Récit de la course : Les Drayes du Vercors - 58 km 2008, par PhilKiKou

L'auteur : PhilKiKou

La course : Les Drayes du Vercors - 58 km

Date : 1/6/2008

Lieu : La Chapelle En Vercors (Drôme)

Affichage : 3513 vues

Distance : 58km

Objectif : Pas d'objectif

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20 autres récits :

=> Compte-rendu des Drayes*** du Vercors, version enchantée ....

"Vertige du Vercors, j'ai dû rêver trop fort, ça m'prend les jours fériés"...

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  "En v'la du trail en v'la
   Et c'est du bon croyez-moi
   Tâtez-moi ces côtes ici
   Touchez-moi ça"
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***Qu'est-ce qu'une draye (latin médiéval et occitan : draia, draiga ou draga) ? Un chemin immémorial emprunté par les troupeaux, principalement transhumants. C'est autour des grandes drayes et de la plus importante d'entre elles, la draye du Quercy à l'Aubrac, que l'on constate les plus fortes concentrations dolméniques (Martiel, le causse Comtal, d'Onet-le-Château à Bertholène). Et si ces drayes nous venaient de la préhistoire ? C'est la thèse de plus en plus affirmée par les préhistoriens. La toponymie et les archives confrontées au terrain permettent d'en préciser le tracé, presque les haltes. L'archéologie de la langue peut-elle aider celle du sol à dresser une cartographie des premières prises de possession du territoire aveyronnais ? Cette première étude porte sur les grandes drayes transversales (est-ouest).
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   Une semaine après, au lieu de me préparer pour participer aux Drayes (j'ai du mal à l'appeler "trail Lafuma"), cette fois-ci je me prépare pour noircir ma feuille blanche, afin de garder en mémoire ces bons moments de course et aussi le faire partager grâce à Kikourou (site de coureurs fous...fous de courses).

  Toute la semaine, et de plus en plus à l'approche de ce rendez-vous noté sur mon calendrier depuis le début de l'année, je regardais avec beaucoup de pessimisme les prévisions météo. La veille des Drayes, Météo-France nous annonçait un temps nuageux le matin et orageux l'après-midi. Ces prévisions en tête, accentuées par l'averse 5' avant le départ, me voilà parti avec l'option vestimentaire la plus "hivernale" version carline : long en bas et en haut , avec un vêtement de pluie dans la ceinture porte-bidons.
   "5 heures du mat., j'ai des frissons, je mets une claque sur le réveil, et monte le son"...Envisagé un temps de faire du co-voiturage avec Gazelle81, mais tombé à l'eau car mon collègue a pu se libérer à la dernière minute pour les Drayes ("Il est libre ....Alain, y'en a même qui disent qu'ils l'ont vu courir") et nous n'avions pas les mêmes parcours au programme (28 et 58kms) ("où sont passées les gazelles !!!").
   Je pense avoir les 58kms des drayes dans les jambes, mais bizarrement je ne les ai pas encore dans la tête : bien pour ne pas stresser, mais ca m'inquiète un peu de ne pas encore avoir percuté que je pars pour plus de 8 heures de course...
   Un peu de retard à l'allumage pour moi (pas trop du matin), et mauvaise surprise, la route des Goulets est fermée !!! Il faut donc rouler un peu plus loin, jusqu'à St Laurent en Royans et faire le crochet par les cols de la Machine et de Carri ("t'as voulu voir les Goulets, et t'as vu la Machine").

  Heureusement un peu de marge et il nous reste 45' pour nous préparer trankilou. Le retrait des dossards,tee-shirts...se passe sans souci dans la salle des fêtes de La Chapelle en Vercors (voir l'histoire de ce village à la fin du c.r.)  qui n'est pas bondée (vu Jean-Paul Chaix, passionné de course, qui s'est retrouvé dans un fauteuil,suite à un accident dans son travail de bucheron) .Un coup d'oeil au parcours, à la liste des participants (pas de noms connus, hormis Jousselme) et à la météo (risque d'orages dans l'après-midi) et direction voiture pour nous changer.
  Entrée dans le sas de départ après un controle "tolérant", consignes de Marielle Couder, qui a participé à l'organisation des 10 éditions des Drayes. Consignes pas très rassurantes, mais sécurité oblige : barrière horaire de 16h30 à 16h. et possibilité en cas de brouillard de couper la "Tête de la Dame" et le passage au bord des falaises du plateau d'Ambel. Dernières recommandations du speaker, organisateur d'autres trails : nous allons participer à une course "NATURE" et qu'il va de soi que c'est la moindre des choses de respecter celle-ci et de ne rien jeter (ramasser malgré ça 3 "tubes coup de fouet" sur le parcours).

   "Ah get,get,get,get,......ATTENTION MESDAMES ET MESSIEURS DANS UN INSTANT CA VA DEMARRER, INSTALLER VOUS BIEN CONFORTABLEMENT DANS VOS BASKETS,5,4,3,2,1,Zéro, Partez ....."De la place Piétri au coeur du village (880m), nous partons au nord par la rue principale sur 200 mètres, pour tout de suite prendre un sentier descendant . Connu pour moi, car nous passons à côté d'une maison où nous avions louée une semaine en Août 2001 , celle de "mamie bleue" , car toujours habillée d'un tablier bleu...en semaine, car ce dimanche je suis content de la revoir sur le pas de sa porte, nous saluant en nous souhaitant bon courage.... "c'est une mamie bleue, adossée à sa maison, on y vient à pied....".
  Calés au milieu du peloton de 250/300 coureurs, nous passons sans encombre ce sentier. La descente est de courte durée, le temps de traverser un chemin, et nous voici déjà sur un sentier montant vers les cols de Maupas et  Carri. Ce sentier nous amène sur la combe de Loscence, où nous traversons de belles prairies par des chemins roulants. Le Grand Veymont et la barrière Est du Vercors se profilent à l'horizon : c'est le moment d'envoyer un petit "koukou-kikou" au Pic st Michel et à la course de Béné38, avec une pensée à tous les kikous sur place, et à Moicélolo, sur place aussi, surement dans tous les coeurs et têtes des Kikous....
   Nous contournons La Sacha ("disent-elles") et j'arrive après (1h01'-8kms-7'37") de course au Col de Carri (1200m.) Nous prenons rapidement la direction de  Lente par le sentier central. Pelouse Bournillon, puis rapidement en sous-bois jusqu'à la clairière de Lente où nous apercevons une belle ferme en lisière de bois. Après avoir emjambé quelques arbres en travers du sentier, j'arrive à la bifurcation des 2 circuits (km 13). Ravitaillement, orchestre, ..et dans la foulée, la traversée du ruisseau le Brudour, à sec il y a 15 jours, mais assez large aujourd'hui pour avoir les pieds humides et glacés !!!

   Toujours en sous-bois, nous passons au col de Rama (1279m) où nous quittons un chemin pour un sentier nous menant vers celui de Rioupeysson : début de la descente glissante et vertigineuse sur Bouvante....

 
"Vertige du Vercors, j'ai rêver trop fort, ça m'prend les jours fériés"...et pris un cliché en discutant avec un gars (organisateur?) que j'ai vu à 3-4 reprises sur le parcours...C'est une sorte de marche d'approche qui nous amène à cette belle vue plongeante sur Bouvante, avec des nappes de brouillards bloquées dans cette combe.....et le meilleur est à venir avec le plateau d'Ambel .....si le brouillard ne l'a pas envahi ...???
     Un traileur averti (par l'organisation au départ et avant la descente) en vaut deux, je redouble de vigilance pour ne pas me casser la figure, voire autre chose : c'est vrai que ca glisse pas mal au début de cette descente, et vers la fin en arrivant dans des prés occupés par des moutons.

     

Passage dans une ferme Marny, aux chiens attachés et aboyants, un peu de goudron, très très rare sur ce parcours, et me voilà arrivé à Bouvante le haut, qui, comme son nom l'indique est le  point bas de notre trail (585m). C'est aussi le 2° point de ravitaillement (20kms-2h27'-7'21"/km). Quelques minutes d'arrêt avec Alain pour se ravitailler et refaire les niveaux. En jetant un oeil sur la feuille de pointage, je vois qu'il n'y a pas beaucoup de coureurs qui ont opté pour le 58. A ce stade de la course, pas la peine de regarder le profil de la course pour connaitre ce qui nous attend : de la côte, de la vrai, bien bavante....pour rejoindre la Tête de la Dame....pour l'instant nous sommes à ses pieds !!!


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MISTER LIBERTY
(Adapté de Lady Liberty  de Claude Nougaro)
On le voit de loin
Dressé sur son île
Avec dans un coin
Sa grande Moucherolle érectile
Plus on l'approche
Plus le coeur vous bat
Dieu qu'il est haut
Surtout vu d'en bas
Son corps de calcaire
Est d'un blanc très doux
Puis il faut suivre
La route des Goulets
Pour visiter
Des pieds à la tète
Le Vercors
Le grand massif
Faut monter monter
Monter monter
Pour visiter le Vercors monter
Faut monter sous ses dessous de calcaires
Faut monter monter
Monter monter
Pour visiter le Vercors chéri
II faut monter Mister Liberty
Monté monté
J'ai monté sans fin
Monté dans le centre
Monté jusqu'à la Tête (de la Dame)
Et par mes yeux
D'où je vois ce vercors
J'ai pleuré toutes
Les larmes de mon corps
Faut monter monter
Monter monter...
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Nous laissons la rivière la Lyonne  pour aller un peu plus haut retrouver un de ses confluents, Le Toulau, qui descend directement de son roc. La montée se veut progressive et de plus en plus raide : à un magnifique endroit en sous-bois de hêtres, où nous traversons cette rivière, nous attaquons droit dans la pente pour rejoindre un peu plus haut un chemin forestier. Ca monte toujours, certains coureurs ou coureuses nous passent en courant, alors que nous sommes plutôt en version marche sportive.
   "Dans la combe, très grande combe, la Lyonne rugit c'matin....."

   Nous tutoyons les falaises des rochers de la Truite qui ferment la vallée de la Lyonne au Sud. Beau passage avec des endroits taillés par les hommes, notamment un tunnel à la sortie de ce passage envahi par le brouillard.  Le vertical laisse la place à l'horizontal, où je vois mon collègue, telle une ombre inconnue, s'éloigner dans ce brouillard qui nous enveloppe. J'aime bien cette ambiance, mais cela m'inquiète pour la suite du parcours, et surtout le plateau d'Ambel. 


   Heureusement, l'arrivée au ravitaillement de la Gardiole permet de dissiper mes doutes, en même temps que le brouillard, réchauffés par le soleil et les sourires des bénévoles au ravitaillement. (26kms-3h30'-8'05"/km)

   Nous voilà reparti à l'assaut de la Tête de la Dame, le coeur léger par ces bonnes nouvelles du ciel, et les jambes un peu cassées par cette bonne montée. Alain a une période de "moins bien" à hauteur du refuge de la ferme d'Ambel. Ca fait partie des apprentissages du trail : savoir gérer ces moments-là, ne pas s'affoler, bien s'alimenter.

  

   A l'ombre de l'imposant Roc de Toulau, nous passons dans de magnifiques sous-bois de hêtres avec des tapis de fleurs blanches à leurs pieds  (céphélanthère?).

                                                         

              

A la sortie de cette hêtraie au Pas du Gouillat et de la Garde, nous avons en point de mire les belles falaises que nous allons longer et qui vont nous conduire à la tête de la Dame : Quel beau point de vue !

je reconnais le Bec Pointu (souvenir de rando) les 3 Becs, la Drôme  grossie par les pluies.

      

                                                     

 

Et côté plateau, le spectacle est tout aussi beau : de la verdure à perte de vue, avec des orchis, gentianes, trolles, et tant d'autres fleurs !!! ....

         

 

   Au fait , et la course? Au milieu des randonneurs qui font leurs pauses casse-croûte, nous partons à l'assaut de la Tête de la Dame (qui n'est pas la Dame de haute-Savoie ! ) (1506m-31kms-4h30-8'42"/km) : 1000m. de dénivelée depuis Bouvante : un bon entrainement pour le TG Vanoise !!! Alimentation : j'alterne tablette énergétique, sporténine, gerblé amande, coup de fouet,  boisson énergétique et eau. Petit descente et changement de direction du plein sud nous passons au nord/nord-est en direction du Pas de l'Infernet, derrière lequel se tapit Font d'urle. A notre droite nous avons une vue plongeante sur la rivière La Sure et St Julien en Quint, et à notre gauche le plateau d'Ambel envahi de narcisses.

                                     

         

A gauche du Roc de Toulau, le brouillard tente une percée sur le plateau, mais il est  bloqué par le vent du sud. Heureusement que j'en prends plein les yeux, car l'approche du pas de l'Infernet est longue, alternant parties plates et de plus en plus de montées.

               

On est près du Pas, mon collègue en point de mire, le brouillard approche, mais reste à nos pieds, sans ca, il aurait fallu être très vigilant pour ne pas faire d'erreur d'orientation.

             

 

 Une dernière montée sur la Serre de Montue et je viens à bout de l'infernal Pas de l'Infernet.

 

 La même idée nous vient à moi et à un autre coureur : s'asseoir 2', profiter du panorama une dernière fois, et se reprendre un peu. Nous échangeons un peu, le temps de s'apercevoir que nous sommes en zone rouge tous les deux sur nos réserves en eau (bonne indication pour la Vanoise) et que son terminus sera peut-être Font d'Urle. Une féminine passe "bon pied-bon oeil" et nous dit "debout les gars, réveillez-vous, il va falloir en mettre un coup..." Font d'Urle nous tend les bras, et nous y plongeons  en descendant par le GR 93 à travers les pistes de ski. (1450m-41kms-6h00 => CORRESPOND AU TEMPS DU 1° !!! -8'46"/km)

   Ce ravitaillement est le bienvenu. Je vois Alain décoller du ravito à mon arrivée : plutôt bon signe. Salé, sucré, chaud (soupe), froid, plus arrêt technique pour refaire les niveaux et passer de la pommade sur les mollets et cuisses un peu douloureux (assis sur un muret, derrière lequel fleure bon du fumier...). Allez, plus que 17 kms !!! Une petite partie goudronnée me permet de gagner les faubourg de Font d'Urle (avec les loups !), et de vite rejoindre chemins et nature Vertamicoriens (dur à retenir, et à placer). Montée courte mais dure à avaler après le ravitaillement, me permet d'accéder à un plateau avec de belles fleurs inconnues et de monumentaux cairns, en face des Crêtes de la Gagère.

                                     

Au pied de celles-ci, direction plein Nord dans une combe boisée où un chemin me mène en solitaire ("Je marche seul, sans témoin, sans personne, que mes pas qui résonnent, je marche seul, acteur et voyeur")   au Col de la Chau et son Mémorial de la Résistance.
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    """Résiste
        Prouve que tu existes
        Cherche ton bonheur partout, va,
        Refuse ce monde égoïste
        Résiste
        Suis ton cœur qui insiste
        Ce monde n'est pas le tien, viens,
        Bats-toi, signe et persiste
        Résiste"""
_________________________

   Col de la Chau, version toboggan : après cette longue descente, une succession de raidillon casse-pattes à travers bois, sur des sentiers qui ressemblent parfois plus à des limites forestières. La pelouse de Darbonouse sera une accalmie (de courte durée) dans ces ascensions, et un beau changement de paysage, une oasis dans un océan de verdure !  (vu une tulipe sauvage dans cette Pelouse) 

                                                  
   La sortie de la Pelouse se fera par une succesions de montées ..et Serre-Plumé semble inaccessible. Mais, Serre plumé,  je te plumerai le Bec (pointu) et la tête, Serre Plumé !!! Après une "enième" montée raide, je tords le cou à cette dernière difficulté  (1573m-50kms-7h33-9'03"/km). Pause bien méritée pour s'alimenter et admirer le panorama à 360° : barrière Est du Vercors avec Grande Moucherolle et Grand Veymont, le plateau  de Vassieux à mes pieds, Font D'Urle et le pas de l'Infernet au Sud-Ouest.

   Mais droit devant, en reprenant le fil(kikou) de la course, La Chapelle en Vercors nous attend. Combien de temps pour rejoindre notre point de départ? 10' devrait suffir ....en parapente (pas à vol d'oiseau, Serre-Plumé oblige). Hélas, cette option n'est pas vraiment dans les règlements des trails : je vais rester terre à terre et mettre 1h et quart. Au début par un sentier descendant glissant, casse-gueule (après les montées casse-pattes...) rendu encore plus difficile par la fatigue. J'essaie de marcher dans les feuilles en bordure, de m'accrocher aux branches et d'éviter les racines et pierres en pente. Ouf, peu avant le ravito point d'eau, voilà un chemin forestier plus "reposant". Pointage (vu qu'Alain est 2 coureurs avant moi, sans savoir à combien de temps), un peu d'eau dans la gourde, et me voilà parti dans la foulée d'un coureur "GAG" (club de la région de Grenoble?). Le sentier est roulant et agréable, d'autant plus que les jambes vont pas trop mal. Envie de doubler, mais sentier étroit et finalement préfère la jouer prudent, alors que nous avons la grotte de la Draye blanche*** sous nos pieds (la Draye blanche qui rencontrent les Drayes et ses coureurs transhumants ....beau clin d'oeil ).
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***Grotte et Parc de la Draye Blanche
La Draye Blanche c'est d'abord l'une des plus ancienne cavité du Vercors, dans laquelle l'eau et le temps ont réalisé des merveilles. C'est aussi un site paléontologique unique. C'est encore un parc animalier dont la visite est gratuite pour ceux qui visite la grotte.
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   Qu'il est long le schuss final pour arriver à la Chapelle, heureusement que j'en ai encore sous la semelle, et que c'est toujours aussi beau. Traversée de la route du col de Carri, passage par un sentier connu, plat  et en sous-bois, pour rejoindre le chemin coupé au début de la course. A ce moment-là je pensais rejoindre l'arrivée par le même chemin que le départ. Mais les organisateurs, pour nous faire profiter à fond du Vercors, nous font contourner le Collège et la salle polyvalente, pour prendre un dernier sentier montant et nous faire entrer dans la Chapelle à proximité du Mur des Fusillés. J'ai pu revenir au niveau d'Alain et, pour la première fois, nous allons arriver ensemble. Nous passons sous une haie d'honneur d'arbres , sur l'esplanade où il y a la fontaine de l'ours. Sur cette allée, nos pieds foulent une dernière fois la terre du Vercors : décidément très peu de goudron sur ce trail : très agréable !!!
  Ca y est, voilà l'arche d'arrivée sur la place Piétri qui est en vue et que nous franchissons côte à côte (je suis classé avant Alain, surement à l'ancienneté=> 60kms-8h47'35"-8'47"/km ) , sous les applaudissements des spectateurs. Content d'avoir bouclé ce magnifique trail, sous des cieux cléments (pas eu les orages annoncés, heureusement, car les sentiers casse-pattes sous la pluie, je n'ose pas l'imaginer...). Nous regagnons la salle polyvalente en voiture pour prendre une douche chaude (et mixte!), plus un repas réparateur...Pas foule dans le gymnase, les 182 arrivants du 28 kms ont dû déjà mettre les voiles...
   En bref, beau trail avec des chemins et des sentiers très techniques, bonne organisation. Sur les 5-6 Drayes du Vercors auxquels j'ai participé, à chaque fois ce fut sur des parcours différents, avec aussi des départs au Col du Rousset, Vassieux et La Chapelle, idéal au niveau infrastructures.
    En final, merci et bravo aux organisateurs ..........vivement 2009
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***1 (source :
www.vercors-net.com )
« Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ?
Ami, entends tu les cris sourds du pays qu'on enchaîne?
Ohé ! Partisans, Ouvriers et Paysans, c'est l'alarme !
Ce soir l'ennemi connaîtra le prix du sang et des larmes... »

   Refuge pour ceux qui, en 1940, ont entendu " l'Appel du 18 Juin " lancé depuis Londres par le Général de Gaulle, La Chapelle est emportée dans la tourmente de la lutte clandestine, dès Janvier 1943. Comme dans tous les points stratégiques, de la " Citadelle Naturelle du Vercors " la Résistance s'organise. Les "Combattants de l'Ombre" maquisards venus d'ailleurs et Chapelains exécutent les ordres du " P!an Montagnards", en liaison radio avec Londres et Alger.

   Pour La Chapelle, l'année terrible sera 1944. C'est d'abord, en Avril, une incursion de la Milice; puis 3 mois après commencera la lente agonie d'un village traqué de toutes parts. A partir du 12 Juillet, le territoire est bombardé et mitraillé sans relâche par les avions de la Luftwaffe basés sur l'aérodrome de Valence-Chabeuil. Bombes explosives et bombes incendiaires détruisent environ le quart des maisons. Les habitants terrorisés se cachent dans la forêt.

  

   Le 25 Juillet, venant de Vassieux où ils avaient été aéroportés, des éléments de choc de la Waffen SS arrivent à La Chapelle qui va vivre des heures hallucinantes. La journée de traque est suivie d'une longue, très longue nuit pour la partie de la population enfermée dans le bâtiment de l'école étroitement gardé par les combattants nazis. Nuit d'apocalypse qui s'écoule lentement à la lueur des flammes jaillissant de l'immense brasier du village incendié. Nuit rythmée par le crépitement lancinant d'un mitraillage répétitif...
    Puis vient l'aube tragique qui découvre les corps de seize otages abattus dans la cour de la ferme Albert... Une commune à feu et à sang, des maisons qui ne sont plus que cendres et murs calcinés. Mais surtout, la stupeur muette devant la mort brutale de trente deux habitants âgés de 5 à 82 ans... Les dernières victimes du massacre seront, le 7 Août 1945 cinq enfants du hameau de Gagnaire arrachés à leurs jeux par l'explosion d'une grenade " abandonnée" là, par des combattants que hantait déjà le spectre de la défaite. Pour les survivants déchirés entre amertume et désarroi, la vie s'écoule pesamment jusqu'au 15 Août, date à laquelle l'annonce du débarquement allié en Provence, fait s'enfuir les troupes d'occupation.
Dans un premier temps, réfugiés dans des abris de fortune, les sinistrés logeront ensuite pendant six années dans des baraquements, où l'eau gèle dans les cruches et où les meubles octroyés par le Secours National, doivent être protégés par des toiles imperméables dans la mesure où le papier goudronné qui recouvre les toitures résiste mal aux intempéries.
   Enfin, le 28 Juin 1948, en présence du Préfet, a lieu la cérémonie officielle de la " Pose de la Première Pierre" du village à reconstruire. C'est l'ingénieur en Chef Albert Pietri, qui supervise les travaux des 9 architectes en charge de la reconstruction. Et dès l'année 1950, des habitants abandonnent les logements provisoires pour emménager dans leurs maisons neuves.
 
   Nouveau village, nouvelle époque, nouveau mode de vie... La déprise agricole, en moyenne montagne, qui s'est progressivement installée dans la seconde moitié du siècle verra l'abandon de nombreuses exploitations. L'activité économique de la Commune se diversifie et tente de s'orienter vers l'industrie hôtelière, le tourisme et les loisirs de pleine nature, comme en témoigne l'implantation de nouvelles structures: piscine, courts de tennis,camping, gîtes ruraux, centre équestre, salle polyvalente....
   Alors que de nombreuses portes se sont fermées dans le village, de nouvelles habitations (résidences principales et résidences secondaires) se sont implantées dans les lotissements des " Gentianes ", des " Myosotis ", du " Château ", des " Alisiers ", des " Arbussiers". Le collège s'est installé dans de nouveaux locaux en 1969, et un projet d'établissement lui a donné la spécificité "Sport-Nature" en 1982. Depuis 3 ans, ses locaux sont en réfection et 1996 a vu la restructuration de son CDI en médiathèque cantonale dotée de moyens de communication "high-tech".

   La Commune qui compte actuellement 766 habitants fait partie, depuis 1970 du Parc Naturel Régional du Vercors qui regroupe une soixantaine de communes du massif du Vercors. Administrativement, La Chapelle est membre de la Communauté des Communes du Vercors. 

5 commentaires

Commentaire de titifb posté le 16-06-2008 à 07:14:00

Magnifique CR Philkikou : un vrai régal, oui...Il court, il écrit bien, il sait tout faire ce kikou.
Ah, ton récit me donne vraiment envie de participer à cette course, mais dans une autre vie. J'adore le Plateau d'Ambel, j'y ai fait une sortie CAP l'été dernier, la lumière y était divine. Je crois que je vais y retourner...
http://courirplushaut.over-blog.fr/article-12190406.html

Encore merci Phil pour ton récit...

Commentaire de agnès78 posté le 16-06-2008 à 07:42:00

très beau récit en chanson... merci de nous avoir fait partager cette belle course dans une région ue j'affectionne plus particulièrement... Un de mes premiers trails... à bientôt sur les chemins
bises
agnès

Commentaire de eric41 posté le 16-06-2008 à 15:30:00

Bravo Phil pour cette course et merci pour le CR.Je ne connais pas le Vercors et çà donne envie.
A+
Eric

Commentaire de taz28 posté le 17-06-2008 à 06:18:00

Quel récit !!!
Merci pour ces lignes, ces photos, ça fait rêver de bon matin !!!
Taz

Commentaire de LtBlueb posté le 30-06-2012 à 17:48:37

je bénis ce "concours" de récits, qui m'a permis de me mettre la main sur ta prose...

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