Récit de la course : BRM 1000 - Le 1000 du Sud 2011, par poucet

L'auteur : poucet

La course : BRM 1000 - Le 1000 du Sud

Date : 15/9/2011

Lieu : Carces (Var)

Affichage : 996 vues

Distance : 1000km

Objectif : Terminer

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Bridoubelix au 1000 du Sud

BRIDOUBELIX au  1000 DU SUD

Le 1000 du Sud est un BRM Audax, un Brevet de Randonneurs Mondiaux organisé conformément au principes édictés par l’Audax Club Parisien. Une lecture trop  attentive du règlement  dénote probablement d’un coté un peu rigide, suranné, un poil poussiéreux … Rien à voir  avec la réalité du terrain,  celle que j’ai découvert à Carcés (Var), grace à Sophie Matter et à ses amis de l’Argens Cyclo Club Argens.

Ces fameux BRM sont organisés dans 30 pays sur les 5 continents ; Joseph un cyclo américain amateur du genre, privé de 1000 du Sud pour cause de bronchite tenace, mais présent à Carcés par amitié pour notre super organisatrice, m’a raconté que  ces BRM sont très prisés aux  “States”, notamment …. Les épreuves y sont de plus en plus nombreuses,  et rassemblent de très nombreux participants. Un peu à l’instar du phénomène Trail en France. Difficile à imaginer chez nous, ou la fréquentation des BRM reste assez confidentielle, hormis peut être les années de Paris Brest Paris. Tout comme il faut glaner quelques points sur des épreuves references pour tenter sa chance sur le mythique UTMB, il faut en effet reussir  la série de BRM obligatoire 200, 400 et 600 pour pouvoir pretendre à une plaque de cadre pour le non moins mythique PBP. A la difference prêt que Paris Brest Paris n’est organisé que tous les 4 ans ….

Cette année étant la bonne, j’avais organisé ma saison avec un programme light en trail, et pas mal de bornes à vélo en prévision du PBP, objectif majeur pour 2011. Plutot pas trop mal négocié pour une première expérience. J’en retiens surtout le souvenir d’une superbe aventure partagée avec les copains du club.  Le 1000 du Sud étant organisé un mois plus tard, l’enchainement me paraissait parfaitement réalisable … Malheureusement les potes mousquetaires du PBP, un temps intéressés également par cet enchainement, ont finalement renoncés, un peu trop entamés après le long aller retour dans vers Brest.

Les 1000 bornes et 13000m de D+ au programme ne m’inquiétaient pas outre mesure, mais l’idée de faire le déplacement seul  jusqu’en Provence m’ennuyait sérieusement … J’avais un peu cogité un plan train, pas forcement très rapide, ni très pratique (Eh oui, Sélestat n’est pas Paris … et Carcés n’est pas Marseille …), moyennement convaincu.  Après coup, après avoir recontré quelques spécimens haut en couleur sur place, mixant le vélo  avec maga portes bagages et  enormes  sacoches + train pour se déplacer, je n’hesiterai pas à tenter l’expérience une prochaine fois …. Mardi 30 Aout en soirée, le téléphone sonne à la maison : “ C’est Bridou ”   … on avait cassé la graine ensemble le midi, m’avait dit se sentir fatigué après la Haute Route, et voulait se remettre à bosser le biniou en prévision d’une programmation de musique de chambre pour la rentrée … Bon ben keskiveu alors ??? “ Je viens”  … BINGO !!! Génial, cette nouvelle me booste. C’est parti à fond pour cette nouvelle aventure.     

Faut que je vous presente Monsieur Bridou, Pascal Bride en vrai, estampillé NewBridou (ex VieuxBridou) sur  la planète cyclo … J’ai rencontré Pascal en Juin 2008, à l’occasion d’un covoiturage pour le DFU à Barcelonnette (DFU, Défi  des Fondus le l’Ubaye, épreuve idéale pour s’essayer sur le  “long” , en toute sécurité et en toute convivialité). Bien que nous ne jouions pas tout à fait dans la même cour, le courant est tout de suite passé … J’ai rapidement rejoins le club de son cœur, le fameux Cyclo Club de Kingersheim, à deux pas de Mulhouse,  et nous avons partagé depuis quelques aventures épiques. Pascal c’est un gros gros moteur, un balaise, toujours à la bagarre pour un podium  caté sur les cyclos. Il est surtout devenu, à la force du jarret, l’un des meilleurs spécialistes français de l’ultra distance. Et a coup sur le plus régulier de ces dernières saisons. Vainqueur cette année de la RAS (Race Across Slovénie) dans la catégorie des + de 50 ans et du REV (Raid Extrême Vosgien, 600 km, 11000 m D+  ) au scratch …. Ca vous classe tout de suite le bonhomme. C’est aussi un excellent compagnon de route, un type généreux et dévoué, toujours à se mettre en quatre pour le club ou pour faire la loco au cours des sorties … Avec un pote comme ça dans les bagages ,  la route pour rejoindre Carcés m’a paru bien moins longue. En plus il parle comme il roule …. Un passionné qui n’arrete jamais !!!

C’est aussi sur le DFU, un an plus tard, que j’ai rencontré Sophie pour la première fois … Je connaissais déjà la Miss à travers les récits de ses aventures aux quatre coins de la planète, si bien comptés sur Rando Spirit, blog malheureusement en sommeil aujourd’hui. Sophie est une bourlingueuse de première, une randonneuse au long cours dans le plus pur esprit des pionniers (une intégriste écrira t elle un jour).  Cette fille est une championne des défis les plus fous, elle force respect et admiration par son courage, sa ténacité et la volonté inébranlable  qui l’anime dans ses folles randonnées. Elle ne renonce jamais, quitte à reprendre les expériences pas tout a fait abouties. Pour ce DFU 2009 elle avait fait le déplacement   Carcés-Barcelonnette AR à vélo, via le col d’Allos notamment, pour participer à la balade chère à Claude Véran, avec ses 7 cols, 330bornes et quelques 7000 m de D+ !!!! On s’était revu quelques semaines plus tard dans les Vosges à l’occasion du REV et j’avais eu le plaisir de terminer l’épreuve en sa compagnie.   Elle a tracé ce 1000 du Sud à son image ….

 31 participants sont inscrits, dont une majorité d’étrangers (allemands, anglais, italiens, américain, canadien) ayant bouclés le Paris Brest Paris un mois plus tôt. Tous n’ont pas le profil ni le look  du cyclo étalon, mais tous sont des randonneurs chevronnés, rompus aux longues rando en autonomie. Nous sommes  accueillis Mercredi soir à la Salle Polyvalente Oustatou Per Touti, pour les formalités d’usage et pour partager un copieux et délicieux couscous préparé par Sophie et son équipe. Nous retrouvons quelques visages connus et on fait connaissance avec d’autres. La soirée passe trop vite. Mais tout le monde souhaite passer une bonne nuit …  Nous nous retrouvons le lendemain pour un petit déj royal, préparé par les gentils z’organisateurs.       

Jeudi 15 Septembre, 7h …. Le jour pointe à peine lorsque Sophie lâche les aventuriers. La météo est idéale, il fait doux, je suis heureux, simplement d’être là …. Les premiers kilométres sont tranquilles, on se retrouve immédiatement dans les collines, en pleine nature, sur de jolies petites routes,ça sent bon la Provence.  Ca papote en anglais, en allemand , en italien …. Je regrette déjà d’être aussi nul en langues. Les sourires, les clins d’œil et les encouragements bafouillés me mettent le cœur en joie. Manuel, un cyclo étranger au look un peu décalé, un rien exubérant,  nous fait marrer à chaque traversée de village en saluant chaleureusement les autochtones. Pour certain c’est l’heure d’aller au boulot, et on entend quelques ronronnements impatients à l’arrière des petits gruppettos … Je suis toujours effaré de voir la vitesse à laquelle quelques excités nous double.

Je laisse tranquillement chauffer mon petit diesel pendant que Pascal embraie déjà pour remonter les groupes et tirer le portrait de chacun. La randonnée s’effectuant en totale autonomie, nous sommes tous affublés de sacoches en tous genre, ou (et) de sacs à dos, avec le minimum vestimentaire indispensable pour faire face aux variations climatiques prévisibles et une réserve alimentaire pour assurer au moins le début de parcours, et qu’il faudra renouveler plus tard dans les commerces. Je porte 3,5 kg de fringues dans ma sacoche de selle et 1,5 kg de bouffe au guidon. Pascal dispose d’un lestage sensiblement équivalent, mais probablement mieux réparti, grace notamment à une sacoche au cadre.  Nous sommes loin d’être les plus lourds …. 

Le coté intimiste et authentique de cette aventure me rappelle un peu mes débuts en trail, à l’époque ou les blasés de la route oubliaient la ligne bleue, le chrono, et grimpaient les montagnes sans compter. Une époque ou les bulletins d’inscription, en francs, ne donnaient pas le vertige. Lorsque les Teams n’existaient pas et que les champions du marketing  n’avaient pas encore fabriqué les icônes moulés en tenue d’écailles,  saucissonnés avec  leurs manchons, quads et compressif en tous genres, super équipés avec tous les gadgets possibles et ordinateurs de bord au poignet.

 Avec nos vélos plombés, nous ne sommes pourtant pas des pionniers. Velocio avait lancé le principe des grandes randonnées à vélo il y a un siècle !!! Ah oui, quand même … le randonneur moderne est souvent équipé du fameux GPS, le nouvel outil qui semble être devenu indispensable, même dans la dans la vie courante. Par principe je suis  plutôt réfractaire aux gadgets et accessoires qui sont censé nous faciliter la vie sur les épreuves ultra  et, comme d’habitude,  j’avais simplement reporté le parcours sur des photocopies format A4 de cartes michelin, recto verso, en prenant soin d’y noter les informations essentielles piochées sur le Road Book très détaillé. Le tout glissé dans une pochette plastique glissée sur ma sacoche avant ….  Ce n’est pas de la technologie de pointe, mais ça tombe rarement en panne. Et puis ça me permet  de m’activer un peu les neurones, plus ou moins anesthésiés ces temps çi par l’évolution d’un job, diaboliquement vidé de sa substance par quelques gourous illuminés.

Le premier contrôle nous amène à Forcalquier (km 92,5), via Cotignac, Gréoux les Bains, Oraison …. Nous sommes accompagnés par Marc, un local qui se lance pour la première fois sur une telle distance. On fait tamponner nos cartons dans une station service, à l’entrée du village. On en profite pour débacher, grignoter, faire le plein des bidons et on repars rapidement.

La parcours est très vallonné, Pascal emmène facilement le trio et se détache naturellement dans toutes les bosses. Marc à un vrai profil de grimpeur et s’accroche au maestro. Je préfère monter à mon rythme, sans forcer  ….  Notre paisible progression au milieu des champs de lavande est brutalement perturbée par un gros coup de pétard. Tout le monde regarde ses roues, et … c’est Marc qui a perdu !!!!

A l’occasion d’un arrêt fontaine à Sault, Marc prend un peu d’avance et le p’tit jeune Yann accroche un moment le wagon pour remonter jusqu’au Balcon de la Nesque. La descente des gorges avec le Géant de Provence en toile de fond  est un pur régal, il n’y a qu’à laisser filer. Encore quelques coups de pédales dans les collines, et nous voici déjà à Bedoin (km 185) pour le second contrôle. Le groupe des randonneurs allemands est attablé à une terrasse. Nous trouvons tout ce qu’il faut dans une boulangerie : coca et feuilleté saucisse pour moi et double portion pour Pascal, qui soigne déjà son régime (normal, un moteur de Formule 1, même en sous régime, consomme bien plus qu’un tout petit diesel de touriste). On ne s’attarde pas … A la sortie du village, on retrouve Marc qui préfère prendre son temps pour bequeter tranquille. On croise de très  nombreux groupes de cyclos en pèlerinage au pays du Géant.  Il commence à faire vraiment chaud, le Col des Abeilles s’enchaine facilement, Yann est toujours dans les parages.

Notre moyenne augmente sensiblement après Malaucène ou le parcours se montre globalement plus roulant. Les talus de Rasteau et Rochegude  permettent de nous dégourdir les jambes, avant de plonger vers Mondragon et la Vallée du Rhône.  Nous voici à nouveau en trio, avec Pascal au moulin, Poucet à l’abri et Yann qui s’accroche. Peu après la traversée de Pont St Esprit, mon GPS Michelin le  “maison” m’incite à passer  en tête afin de ne pas louper la bifurcation vers Barjac. Cap’tain Bridou se montre perplexe, mais j’ai bien potassé le sujet et je suis sûr de moi, j’embraie  et on arrive à St Martin d’Ardèche (km 259) par le bon coté, pour notre troisième pointage …. Pause casse croute au Vival local. Guy l’increvable baroudeur de l’US Metro revient de derrière et passe à ce moment, à la recherche d’un bistrot. On se reverra plus tard …

 A ce moment nous sommes en avance sur notre timing. On attaque donc les Gorges de l’Ardèche de jour,  en toute sérénité.  Je découvre ce grand classique, vraiment  casse pattes. La météo est toujours idéale, sans un souffle de vent, les jambes sont toujours bonnes et ça passe au poil. Après l’inévitable photo souvenir, nous rejoignons Vallon Pont d’Arc, toujours en avance sur nos prévisions.  Il reste moins de 30 bornes pour rejoindre Aubenas, et nous décidons alors de changer nos plans pour rallier le prochain contrôle, en profitant au maximum de la lumière du jour … Grosse partie de manivelles  sur cette portion très roulante. Mais nous devons rentrer dans Aubenas (km 330)  pour trouver de quoi nous restaurer avant la nuit. Ce qui finalement conduit à un détour un peu corsé pour trouver le cœur perché de la ville. Puis à une petite galère pour retrouver la bonne direction, puisque que j’avais simplement noté les consignes pour un passage à la périphérie.  On s’attable à la terrasse d’une pizzeria, on s’habille et on s’enfile une bonne assiette de pâtes. C’est  l’occasion de passer un coup de fil à nos chéries.     

 Après notre plat de pâtes, le dessert se nomme  Col de l’Escrinet. Pascal grimpe toujours aussi goulument, et moi je trouve ça plutôt indigeste. Je suis collé au bitume et je trouve cette ascension interminable. Après avoir basculé, nous faisons une pause à Privas afin de remplir les bidons au robinet signalé par Sophie. On repasse sur le Rhone à Le Pouzin. A cette heure la traversée de Loriol est une formalité.Nous voila sur la longue portion vers en direction de Crest. Ce n’est pas la section la plus amusante du parcours. Pascal sature un peu de ses longues lignes droites et doit faire une mini pause pour soulager quelques problèmes de le  “bidou” . Il se connait bien et a prévu les petits médocs adaptés. Ca me donne l’occasion de passer un peu devant pour les derniers kilométres nous menant à Saillans (km 409) pour le 5ème contrôle. Nous constatons une dizaine de km d’écart entre nos compteurs et le kilométrage théorique, probablement dû au détour dans Aubenas.  Nous faisons une halte à la fontaine au centre du village  … Je connais bien cet endroit, c’est un point de ravitaillement stratégique  sur le grand parcours Trail des Aventuriers du Bout de Drôme. On y passe quand le soleil est au zénith, et il y a toujours beaucoup d’animation. On y prend plaisir à se rafraichir avant d’attaquer l’infernale montée des 3 becs ….  L’ambiance est bien différente sur la placette deserte, au cœur de cette nuit fraiche. Je suis toujours en cuissard court, je passe le maillot long pour la suite, puis le pancho pour le temps de la pause. Pascal est bien plus sensible que moi au froid et a déjà passé tout ce qu’il avait dans la sacoche. Je m’en veux de l’avoir incité à se délesté de sa veste thermique à l’hôtel. On s’alimente avec nos reserves. Je m’enfile un bol de Spordej, quelques fruits secs et je prepare un bidon de 640 pour la suite.

Au Pont d’Espel nous sommes heureux de quitter la direction de Die pour prendre à droite la petite route qui s’eleve en pente douce vers la vallée de la Roanne …. L’effort nous rechauffe rapidement. On percoit  le bruissement de la rivière sauvage, on devine le contours des fières montagnes sous le ciel étoilé. Cette étape débute sous les meilleurs auspices. Après St Nazaire le Desert, la route s’élève à nouveau et nous enchainons plusieurs petits cols à 1000-1200m. Ca caille. Et puis il faut bien redescendre … la température à encore nettement chutée, aux alentours de 8°C. La descente sur La Motte est  glaciale …. Pascal a les yeux qui se ferment, il s’arrête frigorifié, passe la couverture de survie sous les multiples couches.  A mon tour je regrette cruellement de n’avoir pas emmené le Gore tex comme me l’avais conseillé Sophie. Je profites quand même de l’arrêt pour passer les jambieres, les surchaussures, le pancho, un buff et les gants longs … vraiment pas du luxe pour rejoindre Remuzat (km 470), 6ème contrôle, au alentours de 5h30 …. A cette heure très matinale il fait toujours nuit et le village dort encore. Inutile de s’attarder,  on poursuit notre route.  Je ne suis pas très vaillant mais Pascal a déjà repris du poil de la bête, vraiment impressionnant, juste un peu inquiet de devoir patienter avant de trouver une boulangerie. On roulotte encore une bonne heure avant de voir poindre les premiers rayons du soleil … Puis dans la traversée d’un village (Rozans peut être ???) j’observe notre Bridou déchausser et foncer vers une boutique en contrebas. Lorsque j’arrrive à hauteur, il en ressort avec un gros sac de viennoiseries. Bizarement je n’ai pas vraiment faim, mais je m’enfile quand même deux croissants. Encore une fois c’est NewBridou qui assure le plus gros du boulot.       

Il faut ensuite rejoindre Serres en passant encore quelques petits cols. Je me traine lamentablement, je dois bien constater que nous sommes maintenant en retard sur le timing pourtant  “large”. Je m’en veux de retarder mon pote, toujours aussi facile. Le bougre a du tomber dans la marmite de potion magique quand il était petit … ca vous rappelles quelqu’un ???  Je m’accroche comme je peux  sur les longues lignes droites qui nous mènent à Veyne. Il y a beaucoup de circulation, le vacarme des voitures et des camions me saoulent, le marchand de sable vient me rappeler  que je n’ai pas fermé l’œil de la nuit. C’est un soulagement de trouver la paisible petite route à gauche qui doit nous mener au Col De Festre.  Pascal va dévorer cette ascension, pendant que je prend tranquillement un rythme plus pépère qui convient mieux à mon état physique et mental du moment. C’est long, on trouve quelques rampes sévères, mais  le soleil brille sur le Dévoluy et ce col est vraiment très joli. J’arrive au pointage à la Maison du col du Festre  (km 541) avec un bon quart d’heure de retard. Mon copain a déjà eu tout loisir de profiter de l’accueil chaleureux de nos hôtes, et à largement eu  le temps de s’empiffrer quelques crépes au sucre …. Pfff, voila que je vais également avoir quelques scrupules quant au régime du Bridou !!!! Je me laisse tenter par la gourmandise locale, accompagné d’un incontournable Coca bien frais  ….

On passe un coupe vent et on attaque la descente en roue libre. Quelques centaines de mètres apres la bifurcation vers St Disdier , ma roue arrière se bloque …. Pascal est déjà lancé dans la pente et n’entend pas mes appels. Glups …. Je n’avais jamais cassé de rayons jusqu’à présent  (c’est marrant, on en avait parlé la veille avec Pascal) et voila que  j’en péte deux d’un coup, au plus mauvais moment. J’essaie de rescentrer un peu le machin sans resultat, ça ne tourne plus … J’essaie de téléphoner au Bridou, je tombe sur le répondeur. Mon cerveau fatigué jardine péniblement dans un profond brouillard … Que faire ??? Quelques minutes plus tard revoila NewBridou dans l’autre sens …. Ça me réconforte un peu. Pascal est également un artiste de la mécanique vélo, il se met tout de suite en quête d’un bricolage maison. Mais il faut vite se rendre à l’evidence, les dégâts son trop important pour que je puisse envisager de poursuivre avec cette roue. Tant pis, c’est mort pour moi. J’invite Pascal à poursuivre seul, et je lui souhaite bonne route …. Pascal repars donc avec le Road Book, et je conserve quand même les cartes, au cas ou un miracle surviendrait. J’appele notre gentille organisatrice pour l’informer  de ma mesaventure et de mon abandon probable. Sophie trouve naturellement  les mots pour reconnecter mon mental défaillant en mode positif …. Il parait que je suis en avance (euh bon ??? en avance sur quoi ???) et qu’il est surement possible de trouver un  “bon plan“ pour réparer. Nous convenons que je remonte au Col, afin de trouver éventuellement une voiture pour rallier un vélociste (ou ??), ou au pire trouver un lit pour la(les) nuit(s) suivante(s)  …. En attendant peut être que le NewBridoul viennent me récuperer en voiture à la fin du périple !!! Pendant ce temps Sophie lance un SOS sur le forum Super Randonneur et recherche également  les vélocistes les plus proches … Quelques minute plus tard la sonnerie de mon téléphone retentit :  “Salut Poucet, c’est Jeff du Forum … Je suis à Gap, de vais te dépanner “ …. Incroyable !!! Jean François capte vite que je suis un gros nul en bidouille et qu’il est vain de m’amener deux rayons. Il fonce chez son vélociste preferé et me rappele un peu plus tard … après quelques échanges, le gars me propose une  roue Bianchi pas trop chère , qui devrait être compatible avec mon campa. Jeff m’avance même le paiement (euh, oui, sinon ça complique encore … )  J’informe Sophie des derniers rebondissements. Je me vautre dans un fourré en attendant mon sauveur-dépanneur, qui rapplique une petite  heure plus tard (environ … je n’avais pas mis le chrono).  On monte la roue, on verifie le passage des vitesses, ça a l’ait d’être tout bon. Jeff me fait encore le plein des bidons,m’explique un peu la suite du parcours, et me souhaite bonne chance … Promesse de se revoir un de ces jours … Merci Jeff !!!

Je suis prêt à repartir lorsque mon téléphone retentit . C’est Vaness  “Fleur de Lune“, Madame Bridou, alerté par le SOS du Forum et qui s’inquiéte de la tournure des événements. Je la rassure, Pascal est devant, il ne pouvait rien faire de plus pour moi. Un message à mon copain pour lui filer rencard à l’hotel  Ibis de Briançon. Il est 13h45 et je repars … Un peu plus tard je trouverai également un message sympa d’Anne, qui avait du raisonnablement renoncer la veille sur blessure du mental, et qui me proposait également de l’aide.  Merci Anne !!!  Ce 1000 me fait découvrir toute la solidarité des randonneurs, grandement faciliter par nos moyens de communication moderne.  Veloccio et ses amis auraient probablement apprécié.

Un œil sur le profil m’avait laissé esperer une bonne partie de roue libre jusqu’à Mens. En réalité, dés la sortie du Défilé de la Souloise, on déboule sur un enchainement de talus pas vraiment anodins,  nous menant au cœur du Triève. J’ai le mors au dent, motivé par le fait de retrouver le NewBridou le soir, et j’enfile les raidards à la hussarde, tout sur le 39. Il est doit être dans les 16h lorsque je m’autorise une pause à Mens (km 580). L’épicier s’intéresse à ce lascar casqué qui lui demande de tamponner un petit bout de carton jaune … Je résume en deux mots. Le type semble sortir d’un Tex Avery, ses yeux exorbités me dévisage, incrédules …  “Oui, oui, j’espère bien être ce soir  à Briançon avant minuit“. En fait ce qui m’inquiéte vraiment c’est le fameux tunnel des ardoisiers, à la sortie de La Grave, qu’il faut absolument  passer avant 22h, pour cause de travaux nocturnes.  

Je repars en souplesse sur le 30 dans le Col Accarias, qui passe très facilement. Les spectaculaires Gorges du Drac nous conduissent rapidement au non moins spectaculaire Pont de Ponsonnas, puis à la nationale de Gap. La sortie à gauche vers Valbonnais me laisse planté au bitume … le triple craque mais ne tombe pas. Arghhhh, je tire sur les reserves pour passer la raidard en force. Au faux plat suivant je tente bien un bidouillage désespéré, je vis le bidule globalement au pif …  un coup à droite, bof, un coup a gauche, bof bof …. Resultat même pas surprenant : c’est encore pire.  Plus nul que P’tit Louis en mécanique … si si, c’est possible. Ca me prend un peu la tête, et ça ne mène à rien, donc je repars sur le 39 pour aborder le Col d’Ornon, avec quelques nuages sombres qui n’incitent pas vraiment à l’optimiste. Dring dring … c’est Pascal … Il fait une pause bouffe à Bourg d’Oisans, m’indique que les 5 derniers kilomètres d’Ornon sont très difficiles mais qu’il fait beau de l’autre coté et que le vent est favorable pour grimper le Lautaret. Salut copain, à toute … Je passe le triple à la main, pour terminer ce fameux Col d’Ornon. En haut il fait froid, le ciel est vraiment gris, et il commence même à bruiner. Je ne m’attarde pas, et m’arrete à la première fontaine trouvée dans la descente. Je remplis les bidons et m’envoie un reste de gateausport et quelques fruit secs,  ce qui m’evitera de perdre du temps avec la bouffe à Bourg. En bas le ciel est toujours aussi gris, mais il fait doux … Je débâche et j’attaque le Lautaret bille en tête, toutes les Commères à l’arrache sur le 39. La circulation est intense, les hordes de motos me gavent, il commence à faire sombre, la bruine redouble d’intensité … On ne peut pas dire que je prends beaucoup de plaisir, mais je suis tout tendu vers l’objectif de la soirée : rejoindre La Grave et passer ce foutu tunnel ….  Un p’tit coup de fil de Fleur de Lune dans cette sombre montée me mets du baume au cœur. Je lui indique ma postion, Vanessa relaie les info sur le Forum CCK. Je sais que les copains ont un œil rivé sur notre aventure ….  

Ouf, je sors du tunnel avec une demi heure de marge. Je suis soulagé, je repasse le triple à la main et je termine le Lautaret tranquille ….. Il n’y a plus de circulation, la bruine à cessé, les étoiles ont fait leur retour dans le ciel et il ne fait pas vraiment froid en grimpant. Je suis naze, mais c’est bon !!!! Je prends tout mon temps au sommet pour enfiler tout ce que j’ai dans les sacoches, j’envoie un SMS au Bridou … J’arrive !!!!  Reste plus qu’a se laisser glisser jusqu’à Briançon. Pfff, tu penses … une descente d’enfer. Des les premiers metres je suis frigorifié et completement crispé. De violentes douleurs derrière la nuque empoisonnent  ces derniers kilomètres. Je suis obligé de m’arreter 4 ou 5 fois pour me rechauffer et me décontracter la nuque. Ce final est interminable … Dans mon timing  j’avais imaginé une arrivée à Briançon  en début de soirée, et je me voyais déjà sirotant une bonne bière en terrasse. Tout faux … il est minuit passé quand je pointe enfin à l’hôtel, soulagé quand même et surtout très heureux de retrouver enfin mon copain, qui commençait d’ailleurs à s’inquiéter. La douche qui suit est un grand bonheur. Je m’enfile les pizzas que Pascal s’était fait livrer, un p’tit roto … et gros dodo !!!! 

Reveil à 6h30. Après un copieux petit déj  et un peu de rangement dans les sacoches, Pascal prend le temps de me regler ce foutu dérailleur avant, puis mon compteur qui voulait pas repartir (fatiguée la technologie ??). 8h30, on décolle enfin, bien couverts car la température est encore  bien fraiche. Il fait toujours aussi beau,  on chauffe les moteurs tranquillement  … Pascal lache le turbo de temps en temps, il a repéré le groupe des italiens et va leur faire un petit coucou. On s’arrete un peu plus tard dans une épicerie à Embrun, et là c’est Guy et Hugues son alter ego américain que l’on voit débarquer …. Un binôme  improbable et pourtant diablement efficace et tellement sympa. Improbable car Guy est aussi doué que nous en anglais, et Hugues guère plus brillant en français.  On se croisera souvent sur la suite du parcours ….

Le duo improbable repart quand  un message s’affiche sur mon portable, qu’est ce que ça peut être ??? Arghhhh, encore une histoire de fuite dans un buraillon … L’image d’Epinal du Petit Travail Tranquille est a rangé définitivement aux oubliettes.  Aujourd’hui  on voudrait nous faire croire que la normalité c’est de bosser jour et nuit, WE et congés compris.  C’est quoi déjà la parabole du Père Bling Bling ??? “ Travailler plus pour gagner moins“ … Bon, je m’égare. Et puis j’aurais mauvaise conscience de critiquer un système qui  me permet de m’offrir  de bonnes tranches d’adrénaline sur deux roues ou en running. N’empêche que je dois prendre le temps d’assurer un minimum, et cet épisode me bouffera mentalement pendant un long moment. J’aurai beaucoup de mal à revenir dans   “ma” rando.    

Nous somme heureux de quitter la nationale pour la petite route qui longe le magnifique lac de Serre Ponçon. On retrouve les compéres italiens attablés au Sauze du Lac, puis le duo improbable dans la montée du Col St Jean.   En passant par là, je ne peux m’empécher de faire l’article sur le DFU . Guy se montre interessé par cette affaire .. (prochaine édition le Samedi 30 Juin 2012, au départ de Barcelonnette). Le temps se couvre un peu après le passage du Col, mais la suite du parcours est bien moins difficile que la vieille. Les Cols de Maure et du Labouret ne sont pas bien méchants et la partie la plus compliquée sera finalement la longue descente de la vallée vers Dignes, avec un fort vent dans le pif. Et encore, j’ai l’avantage et le plaisir de rouler derrière un Bridoumobile qui assure un tempo idéal. Un petit coucou à Joseph et son épouse qui son posté à l’entrée de Dignes. On traverse la ville au plus vite en suivant les indications précises de Sophie, pour rejoindre quelques kilométres plus loin un snack carrément décalé, l’anti Mac Do, déjà fréquenté par Pascal l’an passé … Le bonhomme qui tiens ce buis buis est veritable un personnage de BD. Le bui bui est complètement délabré et  il n’y a pas grand-chose à bequetter.  Evidement la friteuse est débranché, ah ben nooon, yapu de mayo mais yadu ketchuuuuup … On s’en tire avec un hot dog pain rassi, et je vous mets deux saucisses, oui oui. Et un coca bien frais aussi, que l’on peut siroter tranquillement à l’ombre et au calme.  C’est déjà ça. On trouve également de l’eau gazeuse fraiche pour faire le plein des bidons, nikel. Le duo improbable débarque quelques minutes plus tard, et l’artiste leur récite exactement le même sketch, avec pile poil les mêmes répliques. Vraiment un drôle de numéro !!!   

Après l’étonnant passage dans la Clue de Chabrières, il n’y a rien de bien compliqué dans la Vallée de l’Asse, sur les traces de Napoléon. Après Barrême je prends un peu d’avance pour attaquer le Col des Robines pendant que Pascal prends  son temps pour raconter les dernières péripéties à sa Fleur de Lune préférée.  Le NewBridou me rattrape en deux temps trois mouvement, et prolonge jusqu’au St André des Alpes (km 889) ou il dégote une boutique de cowboy pour le 10ème pointage. J’informe Sophie de notre position, et du changement de météo.  Derrière nous des nuages noir épais on recouvert les montagnes, on poursuit jusqu’au supermarché à la sortie du village. Pendant que nous allons faire quelques emplettes dans les rayons, l’orage éclate et le ciel déverse des trombes d’eau. L’atmosphère se refroidit très rapidement, on bâche au plus vite et il n’y a plus qu’a patienter en attendant que ça se calme  … Tout les clients qui sortent du magasin sont agglutinés sous le petit auvent qui nous sert de refuge, personne n’ose s’aventurer sous les hallebardes qui éclaboussent le parking. On en profite pour se bâfrer …. Le feu d’artifice se prolonge longuement dans le ciel noir qui recouvre le Lac de Castillon. On préfère temporiser, plutôt que de prendre le risque de se faire tremper  … Il fait presque nuit lorsque nous repartons, après un break d’une heure et demie environ. Dommage, parcequ’on devine que la suite aurait été un régal pour les yeux … En attendant les jambes tournent toutes seules, je suis surpris de me retrouver aussi fringuant. Pascal n’est pas en reste évidemment, et la remontée des Gorges du Verdon est une formalité juste perturbée par des trainées de boues et des amas de rochers qui encombrent la petite route. Un camion de la DDE est déjà à pied d’œuvre pour balayer tout ça. Passé le pont de Soleils, on attaque la remontée sur le plateau avec toujours d’excellente sensations.  On trouve un peu d’animation dans un  bar, les clients nous regardent éberlués,  on fait un dernier plein des bidons … Le gruppetto italien passe à ce moment, avec leurs éclairages à moyeu dynamo super efficace. On distingue des tas de gros grêlons sur les bas cotés …. Ouille ouille, z’ont du morflé sévère dans le secteur, on a bien fait de rester à l’abri tout à l’heure. Les légions romaines assurent un tempo tranquille, tout en palabrant, évidemment. On revient sur eux, et on enchaine avec une portion plus pentue, avalée finger in the noize. Bientôt nous sommes à nouveau seuls dans la nuit, pour rejoindre le village de  Comps superbement éclairé.  Je n’avais pas imaginé passer 3 nuits sur le vélo, et mon éclairage donne des signes de faiblesse qui m’oblige à forcer un peu ma nature pour rester coller au Bridou dans la descente qui suit. Peu après l’embranchement vers Châteaudouble on aperçoit un feu rouge qui scintille au loin … NewBridou mets un coup de turbo pour aller voir de plus prêt, avant de m’attendre un peu plus loin. Evidemment je n’ai pas le moteur de Pascal, mais je me trouve à ce moment de supers jambes. On recollera sur le copain anglais juste à l’entrée d’Ampus (km 967, 11ème et dernier contrôle).

Il nous reste une quarantaine de bornes, à déguster tranquillement. Une douce euphorie nous envahi. Pascal a oublié les souffrances aux genoux qui avaient empoisonnées son périple solo en 2010, je suis tout simplement heureux d’être arrivé au bout de ce challenge formidable, j’ai déjà à l’esprit la bonne bière qui m’attend. On se laisse glisser sur le bitume, la vie est belle …. Et PAF, en moins d’une fraction de seconde le Bridou est en vrac au milieu de la route. Je pense juste à ne pas lui rouler dessus, à gauche toute, à fond sur les freins, je devine le ravin dans la faible lueur de mon dernier phare poussif, je me vois basculer …. Tout ça va si vite. Par chance mon vol plané  et amorti par une bonne couche de buissons, je me relève immédiatement pour constater que Pascal est plié en deux au milieu de la route, vraiment bien sonné … Me raconte … les putains de marcassins qui lui ont filés devant la roue.  Il est tout de suite conscient qu’il y a du p’tit bois au niveau de l’épaule. Je l’aide à se relever et lui dit que j’appeler les secours. Me demande d’attendre un peu … on va voir. Inspection visuelle rapide du FKC, je redresse les cocottes, les roues ont l’air de tourner. Pascal me dit qu’on va terminer … à vélo !!! Le copain anglais passe à ce moment, s’inquiète des dégâts. On lui explique qu’on va repartir tranquillement, et qu’il peut terminer et donner l’info en bas. Je récupère mon vélo accroché à l’envers dans les buissons …. Vrai qu’après coup, cette image insolite était drôle. Mais bon, à ce moment de la nuit je n’avais pas le cœur à sortir l’appareil photo.

Après quelques minutes de récupération, nous repartons pour les 30 derniers kilomètres. Pascal me demande de passer devant, je lui indique au mieux les aléas du parcours, notamment ces foutus pavés dans les traversées de village. La douce euphorie est un peu plombée,  cette fin est vraiment difficile. Mon téléphone retentit à l’entrée de Carcés … C’est Vanessa qui était inquiète de ne pas avoir de nouvelles. Je brode un peu, lui répond qu’on passe le panneau, que l’on est bien soulagés et que Pascal rappellera un peu plus tard …. Une dernière petite rampe nous ramène enfin à Oustaou Per Touti, il doit être une heure du matin. Sophie et ses amis nous accueillent chaleureusement. Quelques cyclos sont déjà endormi sur les matelas mis à disposition dans un coin de la salle, d’autres profitent de la solide collation assurée en continue par hôtes  dévoués, on échange les péripéties des uns et d’autres.

A distance,  Vanessa trouve la formule magique pour convaincre Pascal à se rendre à l’hôpital de plus proche afin d’y subir les examens qui s’imposent.  Joseph se propose immédiatement de prendre le volant, pour m’éviter de prendre des risques au volant. La position assise est difficile à supporter pour Pascal, nous devons nous arrêter pour lui permettre de bouger et soulager les douleurs… Pas facile de trouver le mot ou le geste qui convient.  Quelques longues minutes plus tard notre champion est pris en charge aux Urgences à Bignolles  … Joseph me raconte sa passion du vélo, la folie BRM aux Etats-Unis, le temps passe vite.  Puis  le toubib nous appelles. C’est un vrai clown, il ne fait pas une phrase sans glisser une vanne ou une boutade. Pascal est (presque) mort de rire …. La fracture de la clavicule est confirmée, et le clown se montre inquiet par l’énormité des hématomes. Le NewBridou passera donc la nuit en observation, on se donne rencard pour faire le point dans la matinée.

Retour à Carcés, parfaitement assurée par l’ami Joseph. D’autres cyclos sont arrivés entre temps. Je me vautre sur le matelas restant et m’endort instantanément. 

Il règne une ambiance particulière au petit matin lorsque nous émergeons les uns et les autres, avec des sourires complices. Les gars de l’Argens Cyclo Club sont toujours là pour nous servir le petit déj. Sophie est toujours rayonnante, a t elle dormi un peu ??? Roland le déménageur breton est là, souriant, après avoir coupé un peu sur la fin. Je me souviens de voir arriver Marc fier et heureux, puis Bernard, l’hômme aux dix 1000, un poil en vrac après avoir été retardé lui aussi par une roue récalcitrante. L’applaudissement et les poignées de mains s’échangent, les appareils photos crépitent, certains s’en vont déjà.  Je prends la direction de Brignolles …

Dans les couloirs de l’hosto je tombe nez à nez avec Betty … hallucination due à la fatigue ??? Eh non,  Lucho n’est pas loin … Les z’amis du club, en vadrouille dans le coin, avaient de nous faire une surprise sur la route la veille.  C’est finalement tombé à l’eau (euh oui, elle est facile), pour causse de météo merdique. Mais quel plaisir de les retrouver ce matin au chevet de notre Bridou cassé. On échange avec l’équipe médicale, pas vraiment chaud à laisser sortir le blessé … OK, je suis en congé Lundi, pas de problème pour attendre mon copain et faire le retour ensemble le lendemain. D’ailleurs on avait déjà un peu anticipé et Sophie qui avait naturellement proposé de m’héberger.

L’hôpital ce n’est pas marrant, mais je suis épaté par la bonne humeur communicative démontrée ici par les médecins et les infirmières qui s’occupent de notre champion. Quel décalage entre le professionnalisme démontré  par le personnel et la vétusté des lieux … Des fenêtres qui ferment à peine, des vitres fendues …  Pendant que l’hélico tourne en boucle du coté des urgences, Jacques le voisin de chambre de Pascal nous explique que l’hôpital de Brignoles est sur la sellette. Menacé de fermeture, pas rentable. Il y a vraiment des mots qui me mettent le bourdon.

Dans l’après midi on apercevra Roland, qui a fait un détour pour venir saluer le Bridou. Puis Sophie, bien embêtée de rendre Pascal à Vanessa une nouvelle fois bien esquinté !!!   On quitte le blessé à la tombée de la nuit. Chez Sophie je retrouve d’autres cyclo-squatteurs : Hugues l’américain, et Bob le canadien qui déboule à vélo un peu plus tard dans la nuit. Je ne comprends pas tout, Sophie traduit l’essentiel, mais je me sens super bien …. Ces moments de convivialité à partager un bout de pizza avec une bonne bière, purée, qu’est ce que c’est bon.

Lundi matin, encore un réveil étonnant, perdu au cœur de la Provence sauvage. Le ciel est d’une pureté éclatante, le vent souffle dans les grands pins. Des maillots cyclistes, des affiches jaunies et des trophées sont accrochés un peu partout dans cette jolie maison en pierre. Evidemment Sophie est déjà au four et au moulin … Hop elle arrive et décharge toute une cargaison de vivres qu’elle vient d’aller débarrasser à Oustaou Per touti … Hop elle repart chercher une voiture plus grosse pour emmener Bob à l’aéroport … Extraordinaire Sophie !!!  Pendant ce temps Hugues à préparé son vélo, avec deux énormes sacoches au porte bagage. Le voila qui repart, avec un sourire jusqu’aux oreilles … J’ai cru comprendre qu’il allait rejoindre sa femme du coté de Douvres ??? Douvres, en Angleterre ???  Hugues l’américain des Seattle Randonneurs, 64 ans, quel formidable baroudeur !!!

Je quitte Sophie et ses amis en fin de matinée, après avoir trinqué une dernière fois sur cette belle  terrasse ensoleillée  …. MERCI SOPHIE !!!

Je récupère Pascal à l’hosto et nous reprenons la route vers l’Alsace. Vers 19h, je livre le Bridou un peu cassé à sa Fleur de Lune chérie. Mission accomplie …. MERCI PASCAL !!!

Rendez Vous en 2012 pour de nouvelles aventures en Provence …. Pour le final, comme dans la célèbre BD, je verrais bien un grand banquet avec quelques marcassins à la broche.

PHOTOS ICI : 

https://picasaweb.google.com/104566950668648610050/1000DuSud2011ByPoucet#

 

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