Récit de la course : La Bouillonnante - 56 km 2014, par ddfutmb

L'auteur : ddfutmb

La course : La Bouillonnante - 56 km

Date : 3/5/2014

Lieu : Bouillon(B) (Belgique)

Affichage : 1198 vues

Distance : 56km

Objectif : Se dépenser

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La Bouillonnante, 56 kms / 2400 M+

La Bouillonnante, nouvelle étape avant l'UTMB

 

Tiré au sort parmi les grands chanceux du 06 janvier 2014 pour une première inscription (la cha...!!), je participerais pour la première fois à l'UTMB fin août. Le rêve du trailer. Et une angoisse !

 

Mais pour arriver dans une condition optimale le 29 août, je planifie un entraînement que j'espère de qualité, inspiré à 99% du livre de Eric Lacroix. J'en profite pour jeter un œil au calendrier des trails de France et Belgique en fonction des WE chocs prévus dans ce fameux livre.

 

Après avoir bouclé les 30 kms / 500M+ du Trail du Mont Aubert fin janvier les 51 kms / 1500 M+ du Trail des poilus le 09 mars, ma prochaine étape se situe en Belgique et plus précisément à Bouillon pour : La Bouillonnante.

 

Une course très populaire en Belgique avec 1000 places pour le parcours de 36/56 kms (bifurcation au 19e pour choisir sa distance). Des places liquidées en 7h le jour de l'ouverture des inscriptions, preuve de l'engouement populaire.

 

Après une petite escale à Sedan avec ma compagne la veille de la course, nous nous retrouvons sur la ligne de départ ce samedi 3 mai, à 8h45.



 

 

 



Top départ.

 

C'est parti ! Un bon coup de feu et hop, la foule s’amasse déjà dans le tunnel qui permet de quitter le château, très beau lieu de départ de cette course qui s'annonce difficile. En pleine préparation, j'ai de forts doutes sur ma capacité à réaliser une course « propre ». Les premiers kms ne pourront que me donner raison.

 




Après un départ fortement ralenti par une chute, j'enchaîne avec les premières montées. Cela se confirme, je ne suis pas en forme. Fatigué, je dévisage déjà ma montre qui m'indique à peine 5 kms. Ca va être long voir très long. Habillé de ma gore-tex, j'ai qui plus est très chaud mais l'effort que représente un retrait du sac et de la veste me dissuade rapidement. Quand ça ne va pas... J'attends donc le ravitaillement du km 12 pour faire essayer de repartir à neuf.

 

Ravitaillement, km12.

 

Arrivé au ravitaillement en 1h40, je commence tout doucement à sortir de ma torpeur. Finalement, la journée est belle, les premiers kms ont été un peu dur mais la mise en route s'est déroulée sans trop de soucis. Elle a juste était plus longue que prévu. Les premières montées m'ont également rassuré sur cet état de forme. C'est pas la GRANDE forme mais c'est tout à fait jouable à priori. Sachant qu'en étant en pleine période d’entraînement, le but n'est même pas de faire un temps, de finir ou quoi que ce soit. Le but ? Prendre du plaisir, ne pas se blesser et avaler des kms et du dénivelé sans trop se fatiguer. Sur un 56 kms / 2400M+, difficile de ne pas se puiser dans les ressources mais c'est tout de même l'intérêt. Et puis bien sûr, profiter ! La météo est magnifique, il ne fait pas trop chaud, on court : la vie est belle...

Après m'être complètement gavé de gâteaux sucrés, coca et autres quartiers d'orange, je repars à l'assaut de cette magnifique course. Quelques petites côtes et descentes permettent de tester nos muscles et plus personnellement, mes progrès en descente. Ayant relativement peur de chuter, j'ai du mal à appréhender les descentes raides mais aujourd'hui, je tiens la route. D'une manière générale, c'est un domaine où je progresse (était-il possible de régresser ? Tel est la question).

Étrangement, je retrouve beaucoup d'allant et c'est sans problème que j'arrive à la bifurcation du 19e km : 36 ou 56 kms ? J'opte sans hésiter pour le 56 kms. Je suis alors un groupe de jeunes femmes quelques instants «: elles ne sont pas là pour déconner » comme dirait ma compagne. Je les suis sans trop de mal puis récupère également un groupe de 4 coureurs. Ils sont sur un rythme qui me convient totalement et je décide donc de scotcher ce groupe. C'est tellement plus facile de courir en groupe, surtout lorsque l'on imprime pas le rythme mais qu'on suit la meute.

 

Je discute rapidement avec le groupe et l'on échange à peu près de tout et de rien. Ils sont sympas et je poursuis ainsi ma route jusqu'au ravitaillement du km 29.

 

Ravitaillement, km 29.

 

Tout va formidablement bien. Je recharge mon sac, attends mes compères de route et repars à l’assaut des 27 derniers kms. Je suis en pleine forme désormais. A croire, comme on a coutume de dire dans ces cas-là, que j'ai réagi comme un diesel. Un départ compliqué, laborieux pour une montée en puissance. Probablement les conséquences de l'entraînement intensif de la période actuelle.

 



Nous continuons ainsi notre route, profitant des différents panoramas de la course, des belles montées / descentes bien « casse-pattes », typique du Nord de la France et des Ardennes. D'ailleurs, le parcours ressemble très fort à l'Ardennes Mega Trail pour ceux qui ont déjà eu la chance d'y participer. Un vrai terrain de jeux pour les traileurs. Néanmoins, le groupe commence tout doucement à se fissurer. Certains semblent un peu marqué physiquement mais nous restons néanmoins en groupe. Personnellement, je suis bien mais serais-je aussi bien s’ils n'avaient pas été là ? Donc je freine un  peu et j'attends. De toute façon, ils sont quasi au même rythme que moi, pourquoi allé courir 500 mètres devant tout seul ? C'est donc à 5 mais avec un groupe un peu plus étiré que nous arrivons au km43, dernier ravitaillement important de la course.

 

Ravitaillement, km43.

 

Encore une fois, je recharge le sac à fond. J'apprends par la même occasion qu'il y a un nouveau ravitaillement liquide au km 50. Cependant, je fais le plein dans l'espoir de ne plus m'arrêter avant la fin de la course. Le petit groupe prend un peu de temps pour se ravitailler. Je repars pour les derniers 13 kms en compagnie de 2 des membres du groupe pour ce qui est la plus grosse difficulté de la course : « The Wall ». Un petit mur de 150m de dénivelé positif du 600m. Chronométré pour récompenser le meilleur grimpeur !

En pleine phase d'entraînement, je ne résiste pas à l'idée de voir mon comportement dans une telle montée. Armé de mes bâtons, c'est donc plein d’enthousiasme que j'attaque cette montée dans l'espoir de faire un temps correct. Déclinée en 3 morceaux, cette montée se passe finalement très bien. A la lecture du classement, je remarquerais que j'ai réalisé le 45e temps sur 450 participants. Un bon petit résultat pour le trailer que je suis.

 

Le « petit » problème, c'est que j'ai décroché mon petit groupe. Même en attendant quelques secondes, je me rends compte qu'ils ne sont pas encore à proximité et décide donc de finir la course seul. Je suis toujours en pleine possession de mes moyens, un peu mal à l'ischio mais rien de très grave. Depuis début octobre, je ne pense pas avoir fait une seule séance sans douleur : dos, cuisse, genou. J'ai appris à faire avec, en soignant mes petits pépins quotidiennement : étirements, kiné, osthéo, podologue. Le corps médical est devenu comme une « deuxième famille » (rires).

 

Je continue donc mon chemin et passe sans m'arrêter au km 50, lieu du dernier ravito. J'arrive ensuite sur les deux passages à gués qui me permettent  de nettoyer mes chaussures et de former une bonne cloque au talon. Mais tout va toujours extrêmement bien. Je parviens à relancer encore et toujours sans pépins. 52, 53, 54...Encore 2 kms et c'est l'arrivée. Je déclenche la Go Pro à 1,5 kms et décide en parlant à ma caméra de lâcher les jambes pour les derniers hectomètres. Je n'ai pas le temps de finir ma phrase que je me tords vilainement la cheville sur les racines d'un arbre. Après avoir déblatéré quelques insultes de circonstances, je reprends mon chemin vers l'arrivée. Je m'en veux de ne pas avoir su me maîtriser jusqu'à la fin, garder cette vigilance qui m'a caractérisé toute la course. Mais les erreurs nous permettent d'apprendre sois-disant. C'est enregistré pour la suite.

 

Je quitte la fôret et rejoins la route puis le château. Cette fois, c'est bon, j'aperçois la fin de la course. Ma compagne me prends en photo en train de courir les derniers mètres. La journée a été belle, la course magnifique, que demander de plus ?

 

Arrivée

 

C'est donc en un peu plus de 8h que je conclus ce périple. Le temps n'est pas exceptionnel, moi qui visait un bon 7h. Mais avec les bouchons du début et la mise en route difficile, ce chrono était déjà voué à l'échec après quelques kilomètres. Et puis finir « frais » et ravi, c'est quand même la très bonne nouvelle de la journée. En attendant les prochaines étapes, la route vers l'UTMB est en marche.

3 commentaires

Commentaire de Renard Luxo posté le 07-05-2014 à 10:40:38

Merci pour ton récit cher confrère "diesel", étant moi-même trop fainéant (+ de 6 mois pour rédiger un CR de la TDS 2013 ...) pour conter ce qui à mes yeux réprésente à la fois le trail le plus beau et le plus dur de Belgique sur cette distance. Ce fut une bien belle journée et les conditions étaient idéales. La Bouillonnante figurait également à mon plan de chasse en vue de l'UTMB 2014, en espérant t'y croiser au meilleur de ta forme, à Chamonix et tout autour, entre nuit et jour, sans ennuis ni débours ...

Commentaire de ddfutmb posté le 07-05-2014 à 13:08:23

Oui, c'est vraiment une belle course. J'en avais entendu que du bien et ça tombait pile poil dans mon calendrier alors je me suis inscrit. Vraiment pas de regret. J'espère que ta préparationv pour l'UTMB se passe bien. RDV sur la ligne de départ le 29 août. Et bravo pour ta TDS dont j'ai lu le récit à l'instant!

Commentaire de Renard Luxo posté le 07-05-2014 à 13:21:46

Merci, y aura qq larmichettes à essuyer au son de "Conquest of the Paradise", et espérons-le, de joie à l'arrivée ... 2 jours plus tard. Souhaitons-le nous !

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