Récit de la course : Les Foulées de Vincennes - 10 km 2008, par Sia

L'auteur : Sia

La course : Les Foulées de Vincennes - 10 km

Date : 3/2/2008

Lieu : Vincennes (Val-de-Marne)

Affichage : 1227 vues

Distance : 10km

Objectif : Pas d'objectif

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Le récit

Arrivée sur les lieux
Il y a du soleil, quasiment pas de vent, et j'ai plutôt la pêche (merci le jus d'orange). Le départ de la course n'étant pas très loin de chez moi, je décide de m'y rendre à pied. Sur place, une ambiance plutôt conviviale, avec un échauffement coaché en musique (que je ne suis pas, vu que je m'échauffe personnellement rarement en levant les bras en cadence), un vestiaire à ciel ouvert mais gratuit, et un mélange assez étrange de coureurs débutants et de pros.

Sur la ligne de départ
2942 coureurs sur le départ. On est tellement nombreux que le départ s'effectue dans deux rues différentes, avant que tout le monde ne se rejoigne 500 mètres plus loin dans le même parcours. Je sautille pour peaufiner mon échauffement. les cloches sonnent , martelant les ultimes secondes de sur-place. Ca y est ! La course vient de commencer !

Un premier kilomètre très rapide
Dès le début, je trouve que le 10km est vraiment une course qui ne rigole pas. Même les débutants vont vite, au point que je me demande si je ne suis pas trop lent. J'accélère l'allure, un peu noyé dans cette foule courante, un peu submergé par ce flot incroyable de personnes. Le premier kilomètre est passé. C'est une bonne surprise : je suis dans les temps, et même un peu en avance. Ce premier kilomètre est crucial, car il détermine si l'on est ou pas dans le bon tempo. Je décide de me modérer un peu, pour me contenter d'un 4 minutes par kilomètres.

Petit à petit...

Les kilomètres s'enchaînent avec rapidité, c'en est époustouflant. Je suis un peu sur la corde raide, avec un rythme cardiaque élevé, et une vitesse de course à laquelle je ne suis pas habitué. Ca va vraiment très vite. Le chrono indique que je suis régulier, et depuis le deuxième kilomètre, je tiens mon objectif de 4 minutes par kilomètres. Je ne me sens pas vraiment concentré sur la course, mais je me dis que si je continue comme ça, c'est le jackpot à l'arrivée. Je franchis la ligne des 5 km. Une moitié d'abattue, à la suivante maintenant !

"Boum!" j'explose
A courir aussi vite, j'ai des petits problèmes de respiration. Un bête point de côté, assez soft pour que je puisse courir avec (je le trimballe depuis le kilomètre 3 ou 4), mais qui s'intensifie sournoisement. Tout ça me rappelle la course du Patrimoine 2007, où j'avais eu les mêmes sensations. Il faut croire que la leçon n'a pas suffit, car je suis bientôt contraint, au cours du kilomètre 5, de m'arrêter. Et c'est pas un petit arrêt, du genre je continue en marchant, non, là, c'est un arrêt total. Je suis à 0 km/h, je ne respire même plus, ou très difficilement, et ma main droite est crispée sur mon abdomen. J'ai l'impression que je me suis pris une balle dans l'estomac. Je vois les secondes qui défilent, et je commence un peu à paniquer. C'est vraiment trop con. Tout ça vient encore de ce départ trop rapide que je paye au centuple. Je me force à respirer. C'est ça, reeespiiire... Un coureur me double, et son coach lui crie "Rappelle-toi ! Règle numéro 1 : se faire plaisir. Règle numéro 2...". Je n'entends pas les autres règles, mais je sais que j'ai déjà enfreint la première. Je passe la ligne du sixième kilomètre en marchant.

De l'importance du moral
Je recommence à trottiner, mais le cœur n'y est plus. J'ai une allure de footing, et dès que j'essaie d'accélérer, la douleur devient plus forte. Ceux qui m'ont déjà vu le savent : je suis loin d'avoir la stature d'un athlète. Pour moi, la course, ou l'effort quel qu'il soit, repose principalement sur le mental. Avec un moral d'acier et une volonté féroce, on peut faire des miracles. Mais précisément, j'ai perdu le moral. J'hésite même à abandonner. Je cours par automatisme. J'arrive au kilomètre 8 avec un retard tel qu'il m'est maintenant physiquement impossible de boucler en 40 minutes. Dégoûté, je me remets à marcher. A ce moment, un coureur passe et dit "Aller ! Aller !". Je regarde autour de lui, et je vois qu'il est seul. C'est donc moi qu'il encourageait ? Un parfait inconnu qui me tend la main, en quelque sorte. Par respect pour lui, je reprends la course, et à une bonne allure.

Fin sans gloire
Kilomètre 9. Voilà, plus qu'un est tout sera bouclé. Mon point de côté vient de décider de prendre des vacances, et moi, de prendre de la vitesse. J'accélère, bien qu'il soit trop tard. C'est un peu stupide, puisque je sais que je n'atteindrais pas mon objectif. Mais je serai allé au bout de cette foutue course, je me serai battu. Je me souviens des peintures de guerre que j'ai tracé sur ma tronche. Aller, plus que quelques centaines de mètres...
A la fin, comme le veut ma propre tradition, je hurle en sprintant. Un moment assez plaisant, où je fais mon show, et où les spectateurs m'apprécient, quelque soit mon temps.
Mais le chrono ne plie pas. Pour faire 10 malheureux kilomètres, j'ai mis 43 minutes et 28 secondes.
Je suis honteux quand on me passe une médaille autour du cou.

Retour et conclusions
Je récupère mes affaires (le ravitos de fin de course est bof bof, hormis le chocolat chaud bienvenu), et je rentre chez moi, en courant à petites foulées. Mes cuisses pouvaient encore donner sans problème. C'est le souffle qui m'a fait défaut. Et tout en courant, je songe à ce semi-marathon de Paris qui approche, et pour lequel je ne suis visiblement absolument pas prêt. Voilà un échec dont je me serai volontiers passé. Programme pour la suite : Revoir l'entraînement à la hausse, et les objectifs à la baisse.

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