Récit de la course : 48 heures de Royan 2010, par walter

L'auteur : walter

La course : 48 heures de Royan

Date : 15/10/2010

Lieu : Royan (Charente-Maritime)

Affichage : 389 vues

Distance : 0km

Objectif : Pas d'objectif

1 commentaire

Faire connaître ce récit sur Twitter :

Faire connaître ce récit sur Facebook : Partager

14 autres récits :

Le récit

RECIT DES 24H DE ROYAN


Après Belves en avril pourquoi ne pas me lancer dans un 24h? Folie certains diront, je le consent mais m'en accommode et elle seule me permet d'avancer et de m'exprimer dans un domaine que certain penseront extrême mais qui me permet de m'exprimer dans une activité saine.
Néanmoins, n'étant pas entièrement fou, je ma lance a la recherche d'un plan que je trouve une foi de plus sur le site de Bruno Heubi (merci) et me concocte une stratégie (toute théorique mais ô combien indispensable à mes yeux) que voici :
D'abord, je vais sur le site des 24h de Royan, visualise le parcours et me recrée un parcours à peu prés similaire dans mon village afin de m'habituer à tourner en rond.
Deuxièmement, j'établis un rythme de 6' de course pour 1' de marche partant du principe qu'il faut ménager sa monture pour aller loin.
Et enfin dernier point, je fait des sorties nocturnes sur les routes de campagnes afin de m'habituer à courir de nuit.

Après neuf semaines de préparation, j'arrive enfin à Ryan, tout proche de mes terres natales, bien évidemment la veille afin de mieux visualiser le parcours. Cela me permet de réserver une table de mon choix et de m'apercevoir que le parcours ne fait pas 1.2 kilo mais approximativement 1 kilo. Sortie de calculette et redéfinition de la tactique. Donc se sera 5' minute de course et 1' de marche. Les 5' ne sont pas obligés d'être exactement précis mais à chaque fois que j'arrive à ma table je m'arrête 1' pour marcher ce qui me permet de me ravitailler en même temps.

Samedi matin 10h, c'est le départ et entame mes tours selon la tactique prés établie. Etant parti couvert, je recommence un effeuillage dont j'ai le secret (cf belves) et effectue les tours les uns après les autres. J'ai du mal à trouver le bon rythme mais ne m'inquiète pas et trouve même que c'est bon signe : je concentre sur mon allure ne m'occupant que de moi-même et surtout ne calquant pas mon allure sur un autre concurrent. D'ailleurs, pour parler des autres concurrents, je ferait une aparté afin de saluer tous ceux que j'ai put rencontré lors de cette course (Simon Yvonic, Hervé bec, Daniel l'organisateur et tous ceux qui l'ont aidé pour cette manifestation ainsi que Pélissier Stéphane qui sont vraiment très sympa) car j'ai trouvé un esprit qui sied particulièrement, c'est-à-dire un esprit de compétition mais où il n'est pas question d'écraser son concurrent pour gagner mais d'entraide et de solidarité sans oublier qu'on est là pour donner le meilleur de soi même.

Les tours s'enchaînent, et au bout de deux heures je suis douzième au général, ce qui est sans importance à ce moment mais çà fait toujours plaisir.9ème à la quatrième et sixième heures et c ‘est à ce moment que je commence a effectuer mes meilleurs temps au tour. D'ailleurs cela m'inquiète et j'essaye de me freiner et n'y arrive pas. Après sept heures de course, premier petit coup de bambou, mais pas d'affolement car j'ai dans ma botte une arme secrète, une arme de reconstruction massive : le lait concentré en tube de chez Nestlé!!! Merci papy Nestlé, mieux qu'un Mars car ça repart et cela me permet d'atteindre sans encombres la huitième heure et d'effectuer mon premier arrêt ravitaillement.


Eh oui, surprise, chose que je ne vous avez pas dit, dans ma tactique il était prévu que je m'arrête tous les huit heures pendant une demi-heure afin de changer vêtements, chaussures, chaussettes et bandes aux pieds et si possible me faire masser en prévention et pour la décontraction.
A ce moment je suis sixième au général et bien malgré et sachant que je vais perdre des places durant les deux prochaines heures, je commence sérieusement à croire à une possible perf.

19h35 : c'est repartit sur un rythme quelque peu différent (mais c'était prévu, encore une autre surprise pour vous), c'est-à-dire que durant le prochain relai de huit heures, je compte dorénavant marcher deux minutes pendant chaque tours afin de m'économiser et de garder un maximum de force pour les dernières heures. Cependant, au lieu d'effectuer ses deux minutes consécutivement, je les séparent en deux : la première minute je l'effectue toujours quand j'arrive à ma table de ravitaillement mais la deuxième je l'effectue au milieu du parcours car j'avais repérer un léger faux plat montant mais rédhibitoire le temps passant.
Dixième heure, et me revoilà neuvième. Pas d'inquiétudes, car je sais qu'ayant décalé mon arrêt je vais courir pendant que les autres vont s'arrêter et que surtout la course est encore longue. Néanmoins, le morale est toujours au beau fixe et j'y croit de plus en plus.
Mais à a peu prés neuf heures du soir, quelques voluptés négatives commencent à apparaitre. N'étant pas du genre à me laisser abattre je n'y prête guère attention.

Grosse erreur car une demi-heure plus tard c'est une véritable catastrophe. Une véritable massue psychologique vient de m'asséner de terribles coups et la dépression m'envahit non plus insidieusement mais frontalement. Je continue quand même mes tours mais c'est de plus en plus dure. Pourquoi je suis là, pourquoi tourner en rond alors que je pourrai être à côté de ma femme et de mes enfants? Le cauchemar n'en finit pas et m'entraîne dans un tourbillon dépressionnaire, une spirale sans fin, un dédale dont je sais où est la sortie. Première crise de pleurs. Quel spectacle pathétique j'ai bien put donner aux gens qui devait voir quelqu'un continuer à tourner en rond pleurant comme une madeleine, un petit enfant cherchant les bras de sa maman en guise de réconfort. Cette crise s'arrête, et je continue mon travail d'hamster. Le moral toujours pas revenu, une nouvelle crise de pleur survient à nouveau et je sombre à nouveau dans mes enfers, au plus profond de mes pensées les plus noires. Après cette crise qui une nouvelle fois, dura bien cinq minutes, je me décide à rappeler ma femme qui me soutient et qui me dit que je n'ai pas le droit d'abandonner. Après ce petit coup de fouet, je continue mes tours en marchant car c'est tout ce dont je suis capable de faire à ce moment. Alors à cet instant, je fait la connaissance d'une concurrente plus agée que moi, qui me prend sous son aile, me réconforte, me rassure et m'envoie un tel flux d'émotion positive que toutes mes émotions négatives disparaissent petit à petit et je me reconstruit un mental d'acier prêt à déplacer toutes les montagnes du monde.

22 heures : me voilà quand même septième. Chose incroyable, malgré cette hécatombe dans mes performances personnel, je viens de gagner deux places au général. Je suis gonflé à bloc et me remet à courir. Mais au bout de deux tours une douleur apparaît au niveau de l'aine côté droit et m'empêche de courir. Que cela ne tienne, je continue à marcher avec une détermination farouche en étant sûr que je pourrai à nouveau courir plus tard.

Minuit : je suis maintenant sixième. Je n'ai qu'un tour de retard par rapport au 5ème et deux par rapport au 4ème. Ma motivation est à son comble mais ma cuisse me fait de plus en plus mal.

Minuit et demi : je suis obligé de m'arrêter pour me faire masser mais rien n'y fait et je n'arrive même plus capable de marcher. Je suis assailli par des tendinites dans toute la cuisse droite et des crampes dans le mollet gauche. J'attendrai jusqu'à deux heures du matin pout rendre mon bracelet et officialiser mon abandon. Des sentiments de honte, de culpabilité et même de lâcheté m'assaillait chaque fois que voyait passer des concurrents devant ma table, et ne supportant plus ce spectacle je suis partit comme un voleur vers quatre heure du matin. Je m'en excuse pour tous ceux qui ont couru avec moi et encouragé mais la situation était trop intense, trop insoutenable pour que je puisse rester.

Bilan: 113 kilos de fait, un beau diplôme et une vingt sixième place
Les point positifs sont que je n'ai pas eu une seul ampoule aux pieds et que dorénavant je serait plus informer sur un 24h et qu'il est sûr que je retenterai l'expérience avec le mors aux dents pour aller jusqu'au bout cette fois ci!!!!

1 commentaire

Commentaire de CROCS-MAN posté le 21-06-2011 à 21:30:00

c 'est le métier qui rentre et tu seras plus fort encore la prochaine fois, jamais d'échec, toujours del'expérience. Merci pour ton récit

Il faut être connecté pour pouvoir poster un message.

Votre annonce ici !

Accueil - Haut de page - Aide - Contact - Mentions légales - Version mobile - 0.16 sec
Kikouroù est un site de course à pied, trail, marathon. Vous trouvez des récits, résultats, photos, vidéos de course, un calendrier, un forum... Bonne visite !