Récit de la course : Trail givré de Montanay 2004, par hérisson

L'auteur : hérisson

La course : Trail givré de Montanay

Date : 8/2/2004

Lieu : Neuville Sur Saone (Rhône)

Affichage : 1921 vues

Distance : 20km

Matos : cuissard court microfibre ml

Objectif : Pas d'objectif

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Le récit

C.R. « Trail givré de Montanay (69) » dimanche 08 février 2004

Dès 8h30, soit une heure avant le départ, beaucoup de coureurs se pressent déjà dans le gymnase de Montanay (Rhône) près de Neuville/Saône ; Direction la table d’inscriptions où les bénévoles ne chôment pas : vérification des fiches, des licences, des certificats, le chèque, le petit bonnet-cadeau… Les organisateurs craignaient une désaffection par rapport aux dernières éditions, les vacances scolaires de la zone commençant ce même week-end, apparemment, cela ne sera pas le cas.
J’aime bien ces ambiances d’avant course où des petits groupes se forment : on se reconnaît, on s’interpelle, on commente aussi (beaucoup) que ce soit le temps qu’il fait qui va forcément déterminer l’équipement (« tu crois que je prends le coupe-vent ? »…), le parcours (« au km 9 on a un bon raidillon … »), ses entraînements des dernières semaines (« ma dernière sortie remonte à mardi… »)… ; bref, par l’échange et, selon les cas, on cherche à se situer par rapport aux autres, à se rassurer ou à rassurer…
Mon dossard obtenu, je flâne encore un moment avant de gagner l’extérieur et de m’échauffer un peu. La température est clémente (3/4°) : j’apprécie ces conditions pour courir, on peut s’équiper « léger » : un cuissard court et un maillot ml micro-fibre font l’affaire ; aux pieds, mes chaussures de route habituelles… Quelques longueurs avec changement de rythme
et zou ; direction la ligne de départ ; en fait il n’y en a pas : c’est l’amoncellement des coureurs devant le gymnase qui semble indiquer que nous partons de là ; fi donc de la traditionnelle banderole marquée « départ » ou du trait de peinture au sol, les organisateurs aujourd’hui font les choses plus simplement : j’avoue que ça manque, ce franchissement tout symbolique de la ligne qui indique que c’est parti…
Nous sommes à vue d’œil bien quatre cents coureurs massés dans ce rond-point attendant le coup de feu libérateur : d’ailleurs d’où allait-il partir celui-ci ? : de ma droite, de l’arrière, de côté ? Par dessus la multitude de têtes j’aperçois enfin un homme un homme se hisser sur je ne sais quoi, tendre le bras vers le ciel et presser la détente. J’étais à ce moment là noyé dans la masse du peloton et tout le monde autour de moi à pris son rythme tranquillement, bref, départ dans la décontraction et la bonne humeur avec les inévitables plaisanteries lâchées lors des premières centaines de mètres tant que le rythme le permet encore ; je me dit à ce moment là que cette course sent la course « de rentrée » : on y participe histoire de se remettre en jambe après – du moins pour certains – une petite coupure entre décembre et janvier. C’est en tout cas mon intention : ce 20 km remplacera la sortie dominicale et me permettra d’ouvrir ainsi ma saison. Bon, de toute façon, je ne peux pas prétendre à un exploit vu « l’intensité » de mes entraînements ces dernières semaines : ma dernière compétition remonte à il y a tout juste 2 mois (la Saintélyon) et depuis je ne suis pas même sûr d’avoir aligné plus de 100 km…
C’est donc l’esprit libéré de toute contrainte chronométrique que je pars pour ce 20 km avec – selon les sources (c’est comme pour les manifs !) -, entre 350 et 700 mètres de D+.
Tous les coureurs ne l’entendent pas ainsi et les premiers km du parcours qui empruntent des chemins très dégagés me permettent de constater le gouffre existant entre mon rythme et celui de la tête de course : très vite 3 coureurs sont sortis du peloton et au vue de l’écart creusé (plusieurs centaines de mètres dès les 3 ou 4 premiers km), il ne fait aucun doute que le vainqueur est parmi eux. Peu importe les premiers, pour l’instant le relief est peu accidenté et je trouve vite ma vitesse de croisière (autour de 13 km/h.).
Pour respecter l’esprit « trail » et comme l’indique le nom de la course il n’y a pas, sur ce parcours, de repères kilométriques. Le premier ravitaillement survient annonçant par là même le début des difficultés : très vite le chemin que nous suivons se transforme en sentier descendant « raide » au fond d’un vallon. La pluie du matin l’a rendu boueux et glissant à souhait : mais j’aime bien : slalomer entre les galets, les ornières, les branches mortes, tout ça en s’abandonnant à la force centrifuge, un délice ; en même temps je récupère un peu, le cœur est moins sollicité, la fréquence redescend. Tout à fait logiquement ce qui est descendu d’un côté doit être remonté de l’autre : c’est là que le manque d’entraînement se fait sentir : qu’ils sont durs les premiers mètres de côte : les jambes font mal, le souffle devient très vite « court » et puis surtout cette sensation (qui malheureusement n’en est pas une !) de rester coller au sol, de ne plus avancer… Je me trouve aussi à ce moment-là beaucoup trop lourd et voilà que je regrette la double portion de pâtes avalée hier… Sur ce tracé, ces moments difficiles ne durent pas trop longtemps : la plus longue difficulté ne doit pas dépasser les 1000 mètres mais cela suffit pour faire mal !
Jusqu’à la fin de ces 20 km ce n’est qu’une succession de montées et descentes donc autant de changements de rythme. : si je me souviens bien, ce sont 7 ou 8 « grapîllats » qui ont pimenté ainsi le tracé. L’organisateur, à propos de celui-ci, a tout fait pour le rendre le plus possible « nature » si bien qu’à certains endroits on descend au fond d’un vallon, on en remonte (bien sûr !) et au débouché de la remontée, on s’aperçoit que c’est à quelques mètres près, l’endroit où l’on est passé quelques instants plus tôt ! Bonjour les zigzags !
Vers le km 15 nous suivons une ligne de crêtes sur la « route de la madone » et passons devant la statue de la dame du même nom : il s’agit là vraiment du plus beau point de vue que notre ballade nous ait offert : sur la gauche et sous un petit rayon de soleil la Saône, comme immobile, déroule son ruban d’eau ; un petit banc invite les promeneurs à faire une halte : je m’y verrais bien en train d’essayer de repérer les villes que l’on voit, mais bon, je ne suis pas un promeneur, moi ; pour l’instant il s’agit de ne pas me mettre dans le rouge sur cette portion bitumeuse des plus pentues. Sacrée madone ! mais quelles belles images conservées !
Au dernier ravitaillement je me laisse tenter en passant par une tranche de pain d’épices en plus de mon verre d’eau habituelle : ah l’erreur ! Je n’avais pas vu la côte qui se profilait et manger avec une fc aux alentours de 180 c’est encore au-dessus de mes possibilités (la malheureuse tranche a fini bien vite au fossé…)
Les derniers km se font dans le village de Montanay que l’on traverse : comme toujours des proches (enfants, conjointes plus que conjoints) attendent les leurs le long des rues : « je le vois avec son bandeau ! » ; ce sont eux qui nous indique la distance restante : « après le tournant il reste 100 mètres jusqu’à l’arrivée ! » Je me méfie toujours de ce genre d’indication bien souvent donnée « à la louche », mais là, j’avoue qu’elle était juste …
Dernier virage, dernières foulées, les barrières, les chronométreurs, la foule (non, non pas en délire, pourquoi ?). Pas plus qu’au départ ne se trouve une banderole « arrivée » ou un trait au sol ; mais bon, l’essentiel n’est pas là : j’arrive en super forme, rassuré sur ma fraîcheur physique. Même si je n’ai pas fait un bon temps (1h26, à 22 mn du premier !), cette sortie sur terrain accidenté m’a fait travailler efficacement : j’ai tenu mon rythme jusqu’à la fin sans faiblir et bien travaillé ma VMA (elle en avait besoin !) avec les continuelles relances imposées par le tracé. Et puis surtout je me suis fait plaisir : retrouver cette ambiance de course, d’autres coureurs accomplissant le même effort, trop bon . J’avoue que j’en éprouve le besoin et que trop longtemps sans compétitions cela me manque ; de plus, en ce qui me concerne, si je me contente seulement d’entraînements, j’en perds ma motivation pour la course à pied…
Ce « trail givré » est donc une bonne course de début de saison pour renouer avec la (relative) longue distance ; le parcours est technique mais reste très abordable, le D+ se gère très bien.
Pour finir, mon impression globale est positive même si le nom de « trail » donné à cette course de Montanay me gêne un peu. Certes, ce mot « fait vendre » et de plus en plus… De plus en plus aussi on lui fait perdre son sens premier en baptisant de « trails » des courses sur chemins et sentiers Montanay est, de toute évidence, à ranger dans cette dernière catégorie…

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