Récit de la course : Le Grand Raid des Pyrénées - Le Tour des Lacs 2020, par Miche

L'auteur : Miche

La course : Le Grand Raid des Pyrénées - Le Tour des Lacs

Date : 22/8/2020

Lieu : Vielle Aure (Hautes-Pyrénées)

Affichage : 334 vues

Distance : 82.6km

Objectif : Pas d'objectif

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Tour des Lacs OFF

Samedi 22 août 5h : me voilà avec Simon et une dizaine d’autres coureurs sur la place de Vielle-Aure pour prendre le départ de ce GRP 2020 version Tour des Lacs en OFF. Simon avait prévu cette année de participer à l’épreuve officielle tandis que j’aurai pris plaisir (!) à rester au PC course pendant ces 48h de course. Mais voilà le Covid est arrivé, nous avons du annuler le GRP et nous nous retrouvons ensemble pour prendre le départ de cette belle boucle.

La veille j’ai pu assister au départ de 6 coureurs sur le 160, ils ont prévu d’arriver en même temps que nous ce soir et je me prends à rêver d’une arrivée en commun. J’étais aussi au départ du 40 du Néouvielle et j’ai pu voir plus d’une vingtaine de coureurs au passage au Col de Portet.

Il fait encore nuit et un petit crachin m’a fait sortir la veste. Mais Simon m’a convaincu de la ranger car il fait quand même bon.

Depuis la sortie de confinement, j’ai eu la chance de pouvoir sortir assez souvent en montagne. Je me sens en bonne forme. J’ai aussi fait une randonnée de 3 jours avec Simon et j’ai constaté qu’il est un peu moins en forme. Mais c’est un battant et son fils ainé doit nous accompagner à partir de Tournaboup.

5h03, nous partons tous ensemble. Nous voyons encore un autre groupe de coureurs qui finit de se préparer et qui devrait donc nous suivre. Nous distançons rapidement les autres coureurs dans les rues de Vielle-Aure, Saint Lary et Vignec. Après les granges de Lias, Simon découvre le parcours très raide qui mène au Pla d’Adet. Sur les pistes de ski, je me fais une première frayeur en « perdant » le tracé indiqué par ma montre GPS pendant quelques centaines de mètres.

Mais le Col de Portet arrive relativement rapidement avec sa dernière pente monstrueuse. J’imagine les habituels accompagnateurs massés tout autour. Quelques autres coureurs prennent le départ du Col et nous expliquent qu’ils vont jusqu’au Pic du Midi. Cela fait plaisir de voir autant de concurrents sur le parcours à la date prévue. Nul doute qu’ils devaient y en avoir aussi les jours précédents.

Personne à Merlans pour nous ravitailler. Nous continuons donc vers le refuge de Bastan où nous aurons notre premier ravitaillement en eau. Nous sommes maintenant sortis des nuages et le temps est magnifique. Beaucoup de randonneurs sortent du refuge ou des tentes alentour. Un coureur nous double peu après le refuge. Il va légèrement plus vite que nous et nous ne le rattraperons jamais.

J’ai assez mal aux tendons d’Achille, surtout le droit. Cela me gêne surtout psychologiquement car je commence à me demander si je vais pouvoir finir. La descente après le Col de Bastanet est toujours aussi technique. Simon va plus vite que moi sur ce terrain mais au moins j’ai l’impression que cela soulage mes tendons. Nous regardons souvent nos temps de passage et les comparons à l’estimé qui est basé sur un temps total de 16h. Nous avons à peu près 10 mn de retard au Col de Bastanet.

Nous retournons dans le brouillard vers le Pla du Garet. Le nouveau parcours par le Col de Serpolet pour éviter la forêt domaniale interdite est mal tracé. Il ne s’agit que de sentes de moutons et j’ai du mal à suivre les indications de ma montre. Je prends un peu d’avance sur Simon pour chercher le meilleur itinéraire dans le brouillard. On ne reconnait rien et il n’y a que l’altimètre qui nous permet de savoir quand cette montée infernale se terminera.

La descente sur la Mongie derrière est plus dégagée et je la connais bien. Nous arrivons à l’emplacement du ravitaillement pile à l’heure prévue. Mes parents et Mathieu, le fils ainé de Simon, sont là. Nous faisons un ravitaillement rapide. Nous apprenons qu’Alain devrait être à Sencours avec de l’eau, ce qui nous permet de repartir léger.

Mes tendons vont beaucoup mieux et je gaze bien dans la montée suivante. Simon a plus de mal. Nous croisons un groupe de coureurs sur les pistes de ski qui reconnaissent Simon. Il en profite pour discuter quelques minutes. Les dernières montagnes russes avant le Col de Sencours que nous avions reconnues ensemble il y a quelques années ont bien changé : le sentier est maintenant très bien tracé, avec même des zigzags dans le dernier couloir raide. Nous voyons encore une fois l’influence sur l’état des sentiers du passage de quelques centaines de coureurs chaque année !

Alain est à Sencours avec de l’eau. Il y a aussi plein de randonneurs sur la route carrossable. Après quelques minutes de repos, Simon me dit qu’il préfère ne pas faire l’aller retour au Pic car il a trop mal aux mollets. Je sais qu’il a été longtemps handicapé à cause des mollets il y a quelques années et je préfère ne pas insister. Je préfère terminer la boucle avec lui quand je serai revenu du Pic plutôt qu’insister.

Alain m’accompagne. Je le laisse passer devant et il imprime un bon rythme. Il n’est pas du tout entrainé en ce moment mais il me rappelle qu’il avait fait le Tour des Lacs en 13H15 en 2011. A mi-pente, il préfère me laisser passer devant et ralentit un peu. Je continue sur ma lancée et rejoint le sommet. Je découvre que les randonneurs peuvent maintenant accéder à la terrasse sommitale. J’attends Alain qui arrive quelques minutes plus tard. J’ai maintenant 20 mn de retard sur l’estimé.

Photos, un peu d’eau au robinet qui est installé pour les randonneurs. Nous commençons la descente et … Simon apparait devant nous ! Je suis trop content. Il nous explique qu’après quelques étirements, cela allait mieux. Je le convaincs de remonter au sommet avec nous et nous pouvons prendre une photo tous les trois. Retour à Sencours en courant. Nouveau ravitaillement en eau et nous laissons Alain qui rentre au Tourmalet.

Je laisse Simon passer devant pour la descente vers le lac d’Oncet. Je commence à accuser un peu le coup. Le parcours que les coureurs auraient du inaugurer cette année remonte vers le Col de la Bonida comme le 160 puis tourne à gauche avant le Col d’Aoube. A partir du replat d’Aoube, nous découvrons que le tracé n’est pas du tout logique avec différents sentiers qui s’enchainent plus ou moins bien et parfois même une absence de sentiers. Nous y laissons pas mal d’influx. Nous arrivons à courir dès que le sentier est assez bon mais il faut parfois marcher et chercher où continuer.

Je préviens mes parents que nous aurons 30 mn de retard à Tournaboup. Les derniers lacets sont meilleurs, surtout quand nous retrouvons le tracé habituel par la variante du GR10. Nous entendons une foule en délire quand nous approchons du parking et effectivement, Carole, Sylvain et Martin sont aussi là avec Mathieu et mes parents. Ils ont des chaises de camping et nous ravitaillent comme si nous étions des rois. Je mange beaucoup, la dernière descente m’a vraiment fatigué. Je sens que la suite va être compliquée.

Mathieu est impatient de partir. Nous finissons par y aller avec maintenant environ 50 mn de retard sur l’estimé. Le début de la montée vers Aygues Cluses est relativement facile mais je n’ai plus d’énergie. Simon imprime le rythme et a retrouvé l’envie maintenant que son fils est avec nous. Je fais un arrêt technique qui visiblement me fait du bien car je me sens mieux ensuite.

Beaucoup de campeurs se préparent pour la nuit autour de la cabane d’Aygues Cluses. Les travaux pour le futur refuge sont visiblement bien arrêtés malheureusement. J’emmène mes compagnons à la source aux bords du lac où nous refaisons les niveaux. L’herbe est grasse et accueillante et nous avons bien du mal à repartir. Je reprends la tête de notre petit groupe et suit ma montre GPS vers la Hourquette Nère. Les derniers lacets sont raides et Simon a de nouveau du mal à suivre.

Le paysage depuis la Hourquette est toujours aussi magnifique. Le lac Nère, celui de Port Bielh et les laquets en-dessous nous font des clins d’œil. Mathieu nous emmène dans la descente. Encore pas mal de campeurs autour des lacs. La traversée de la sapinière de Bastan est difficile avec des marches, des troncs et des racines. Le terrain est trop technique pour mon niveau de fatigue. Simon m’attend régulièrement. Mais nous savons tous les deux que, sauf accident, nous irons maintenant au bout. Sylvain nous appelle pour connaitre notre heure prévue d’arrivée au Col de Portet : 20h pile je dis.

La remontée vers Merlans et le Col de Portet me convient beaucoup mieux. Malheureusement, arrivés à Merlans, le brouillard est vraiment froid et humide. Pour la première fois de la journée, nous devons enfiler la veste. Je compte les mètres qui nous séparent du col et de la voiture de Carole et Sylvain. Et quand nous arrivons au col, leur voiture n’est pas là ! Mais l’inquiétude est vite dissipée car ils arrivent 15 secondes après nous. Nous nous abritons du crachin sous leur porte de coffre. Il fait froid et Simon tremble de la tête aux pieds.

Encore une fois, je me goinfre. Baptiste, le fils cadet de Simon et Martin qui a fait le 40 km de Néouvielle hier nous annoncent qu’ils vont nous accompagner pour cette dernière descente. Cela fait chaud au cœur de se voir entourés ainsi.

Les jambes sont un peu raides quand nous repartons. Nous nous remettons à courir… pour finir plus vite et pour nous réchauffer. La descente vers Cap de Pède est longue, encore plus à la nuit tombante et dans le brouillard. Je la connais par cœur et j’ai assez d’expérience pour savoir qu’elle finira bien par se terminer. Simon est à bout et doit marcher dans les sections planes. La bascule sur le village de Soulan est difficile car la pente est plus raide. Seuls Baptiste, Mathieu et Martin sont vraiment à l’aise.

Nous nous arrêtons pour des étirements sur la route à Soulan. Puis nous retrouvons la route carrossable qui descend vers Vignec. La nuit est maintenant bien tombée et il faut faire attention aux cailloux. Les raccourcis au-dessus de Vignec ne sont pas drôles, étroits et glissants. Quelques spectateurs nous applaudissent dans Vignec. Marie-Paule et sa fille Claire sont là pour nous accompagner en courant sur ces deux derniers kilomètres.

Le dernier virage et voici le pont qui nous amène sur la place de Vielle Aure. Nous sommes accueillis par une belle foule, emmenés par Patrick, l’un des animateurs habituels du GRP, qui nous fait la surprise d’être là. Le photographe de la Dépêche est aussi là et nous aurons droit à la première page de l’édition des Hautes Pyrénées le lendemain. Nathalie et Dédé sont aussi là au bar et je commence rapidement à descendre quelques bières… Je vais me rafraichir les jambes dans la fontaine mais la fraicheur ambiante me fait vite ressortir.

16h50 pour boucler ce Tour des Lacs en OFF. Je suis content de ne pas avoir perdu de temps depuis Tournaboup. Simon est heureux aussi qu’on ait pu faire ce parcours ensemble, parcours que nous avons proposé à tant de coureurs depuis 2008. Nous repensons à Hugues qui était aussi à l’origine de cette organisation avec nous, qui nous aurait bien accompagné mais qui est au boulot sur un bateau au Havre ce week-end !

Direction la douche chaude puis je rejoins Brigitte, Alain et les autres pour descendre quelques pizzas et autres bières. Nous attendons maintenant Romain et ses compères qui sont en train de finir le 160 km. Ils arrivent vers 1h du matin et cela nous fait un succès de plus à fêter !

Nuit tranquille mais courte. Le traditionnel buffet du dimanche est remplacé par un pique-nique tous ensemble dans la vallée de Rioumajou. Voilà donc un week-end du GRP un peu spécial qui se termine. J’espère que l’année 2021 verra le retour d’une édition officielle, avec quelques modifications si le Covid est toujours là. Nous y travaillons déjà et les retours des organisations qui ont réussi à maintenir leur épreuve sont de bonnes indications sur ce qu’il faut mettre en œuvre.  

1 commentaire

Commentaire de rvialles posté le 20-09-2020 à 21:44:45

Merci pour ce chouette récit qui m'a bien fait revivre la partie Vielle Aure - Tournaboup. Nous étions trois, donc un mal en point et on a préféré couper à Tournaboup par sécurité. On vous a en effet vu partir un peu trop rapidement pour notre groupe le matin. De notre côté les grosses galères d'itinéraire se sont produits avant La Mongie en effet. Le terrain de jeu est fantastique, bravo pour cette superbe épreuve qu'il nous tarde de retrouver.

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