Récit de la course : Trail des 3 Couvents - La Grande Chartreuse - 46 km 2018, par Thomas74

L'auteur : Thomas74

La course : Trail des 3 Couvents - La Grande Chartreuse - 46 km

Date : 29/4/2018

Lieu : St Laurent Du Pont (Isère)

Affichage : 332 vues

Distance : 46km

Matos : Chaussures : Altra Olympus 2.5

Objectif : Balade

4 commentaires

Faire connaître ce récit sur Twitter :

Faire connaître ce récit sur Facebook : Partager

4 autres récits :

T3C - 46 km - se mettre au vert

Inscrit au préalable sur le 25 km qui est tout de même un beau morceau avec ses 2000 m d+, je m'engage finalement sur le grand parcours, 46 km et 3000 m d+. Cette ballade est pour moi une course de préparation aux allobroges le 20 mai, avec ses 67 km et 4600m d+ bien techniques. Tout en prenant du plaisir en découvrant la Chartreuse. Donc je cale mon allure sur celui que j'estimerai tenir pour cet objectif, et on verra à la fin comment ça ira dans les jambes et la tête.


Le départ, à St Laurent du Pont, est prévu à 8h, j'arrive suffisamment en avance (7h), pour se garer tranquille, retrait du dossard, boire un thé, 15 minutes de trotinage et je me place en arrière du peloton peu avant le départ. C'est parti.


Un petit kilomètre de plat pour traverser le village et on attaque direct la première montée (900 m d+) qui est en single, du coup je reste à ma place dans les derniers et on monte à la queu-leu-leu doucement. Je reste à mon rythme visé c'est-à-dire environ 600m d+ de l'heure (qui ne bougera pas de toute la course), montée pépère, je suis tout frais pas la peine de se griller inutilement à doubler pour gagner quelques places... ce n'est que le début. C'est tout boisé, la végétation est belle, du vert, du vert partout, on dirait ces bois qu'on voit dans les films de fantasy. Quelques dévers, des racines à éviter, je m'en prends une entre les lacets à un moment, mais globalement c'est pas très technique, j'ai mes bâtons mais à ce moment là ils me gênent plus qu'autre chose.


A mi-parcours je m'écarte pour laisser passer les premiers du 25km qui ont une vitesse ascensionnelle impressionante ! Je dis pour déconner au gars en noir derrière moi, "ça c'est des vrai traileur". Il ne répond pas. Bon.


Fini cette montée en 1h15, ensuite c'est 15 minutes de descente très roulante, je déroule un peu tout en restant à l'aise. Le gars en noir est devant on a le même rythme, puis paf il tribuche et se ramasse, je m'arrête et lui demande si ça va, il se remet debout et repart sans un mot. Bon. Très concentré le mec, on le baptisera Terminator.


Son allure baisse, je le double ainsi que quelques autres coureurs. On arrive à une toute petite montée, 350 m d+ un peu plus technique, 30 minutes après on attaque une nouvelle descente. C'est de la route donc c'est roulant, on passe devant le Couvent de Chartreuse de Curière avec notamment une zone de silence. Je ne m'arrête pas confesser mes pêchés j'en aurai pour 10 ans. On traverse un court tunnel, le Tunnel des agneaux, 300 mètres sans lumières c'est original. J'ai la flemme de m'arrêter une minute pour sortir la frontale donc c'est prudemment que je traverse ça. La route continue un peu (très sympa au demeurant, c'est une ancienne route fermée depuis longtemps en fait) puis devient sentier, je déroule bien, et on arrive au km 18, premier ravito, au bout de 2h30 de course.


Bon bah y'a plus d'eau ! Bon ce n'est pas grave je suis parti avec 1,5 litres et je n'ai même pas bu la moitié. Je calcule un peu le parcours jusqu'au 2ème ravito (km 29) et je sais que ça passera largement ave ce que j'ai. J'enlève mon maillot manche longue, j'ai chaud ! On a d'ailleurs du bol avec la météo, au départ c'était annoncé pluie/orage, et là grand ciel bleu, du soleil, du sentier sec, conditions parfaites. Je repars 5 minutes après.


Voici la deuxième grosse montée du jour à savoir 900 mètres, comme la première en fait, mais plus raide dans sa première partie. Pas de soucis je me régale bien, mon rythme ne bouge pas, au fil du chemin quelques personnes devant moi, ce sont mes cibles, "target acquired" je les double façon pac-man. Certains ont l'air de morfler un peu. Tiens Terminator arrive et me double d'un pas assuré (mais c'est le seul hein), je ne le reverrai plus. A mi-parcours nous voilà à un embranchement, ceux du 25 km vont à gauche, moi je prends à droite finir la montée et atteindre le Col d’Arpison. Des pistes de ski de fond, il y a d'ailleurs encore de la neige. Début de descente, je fais attention car il y a un peu de neige par endroit. Le sentier devient une piste et le reste est très roulant, d'ailleurs je n'aime pas trop ça commence à taper les chevilles. Je me concentre sur ma posture, ma foulée... un gars en bleu me double, il semble très à l'aise, j'essaye de m'accrocher mais n'y arrive pas. J'arrive au km 29, second ravito.


J'ai mis 2h10 pour y arriver (j'avais estimé 2h) tout va bien ! Je rempli mes bouteilles, mange un peu et c'est reparti, 5 minutes bien optimisées. 5 heures de courses, il est 13h soit une avance d'1h30 sur la barrière horaire, niquel ! Tous les voyants sont au vert, je me sens encore tout frais. Une bénévole nous dit que nous sommes en milieu de classement, étant un habitué du dernier tiers du peloton je suis un peu étonné, mais c'est bon ça ! Ca me motive grandement pour la suite, objectif tenir le classement ! Il s'avérera à la fin que ce n'est pas vrai, j'étais dans le dernier tiers.


A la sortie du ravitaillement on passe devant le Monastère de la Grande Chartreuse, et on s'engage sur un sentier pour la dernière montée. Le dénivellé est de 700 mètres mais bien moins raide que les montées précédentes, c'est très progressif. Je fais pas gaffe à un cailloux, bien pointu que je ne vois pas, qui troue le mesh de ma chaussure comme un couteau rentre dans le beurre... à réparer avec de la colle seamgrip en rentrant.


Je double le gars en bleu, si la descente c'est son truc monter c'est le mien ! Un autre gonze me double, il est un peu plus rapide que moi ça me motive pour m'accrocher et le garder un maximum dans le visuel. Un autre encore est derrière moi mais je le distance... eh oui même si je fais ma ballade avec un dossard, il me reste un peu d'esprit compétitif, ça sert à pas grand chose ne jouant pas le podium mais je suis comme ça.


Un très courte descente avant de remonter encore 150 mètres environ et nous sommes au Col de la Ruchère. On sort enfin un peu de la forêt. Un très beau coin, plein de jonquilles, super panorama, il fait beau...


Bon c'est pas tout faut redescendre pour boucler la course. Passage à un mini ravito, je bois un coca mange quelques chips, arrêt express une minute trente et on y va pour la grosse descente afin de rejoindre le dernier ravitaillement, km 42. Je calcule le temps estimé, naïvement je me dis allez c'est l'affaire de 30 minutes !


Sauf que... sauf que... ben non. Si toutes les descentes précédentes étaient relativement roulantes celle-ci n'a rien à voir. Nous voici en présence du concentré de toutes les technicités du parcours. De la neige, de la boue, du cailloux, des racines... ma vitesse diminue grandement, j'alterne marche et petites foulées car il y a moyen de chuter en s'emballant. Le gars en bleu me reprend, toujours très facile... rien à faire pas moyen de suivre son rythme je me concentre sur le mien. Je regarde ma montre inquiet, voilà ça fait 7h30 de course et c'est le temps que je m'étais fixé pour atteindre le dernier ravito...


je grommelle, elle n'en finit pas cette descente, le chemin est dur. Je loupe un balisage et crois voir le bon chemin, un sentier en devers complètement improbable et casse-gueule, j'ai un gros doute mais m'y engage en râlant intérieurement contre l'orga, "ils sont fous mais ils sont FOUS !". Au loin un coureur m'appelle et m'indique que je me suis planté de chemin ! Ma faute je n'avais qu'à faire attention. Je me remets sur les rails... je commence à me transformer en capitaine Haddock, lâchant quelques jurons, descente de merde... à un replat il se met à pleuvoir en adéquation avec mon humeur, je mets ma veste de pluie + casquette... super une minute de perdue... deux traileurs me doublent... que j'essaye aussi d'accrocher mais rien à faire... je n'ai aucune idée de la distance qu'il me reste à parcourir... les pensées négatives affluent...


Et soudain il apparaît comme par enchantement, le voilà, le ravito du km 42... je ne cache pas mon soulagement. La pluie s'arrête, ma mauvaise humeur aussi, je range ma veste, mange et bois un peu. Assez curieux ce petit épisode car je suis encore très bien physiquement, c'est purement mental, ayant mis 50 minutes à une heure pour une descente que j'estimais faire en trente minutes. Soit seulement 20/30 minutes de plus sur mes prévisions, ça m'a juste paru plus long. Et sur le coup d'ailleurs je me rend compte que c'est parfaitement ridicule. J'ai ralenti oui mais je me suis adapté au terrain, ce n'est pas dû à une défaillance sur le plan musculaire. Si je m'étais donné une heure depuis le sommet, ça aurait passé crème.


5 minutes de pause une fois de plus et c'est la dernière ligne droite. Il ne reste que 4 km avant l'arrivée. Une petite route qui remonte un peu, mes jambes répondent présentes, j'alterne marche rapide et petit trot, je reprend 2-3 traileurs qui m'avaient doublé plus tôt. Le chemin se fait plat, on s'engage ensuite sur un sentier qui redescent brièvement, puis une nouvelle route. Plus qu'un kilomètre, m'indique une bénévole. Ouais mais je ne la crois pas ! Ca voudrait dire que c'est fini dans 5 minutes. Allez je me compte 2 km mentalement, soit 10 minutes. Je regarde derrière moi, un traileur s'accroche pas trop loin... pas question de me faire doubler, sentiment un peu vain, tout ça pour garder ma place de coureur de fond de classement... mais que voulez-vous, la guerre c'est la guerre, je maintiens un bon rythme, ça sent l'écurie, des ailes me poussent, je déroule, je déroule, dernier regard en arrière, c'est bon je l'ai maintenu en respect, et enfin voilà l'arche d'arrivée au bout de 8h20 de promenade (87ème sur 127).


Un repas, un thé, une bière et je me pose sur l'herbe. Bah niquel cette découverte de la Chartreuse. Parcours très joueur, tantôt roulant tantôt technique, je me suis senti à l'aise physiquement... normal mon objectif était de l'aborder comme une sortie longue de préparation et non de finir fracassé.


En somme une bonne distance moyenne en début de saison pour ceux qui aiment les courses plus intimistes. Merci à l'organisation et aux bénévoles pour tout le travail impliqué.


4 commentaires

Commentaire de Rich posté le 01-05-2018 à 23:20:28

Merci à toi pour ce récit. Tu as bien fait de basculer du 25 au 46Km. Tu finis largement en-dessous des 10h que je t'avais annoncées pour les derniers. Bonne course aux Allobroges et à l'année prochaine sur le 25 cette fois ?

Commentaire de Thomas74 posté le 01-05-2018 à 23:57:27

Salut, de bonnes chances que je revienne oui. Le format dépendra de mon calendrier et de ma forme mais je préfère les 40k pépère, 20k ça va vite.

Commentaire de Mon_ours posté le 02-05-2018 à 20:44:48

Je crois que je suis "le gars en bleu"!!!
On a discuté avant la remontée du col de la ruchère, non? Où tu m'as déposé...
Sinon c'est bien la première fois qu'on me dit que je descends bien!!!

Commentaire de Thomas74 posté le 02-05-2018 à 22:43:57

Je ne sais pas c'est possible, mais pas souvenir d'avoir engagé la discute par contre...

Il faut être connecté pour pouvoir poster un message.

Votre annonce ici !

Accueil - Haut de page - Aide - Contact - Mentions légales - Version mobile - 0.17 sec
Kikouroù est un site de course à pied, trail, marathon. Vous trouvez des récits, résultats, photos, vidéos de course, un calendrier, un forum... Bonne visite !