Récit de la course : Triathlon L.D des Lacs 2009, par gastéropode

L'auteur : gastéropode

La course : Triathlon L.D des Lacs

Date : 7/6/2009

Lieu : Lusigny Sur Barse (Aube)

Affichage : 1153 vues

Distance : 107km

Objectif : Se défoncer

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1er triathlon depuis..20 ans! Quelle claque!

Préambule...

Cette année, je me suis inscrit au club de triathlon par hasard. Venu au forum des sports pour inscrire mon fils au karaté et à l'athlétisme, je me suis dit... aller, ça me changera des blessures en course à pied! Comme j'avais déjà fait des tri découverte (400m-20km-5km) et un DO (1.5km, 40 km, 20 km) il y a 20 ans, je me suis fixé comme objectif de terminer un moyenne distance en bonne santé.

Et puis au mois d'octobre, je m'inscris à l'écotrail (80 km 1500m de d+.... et puis j'ai eu la chance de discuter avec Fred au cours d'une sortie vélo où il m'avait attendu après que j'eus perdu le groupe. il regrettait d'avoir attendu si longtemps (4 ans ) avant de se lancer dans un longue distance. La prépa, c'est surtout de longue sorties en vélo (120, 140 bornes)... . Alors pourquoi pas cette année? Si je suis capable de courir 10 h en mars à l'écotrail, je devrais être capable de triathlonner 14 h en aoüt....et puis en novembre,  lors d'une autre sortie vélo où je perds encore le groupe, je me perds un peu en vallée de chevreuse et fait 150 bornes avec 1300 m de d+ à 24 km de moyenne. Presque la moyenne du tri de Cambrai (3.8km, 180km, 42km) pour éviter la barrière horaire et le dénivelé moyen! Donc ça devrait le faire..

Au club, beaucoup sont intéressé par le tri de Troyes (3+83+21), c'est cool, je vais pouvoir profiter des voitures!

LA PREPARATION: 4 sorties vélos seulement avec le club, 1 séance de natation, plus 2 ministage de deux jours de natation. Malgré mon manque total d'entraînement natation au moment de ces mini-stages, je m'en sors quand même en nageant à l'économie ce qui énerve mes entraîneurs. Apparemment, ils ne peuvent pas comprendre que je ne peux attaquer alors que j'ai nagé 4 km ces 6 derniers mois. "est-ce que je pourrais faire 3,8 km en 1h15? "à l'aise, si tu nages 2 fois par semaines... et si je nage 1 fois toutes les 2 semaines... alors tu va en chier." Je me présente à Troyes avec donc 8 séances de natation depuis un an, mais je ne suis pas inquiet, après tout, je suis un ancien nageur! (1mn9 secondes et 6 dixième sur 100 m nage libre en grand bassin, 25mn au 1500 m en petit bassin). En vélo, j'ai abondonné les sorties avec le club car cela pèse trop sur ma femme (3 enfants en bas âge). Je remplace mes siestes du week-end par de courtes mais toniques séance de vélo (2h à 2h30) sur un circuit vélo autour d'un hippodrome. J'adopte une position triathlon, mais trop radicalement et d'autre part, j'emmene trop gros: résultat: dos bloqué en avril. 6 mois plus tard, ça ne s'est pas remis, je souffre toujours au bout de 80 km. mais sur le coup, je ne suis pas inquiet. La semaine précédant Troyes, je fais les 83 bornes en 2h40! Mon objectif pour Troyes est de faire un gros vélo pour tester ma préparation et me rassuer quand à la barrière horaire du tri de Cambrai (natation + vélo en 9h30). Et la course à pied... ça devrait aller: je passe une super journée à l'écotrail (16 mars )où je fait 9h20, 300ème sur 1200 partants. Je me blesse quand même pendant la course, mais un mois et demi plus tard, c'est rétabli, et j'ai remplacé la course à pied par du vélo.

l'AVANT COURSE. Je suis donc confiant pour Troyes, je pense me faire plaisir en sortant un bon vélo et une course à pied pleine de constance. Prévision: 1h en natation, 2h50 en vélo, 1h55 en course, 15 mn dans les transitions soit 6h; mais j'aborde très mal les derniers jours. Je m'y prends trop tard et malgré le grand nombre de membre du club à prendre part, je n'arrive pas à trouver une place dans les voitures. pendant 3 jours, se pose vraiment la question du trajet, j'hésite à partir la veille au déboter et laisser au dernier moment ma femme deux jours avec les gniards et une maison en bordel. on pense à un plan location voiture mais deux collègues se la jouent perso et je n'ai plus rien sauf une réponse de l'organisateur me permettant d'arriver 15 mn avant la mise à l'eau! Le train de Paris arrive à 9h45 à plus de 20 bornes du site et le départ est à 11h. Toutes ces tergiversations entament la fraîcheur et je manque de sommeil aussi. Heureusement le trajet se passe bien et me voilà à 10h45 devant le retrait des dossards après 10 bornes pour aller à la gare de l'est et 20 bornes pour me rendre sur le site (et 2 hésitations sur l'itinéraire (noté sur un papier... et oublié à la maison!).

LA NATATION: je commence en douceur, je suis tellement lent que je suis tout de suite dans les derniers et aucun repère. Le vent fort crée des vagues. l'eau me paraît fraîche. Au bout de 10 mn, je commence à me demander ce que je fais là. Je ne panique pas, je suis très lent, mais je n'avance pas. Ma combi gêne mes mouvement d'épaule, et pas qu'un peu! j'ai l'impression que je perd 40% de l'energie à étirer le néoprène pour faire passer l'épaule d'arrière en avant. Et puis cette absence de fond... heureusement que j'ai un passé de nageur pour rester calme. Très rapidement, je me dis ..."patience" comme un coureur de 100 bornes qui commence à voir le temps long... sauf que là c'était dès le 1er quart d'heure! Il y a quelques années, en nageant un peu trop au large, j'ai raté la crique où ma femme m'attendait et j'ai continué tout droit pour la retrouver: ce jour là, j'avais nagé 2h30 sans entraînement. aujourd'hui, je me suis servi de cette expérience pour me dire que de toute façon je viendrai à bout de ce parcours. J'ai de plus en plus froid. Au bout d'une demi-heure, je nage machoires serrées de froid, j'ai même froid aux bras, aux mains. Je me bas de plus en plus avec l'eau par rapport à l'orientation. Ma séquence perpétuelle: je pointe un azimut, je nage 10 coup, j'ouvre les yeux et j'ai pivoté de 20 à 30 degrés... Je ne sais pas combien de mêtres j'ai nagé! Près de l'arrivée de la 1ère boucle, la surprise de la journée... un rouleau compresseur me passe dessus! Le type est une de meilleurs nageurs qui m'avait déjà pris un tour! Je savais que j'allais être doublé, mais pas en natation! Pour moi sur le coup, c'est la honte d'avoir été si mauvais. Je suis sûr que des 50 derniers nageurs ce jours là, je suis celui qui a la plus grande différence de vitesse entre son meilleur temps sur 1500 m et sa vitesse moyenne du jour... et c'est reparti pour un tour. A vraiment, je regrette le plaisir pris sur l'écotrail, une aisance et l'amusement dans les descentes... 40 mn pour le premier, tour 48 mn pour le second. Si je fais ça à Cambrai, je risque de ne pas passer la première barrière horaire (2h) et de devoir faire 6h50 pour le vélo, juste pour rester en course!

LA TRANSITION: arrivée dans le parc en titubant, j'allume mon gps, je ne trouve pas mes chaussettes de vélo. Pas l'temps de lambiner, allons y pieds nus! Il fait gris, il fait froid, il y a du vent. Je me demandais pourquoi les gars du club avaient étendu leur tri fonction plutôt que de la mettre sous la combinaison, et bien je vais comprendre. L'organisateur me crédite d'1h33 au départ du vélo, j'aurais donc passé 7 mn dans le parc, et bé!

LE VELO: Tout de suite, je suis dans la fuite en avant. Je m'accroche au vélo comme pour ne pas tomber vers l'avant. J'enchaîne les virages sans être en contrôle, mes pieds tombent sur les pédales et j'essaie de rattrapper le vélo. Je grelotte. ça dure 50 mn. Je ne peux rien avaler car j'ai bu beaucoup d'eau dans le lac. Je suis sans arrêt en train de me faire enrhumer par des avions dès le début du vélo par des cyclistes qui ont déjà fait 27 km. Je subit la situation. Au bout de 10 bornes, je me calme un peu, je vois que j'ai du retard sur mon tableau de marche. au cours de 30 bornes qui suivent, je m'attache à reprendre de mon retard, mes puls my augmentent de 138 à 143, mais peu à peu l'énergie diminue et le mal de dos augmente. Le parcours facile sur le papier (600 m de d+) ecst rendu beaucoup plus difficile que prévu par les relances, et surtout le vent en rafales. J'étais tout le temps planté! Au bout de 50 bornes je jette l'éponge, je ne cherche plus qu'à rallier l'arrivée. Quel con d'avoir attendu la fin du 2ème tour pour enfin faire pipi! j'étais tendu par mon mal de bide, dissuadé de boire et j'avais mal au dos! Quand j'y consens enfin, cela fait du bien au corps et au moral. Le vélo est moins uniquement une souffrance. Mais malgré cela, il n'y a plus d'essence. La disparition des costauds (qui ont fini leur vélo) me permet d'envisager enfin me situer avec des athlètes de mon niveau... et bien, c'est pas joyeux! je double un gars au tout début du tour, et qui à l'air de bien galérer. Et je vois de temps à autre un gars sur un vélo blanc très loin devant. Taîeut! je vais le reprendre rapidement.... et ben pas du tout. Je ne le revois qu'au dernier km du vélo et surprise: c'est un gros dont l'embonpoint déborde largement de sa tri fonction. En plus le mec (de mon club d'ailleurs) m'annonce son abandon dans le parc à vélo. J'en suis donc à ce niveau là! 57 mn le premier tour, 59 mn le 2ème, 1h09 le troisième. Un fois que j'ai décidé d'arrêter de souffrir du dos, je me mets carrément en promenade désolé de ne pas davantage profiter de ma journée pour me tester en vélo, désolé de ne pas profiter des routes pour une fois vides de voitures. C'est long. Ce n'est pas que je souffre, mais je suis désolé de ma partition, c'est long d'attendre juste que ça finisse!

LA TRANSITION: plutôt rapide, il fait beau. Je n'ai aucune idée de mon état avant la course.

LA COURSE. Je relève d'une tendinite, je me suis peu entraîné et vu le déroulement de la journée, je suis plutôt négatif et là surprise! Je suis TOUT DE SUITE dans le rythme, naturellement, sans le chercher à 12,5 km/heure, moi qui m'attendais au mieux à 11 à l'heure! Et là ouf, enfin je double du monde, d'ailleurs presque tout le monde, même ceux qui ont 10 bornes d'avance sur moi. Pas mal marchent. Il fait chaud tout de suite et je prends tout les ravitaillement au petit trop. Je double même quelques triathlètes du club, je ne serais donc pas le dernier, mais entre nous, j'aurais quand même préféré être le dernier d'un club et être content de ma course que ce déroulement de journée. ça me fait plaisir d'avoir enfin l'activité d'un sportif au lieu d'avoir l'air d'être un égaré, un mec qui a un vélo et qui se demande ce qu'il fout dans cette galère. tout baigne dans cette course et puis au 10ème km, un collègue me double assez nettement. Et comme moi, il a un tour à faire encore. J'apprends plus tard qu'il a mis 2h pour en finir avec la natation. Il m'a donc mis 35 mn. il court vraiment bien et j'essaie de le suivre comme une stimulation. Je passe donc de 12,5 à 13 à l'heure. ça peu paraître peu mais en fait, au bout d'un km, je le laisse partir, je sens la défaillance venir, comme le fétard peu parfois anticiper le vomi se pointer: "la marée monte" et en fait, je vais gérer jusqu'à l'arrivée, sans vraiment ralentir, mais en étant toujours limite. Si je n'avais pas accéléré au 10ème j'aurais fait presque le même temps et j'aurais été plus confortable jusqu'à l'arrivée. La course à pied est très satisfaisante pour moi par le chrono,(1h43) mais surtout par les sensations de sportif: malgré mon manque d'entraînement de course, j'ai un fond solide.

l'ARRIVEE : la haie d'honneur du club des arrivés aux arrivants est sympa. Une légère pente avant la banderole d'arrivée me fait faire un faux mouvement qui déclenche immédiatement une crampe aux ischio: j'étais quand même pas loin d'être à fond. la suite va me le prouver. Je me retrouve dans le parc vélo à essayer de rassembler mes affaires, mais la seule chose dont j'ai envie, c'est de m'allonger tellement je suis cuit.

LE RETOUR Heureusement que mon copain Christophe est là avec sa bonne humeur! Heureusement qu'il me ramène en voiture!Comment est-ce que j'aurais fait pour prendre le train! Ce n'est pas seulement prendre le vélo pour 20 bornes, tout me coûte!Je suis cuit! Je ne suis qu'une boule de chaleur qui essaie de se barrer de mon corps. Je béni le bonnet que j'ai pris soin d'emmener. Je ferais 3 heures de voitures emmitouflé dans une polaire et un bonnet. Pendant 2 heures, je suis fatigué même de parler malgré le plaisir de partager ce moment avec Christophe. Je n'ai jamais été dans un tel état de fatigue, même après le marathon, même après l'écotrail. Je me suis sérieusement demandé comment aller travailler le lendemain. Puis au bout de 2h, j'ai commencé à me réchauffer et j'ai récupéré rapidement, bien plus qu'après le marathon ou le trail, juste un peu de fatigue pendant 3 jours.

BILAN: j'avais prévu 6h, j'avais rêvé 5h40 ou 5h50, j'ai fait 6h24, pas si loin que ça en fait, si on pense au vent. (mais comment le vainqueur a-t-il fait pour sortir 2h07 en vélo?). Le quart d'heure perdu en vélo, je l'ai récupéré en course à pied. Mais quelle claque en natation! Journée désagréable avec le sentiment d'être derrière sa course, en dessous de ce que j'aurais du être...Quelle claque au niveau de la difficulté! c'était difficile pour moi. Je ne me suis pas rassuré pour Cambrai (27, 2 de moyenne, c'est pas reluisant, surtout que le d+ est plus important là bas (1800m) et que le vent dans le Nord, c'est pas d'la tarte!) La natation et même le vélo m'ont mis un gros coup au moral: où est le plaisir, la maîtrise, le dépassement de soi? on galope derrière une journée durant... Vraiment je me sens mieux en course où je maîtrise davantage ce qui m'arrive. C'est vrai aussi que ça fait drole d'être dans les derniers alors que sur semi j'ai fait 100ème sur 700, sur marathon 160ème sur 460 et 300ème sur 1200 sur trail. Aujourd'hui, je suis 425 sur 480 et j'ai moins l'habitude. Natation: dans les 10 derniers temps, en vélo dans les 30 derniers, heureusement la course me donne le 225ème temps. Après avoir été aussi nul en natation, je n'ai plus du tout envie de recommencer à nager. ça va être la galère de préparer l'ironman.

D'où viens cette grande fatigue? l'accumulation des efforts? peut-être pas. je suis resté beaucoup plus longtemps en piste à l'écotrail pour une intensité d'effort comparable (140 au lieu de 143). Je crois que c'est une somme de choses: manque de sommeil, stress les derniers jours, les 30 bornes faites le matin, l'arrivée juste, juste, mais aussi les conditions particulières. le club nous a envoyé les résultats avec ce commentaire: bravo à tous les néophytes sur la distance, en espérant que les conditions difficiles ne vous ont pas découragé". Le vent en natation, en vélo, nous ont rendu la tâche difficile, la pluie au début du vélo et la chaleur en course également. Je pense que le changements d'environnement (eau fraîche, froid sur le vélo puis chaleur) m'ont bien vidé.

Je me promets de ne plus dire à Nono's coach que "c'est facile le triathlon". Il aimerai y tâter et je lui ai dit "avec ton niveau, facile, et ne t'inquiète pas pour la natation!"Je ne savais pas que ce n'était pas le tout de nager lentement pour tenir la distance. Il faut un compromis entre l'endurance des épaules et la lutte contre le froid. Pendant le vélo, je me suis dit "aller, c'est mon premier et dernier triathlon", tellement je n'y trouvais pas mon compte: pas de "résultat", pas de plaisir, et que la galère.

POST FACE aujourd'hui, nous somme le 15 septembre. J'ai enfin mis en ligne ce CR. Je n'en avait pas envie tellement je n'avais pas été à mon avantage ce jour là. Je l'ai fait parce qu'après tout, il n'y a pas que de bons jours. J'ai eu la force de le faire parce que j'ai réussi à terminer le ch'triman, l'ironman de Cambrai, le 30 août, à une place un peu meilleure (263ème sur 363 partants), grâce à davantage de sorties longues en vélo, et surtout grâce à une combinaison digne de ce nom en natation (1h20 pour faire 3,6km au lieu d'1h26 pour 3km). Mais à peu de choses près, je suis à ma place à la fois à Troyes et à Cambrai. Avec une meilleure gestion de ma course le jour J (et une combi) j'aurais pu faire 6h à Troyes et 12h45 à Cambrai (au lieu de 6h24 et 13h16), mais cela ne change pas grand-chose à mon niveau. Tintin, un collègue du club, me mets 35 mn à Troyes et 1h15 à Cambrai, ce qui est comparable. Ce n'est pas la différence de niveau qui justifie ma meilleure humeur aujourd'hui: c'est juste que pour moi l'ironman représente plus de choses que la moyenne distance et que cela justifie davantage de souffrance pour le terminer.

 

 

1 commentaire

Commentaire de LtBlueb posté le 18-09-2009 à 23:03:00

récit très instructif en vue de futurs challenges :)
merci pour ton témoignage

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