Récit de la course : Marathon de Soweto 1995, par c2

L'auteur : c2

La course : Marathon de Soweto

Date : 3/12/1995

Lieu : nasrec (Afrique du Sud)

Affichage : 1916 vues

Distance : 42.195km

Objectif : Pas d'objectif

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Pas d'autre récit pour cette course.

marathon de Soweto 1995

OU COMMENT COURIR L'ÉTÉ EN HIVER EN R.S.A AU SUD DU SUD DE L'AFRIQUE

03/12/95

« The people’s marathon »



Avant de partir j’avais senti que ce marathon ne serait pas comme les autres.



Le futur proche allait me le confirmer. Déjà la date était un signe fort, un 3 décembre. Cela ne vous dit rien évidemment. Moi si, c’était la date anniversaire de mon mariage. Après une douzaine d’heures de vol en pseudo-temps masqué (le vol a lieu de nuit), il reste 2 jours pour détendre les jambes qui ressemblent à des poteaux. Heureusement le décalage horaire est quasi inexistant. L’accueil au John Smith Airport de Johannesburg se fait par une violente bouffée de chaleur après avoir quitté le froid parisien car ici c’est le début de l’été à caractère continental.


Jour de l’épreuve
Après un lever à 3h et la prise d’une collation sans grande conviction, il faut rejoindre Nasrec à la porte sud-ouest de Johannesburg en partant de la capitale Prétoria où nous logeons (1h30 de bus).


A l’échelle du pays, les 2 villes sont très proches. L’une à moitié blanche représente le pouvoir administratif et l’autre à 90% noire symbolise le pouvoir économique à travers ses grandes compagnies de diamantaires et ses bâtiments futuristes ainsi que ses mines d’or dont les nombreux terrils trônent aux portes de la ville. Ces terrils ont servis à une époque de remblais pour la construction des routes. Il reste quelques 10 à 20 grammes d'or à la tonne. Ce qui avait permis à certains de dire que l'on roulait ici sur l'or. On les stocke maintenant en attendant des jours meilleurs sur le prix du métal précieux.

Le départ à lieu à 6h, cela sous entant qu’il va faire rapidement bien chaud.





Un autre point m’inquiète pas mal, c’est l’altitude car ici mine de rien nous sommes proches des 2000m.

Enfin la lecture attentive du profil de la course me laisse perplexe et va impliquer un parcours assez tourmenté avec des expressions du genre « it is describe as quite a difficult course », « is very undulating (includes a number of uphills) » que je n’arrive pas à adoucir à la traduction. Comme si nous avions besoin de cela en plus. Vous savez cela ressemble un peu au fameux « parcours vallonné » que l’on rencontre dans certains descriptifs de courses hexagonales mais visiblement là, en mieux.

Et bien, toutes ses inquiétudes vont se révéler fondées et en dehors de marathons effectués en promenade en accompagnant ou en préparation de 100 bornes, je vais réaliser, bien que parti prudemment, mon plus mauvais temps sur la distance. (un peu moins de 4 heures).


 
Que retenir de cette épreuve : quelques images


- Des groupes de coureurs noirs en train de danser en musique juste avant la course.

- D’avoir été doublé par une fusée noire, son dossard à la main, en train de chercher des épingles quelques kilomètres après le départ. Visiblement pas mal de coureurs sont arrivés en retard.

- De ne pas avoir été déçu du parcours. Dans le genre montagnes russes difficile de faire mieux avec en prime vers le 38ième une « petite » côte dans laquelle je me suis mis à marcher et comme disait le descriptif « c’est là où se fait la différence ».
 
- D’avoir vu pour la première fois des ravitaillements avec des sachets d’eau celés.

- De n’avoir pas en plus pensé qu’il pouvait y avoir du vent.

- D’avoir traversé Soweto et vu les stigmates d’une misère qui pouvait rendre notre passage grotesque et déplacé.


- D’avoir vu des tenues en tout genre, des coureurs pieds nus et des progressions en accordéon.

- D’avoir couru plusieurs kilomètres vers la fin de l’épreuve cote à cote en silence avec un coureur noir, chacun n’osant pas engager la conversation, lui certainement pas réflexe ancestral de la crainte du pouvoir blanc que je pouvais représenter et moi à cause de la barrière de la langue sentant qu’il ne parlait sûrement pas anglais. Il a vu ce jour là qu’il n’était pas plus mauvais qu’un blanc et j’ai vu que tous les noirs des hauts plateaux n’étaient pas tous des champions.



- Qu’environ 2400 coureurs arrivèrent à bon port à la fin de cette grande boucle.

- Que le chrono de 2h18 du vainqueur vues les conditions est impressionnant !

- Il y aura certainement un jour des coureurs de ce pays au top-niveau sur la distance.



Paris le 24/12/95
Christian

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