Récit de la course : Les Drayes du Vercors 2006, par JLW

L'auteur : JLW

La course : Les Drayes du Vercors

Date : 23/7/2006

Lieu : La Chapelle En Vercors (Drôme)

Affichage : 1750 vues

Distance : 44km

Objectif : Pas d'objectif

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Les Drayes du Vercors

Me voilà sur la route pour un Week End de dénivelés. Pourquoi aller si loin me direz-vous ? (je viens de la région parisienne)
Eh bien justement, pour les dénivelés qui nous manquent tellement dans notre région IdF. et pour préparer la course des Templiers, fin octobre.
Tout au long du trajet, la radio me rappelle si besoin était que la canicule sévit partout et conseille à tout le monde de ne pas faire d’effort, surtout sportif, de rester tranquille à l’ombre, de fermer les volets … !!! Plein de bons conseils alors que moi et les quelques 120 coureurs inscrits n’ont pas trouver de meilleure idée que de s’élancer sur un peu plus de 40 Km et surtout gravir ces fameux 2500 m de dénivelés positifs.

Tout cela n’était pas fait pour me rassurer à la veille de ce trail, et l’heure de départ plutôt tardive (8h15, pourquoi pas 8h00 ou 8h30 d’ailleurs ?) pour ce genre d’épreuve ne me réconfortait pas plus. De toute façon, il était trop tard pour faire marche arrière, au pire, me disais-je, je pourrais toujours m’arrêter en cours de chemin.

Ma chambre d’hôtel se trouvant à 300 m de la ligne de départ, je suis pratiquement le 1er à me pointer dans le sas de contrôle : le règlement impose une réserve d’eau de 1,5 l (mini), des barres ou gels énergétiques, un sifflet, un blouson de pluie et une couverture de survie, Tout y est et me voilà paré mais en même temps enfermé dans ce sas jusqu’à l’instant du départ.

Je dois dire que c’est un moment que j’apprécie. Les langues commencent à se délier, on se renseigne auprès de ceux qui connaissent le parcours, on rassure éventuellement les quelques novices égarés par ci par là, il ne me semble pas qu’il y en ait beaucoup, Il y a surtout des baroudeurs ayant dans leurs jambes soit quelques Templiers, un MdS ou autres diagonale de fou.

Dernières consignes de départ, et avant tout une insistance particulière sur les parties techniques en descentes abruptes très techniques. Je confirmerai.
Le compte à rebours est clamé en coeur et c’est parti.

La sortie du village se fait sur une petite montée d’1 Km avant d’entamer une belle descente qui me rappellera par bien des aspects nos chemins de la forêt de Fontainebleau.
(cela valait bien la peine de faire tous ces kms ….)

La descente s’étalera sur 6 Km et je suis extrêmement prudent dans cette partie facile, trop facile avant les difficultés à venir, cela d’autant plus que nous côtoyons les coureurs du 22km qui normalement n’ont pas la même allure.
J’accompagnerai cependant un coureur du 22 jusqu’à la séparation des 2 parcours, tant pis, on verra plus tard.

Commence alors la 1ère difficulté de la journée, 500m de D+ sur 5km avalés prudemment.
Au fait, et la chaleur ? Et bien pour le moment, aucun problème de ce côté-là. La température au départ (altitude 900m) était de 21 degrés et le parcours jusque là se fait pratiquement à l’ombre sans interruption. Bonne surprise.

1ère descente : Fantastique

Devant un panorama extraordinaire, je suis tout simplement estomaqué, à tel point que je ne peux m’empêcher de m’arrêter pour admirer ce paysage grandiose. Je ne suis d’ailleurs pas le seul coureur à apprécier et à prendre son temps pour le faire.
Qui ferait cela sur un 10km ou un marathon ?
Cela fait parti du charme des trails, savoir perdre un peu de temps de course pour savourer l’instant présent.

Cette descente de toute façon, sera comme annoncée, extrêmement à risques, gros cailloux, précipice d’un côté, mur de l’autre. Il vaudrait mieux pour moi, éviter une chute du style de celle à Cheptainville (vous vous rappelez ?) Cela ne pardonnerait pas ici

La 2ème montée, en lacet sur un mur, arrive finalement assez rapidement. Ayant couru plutôt en solitaire depuis la séparation des parcours, nous nous retrouvons à 4 coureurs pour gravir doucement cette pente moins longue mais bien plus abrupte que la première.

Environ 450m de D+ en 2400m seulement (presque du 19%). Nous n’avançons pas très vite et pourtant nous fatiguons beaucoup. Le sommet avec son ravitaillement en eau sera le bienvenu ainsi que la longue descente qui nous mènera à St Julien en Vercors, ravito en solide (saucisson…) et qui marque pratiquement la mi-parcours en distance. Mon chrono affichera 2 heures 56 pour 21 km parcourus. Pas terrible hein ?

Le morceau de choix n’arrivera qu’après, en fait maintenant. Ayant au préalable étudié un peu le parcours, cad surtout les dénivelés successifs, je sais que cette « dernière » montée sera la clef de réussite de mon trail. Suivant mon état de fraîcheur au sommet, je saurai si j’ai « gagné » cette course ou non, Gagné étant un terme tout à fait personnel et n’ayant de rapport qu’avec moi-même et aucunement avec les autres compétiteurs.

Je gravis donc cette montée assez prudemment espérant la gérer comme les 2 précédentes. Levant le bout de mon nez je vois devant moi la pente s’infléchir assez brutalement. Je n’avais pas remarqué que le parcours allait bifurquer sur ma gauche et la vraie pente s’avère être un vrai mur …. 600m de D+ sur 3300m … En fait mathématiquement on reste dans les 18% en moyenne mais cette montée va s’avérer très dure pour moi, m’obligeant à plusieurs arrêts pour reprendre mon souffle mais surtout faire baisser mon rythme cardiaque. Plusieurs coureurs me dépasseront dans cette partie, mais je constaterai par la suite qu’ils étaient probablement trop ambitieux, puisque je rattraperai la plupart d’entre eux. Cette montée me prendra environ 1heure.

Le reste du parcours sera plus aisé sur le plan des difficultés, mais l’énergie dépensée va laisser des traces. La moindre petite pente sera maintenant difficile et je vais perdre probablement beaucoup de temps dans des portions pourtant assez roulantes.
Ai-je monté trop vite ? Je ne le pense pas, on pouvait difficilement allez moins vite …. En fait c’est tout simplement le manque d’entraînement en montées que je paie. Mais c’est pour cela que je suis venu ici, n’est ce pas ?

Un bilan..provisoire :
Me faisant ces réflexions tout en courant, je note avec satisfaction l’absence de douleurs dans les quadriceps, l’absence de la moindre crampe dans les mollets, pas de dégoût du sucré dû à une alimentation que je commence à maîtriser un peu mieux que par le passé. Ayant progressé sur tous ces points, il n’y a pas de raison de ne pas progresser également dans les montées.
Ne pas oublier non plus de positiver dans ces moments difficiles car c’est une des clefs de la réussite.

Le final :
La dernière descente abrupte (600m D- en 5km) demandera une grande vigilance. Je m’arrêterai d’ailleurs 5 bonnes minutes en compagnie de 2 autres coureurs pour porter assistance à une « coureuse » pétrie de crampes et qui appréciera mon bidon rempli de liquide salé (certains appellent cela une soupe …)

L’arrivée dans le centre du village, sous quelques applaudissements timides se fera après 6h27’
d’efforts et je me classe 81ème sur 119 arrivants.
Le premier (Marc Maroud) en 3h55 … Cela laisse rêveur.

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