Récit de la course : Trail de la Vallée des Lacs - 90 km 2019, par poucet

L'auteur : poucet

La course : Trail de la Vallée des Lacs - 90 km

Date : 15/6/2019

Lieu : Gerardmer (Vosges)

Affichage : 491 vues

Distance : 90km

Objectif : Se défoncer

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Poucet au Grand Trail de la Vallée des Lacs

 

 Poucet au Grand Trail
de la Vallée des Lacs 2019

Les terrasses du centre ville étaient encore bondées sur le coup de 1h du matin lors les quelques 350 frontales des intrépides trailers sont partis a l'assaut du parcours de 91 km et 5200 D+ concoctés par Marc Fégli, l'emblématique directeur de course du TVDL, tout aussi diabolique que sympathique. Belle ambiance donc dans cette traversée nocturne de Gerardmer, avant de rentrer sur les premiers sentiers qui nous conduisent vers la Mauselaine.

La veille j'avais rejoins le gîte loué pour le WE par Fabrice et Laurence, venus du fin fond du Doubs pour découvrir les sentiers vosgiens. Pas très en forme mes amis, Laurence un peu patraque a finalement renoncé honorer son dossard sur le 56km et Fabrice, que d'ordinaire j'ai du mal à suivre, mal en point également n'était guère optimiste a l'heure de s'elancer sur la grand parcours. Contrarié d'autant plus lorsqu'il s'est rendu compte d'avoir oublié ses bâtons au logement a quelques minutes du départ. L'idée générale était de faire la nuit ensemble et d'aviser ensuite ...

A la Mauselaine la longue trainée des frontales dressée dans la nuit annonçait la redoutable piste du Tetras, l'occasion de déplier mes bâtons pour aborder cette première difficulté. Par le passé nous abordions cette noire dans l'autre sens pour un final qui faisait mal aux cuissots. Je ne suis pas prés d'oublier ma première expérience ici même en 2004 ... En débouchant en haut, déjà bien entamé alors que le grand parcours ne faisait “que” 56 km, j'avais déjà eu comme une sorte de vertige. Je me traînait comme un crapaud au plus fort de la pente quand j'avais vu dévaler la première fille avec qui j'avais joué au yo-yo toute la journée pour me déposer comme une fleur. Cette superbe image de facilité gracile est resté gravée à jamais sur mon disque dur de trailer. Je n'ai jamais oublié la leçon donnée par Madame Josiane Piccolet, et j'ai compris ce jour là que le trail se jouait d'abord en descente.

En parlant de descente voilà que l'on bascule sur la Tenine, il est temps de replier les bâtons. Puisque'il en maîtrise la technique Fabrice qui est toujours dans mes pas me propose de les utiliser pour la descente. OK marché conclu, je préfère nettement avoir les mains libres pour courir.

La nuit est douce, malgré les prévisions alarmistes il ne pleut toujours pas, les sensations sont bonnes et je trottine sans problème et avec beaucoup de plaisir. J'imagine Fabrice un peu en retrait, toujours avec mes bâtons. Passé le Collet de la Mine le sentier qui plonge sur la vallée de la Moselotte est un régal. Malheureusement je suis rapidement ralenti par une gros bouchon , vraiment contrarié de ne pas pouvoir laissé glisser sur une trace si facile. Mais je préfère perdre un peu de temps plutôt que de tenter de scabreux dépassement de nuit sur cet étroit sentier.

Nous voilà donc déjà au premier ravito. Avec le départ à 1h du mat je n'avais pas trouvé utile de prendre de petit déj, mais j'ai déjà les crocs . Je me lâche un peu sur la table en attendant Fabrice, je temporise encore, je retourne piocher du salé ... Et je me resoud a quitté le ravito sans avoir retrouvé mon compère. Ni mes bâtons. Plus tard peut être ? J'apprendrai plus tard que Fabrice a eu des soucis gastrique et de frontale et qu'il a rendu son tablier au premier ravito. Avec mes bâtons donc.

Fabrice retrouvé par Just Runners ...

La nuit passe très vite. Le brouillard perturbe par endroit la progression, une bruine légère fait son apparition, mais je n'éprouve pas le besoin de sortir l'imper. Je reste sur mon rythme tranquille, ravi de me sentir si bien dans mes runnings après les 600 bornes à vélo du WE précédents. Le jour est levé lorsque j’aperçois le boss au ravito du Pont de Blanchemer ... “C'est bien, tu gères” ma lance le Marc ... Ben oui, c'est comme ça que je sais faire.

A la sortie de la nuit ...

Ravito du Pont de Blanchemer ...

Le gros morceau pour basculer sur le versant alsacien est avalé en souplesse. Je me régale une nouvelle fois en descente, juste contrarié par un interminable passage dans la caillasse humide avant de profiter enfin de superbes points de vues sur Mittlach et de plonger vers le point d'eau de la mi parcours. Nous y retrouvons un sac perso, j'en profites pour refaire le plein en barre et gels.

Marc nous avait prévenu au briefing : “la course commence au 45ème kilométre”. Bon ben là j'ai eu tout faut ... J'ai attaqué le retour par un gros cou de mou dans la longue montée vers le Schnepfenried. Là c'est sûr, les bâtons m'auraient été utiles. La ravito de Metzeral était donc bienvenu avant de prendre la trace Marcaires jusqu'au Schissrothried, puis de rejoindre la crête par la terrible grimpette tout au fond de la Wormspel, pour enfin apercevoir le Hohneck.

Just Runners m'ajuste le portrait a la sortie de la Wormspel ...

Nous sommes alors sur le même tracé que les coureurs du 55 km et les sentiers sont souvent un peu encombrés. Tout comme les tables de ravitaillement au Sotré et au Lispach. Et j'ai une nouvelle fois maudit le Marc sur ce foutu sentier des roches qui de mon point de vue ressemble plus a un traquenard a chevilles qu'a une trace de trail. Décidément ces passages ultra techniques ne sont pas pour moi . Par ailleurs le fait d'avoir sans cesse les coureurs du 55 collés “au cul” n'a rien arrangé a ma sérénité.

Pas décu donc d'arriver au Lispach, toujours aussi joli. Mais avec la sensation d'être complètement cuit; C'est donc au mental que je me suis traîné sur cette dernière étape pour retrouver enfin quelques sensations a l'approche de Grouvelin, terminer par une belle descente malgré les cuissots en souffrance, relancer dans les petits talus qui émaillent les derniers kilomètres ... Bref heureux de terminer sur cette bonne note en dépit d'un chrono final bien loin de mes espérances. (16h14'55” pour les 92,5 km et 5167 D+ affichés par mon Garmin).

A l'arrivée avec Laurence et Fabrice ... Merci Seb 

Pas de la la tarte les parcours tracé par Marc, juste de quoi flamber les cuissots ... 

Parmi les bons moments du WE il faut souligner l'excellente qualité du repas d’après course, confortablement installé à l'Espace Lac. 
Puis le plaisir de passer de l'autre coté de la barrière le lendemain, sur la ravito d'arrivée parmi les nombreux bénévoles qui ont contribués a la réussite de cette 18ème édition. 

Le Trail de la Vallée des Lacs est devenu GRAND. Merci à toute l'équipe d'organisation. 
A bientôt pour casser un peu de fibres sur les hauteurs de Gerardmer.

 

5 commentaires

Commentaire de Boutts67 posté le 19-06-2019 à 18:55:03

Bravo pour ta course !
C courageux d avoir laisser tes bâtons a ton ami. Faire cette course sans bâton surtout dans la montée du schnepfenried et du Hohneck était inconcevable pour moi.

Commentaire de poucet posté le 19-06-2019 à 21:18:13

Je ne suis pas fan de bâtons, je voulais les prendre pour me roder avant l'ultra du Beaufortain ... J'avais fait déjà 3 fois la Vallé des Lacs, a chaque fois sans bâtons

Commentaire de Shoto posté le 19-06-2019 à 22:55:43

Joli récit de course qui fait envie de s'inscrire à ce beau trail vosgien. C est bien dommage pour les bâtons ! Bravo pour ta place de Finisher.

Commentaire de poucet posté le 20-06-2019 à 08:20:40

Merci Shoto ... de mon point de vue, il ne devrait pas y avoir de bâtons en trail. Mais bon, bizness is bizness !!!

Commentaire de Bert75 posté le 05-07-2019 à 16:01:53

Merci pour ton récit qui me donne l'occasion, à nouveau, de dire le plus grand bien de ce trail : parfaitement organisé, beau tracé (même si quelques portions dévoilent le sadisme du directeur de course!)et des supers repas avant et après course.
Et pour ceux qui voient les Vosges comme de la rando sur de la montagne à vaches, je cite un des mes "collègues" du 90km de cette année : moi je viens tous les ans, parce que le parcours forge le mental et après je peux partir tranquille dans les Alpes, ça passe nickel".

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