Récit de la course : 100 km de Metz Métropole 2018, par marathon-Yann

L'auteur : marathon-Yann

La course : 100 km de Metz Métropole

Date : 8/9/2018

Lieu : Metz (Moselle)

Affichage : 247 vues

Distance : 100km

Objectif : Pas d'objectif

4 commentaires

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Pas d'autre récit pour cette course.

Heureux les fêlés

Cerise sur le gâteau d’une saison déjà riche en émotions, ces 100 km de Metz ont le parfum sucré d’une madeleine de Proust. Metz, la ville où j’ai passé les 30 première années de ma vie, à l’époque où comme tous les garçons de ma connaissance je rêvais  de jouer au FC Metz (oui, je parle toujours des 30 premières années de ma vie…). Metz, ville verte, où je ne pouvais jamais me promener sans croiser un copain, et où habitent toujours mes parents et des amis d’enfance. Metz organise donc un 100 km au format original : une boucle de 10 km à parcourir 10 fois, entre l’ile Saint Symphorien et le plan d’eau. Et pour pimenter ce gâteau, mon ami Eddie s’est aussi inscrit à cette course, tandis que mes parents et mon frère Laurent V sont venus m’encourager.

 

Départ prévu à 6h30, ça pique. Il fait encore nuit quand nous arrivons au stade Dezavelle, la brume confère une ambiance feutrée qui englobe les 120 participants et les bénévoles déjà présents. Il fait frais (7°) mais je sais que nous allons vite nous réchauffer, la météo annonce une belle journée. Mon objectif est ambitieux : moins de 10h, ma stratégie l’est encore plus : viser 9h30 en partant sur une base de 9h, histoire de me donner le droit de ralentir sans paniquer.


 

Deux mots des organisateurs, et c’est parti pour la découverte du circuit. 200 m sur la piste d’athlétisme du SMEC, puis nous contournons le stade Saint Symphorien, longeons le bras mort de la Moselle : 2 km de parcourus. Le km suivant se fait au milieu des potagers de Montigny, sur un chemin caillouteux, puis nous passons devant le club de tennis de la Natation Messine, et retrouvons les bords de la Moselle : 4 km. Nous rejoignons le plan d’eau pour le ravitaillement de mi-boucle (il y en a un autre au départ), passons sur une petite écluse (km6). A ce moment, il faut être messin pour savoir que nous sommes en plein centre-ville, tellement le parcours est vert. Nous longeons ensuite un canal sur 2 km (km 8 ) pour revenir vers le stade Saint Symphorien et le stade Dezavelle, par le même chemin qu’au départ. Nous croiserons ainsi les coureurs en avance ou en retard sur nous pendant plus de 4 kms, ce qui est bien agréable.

 

Bien qu’essayant de me freiner autant que possible sur ce premier tour, cette première boucle a été rapide (52 min, comme je le constaterais à la fin). Je suis surpris de voir qu’Eddie m’a déjà pris 600m, emporté par la fougue de son éternelle jeunesse. J’évalue que je dois être en 25ème position, mais le classement n’a aucune importance aujourd’hui.

 

Je prends quelques fraises Tagada au ravito, salue joyeusement mon frère, et entame ma deuxième boucle. Un peu comme sur un 24h, je sais que chaque boucle sera différente, c’est particulièrement vrai à ce moment de la journée. La brume s’est dissipée, seules quelques volutes s’élèvent de la Moselle silencieuse. Une péniche fend majestueusement ce brouillard. Au plan d’eau, les cygnes dorment encore sur l’eau, leur bec caché sous une aile. L’un d’eux, plus matinal, sors de l’eau pour manger sur la berge. Je regrette que Laurent ne soit pas à mes côtés pour photographier ces instants. Je croise Eddie au Km 19, il a presque 2 kms d’avance sur moi, quel départ canon !

Troisième tour, les visages des bénévoles sont maintenant familiers. Deux points d’eau supplémentaires ont été installés, aux kms 3 et 8. Je me rends compte à quel point le parcours rends hommage à « mon » FC Metz, entre passage devant le stade, les terrains d’entrainement et le siège social. Je double même les joueurs qui vont s’entrainer. Devant les tribunes vides du stade Saint Symphorien, je ne peux m’empêcher de chanter un « FC Metz » qui a dû en surprendre plus d’un. L’écart est stabilisé avec Eddie.

 

Déjà le 4ème tour, bientôt le tiers de la course. Généralement, je découpe mes marathons en trois parties : au début je me freine, puis j’avance à une allure confortable, et enfin je dois battre pour garder l’allure. Inconsciemment, j’enlève le frein (je constaterai plus tard que mes 4ème et surtout 5ème tour seront les plus rapides). Je double Eddie peu après le marathon. Je ne trouve pas de coureur avançant à mon rythme (qui tourne autour de 12 km/h à ce moment), mais ne me sens pas seul : grâce au système des boucles, nous doublons, sommes doublés, croisons et recroisons les autres concurrents. Nous commençons à nous encourager par nos prénoms, sans même les lire sur les dossards. Certaines fusées du relai nous dépassent, mais d’autres relayeurs avancent à un rythme beaucoup plus raisonnable, chacun son rythme, chacun son Graal. Au stade Dezavelle, les business games ont commencés, animation supplémentaire et bienvenue. Je passe la mi-course en 4h15.

J’ai maintenant mes habitudes, à chaque tour je reçois des encouragements  des bénévoles, particulièrement sympathiques du km3 au km 4. Un organisateur  en vélo me félicite pour ma foulée, riant dans sa barbe, ce sont des mots qui comptent. Devant la Nat’, un souvenir me reviens : le jour où j’ai eu mon permis, j’étais venu jouer au tennis avec un copain. Maitrisant mal l’embrayage de la voiture de mon père, je m’étais révélé incapable de faire demi-tour, le chauffeur d’une autre voiture était venu faire cette manœuvre à ma place. Souvenir futile, histoire sans importance, comme je pourrais en raconter pour chaque tronçon du parcours.

 

Mon esprit voyage, mais mon corps commence à protester. A la fin du 7ème tour, je dois m’arrêter au vestiaire pour une pause technique. Cet arrêt de quelques minutes marque une rupture dans mon rythme, l’objectif 9h que je tenais depuis quelques heures semble s’éloigner un peu, en tout cas être plus difficile, voire trop difficile, d’autant que je repars plus difficilement. Comme sur un marathon, je réalise que la dernière partie de la course sera en mode combat.

Heureusement, le découpage en boucles fait que j’appréhende chaque segment de 10 kms comme une nouvelle course, cela passe plus facilement. 8ème tour en 1h, et déjà l’avant-dernier tour, le plus difficile. Je retrouve Eddie, il souffre mais je sais que rien, mais absolument rien, ne pourra l’empêcher d’aller au bout. A la fin de ce tour, je reçois les encouragements de mes parents et de mon neveu. Laurent est également là avec sa tenue de sport : il a demandé, pas de soucis pour qu’il m’accompagne.

 

C’est parti pour le dernier tour, un tour d’honneur. Je sais que je mettrai un peu plus de 9h, qu’il n’y a personne à rattraper ni qui puisse me doubler, je peux savourer ce tour sans pression. Je me fais un plaisir de faire découvrir le parcours à Laurent, lui demandant de faire les photos que j’imaginais. J’essaie de saluer chacun des bénévoles, leur donnant rendez-vous l’année prochaine. A 1 km de l’arrivée, je rattrape un coureur, m’assure qu’il n’est pas dans son dernier tour avant de le dépasser (cela aurait été cruel). Dernier passage devant le stade Saint Symphorien, retour sur la piste d’athlétisme pour un dernier passage un peu anonyme sur la ligne de pointage.

 Mes parents ont les yeux qui pétillent « bravo, 9h09, tu es 8ème ! » « Et dans ma catégorie ? » , «3ème ! ».  Je réalise immédiatement que ceci signifie un podium, cerise supplémentaire sur la cerise sur le gâteau ! L’attente qui suit est délicieuse, et pas seulement en raison de la bière offerte par les organisateurs. Impeccables jusqu’au bout, ceux-ci avancent mon podium, quand je leur explique que je dois repartir en train le soir. J’ai même le droit de monter sur la deuxième marche (hélas plus haute que la 3ème), le vainqueur de la catégorie étant primé au scratch.

 


Je regarderai le lendemain les photos mises en ligne par les organisateurs de la course. Curieux sentiment, j’ai l’impression de reconnaitre dans le visage de chacun des concurrents celui d'un viel ami. Le Républicain Lorrain parle de la course, nous décrivant comme de doux cinglés. Et je pense à cette phrase d’Audiard : Heureux les fêlés, ils laissent passer la lumière.



4 commentaires

Commentaire de augustin posté le 13-09-2018 à 16:59:23

Bravo! pas evident comme parcours mais beau récit et super perf! merci de l'avoir partagé :-)

Commentaire de marathon-Yann posté le 14-09-2018 à 14:39:52

Merci augustin, c'est toujours un plaisir de partager mes récits, surtout quand j'ai quelques commentaires élogieux !
A part quelques montées de ponts et nids de poule, le parcours était vraiment bien, et l'organisateur a déjà promis de l'améliorer l'an prochain (pour éviter les nids de poule, justement). Bref, il ne faut pas hésiter à venir se frotter à ce 100 km !

Commentaire de VieuxFred posté le 20-09-2018 à 10:58:07

pfiou... bravo pour le chrono, ça me fait rêver... :-)
De grandes chances que je me laisse tenter l'année prochaine, ça changera de Millau....

Commentaire de marathon-Yann posté le 21-09-2018 à 09:51:24

Merci Vieux Fred ! Pour le chrono, c'est nettement plus facile qu'à Millau :)

Si tu veux y aller l'an prochain, surveille bien le site (ou la page FB) des organisateurs, ils envisagent de changer la date (début juillet?). En tout cas, une course où les coureurs sont soignés aux petits oignons, par exemple on avait même le droit de choisir notre numéro de dossard.

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