait nickel, ma mauvaise gestion alimentaire aggravera petit à petit la situation qui était rien de mieux au départ. Apparition de crampes (mollets + quadriceps) pas loin du 20ème, le terrain trop accidenté n'aidant sincèrement pas à détourner l'attention du sol, surtout en minimalistes où un orteil vaut de l'or, donc je puise dans mes réserves et absorbe de temps en temps une barre céréales toute simple et une gorgée d'eau ou de boisson ISO vite fait.

Le temps change légèrement une fois arrivé à Alle (km27), les corps sont mouillés, le vent se lève, une légère bruine fait son apparition, nous sommes sciés en deux. Quelques chevaliers du jour abandonneront ici leur quête, pêtris de froid. Je me restaure bien, enfile ma veste chaude (Merci Christophe, merci Gil du Trail des Poilus) et repars sur les chemins semés d'embûches. J'en suis à 3h38 de course.

J'arrive tant bien que mal à Frahan (km37) à 5h30 de course, vous savez avant la fameuse montée anciennement chronométrée, je sens qu'intestinalement ça gaze pas top. Merci cette variation soudaine de température. Je me restaure convenablement et repars pour les 13 derniers kilomètres. Le ventre qui gargouille de plus en plus, avec ce mur à monter irrémédiablement. Puis viennent les crêtes, celles et ceux qui y sont passés savent que c'est juste un single en bord de falaise, avec de multiples passages en devers. Il a fallu que j'aille méditer comme les bouquetins et m'essuyer comme à la Préhistoire, avec de la mousse... »C'est pas par là ! » qu'on me disait. Fallait que ça sorte par là par contre...On est tout de suite beaucoup mieux après ! Je reprend le single et continue par des sections d'escalade (presque) et franchissements de passerelles. Je n'ose plus regarder ma montre mais j'arrive à Botassart (km44) après 7h05 de course environ. Soulagé j'en profite pour manger 3 pâtes de fruits, boire un demi verre de coca, le temps pour moi d'expliquer brièvement aux curieux que je cours en minimalistes, presque sans semelles, ils me prennent pour un fou, j'admire le Tombeau du Géant, je l'avais loupé en 2013, c'est par là que je me rends. Il reste 6km de montagnes russes et deux gués. Avant ça, j'aurai droit à « la promenade des échelles », considéré comme le chemin le plus dangereux des Ardennes, toujours avec des singles improbables jonchés de troncs, de racines, de branches, pour accéder aux échelles, ou à la cordée, c'est vous qui voyez ! Il faut maintenant redescendre vers la Semois pour la traverser une première fois (km45), une seule technique, éviter les grosses roches plates ultra glissantes et privilégier la thalasso bien froide (6°C) jusqu'à la taille, les roubignolles ont pris cher ! Mais ça a l'avantage de glacer les douleurs, les crampes, je ressors ragaillardi et repars en courant. Les 5 derniers kilomètres seront avalés plus facilement même si avouons le, l'organisme en a bien marre. Une seconde traversée de la Semois avec de l'eau jusqu'aux genoux mais plus longue plus tard...

Au détour d'une crête, j'aperçois le pont puis le château de Bouillon à travers les arbres, c'est un soulagement, finish dans 1km. Il faut suivre un sentier étroit descendant, quelques marches avant le pont, les passants applaudissent l'exploit « tout relatif », il reste une dernière difficulté, gravir les marches du château avec des genoux qui râlent. Et puis, la dernière ligne droite, les spectateurs amassés sur le coté t'acclament, te félicitent, alors que tu trottines pour en finir. Laurent est assis dans l'herbe. Je passe l'arche d'arrivée et trébuche dans le virage d'après, je suis remis debout par le gardien du château en personne, Patrick Van Gasse, qui me félicite lui aussi. Je termine finalement en 8h08'36s, un peu défoutu du chrono, à la 427ème place du général sur 524 finishers, 214ème SEH sur 240.

Le temps pour moi de manger sucré / salé à l'ultime ravito, je rejoins Laurent et discute de la course avec lui, tranquillement assis dans l'herbe. Moi qui pensais être le dernier des trois compères à arriver, je constate que Franck est encore en chemin. Il bouclera finalement 20 minutes après.

On commence à refroidir, de ce fait on quitte le lieu de festivité où échanges entre traileurs « copains d'un jour » vont bon train, la bière, les bières et le barbecue, tout ce qu'il faut. J'y revois mon ami de chambrée qui est satisfait de lui. Nous descendons les marches du château et nos chemins se séparent. N'oublions pas que j'ai des courses à faire si je veux manger ce soir. Ce qui m'oblige à remonter 1km à pieds, me doucher, me poser un peu, puis descendre en voiture au Colryut du coin.
 
Le soir même, je n'ai pas fait long feu. J'ai liquidé un blister de cacahuètes et deux hamburgers avant d'aller dormir à 21h.
Debout 7h le lendemain, petite nuit, constatant qu'il a gelé blanc, - 3°C au thermomètre, un épais brouillard couvre le village et les crêtes voisines (On a eu de la chance la veille finalement.), petit déjeuner avant de reprendre la route, ortillé et des courbatures plein les jambes.

Une organisation très bien rôdée, depuis 12 ans on le sent, balisage parfait, bénévoles exceptionnels, un énorme merci à eux en particulier, sans qui rien ne serait possible. Merci pour tout. Sur fond de causes caritatives. Chapeau bas.
 


Coté alimentation le bas blesse...
J'ai consommé un bidon de 750ml de produit HYDRIXIR (antioxydant), ma poche à eau de 1,5l, une barre céréale simple, une barre ISOSTAR "Longue distance" au 30ème, je ne me suis jamais attardé plus de 5 minutes aux ravitos. (mais j'ai toujours bu et mangé un petit quelque chose)

Qu'avais-je sur moi en plus de ce que j'ai cité ?
Un bidon de 750ml de produit isotonique (intact) avec une recharge en poudre, une recharge en poudre de produit antioxydant, une 2nde barre céréale simple, une barre ISOSTAR "High Perf", une barre au malto (anti fatigue), un sachet de cacahuètes et un shooter de caféine...

Il va falloir que je me discipline. Ça peut en partie expliquer ma petite mésaventure gastrique.

5 commentaires

Commentaire de Renard Luxo posté le 24-04-2017 à 08:06:58

Good Job ! J'ai adoré aussi ce tracé sans temps morts ou presque. J'espère toutefois qu'ils proposeront à nouveau un parcours XXL en 2018, 50 bornes ça passe trop vite quand on prend du plaisir ... ;-)

Commentaire de MysterYo posté le 24-04-2017 à 08:58:58

Merci. :) Sans temps mort en effet, même la Semois était congestionnante. Plaisir de souffrir un peu alors. Pourquoi pas tester le 75k s'ils le remettent à nouveau. C'est vite passé pour toi en 5h25 mais j'ai mis plus de 8h moi. :D

Commentaire de Galaté57 posté le 24-04-2017 à 08:58:07

Bravo à toi, je m'associe à tes remerciements pour les bénévoles, un modèle du genre.

Commentaire de MysterYo posté le 25-04-2017 à 18:55:02

Merci. Oui, les bénévoles n'ont pas tous la même attitude d'un trail à l'autre. Ceux de Bouillon aiment ce qu'ils font et ont envie d'être là. C'est même parfois un réconfort inattendu. C'est cool. :)

Commentaire de Renard Luxo posté le 25-04-2017 à 20:10:05

Je plussoie ! D'ailleurs ils m'ont systématiquement rempli mes flasques pendant que je chopais quelques victuailles sur place. Temps d'arrêt limité à 1 à 2' du coup, c'est digne d'une assistance élite ! ;-)

Il faut être connecté pour pouvoir poster un message.

Votre annonce ici !

Accueil - Haut de page - Aide - Contact - Mentions légales - Version mobile - 0.15 sec
Kikouroù est un site de course à pied, trail, marathon. Vous trouvez des récits, résultats, photos, vidéos de course, un calendrier, un forum... Bonne visite !