Récit de la course : La Grande Course du Lac 2006, par Gibus

L'auteur : Gibus

La course : La Grande Course du Lac

Date : 15/10/2006

Lieu : Aix Les Bains (Savoie)

Affichage : 1188 vues

Distance : 62km

Objectif : Pas d'objectif

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Dossard 73 au Bourget

 

Dossard 73 au Bourget

Dans les années 80, j'étais bouche bée devant ces militaires qui faisaient le tour du lac. Basé au Bourget du Lac, j'étais au premier rang, pour regarder cette course organisée à l'époque par des bidasses en vadrouille. Devenu, après quelques années, coureur à pied, je rêvais, non pas d'un autre monde, mais de faire comme ces anciens (poilus) de la grande muette, le tour de ce magnifique lac. Parti en retard comme d'hab de chez moi, je trace dans le brouillard du bas Bugey pour venir à Aix les Bains. Passer le tunnel du chat, la vue est dégagée. Fidèle à la réputation, les nuages d'hydrophiles ne sont que d'un côté de la montagne, pas celui du lac du Bourget cette fois. Un type pose des plots juste en haut de la descente. Tiens, on va passer par là. Arrivé au grand port d'Aix, je retire mon dossard, on me donne un tee shirt lambda. Dommage, car après 2, 3 lavages, il finira en chiffon. Je place ma caisse près de l'arrivée qui est tout près du départ. Tiens je pensais que c'était beaucoup plus distant. En fait le parcours n'est pas tout à fait le même que d'habitude à cause de travaux. On ne fera que 57 kms au lieu des 62 prévus. Finalement cela ressemble plus à la distance des premières éditions. Pommadé, sparadré, camelbaké, je rejoins vite fait le départ car je suis à la bourre. Je me trompe et j'échappe de peu de tomber à la baille. Bon je retrouve Aline qui cours en indiv aussi et Alcime qui va nous suivre en bike. Devant sur la ligne de départ, il doit y avoir Pascale qui cours le premier relais à 3. 9 heures. Ca y est c'est parti. On est tout derrière et c'est tant mieux car j'ai l'habitude de partir toujours trop vite. Aline a mis des gants car c'est frisquet ce matin, on supporte le slip. Nous quittons doucement le port où trônait il y a quelques temps, une boite de nuit qui a brûlée. Le peloton s'étire doucement et on commence à tailler la bavette avec Aline.

Alcime nous tire le portrait de temps en temps avant de nous rattraper en vélo. Il y des relayeurs avec nous. Aline les distingue grâce à leur dossard chasuble qu'ils vont se passer lors des relais. Nous rejoignons la route qui relie Aix à Chambéry. Nous cheminons sur le côté et je préviens Alcime que si il reste en 3° file, il va finir par se faire tailler un short par les voitures qui nous doublent. Il y a des restaurants sur la gauche que je reconnais pour y avoir manger quelques fois, et nous passons devant le club du château, encore une boite de nuit où j'y ai exercé mes talents de danseur disco dans les années 80, je me cognais la tête d'ailleurs sur certains spots, rouges ou verts, je ne m'en souviens plus. Bref, trêves de rêvasseries et de soupirs de ah quand j' avais 20 ans. Nous tournons à gauche en direction du Bourget en empruntant une piste cyclable.

A gauche il y a la piste de l'aérodrome puis l'université de Savoie construite sur l'ancien site de la base aérienne de Chambéry. Nous rentrons dans le village du Bourget du Lac et c'est la fin du premier relais.

Aline fait signe à Pascale qui en a terminé, je lui fais un petit coucou à mon tour, elle ne m'avait pas vu. Nous longeons les plages où je viens parfois l'été en famille pour me baigner. On est toujours ensemble avec Aline et Alcime et le temps passe plus vite. D'ailleurs je me force à prendre un gel et à boire de mon camel armé de produit énergétique. Les ravito sont à peu près tous les 5 bornes et sont en eau, isostar, barres de céréales et pates de fruits. Les kilomètres ne sont pas précisés, c'est dommage. Un p'tit panneau tous les 5 ça n'aurait pas mangé de pain. 1 heure 10 de course et nous longeons toujours le lac et passons devant de luxueux hôtels, pelouse et haies qui n'ont pas besoin d'être taillé. C'est nickel et ça vaut le coup d'œil. Ca y est ça monte. Nous nous retrouvons qu'Aline et moi, côte à côte, dans la montée vers le tunnel du chat. Les autres ont laché. Un petit regroupement se forme un peu plus haut et dans un sentier je me trompe. Non c'est par là, à droite. Ok ok. La pente est rude, je passe devant. Il y a des marches et nous tombons sur la route face au tunnel. Je me retourne, Aline est là. Un petit chemin à droite monte très raide pour rejoindre la route du col du chât. Aline est toujours derrière et me dit que quoi que je raconte à l'issue de la course, qu'elle a été chiante, qu'elle a été bavarde, etc, etc, mais surtout pas que je dise que je l'ai attendue. Si tu es bien, Gibus, tu peux partir, tu peux accélérer. Non, non, merci. Je (peux) veux pas. C'est toi qui sera devant n'importe comment. Nous continuons à monter, nous coupons les virages en épingles à cheveux à la corde. Alcime nous rejoint et va aux nouvelles devant : il y aurait Jeannie Longo en vélo qui nous aurait doublé. Non ce n'était pas elle. Trop petite, trop lourde, trop typée. Bref c'est pas la vache qui rit, mais elle avait la même tenue que son club. C'est un gars qui est avec nous qui nous le confie. Bon bref c'est pas elle, en plus Alcime l'a rattrapée en 3 coup de pédales, faut pas exagérer non plus. On bifurque sur la droite et on prend la direction de l'Abbaye de Hautecourt. Tu es d'où ? Moi, d'Ambérieu. Et toi ça gaze. Ouai le parcours est sympa, on cours tout le temps, avant on longeait le lac avec une main courante, quelle galère, me dit-il. Dans une descente, toujours sur la route, Aline s'en va doucement vers l'avant. Ca y est c'est parti elle a passé la seconde. Avec mon compagnon de route, on se dit qu'elle a vraiment la patate. On fait un bout de route ensemble. Ravito et ça remonte encore toujours sur la route. Nous quittons celle ci enfin pour un sentier qui se fini dans un champ.

Bonjour les chevilles. Je lâche un peu les chevaux et ça va être mon show, mon moment d'euphorie. Je rattrape, je double, j'encourage. Puis c'est une descente très technique dans la caillasse. Je suis au taquet. J'ai le vent dans les feuilles, j'écarte les bras pour ne pas tomber tel un funambule. Les gens se poussent pour laisser passer le fou. Je rattrape des VTT. Ils me laissent le chemin libre. J'en entends un qui se casse la binette derrière en pestant. Et qui c'est que j'enrhume, c'est Aline que je rattrape, je lui fais d'ailleurs peur en passant. Ravito en bas puis c'est de nouveau la route pour un très long faux plat montant.

 

Nous passons près de l'abbaye. Avant le ravito de cette interminable montée, Aline me rattrape avec Alcime et me laisse pour le compte. "Je vous retrouve à l'arrivée". Alcime me demande si je m'en souviendrai de tout pour mon récit, je lui réponds que je suis en mode enregistrement. Mon camel fait flop flop et un gars qui me double me demande en riant si c'est mon estomac qui fait ça. Il a le même sac que moi.

L'ambiance est bonne et personne ne se la pête sur ce genre d'épreuve. La course est tellement longue, on ne sait pas ce qui peut arriver. A gauche, c'est la chapelle du mont chat et tout droit après la descente toujours sur la route, nous arrivons à Conjux.

Ca commence à tirer dans les pattes et je m'arrête pour faire la vidange et refaire le plein d'énergie. Le bout du lac et le village de Portout sont atteints.

Un mec s'étire sur le pont. Ca va ? Oui j'ai presque des crampes, mais ça va aller. Nous, je plutôt, car je me sens seul d'un coup, remontons par un chemin sympa. J'en profite pour marcher un peu, puis je repars. Mon compagnon de tout à l'heure me rattrape et j'invite à finir avec lui. Je décline l'invitation et il n'insiste pas. Il disparaît petit à petit vers l'avant. J'arrive à Chatillon où a lieu le 2° relais. Ravito, je remplis ma poche d'eau dans l'dos. Alcime est là. J'en ai un peu ma claque, lui dis-je. Je repars pour les 20 dernières bornes.

Je m'étire en m'appuyant sur une maison et décide de marcher car un nouveau faux plat montant se dresse devant moi. Je me fais doubler pas un gars et une fille qui m'encouragent. Je marche vite et reprends du poil de la bête. Je recours en regardant ma montre et en me forçant à courir un quart d'heure. Après on verra. Alcime reviens me voir. Aline va bien, elle est dans son élément. C'est vraiment idyllique ce lac me dit-il. C'est vrai quel pied de voir ce paysage. Ca y est ça fait un quart d'heure. Je m'arrête, prends un gel, m'étire un peu. Un coup d'œil aux canards. Et je repars. Passage de voie ferrée et j'arrive à un ravito. Deux gars sont là, blessés. Je repars et à gauche c'est la terrible montée de la Chambotte : 3 kms en lacets. Tout le monde marche. Je fais la montée avec un néophyte sur la distance : c'est un coureur de 100 mètres qui fait aussi du judo. Rien à voir avec l'ultra. Sympa on plaisante, ça passe le temps. On voit le lac qui rétrécit normalement au fil de la montée. C'est pas plat ce lac ! Ce n'est pas de l'eau plate … Ravito de nouveau en haut. Ouf enfin c'est fini. Mon sprinteur ne peut pas recourir, il s'est blessé. Je le laisse sur le sentier qui va doucement basculer en pente négative. Ca devient de nouveau technique style trail tout en descente. Je rattrape des coureurs qui en bavent et me demandent si je n'ai pas mal aux jambes moi. Non ça va. Tout content que je sois clean. Dernier ravito. Petit montée sur la route et descente finale, longue vers Aix. Je traverse la ville, ronds points, trottoirs. Ca fait un moment que je cours sans m'arrêter. Puis c'est le retour final vers le port. Arrivée sur la place. Beaucoup de personnes sont en train de manger. Arche d'arrivée. Ca y est. 6h17'. Ca tu l'as fait comme me le dit Alcime. Je suis content et je retrouve tout sourire Aline qui a fini en 5h29 et qui est 3° femme et première dans sa catégorie. Petit repas ensemble avec même certains avec qui on a fait un bout de chemin ensemble. J'aperçois mon judoka qui en termine clopin clopant. Il a vraiment mal mais a terminé quand même. Sur une centaine, d'après les dire, seulement 61 à l'arrivée et j'en suis. Un dernier signe de la main aux différents compagnons de route et c'est le retour à la maison. Le mal de jambes va être long à partir. Adieu la dent du chat, au revoir la croix du Nivolet, salut le lac. Ca y est je t'ai eu, je t'ai dominé, je t'ai dompté, je t'ai cerné.

2 commentaires

Commentaire de NoNo l'esc@rgot posté le 20-10-2006 à 23:33:00

57 km... 6h17... et du dénivelé...
Quand je serai capable de faire ça...
Hein ? oui... peut-être dans une autre vie !!!
BRAVO !

NoNo_l'escargot_du_Revermont

Commentaire de samkiller39 posté le 21-10-2006 à 20:30:00

salut, c'est le judoka qui s'est blessé, j'espere que tu n'as pas eu trop de courbature, pour ma part une petite tendinite qui ne m'empechera pas de m'y recoller l'an prochain histoire de finir dans les temps cette fois ci.

sympa de m'avoir tenue compagnie dans la montée.

@ l'an prochain peut être.

sam

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